Coucou!

Merci à toutes et à tous pour vos commentaires! Ca me fait très plaisir ;-)

Voici la suite de l'histoire! Vous vous souvenez que Rogue avait dit à Electra qu'il était désolé et qu'elle avait perdu connaissance?

Bonne lecture!


Chapitre 28

Lorsqu'elle se réveilla, Electra se rendit compte que Severus avait eu le toupet de la stupéfixer pour l'empêcher de le suivre et de lui venir en aide et qu'il l'avait étendue sur un grand lit, à l'étage de cette demeure abandonnée de Pré-au-Lard.

« Espèce de sale connard ! » s'exclama-t-elle vivement en repoussant avec rage la couverture qu'il avait dépliée sur elle et en sautant à bas du lit.

Elle attrapa sa baguette magique, qu'il avait tout de même jugé bon de lui laisser à portée de mains au vu des heures sombres qui se profilaient pour eux, ouvrit la porte de la chambre à la volée et dévala les escaliers à toute vitesse, en sautant des marches pour aller plus rapidement.

Elle essaya de transplaner une fois parvenue dans le salon mais, évidemment, Rogue avait placé un sortilège qui l'empêcherait de transplaner à l'extérieur de la maison. Elle souffla d'irritation en constatant qu'il lui avait ôté cette possibilité puis elle courut vers la porte d'entrée et actionna plusieurs fois la poignée pour sortir de là mais celle-ci refusa de lui laisser le passage, demeurant résolument close.

« Putain de bordel de sale enfoiré ! Abruti des îles ! jura-t-elle alors, furieuse. Ne me dis pas que tu as osé m'enfermer dans cette saleté de baraque pourrie ! s'énerva-t-elle encore toute seule avec son accent russe, son vocabulaire anglais s'étant considérablement enrichi en un an et demi pour qu'elle soit capable de jurer de façon imagée dans une langue qui n'était pas la sienne à la naissance. Si par malheur je te retrouve et que tu es encore en vie, je te tuerai de mes propres mains, espèce de sale con ! » s'exclama-t-elle encore en continuant de s'acharner sur cette pauvre porte qui tenait bon et refusait de céder peu importe la force avec laquelle elle tirait dessus ou les sorts qu'elle lui lançait.

Au bout de plusieurs minutes d'acharnement et d'insultes toutes plus fleuries les unes que les autres, Electra arrêta soudain de se démener comme une furie. Elle ferma un instant les paupières, souffla pour s'exhorter au calme et commença à réfléchir. Il fallait qu'elle fasse le vide dans son esprit, qu'elle retrouve son calme et qu'elle cherche une solution. Elle était une femme intelligente, elle allait forcément trouver un moyen de sortir de cette maison d'une façon ou d'une autre…

« Les fenêtres ! s'écria-t-elle soudain en rouvrant les paupières. Je suis sûre que tu as pensé à me protéger de façon à ce que personne ne parvienne à entrer dans la maison et pour m'empêcher d'en sortir, mais je suis quasiment certaine que tu n'as pas pensé que je pourrais sortir par l'une de ces petites fenêtres », s'expliqua-t-elle à elle-même, comme si elle parlait à Severus, en se dirigeant résolument vers l'une de ces minuscules ouvertures.

Effectivement, la jeune Russe parvint à ouvrir une fenêtre en oscillo-battant mais cela ne lui laissait pas suffisamment de place pour se glisser à travers l'ouverture. Elle s'échina alors à tirer sur la poignée, étant donné qu'elle résistait uniquement à la magie, et réussit à la casser et à la faire sortir de ses gonds. Elle jeta donc la fenêtre à terre, une fois qu'elle l'eut complètement arrachée, rangea sa baguette dans la poche arrière de son pantalon de pyjama puis se hissa à bout de bras sur le rebord avant de se faufiler à l'extérieur en se contorsionnant légèrement.

Une fois dehors, elle remercia intérieurement ses années de danse classique de lui avoir permis de se muscler et de s'assouplir de cette façon puis elle dirigea son regard gris vers Poudlard qui était désormais protégé par un dôme translucide sur lequel venaient s'écraser des centaines de maléfices.

Elle observa durant quelques instants les rais de lumière de différentes couleurs fendre la nuit avant de percuter la protection magique tout en songeant à la façon dont elle allait s'y prendre afin de pénétrer dans le château et de rejoindre Severus. Impossible de tenter de traverser ce dôme semblable à du verre, elle connaissait ce sortilège de Protection et elle savait qu'elle serait aussitôt désintégrée sur place.

Comment son mari s'y était-il donc bien pris pour se rendre là-bas afin de retrouver Potter ? se demanda-t-elle en réfléchissant intensément à la question tout en fronçant ses sourcils noirs parfaitement dessinés.

