Chapitre 55 : Cité de l'Atlantide – Sanctuaire des clefs – Jour 9 – Phorcys
Le calme était revenu dans le panthéon, chacun se releva, s'assurant que le danger était passé et tous se regroupèrent auprès d'Emma, que Killian avait déposé à même le sol sur sa lourde veste en cuir. La jeune femme était toujours inconsciente, elle respirait mais ne manifestait aucun autre signe de vie.
Ils allaient faire le point et s'interroger sur la suite à donner quand une véritable armée pénétra dans le temple. Des hommes en armes arrivèrent par dizaines, prenant possession des lieux. Ils étaient nombreux et se souciaient peu de préserver l'effet de surprise. Tel un rempart devant la sauveuse, Crochet et les autres sortirent épées et sabres, prêt à vendre chèrement leur vie. Bientôt les hommes de Phorcys les encerclèrent, leur avantage numérique les rendait sûr d'eux et ils se jetèrent sur les héros sans sommation. Circé n'était pas en état de participer au combat, trop épuisée par le sauvetage d'Emma. En revanche, Régina faisait déjà crépiter ses boules de feu, son arme favorite quand il s'agissait de combats rapprochés. Killian, Mary, David et les deux capitaines pirates ferraillaient dur, chacun d'entre eux devant faire face à dix hommes, mais la reine leur était d'un grand secours et pouvait mettre hors d'état de nuire plusieurs adversaires à la fois. Sa seule crainte était l'arrivée de Phorcys, car contre le dieu, sa magie ferait figure de jouet et elle, de débutante. Pour l'heure chaque coup qu'elle portait permettait de rétablir quelque peu l'équilibre et d'aider ses compagnons.
…
La première sensation qu'elle perçut fût un bruit, un brouhaha plutôt, lointain et presque imperceptible mais cela faisait tellement longtemps qu'elle n'entendait plus que le silence, que cela la surprit. Puis Emma sentit un poids, lourd, immuable, une sensation d'écrasement dans son dos… Son dos ? Elle avait donc un dos ? Elle essaya de se souvenir mais tout était embrouillé. La petite fenêtre de l'armoire, l'armoire même, tout avait disparu… Alors où était-elle ?
Inconsciemment, elle voulut se redresser, ouvrir les yeux, n'y parvint pas, mais sentit un léger mouvement de son buste. Petit à petit, son esprit refaisait surface mais le vertige se saisit d'elle. Elle décida de se calmer, de prendre le temps de respirer… Elle respirait donc également ? Inspirer, expirer… Oui, elle respirait. Elle décida de tout reprendre à zéro, se concentrant sur les sons. Ils étaient moins ténus mais toujours inaudibles. Elle se concentra alors sur le corps qui l'accompagnait toujours. Il semblait allongé sur le sol… Non sur une couverture, un tissu ? du cuir ? Emma s'étonna de ressentir les choses avec tant de précisions et se demanda d'où lui venaient toutes ces informations. Puis elle comprit : ce sont ses mains qui bougeaient et qui transmettaient leurs renseignements à son cerveau. Elle prit conscience à cet instant qu'elle avait de nouveau la possession de son corps, même si dire qu'elle avait le contrôle était encore, à l'heure actuelle, un peu présomptueux.
Dans un effort douloureux, elle ouvrit les yeux, mais un tel vertige se saisit d'elle qu'elle les referma aussitôt. Et elle essaya de se rappeler. Elle avait hurlé, fort, très fort. Tellement fort qu'elle avait elle-même brisé sa propre cachette, son armoire secrète. Pourquoi avait-elle hurlé ? Quelque chose autour d'elle l'avait saisi d'angoisse au-delà des mots, un danger imminent.
Nouvelle tentative pour ouvrir les yeux. Nouvel échec. Elle ne pouvait se contenter de ça et recommença. Le tournis était tel qu'elle crut qu'elle allait vomir. De ses mains elle poussa d'un côté pour se retrouver sur le flanc… C'était toujours un peu mieux. Elle se concentra sur les bruits, on se battait, autour d'elle, très près. Ses yeux étaient ouverts maintenant mais cela ne voulait pas dire que sa vue fonctionnait. Les silhouettes étaient floues et se déplaçaient tellement vite que le vertige la reprit.
