Coucou!
Merci à toutes et à tous pour vos commentaires! J'aime les lire et y répondre ;-)
Merci aussi à aussidagility et à Guest. Vous allez tous deux avoir la réponse à vos questions en partie dans ce chapitre.
Je vous laisse découvrir la suite!
Bonne lecture!
Chapitre 29
Elle reposait sur un matelas moelleux, sa tête aux longues boucles noires s'enfonçant agréablement dans un oreiller tout aussi douillet, une couverture trop épaisse pour la saison recouvrant son corps. La lumière qui filtrait à travers les fenêtres était si éclatante qu'elle parvenait presque à se frayer un chemin jusqu'à sa rétine alors que ses paupières étaient encore closes. L'air qu'elle respirait sentait le propre mais surtout le désinfectant. Et une grande main chaude et légèrement caleuse enserrait doucement sa fine main droite.
En reprenant peu à peu conscience, Electra se rendit compte qu'elle avait extrêmement chaud sous cette couverture, qu'elle devait avoir des courbatures approximativement dans tous les membres de son corps, que son sang lui donnait la sensation de brûler dans ses veines, sans doute à cause du venin, mais aussi que la douleur qu'elle ressentait se concentrait principalement au niveau de son cou, de son épaule droite, de son ventre et de sa hanche.
Elle grimaça légèrement en tournant la tête sur le côté et en soupirant, ce qui provoqua un redressement fulgurant de Severus qui se trouvait auprès d'elle et qui tenait sa main dans la sienne depuis de nombreuses heures, et elle déclara, plaintive, d'une voix enrouée, en ouvrant ses paupières pour dévoiler ses deux iris argentés qu'il avait cru ne jamais revoir plein de vie :
« J'ai beaucoup trop chaud… Quel est le cinglé qui m'a mis une couverture pareille ? ajouta-t-elle encore en grimaçant et en gigotant un peu pour tenter de s'en défaire.
- Tu as chaud ? Attends, je vais t'aider, répliqua immédiatement Rogue, trop heureux de l'entendre parler, en se mettant debout et en repoussant la couverture à ses pieds. Voilà, décréta-t-il après avoir replié soigneusement la couverture. Ça va mieux maintenant ?
- Oui, acquiesça-t-elle avant d'esquisser un sourire à son attention en plongeant ses yeux gris dans les siens. Merci.
- De rien… répondit-il sans détacher son regard du sien. Pour information, le cinglé, c'est moi, lui apprit-il, à moitié amusé.
- Je m'en doutais un peu… » lui avoua-t-elle alors, moqueuse.
La jeune femme tenta de pousser sur ses jambes et de s'appuyer sur ses mains afin de se redresser dans son lit pour passer en position assise mais elle grimaça de douleur, incapable de faire cela toute seule, puis, constant qu'elle n'y parviendrait jamais sans aide, elle demanda à Rogue qui l'avait regardée faire :
« Severus, tu m'aides à m'asseoir, s'il te plaît ?
- Oui, bien sûr, répondit-il aussitôt en approchant d'elle. Je ne voulais pas t'obliger. Je sais que tu préfères tout faire toute seule, lui confia-t-il en la prenant délicatement sous les aisselles et en l'asseyant correctement après avoir disposé un coussin derrière son dos.
- Oui, mais, là, je ne saurais pas… Merci. »
Le maître des potions balaya son remerciement d'un geste de la main et il se rassit sur sa chaise à côté de son lit, avant de s'approcher encore un peu.
Electra esquissa une nouvelle grimace en portant une main aux bandages qui entouraient son cou, son épaule, son ventre et ses hanches avant d'écarter un peu le pansement de son abdomen pour y jeter un œil ainsi que pour évaluer l'ampleur des dégâts causés par le serpent qui lui avait lacéré la chair puis elle interrogea encore, inquiète :
« Les plaies sont vraiment très laides ?
- Les blessures ne sont pas belles à voir, non, lui avoua-t-il honnêtement. Les crochets de Nagini ont déchiré ta peau et son venin empêche une cicatrisation nette et sans trace. Mais les médicomages sont parvenus à trouver un moyen pour purifier ton sang, à faire en sorte que les plaies se referment et ils t'ont sortie d'affaire. Tu es hors de danger, finit-il de lui expliquer, soulagé que ce soit le cas.
- Tu veux dire que je garderai ces cicatrices affreuses toute ma vie ? demanda-t-elle, la gorge nouée, après l'avoir attentivement écouté.
- Oui », acquiesça-t-il simplement.
La jeune femme tourna son visage sur le côté pour laisser rouler quelques larmes sur ses joues roses, abattue par cette triste nouvelle, puis elle sentit l'index de Severus caresser doucement sa pommette et sa main enserrer délicatement son menton afin de lui faire de nouveau tourner son visage vers lui.