Puis subitement, elle trouva la réponse à sa question et elle courut à travers les rues de Pré-au-Lard, en bousculant les gens qui allaient en tous sens, vers la Cabane hurlante, la maison soi-disant hantée de ce village sorcier. Severus lui avait raconté, lors de l'une de leurs soirées où ils s'étaient chacun échangé des choses très personnelles sur leur compte, la « farce » que Sirius avait voulu lui jouer en l'entraînant dans la Cabane hurlante par le passage du Saule cogneur alors que c'était la pleine lune et que Remus s'était métamorphosé en loup-garou et la façon dont Potter lui avait d'une certaine façon sauvé la vie. Un passage reliait bel et bien Pré-au-Lard à Poudlard et l'on pouvait bien entendu l'emprunter dans un sens comme dans l'autre…

Elle se hâta donc de rejoindre cette vieille bicoque esseulée dans la campagne, ses poumons brûlant dans sa poitrine tant elle les mettait à rude épreuve, puis elle pénétra en courant à l'intérieur à la recherche de ce fameux tunnel secret.

Bientôt cependant, elle ralentit son allure et tâcha de se faire la plus discrète possible car elle avait entendu les bruits d'une conversation qui semblait provenir d'une pièce dans le fond de la maison. Elle se rapprocha alors à pas feutrés avant de voir un rai de lumière filtrer sous une porte et de reconnaître la terrible voix glacée de Voldemort et celle, caractéristique, du maître des potions.

Son cœur rata un battement en comprenant que son mari se trouvait seul, en tête à tête, face au mage noir le plus puissant de leur siècle, qui ne se séparait plus de son immonde serpent Nagini, et elle s'adossa doucement contre le mur à côté de la porte afin d'écouter leur conversation tout en serrant fermement sa baguette magique dans sa main droite, prête à intervenir à tout moment.

« Pourquoi les deux baguettes que j'ai utilisées ont-elles échoué lorsque je les ai dirigées contre Harry Potter ? demanda le Seigneur des Ténèbres.

- Je… Je l'ignore, Maître, répondit Severus dont elle percevait l'inquiétude au timbre de sa voix ainsi que dans son intonation.

- Tu l'ignores ? rugit le mage noir, dans une colère noire. Ma baguette en bois d'if a toujours accompli ce que je lui demandais, Severus, sauf quand il s'est agi de tuer Harry Potter. Par deux fois, elle a raté. Sous la torture, Ollivander m'a parlé des deux cœurs jumeaux et il m'a conseillé de prendre une autre baguette. C'est ce que j'ai fait, mais la baguette de Lucius s'est brisée face à Potter, expliqua-t-il patiemment.

- Je… Je n'ai pas d'explication, Maître, répliqua Rogue, incertain.

- J'ai cherché une troisième baguette, Severus. La Baguette de Sureau, la Baguette de la Destinée, le Bâton de la Mort. Je l'ai prise à son ancien maître. Je l'ai prise dans la tombe d'Albus Dumbledore, poursuivit-il alors.

- Maître… Laissez-moi aller chercher ce garçon… demanda le maître des potions, désespéré.

- Tout au long de cette nuit, alors que je suis au bord de la victoire, je suis resté assis dans cette pièce, reprit Voldemort, la voix guère plus haute qu'un murmure, à me demander, encore et encore, pourquoi la Baguette de Sureau refusait d'être ce qu'elle devrait être, refusait d'agir comme la légende dit qu'elle doit agir entre les mains de son possesseur légitime… Et je crois que j'ai trouvé la réponse. »

Rogue resta muet et le sang d'Electra se glaça soudain dans ses veines, comprenant où le Seigneur des Ténèbres voulait en venir.

« Peut-être la connais-tu déjà ? Après tout, tu es un homme intelligent, Severus. Tu as été un bon et fidèle serviteur et je regrette ce qui doit malheureusement arriver.

- Maître…

- La Baguette de Sureau ne peut m'obéir pleinement, Severus, parce que je ne suis pas son vrai maître. Elle appartient au sorcier qui a tué son ancien propriétaire. C'est toi qui as tué Albus Dumbledore et tant que tu vivras, la Baguette de Sureau ne pourra m'appartenir véritablement.

- Maître ! protesta Rogue en levant sa propre baguette magique.

- Il ne peut en être autrement, répliqua Voldemort. Je dois maîtriser cette baguette, Severus. Maîtriser la baguette pour maîtriser enfin Potter.

- Maître, non ! Je vous en supplie ! s'écria alors la jeune femme en entrant précipitamment dans la pièce et en venant se placer devant Rogue.