Emma respira lentement, bruyamment pour se concentrer. Nouvelle petite victoire, sa nausée s'atténuait… un peu. Sa vision s'éclaircissait. Ils étaient toujours dans le temple, celui qu'elle avait vu depuis son armoire. Ses amis étaient là, ils se battaient, à l'épée. Des boules de feu volaient à travers la pièce : Régina, pensa Swan. Elle appuya sur ses mains, se redressa. Difficile. Nouvelle sensation de faire des loopings et de perdre le contact avec la réalité. Elle devait reprendre contenance. Un danger était là, tout proche, à quelques pas seulement… Le même qu'un peu plus tôt. Maintenant les sons étaient plus clairs, presque réels et sa vue un peu moins floue. Elle devait agir, éliminer la menace qu'elle était la seule à voir. Une ombre s'approchait d'elle, dangereuse. Emma ne reconnut pas la silhouette mais l'aura qui se dégageait de ce corps était maléfique. Elle ignorait si elle aurait la force de s'opposer, mais elle lâcha la bonde à son instinct, à sa magie, à tout ce qui pouvait la secourir et frappa, fort.
Un puissant rayon de magie blanche percuta le torse d'un homme qui s'envola à travers le temple pour s'écraser contre l'autel, et le combat cessa immédiatement.
Les hommes d'armes se rassemblèrent en une ligne bien coordonnée devant le corps inanimé. Tous les soldats étaient vêtus d'un uniforme dont les mailles bleutées ressemblaient à des écailles et où les plates s'apparentaient à des nageoires. Ils étaient couvert d'un heaume qui ne laissait voir que leurs yeux, ainsi l'identité propre à chacun était fondue dans une masse anonyme.
Dans un même geste, Régina, David, Mary, Jack, Anne et Killian dressèrent une ligne de défense devant Emma.
La sauveuse était debout, même si son équilibre semblait précaire, la lueur dans ses yeux ne laissait aucun doute : elle était de retour et plus furieuse que jamais. D'une voix rauque elle dit à ses amis :
- Ne vous fiez pas à ce démon… Il vous manipule…
Sa voix n'était guère plus forte qu'un chuchotement. Fragilisée par des journées de silence et par le hurlement qu'elle avait poussé quelques minutes plus tôt.
Mary, tout en gardant à l'œil ses ennemis, répondit :
- Tu te trompes Emma, c'est notre ami.
La sauveuse ressemblait à une louve prête à se jeter sur un ours pour défendre ses petits. Elle avait pris une posture menaçante et semblait recouvrer des forces, à chaque minute qui s'écoulait.
- C'est toi qui te trompes, répondit Emma en se raclant la gorge pour espérer parler plus fort. C'est Phorcys qui se cache sous l'apparence de ce beau gamin.
Tous les yeux se tournèrent vers l'enfant en question à cette révélation. Et sous leurs regards médusés et malgré la puissante de l'attaque de Swan, Aël se releva en s'époussetant nonchalamment. Le sourire qu'il leur adressa n'avait plus rien ni d'enfantin, ni de candide.
- Je ne sais pas comment tu as fait ça sauveuse, mais je suis admiratif. Jamais tu n'aurais dû pouvoir endiguer l'effet du sort d'Enyo, ma fille. La magie aurait dû te quitter totalement voilà des jours… Comment as-tu pu te protéger d'un tel enchantement ?... Qu'importe à présent, je regrette juste de t'avoir laissée en vie. J'aurais dû te tuer de mes mains quand j'en ai eu l'occasion.
- Tu aurais dû, oui.