« Electra, tu crois vraiment que je me soucie de ce genre de détails ? interrogea-t-il en plongeant ses yeux sombres dans les siens étincelant de perles salées.
- Mais… ces plaies ont l'air immondes… se plaignit-elle, dégoûtée par ce qu'elle avait entraperçu sous ses bandages.
- Je me fiche bien de ces cicatrices. Tout ce qui compte c'est que tu sois en vie, ici, avec moi, que tu me regardes avec tes yeux d'argent et que tu me parles, même pour m'engueuler ou me traiter de sale con ou d'abruti, si tu veux. »
Electra ne put s'empêcher de rire à travers ses larmes, elle essuya ses yeux du revers de sa main et reposa son regard gris sur Rogue, qui l'observait toujours, incroyablement sérieux.
« L'aspect extérieur n'a absolument aucune espèce d'importance mais sache que tu es et que tu resteras l'une des plus belles femmes que j'ai jamais pu rencontrer, Electra. Et ce ne sont pas ces quelques cicatrices qui vont gâcher ça et me faire changer d'opinion sur ton compte, la rassura-t-il encore.
- Tu ne veux toujours pas me dire que je suis la plus jolie ? le taquina-t-elle, ragaillardie par ses paroles apaisantes.
- Non… J'aimerais que ta tête passe encore dans les portes… » répliqua-t-il avant d'esquisser un sourire en coin, moqueur.
La jeune femme se mit à rire, plus franchement cette fois, éclatant d'un rire cristallin qui enroba directement le cœur du maître des potions, qui était très heureux d'arriver à lui remonter le moral de cette façon et qui se perdit dans ses pensées quelques temps.
« Severus ? l'interpella-t-elle pour le faire revenir les pieds sur Terre.
- Oui ? répondit-il en dirigeant son regard noir vers elle.
- Je suppose que, si on est là tous les deux, c'est que ça s'est bien terminé, devina-t-elle avec raison. Mais tu veux bien m'expliquer ce qui s'est passé, s'il te plaît ?
- Oui, bien sûr… Je vais tout te raconter, acquiesça-t-il directement.
- Merci. Tu viens près de moi ? demanda-t-elle encore en tapotant l'espace à côté d'elle.
- Je ne crois pas ce lit soit conçu pour deux personnes, répliqua Rogue en y jetant un œil, sceptique.
- On n'est pas très gros… fit-elle observer. Je suis sûre qu'on peut facilement y tenir tous les deux, insista-t-elle encore en lui lançant un regard enjôleur dont elle avait le secret.
- J'ai peur de te faire mal, lui confia-t-il alors en avisant son corps recouvert de bandages.
- Tu saurais pas faire pire, je suis au max, lui assura-t-elle, amusée.
- Ça ne m'amuse pas vraiment… C'est de ma faute, si tu te retrouves à l'hôpital et si tu es dans cet état… soupira-t-il, dépité et désolé pour elle.
- C'est de ma faute à moi car – je te cite – il n'y a pas plus bornée que moi, le contredit-elle alors. S'il te plaît, Severus, viens, insista-t-elle encore en l'observant de ses yeux gris pétillant d'espièglerie.
- Bon, c'est d'accord… » souffla-t-il en se déchaussant, vaincu par son regard argenté, avant de grimper sur le lit et de se placer sur un flanc à côté d'elle.
L'homme en noir l'entoura délicatement de ses bras en prenant garde à ne pas lui faire de mal et il la laissa se blottir contre lui en poussant un soupir d'aise avant de lui raconter en détails la déjà très célèbre bataille de Poudlard qui s'était déroulée dans la nuit du 1er au 2 mai.
Lorsqu'il eut terminé de lui faire le récit de ces évènements et qu'il lui eut narré la victoire d'Harry Potter, de l'Ordre du Phénix et des professeurs et élèves de Poudlard sur le terrible Seigneur des Ténèbres et ses partisans Mangemorts, il se pencha un peu vers elle pour s'apercevoir que ses paupières s'étaient peu à peu fermées et qu'elle avait fini par s'endormir, sans doute à cause de la fatigue qu'elle éprouvait à la suite de ses blessures et de son traitement médicomagique.
Il esquissa un léger sourire, à la fois attendri et incroyablement reconnaissant d'avoir la chance de pouvoir encore la tenir dans ses bras, bel et bien vivante, et il déposa un baiser sur son front avant de lui chuchoter tout contre son oreille d'une voix très basse :
« Je t'aime, Electra. »
.