- Electra ! Par Merlin tout puissant, mais qu'est-ce que tu fais là ? s'exclama le directeur de Poudlard en l'attrapant par le poignet gauche et en tirant dessus pour l'éloigner de Voldemort et du serpent. Va-t'en ! exigea-t-il ensuite, en rage.

- Non ! Je reste avec toi ! refusa-t-elle aussitôt, ses yeux argentés débordant de larmes amères.

- Mais tais-toi donc et va-t'en, pauvre sotte ! ordonna encore Severus en essayant de la tirer vers la sortie contre son gré.

- Tiens donc… Ma chère Electra… déclara Lord Voldemort en la détaillant des pieds à la tête de ses yeux rouges avec un mince sourire en coin.

- Maître ! Je vous en conjure ! Ne tuez pas Severus ! Ne le tuez pas ! Par pitié ! » le supplia-t-elle en parvenant à échapper à Rogue et venant s'agenouiller devant le terrible Seigneur des Ténèbres.

Le mage noir sourit plus largement en regardant la jeune femme qui le suppliait à genoux d'épargner son époux, il la fit se relever en la prenant par ses épaules puis il saisit son menton dans sa main blanche approcha son visage à seulement quelques centimètres du sien et demanda à voix basse, ironique :

« Que croyais-tu donc, ma chère Electra ? Que j'allais épargner Severus juste pour tes beaux yeux ou pour autre chose ? »

La jeune Russe l'observa dans les yeux, apeurée par sa déclaration et par sa proximité, avant de l'entendre poursuivre sur le même ton :

« Severus doit mourir pour que je puisse maîtriser pleinement la Baguette de Sureau ! Il ne saurait en être autrement…

- Maître… tenta-t-elle encore, désespérée.

- Écarte-toi de là, femme, ou meurs avec lui ! » décréta-t-il ensuite en relâchant brusquement son menton et en la repoussant violemment vers l'arrière.

Electra tourna son visage vers Rogue, qui l'exhorta encore à partir en la transperçant de ses yeux sombres, le visage exsangue, ses poings serrés et ses mâchoires crispées au possible, puis elle reposa son regard gris sur Voldemort en restant délibérément là où elle se trouvait.

Son choix était fait, jamais elle ne le laisserait affronter cela tout seul.

« Soit… soupira le Seigneur des Ténèbres en secouant légèrement la tête de gauche à droite. Les femmes que tu aimes sont toutes aussi idiotes les unes que les autres, Severus, bien que je note le caractère incroyablement courageux et romantique de cette stupide décision », fit-il remarquer, moqueur.

D'un mouvement du bras, Voldemort donna un grand coup dans le vide avec la Baguette de Sureau. Ce geste n'eut aucun effet sur Rogue et Electra qui, pendant une fraction de seconde, semblèrent penser qu'ils avaient été épargnés. Mais l'intention du Seigneur des Ténèbres devint très vite manifeste. La cage du serpent tournoya dans les airs et avant que les deux époux, qui s'étaient rapprochés l'un de l'autre,aient pu faire autre chose que pousser un cri, elle les avait entourés entièrement tous les deux.

Voldemort s'exprima alors en Fourchelang :

« Tue. »

Le serpent fondit alors sur eux pour les transpercer de ses crochets. Il y eut des hurlements qui déchirèrent la nuit et qui emplirent toute la pièce puis, voyant leurs deux corps étroitement enlacés s'affaisser ensemble et une grande quantité de sang se déverser de leurs blessures et les recouvrir tous deux, le Seigneur des Ténèbres pointa sa baguette vers la cage étoilée qui s'éleva et libéra les corps des Rogue. Ceux-ci s'affaissèrent sur le sol dans une énorme marre de sang, Voldemort sortit de la pièce dans un grand mouvement de cape, sans un regard en arrière, et le grand serpent le suivit, flottant derrière lui dans son immense sphère protectrice. (1)

Une fois sûr que le mage noir avait définitivement quitté la Cabane hurlante, le maître des potions se redressa légèrement en tenant toujours sa femme dans ses bras, il la releva et la secoua pour tenter de lui faire garder connaissance.

« Electra ! Electra ! Reste avec moi ! Ne ferme pas les yeux ! Ne t'endors pas ! » exigea-t-il en ponctuant ses ordres de légères secousses.

Il ignorait totalement comment mais toujours est-il que les crochets de Nagini n'étaient pas parvenus à l'atteindre une seule fois. Le serpent, dans sa frénésie meurtrière, n'avait pas jugé utile de viser, il avait mordu à sang et avait lacéré la chair de la jeune femme, qui l'avait instinctivement entouré de ses bras, s'était collée à lui et l'avait protégé de son corps face à la bête venimeuse.

« Electra ! Bon sang ! Qu'est-ce qui t'a pris ? hurla-t-il en serrant les épaules de la jeune femme de ses mains tremblantes et couvertes de sang écarlate.

- Je t'avais dit… que je ne voulais pas… de tes livres… répondit-elle péniblement avant qu'un très fin sourire ne naisse sur ses lèvres roses au milieu son visage aussi pâle que la mort elle-même.

- Si ce n'est que ça, je n'en ai rien à faire, je les brûle ! rétorqua-t-il immédiatement avec véhémence. Mais reste avec moi ! Ne ferme pas les yeux ! Je t'en prie ! Résiste ! ordonna-t-il encore, affolé par sa blancheur cadavérique et par la quantité astronomique de sang qui s'échappait de ses plaies.

- J'ai… mal… et… j'ai… froid… déclara-t-elle d'une petite voix rauque en grimaçant légèrement.

- Je sais que tu souffres et que tu as froid. Je vais te réchauffer et je vais essayer de te soigner, attends, répondit-il, angoissé, en prenant sa baguette magique et en lui lançant d'abord un sortilège pour la réchauffer.

- Merci, Severus… dit-elle en soupirant d'aise et en se laissant aller à cette chaleur rassurante, un sourire béat plaqué sur ses lèvres, apaisée.

- Hé ! Non ! Garde les yeux ouverts ! Regarde-moi ! Electra, regarde-moi ! » exigea-t-il encore, au bord de la crise de nerfs.

Mais la jeune femme ne répondait plus, incapable de lutter plus longtemps, elle avait laissé ses paupières se fermer sur ses grands yeux d'argent.

Désemparé par sa perte de connaissance, Rogue commença alors à psalmodier toutes les formules de guérison qu'il avait en tête en passant au-dessus de chacune de ses blessures, sans s'apercevoir que quelqu'un venait de s'approcher subrepticement de lui, trop concentré sur la jeune femme qui se vidait de son sang.

Lorsqu'il le remarqua enfin, le maître des potions tourna son visage cireux entouré de ses cheveux gras vers lui et il s'exclama, sans se soucier qu'il puisse contempler ses larmes qui avaient bien malgré lui coulé sur ses joues blafardes :

« Potter ! Tenez, prenez ça et mettez-les dans la Pensine de Dumbledore, conseilla-t-il après avoir posé sa baguette sur sa tempe et en avoir extrait ses souvenirs pour aider le Gryffondor à vaincre Voldemort.

- Pourquoi ? Qu'est-ce que… voulut demander Harry en se saisissant de la fiole de verre et en regardant son contenu qui tourbillonnait à l'intérieur, incertain.

- Pour une fois dans votre fichue vie, Potter, faites donc ce que je vous dis et sans poser de questions ! Vous ne voyez pas que femme est en train de mourir ! s'exclama le professeur, auquel la peur tordait les entrailles.

- Mais vous… vous l'aimez vraiment alors, Monsieur ? ne put s'empêcher d'interroger le rouge et or, stupéfait par la scène qu'il avait sous les yeux.

- Oui, Potter… Je l'aime vraiment… acquiesça-t-il alors fermement. Maintenant allez-vous-en ! Du balai ! » exigea-t-il encore en désignant la sortie d'un grand geste du bras et en reportant son attention sur Electra dont le cœur battait toujours faiblement mais dont la peau diaphane devenait peu à peu aussi froide que du marbre.

Severus fronça les sourcils en entendant du remue-ménage du côté du passage secret qui reliait la Cabane hurlante à Poudlard et il tourna une nouvelle fois sa tête dans cette direction pour voir, cette fois, Hermione Granger s'avancer vers lui en fouillant frénétiquement dans un petit sac en perle.

« Par Merlin ! Allez-vous-en vous aussi, Granger ! ordonna-t-il aussitôt, énervé.

- Attendez, professeur ! Je crois que j'ai encore… déclara-t-elle en continuant de chercher dans son petit sac et en s'avançant vers lui malgré les recommandations de Ron qui voulait qu'elle fasse demi-tour et revienne auprès de lui. Oui ! s'exclama-t-elle, victorieuse, en mettant la main sur ce qu'elle cherchait. Il me reste un peu de Dictame et une potion de Régénération sanguine ! » décréta-t-elle en lui donnant les deux flacons.

L'ancien directeur des vert et argent examina attentivement ce qu'elle lui présentait, incrédule, puis il lui prit les deux fioles des mains et ordonna fermement :

« Merci, Granger. Maintenant, filez, maudits gamins ! »

Hermione n'insista pas et elle rejoignit Ron et Harry, laissant le professeur Rogue et son épouse seuls dans la Cabane hurlante…


(1) Tous les passages en italique sont tirés de J. K. Rowling, Harry Potter et les Reliques de la Mort, chapitre 32.


Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu ;-)

A la prochaine pour la suite!

Bisous ;-)