Quelques semaines plus tard, Electra était toujours à Ste-Mangouste car les médicomages refusaient de la laisser sortir tant qu'elle ne serait pas pleinement remise de l'attaque de Nagini qui avait bien failli lui coûter la vie. Ils faisaient des examens et des analyses toujours les jours pour s'assurer que tout rentrait dans l'ordre et que le venin s'éliminait bien de son corps et Severus devait faire preuve d'imagination et d'inventivité pour la convaincre de rester à l'hôpital, passant pratiquement tout son temps, dans sa chambre, auprès d'elle.
Ce jour-là, il lui avait proposé de faire une partie d'échecs version sorcier et un mince sourire en coin étirait ses fines lèvres en constatant qu'il était en train de gagner et que ça la rendait littéralement folle de rage.
« Ce n'est pas possible ! Tu triches ! s'exclama-t-elle, boudeuse, en voyant l'un des cavaliers de Rogue écraser son dernier pion.
- Non, je ne triche pas. Je n'y peux rien si tu es moins douée que moi, répondit-il de sa voix de velours, satisfait.
- Argh ! Tu m'énerves ! s'écria-t-elle en prenant sa tête entre ses mains avant de souffler pour se calmer. Tu y joues depuis minimum seize ans de plus que moi, vu qu'on a seize ans d'écart !
- Tu trouves ça injuste ? demanda-t-il en haussant l'un de ses sourcils noirs. Tu veux que je te trouve un petit jeune de ton âge aussi nul que toi aux échecs pour que ce soit équitable ? proposa-t-il, sarcastique.
- Je ne suis pas nulle ! Enfoiré, va ! rétorqua-t-elle vivement. Tu m'as appris il y a tout juste une semaine ! se défendit-elle encore.
- Alors ne t'énerve pas et patiente un peu… conseilla-t-il sagement en faisant avancer son fou. Plus l'on disputera de parties et plus tu vas t'améliorer, lui assura-t-il ensuite. Tu as déjà un bon niveau, pour une débutante.
- Je rêve ou tu viens de m'encourager et de me complimenter ? interrogea-t-elle en cherchant son regard de ses yeux gris, malicieuse.
- Tu as bien entendu, confirma-t-il en hochant légèrement la tête.
- C'est nouveau ? questionna-t-elle encore, en arquant un sourcil noir.
- Pas vraiment, non. C'est envers mes élèves que je suis avare de compliments et d'encouragements car ce sont tous des cornichons sans cervelle. Toi, tu es ma femme. Ce n'est pas la même chose… » expliqua-t-il brièvement en continuant de jouer.
Electra se mit à rire, amusée, avant de l'entendre ajouter tout en faisant apparaître des parchemins sur ses genoux :
« Tiens, à ce propos. J'ai ça pour toi.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle en prenant les documents en mains pour les examiner en fronçant ses sourcils, perplexe.
- Ce sont les papiers du divorce, répliqua-t-il seulement, désinvolte.
- Les papiers du divorce ? répéta-t-elle en braquant son regard gris sur lui, médusée. Tu te moques de moi ? voulut-elle s'assurer.
- Non, pas du tout. Je t'avais promis que je ne t'obligerai pas à rester mon épouse, si jamais je m'en sortais, et que je demanderai moi-même le divorce. C'est ce que j'ai fait. Je suis un homme de parole, se justifia-t-il en plongeant son regard noir dans le sien.
- Severus, tu cherches vraiment à me mettre hors de moi ?
- Loin de moi cette idée… » répondit-il de sa voix de velours en reportant son attention sur l'échiquier sorcier et en tendant sa main vers sa reine.
Il n'eut pas le temps d'atteindre sa pièce que la jeune femme s'était saisie du plateau de jeu et l'avait envoyé valser contre le mur, brisant les derniers éléments qui étaient encore intacts.
Imperturbable, Rogue reposa son regard sur la Russe qu'il voyait prête à exploser de rage.
« Qu'est-ce que tu fais ici tous les jours, à mon chevet, si tu ne veux pas rester marié avec moi ? Va-t'en alors ! Je n'ai pas besoin de toi ni de ta pitié ! s'écria-t-elle, ses joues rouges de colère, son accent russe revenant au grand galop quand elle s'énervait comme cela. Tu as tenu toutes tes belles promesses ! Je te félicite ! ironisa-t-elle en croisant ses bras sur sa poitrine. Je vais signer ça et tu pourras t'en aller ! ajouta-t-elle encore en désignant les parchemins d'un geste de son menton.
- Si tu ne veux pas divorcer, il suffit de me le dire… se contenta de rétorquer Severus, avec un calme olympien.
- Bien sûr que je ne veux pas divorcer ! Mais je ne vais pas t'obliger à rester marié avec moi, si tu ne le veux pas ! répliqua-t-elle avec véhémence.
- J'ai envie de rester ton mari. Je veux rester avec toi jusqu'à la fin de mes jours, lui apprit-il alors.
- Alors pourquoi tu es allé chercher ces foutus papiers ? demanda-t-elle, bougonne, en s'apaisant néanmoins peu à peu et en l'observant de ses yeux gris, intriguée.
- Parce que je te l'avais promis, répondit-il tout simplement.
- Tu n'es qu'un crétin, Severus Rogue ! » s'exclama-t-elle alors, soulagée par la tournure que prenait leur conversation, en décroisant ses bras et en essuyant rapidement les quelques larmes qui avaient débordé de ses paupières malgré elle.
Le maître des potions esquissa un sourire en coin, se leva de sa chaise pour venir s'asseoir sur son matelas tout près d'elle, il l'entoura de ses bras pour la serrer contre lui et caresser ses longs cheveux noirs et bouclés qui cascadaient dans son dos puis il chuchota contre son oreille :
« Moi aussi, je t'aime, Electra. »
La jeune femme s'écarta légèrement de lui pour plonger son regard argenté dans le sien, réellement surprise par son aveu, puis le plus beau sourire que Severus ait jamais vu sur son visage vint soudain éclairer ses traits, comblée par ses paroles, et elle encercla sa nuque de ses fines mains pour lui offrir un long et ardent baiser en glissant ses doigts dans ses cheveux noirs.
« Abruti… souffla-t-elle encore quand elle se fut légèrement détachée de lui en posant son front contre le sien.
- Heu… Monsieur et Madame Rogue ? » les interpella soudain quelqu'un, embarrassé de les interrompre.
Severus et Electra tournèrent leurs regards étonnés vers la médicomage qui avait pénétré dans la chambre sans un bruit et sans qu'ils ne la remarquent, Rogue se leva du matelas en caressant doucement la joue de sa femme pour se mettre debout à côté du lit puis il répondit :
« Oui ?
- Pardonnez-moi d'arriver ainsi… Je ne voulais pas vous déranger mais j'ai d'excellentes nouvelles pour vous.
- Je peux enfin sortir ? demanda aussitôt Electra qui n'en pouvait plus de devoir rester à l'hôpital depuis des semaines, le sourire aux lèvres.
- En effet, acquiesça la femme en s'approchant du pied du lit. Vos analyses et vos examens sont excellents. Il n'y a plus la moindre once de venin dans votre corps, les plaies ont cicatrisé totalement et il n'y a plus aucun risque pour votre bébé, expliqua la médicomage en lisant rapidement les pages de son rapport.
- Mon quoi ? s'exclama la jeune femme, abasourdie, les yeux ronds.
- Je vous demande pardon ? s'étonna l'homme en même temps qu'elle, totalement sous le choc.
- Votre bébé… répéta le médecin, peu sûre d'elle. L'embryon est sain et en parfaite santé. Vous n'étiez pas au courant ? demanda-t-elle ensuite en plissant son front.
- Non ! Et je ne suis pas enceinte ! C'est impossible ! J'ai toujours pris une contraception, tous les jours ! Je n'ai jamais oublié une seule fois ! s'écria Electra, affolée par la nouvelle.
- Ce n'est pas toujours fiable à cent pour cent. Une étude a démontré que… voulut-elle expliquer avant d'être subitement interrompue par la jeune femme.
- Je suis enceinte de combien de temps ? interrogea la Russe, fébrile.
- Heu… Je… bredouilla la femme, confuse d'avoir été coupée dans ses explications.
- À quand remonte la conception de cet embryon ? insista la jeune femme, totalement paniquée.
- Pourquoi est-ce…
- J'ai besoin de savoir ! insista-t-elle, au bord de la crise de nerfs.
- Oh, je dirais un mois, un mois et demi. Il a dû être conçu à peu près la nuit précédant la bataille de Poudlard », évalua alors la doctoresse.
Electra souffla de soulagement en se laissant lourdement retomber sur le matelas et sur l'oreiller puis elle cacha sa tête entre ses mains en laissant échapper ses larmes de ses paupières pour évacuer la pression.
Ne sachant pas pourquoi la jeune femme s'était soudain mise dans un tel état, la médicomage observa Rogue, désemparée par sa réaction, avant de déclarer, incertaine :
« Je suis désolée, je ne savais pas que vous n'étiez pas au courant…
- Ce n'est rien, Docteur. Je vous remercie, la rassura-t-il aimablement.
- Madame peut sortir. Il vous suffira seulement de signer quelques papiers à l'accueil. Je vais vous laisser le temps de digérer la nouvelle et de faire vos valises dans ce cas.
- Oui, merci beaucoup », acquiesça-t-il en l'observant quitter la chambre et refermer bien derrière elle.
Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu ;-)
A la prochaine pour l'ultime chapitre de cette histoire!
Bisous ;-)