Et Emma réitéra son attaque. Elle voulait prendre Phorcys par surprise, c'était le seul moyen d'espérer le vaincre. Hélas, c'était un dieu, et il arrêta son rayon de magie d'un revers de la main. Puis, avec un sourire carnassier dessiné sur son faciès d'adolescent, il s'adressa à Emma en faisant claquer sa langue à plusieurs reprises en signe de désapprobation :
- Ttt ttt ttt ! Penses-tu vraiment pouvoir me faire le même coup deux fois, sauveuse. Tu m'as surpris tout à l'heure, mais cela ne se reproduira plus et, tant que j'y pense…
Aël leva la main et décrivit un large arc de cercle devant lui. Une sorte de fumée bleutée se dirigea vers Régina, Emma et Circé et les engloba.
- Je pense que tu connais l'encre de seiche ? Je préfère ce sort, fait à partir du même ingrédient et aux effets similaires, si ce n'est que vous pourrez continuer de bouger, seuls vos pouvoirs seront paralysés. Voilà qui annihilera vos facultés magiques pour un moment. Ainsi, toi et tes amies ne pourrez plus me nuire.
- Mais qui es-tu à la fin ? Demanda Mary d'un ton acerbe, sans parvenir à croire à l'évidence qui se dévoilait devant eux.
- Oh ! J'ai donc réussi à garder la surprise si longtemps. Sans l'intervention d'Emma, je n'aurais même pas eu besoin de dévoiler mon jeu, mais maintenant…
Une nouvelle fois le garçon brun leva la main, cette fois au-dessus de sa tête, et dans un nuage de magie aux teintes indigo, il changea d'apparence. Quand la vapeur surnaturelle eût disparue, c'est Phorcys qui se trouvait devant leurs yeux ébahis. Il adressa à Bloody un sourire charmeur et condescendant en disant :
- Eh oui ! Aël n'a jamais existé, c'est une pure invention de mon esprit, dont je suis assez fier, je dois l'admettre. Sa manifestation n'avait qu'un seul but : inciter la gardienne à se révéler. Sa ressemblance physique avec le pirate n'était pas une coïncidence, même s'il était beaucoup plus attrayant que toi Crochet ! Je suis satisfait : je dois dire, mon plan a fonctionné au-delà de mes espérances.
Mary était furieuse. Furieuse de s'être laissée manipuler ainsi, furieuse de n'avoir pas découvert la supercherie et plus furieuse encore de s'être attaché à un ami qui n'avait jamais réellement existé. Elle siffla, venimeuse :
- Au-delà de tes espérances ? Tu as perdu ta clef de l'Atlantide et le gardien de ton sang n'a rien pu faire. Je vais prendre le pouvoir qui me revient et te vaincre Phorcys.
Mary s'enhardissait un peu. Elle n'était pas sûre de réussir à prendre le pouvoir de quoique ce soit, mais elle espérait ainsi gagner du temps. Leurs meilleures armes étaient sans conteste la magie et les trois personnes qui en étaient pourvues ne pouvaient, pour l'instant, pas l'utiliser.
Phorcys éclata d'un rire cassant et profond qui déstabilisa la pirate.
- Crois-tu vraiment à toutes ces coïncidences ? Aël qui trouve pour toi la dernière clef et qui te l'offre sur un plateau ? Allons, gardienne, tu es plus intelligente que ça… Ne vois-tu pas que c'est moi qui ai fait en sorte que tu obtiennes les trois clefs ?
Mary observa le dieu abasourdie. Il continua :
- Il y a un mois tu as rencontré un vieil artisan, très habile de ses mains et qui vendait des breloques en bois flotté, soit disant porte-bonheur. Tu t'en souviens j'imagine ? C'est ce même homme qui, en échange de ton secours contre quelques malandrins, t'as offert son éternelle reconnaissance, un joli bracelet de perles en bois et une carte qui devait te mener à l'Atlantide…
- C'était toi, gronda Crochet entre ses dents.
- Oui capitaine Jones, moi-même ! Je savais que cette belle demoiselle était la gardienne et je venais enfin de retrouver sa trace. Il ne restait plus qu'à la convaincre de se mettre en quête de l'Atlantide. Ce qui n'a pas été le plus difficile : les pirates étant ce qu'ils sont, l'appel d'un trésor merveilleux et d'une aventure pour y accéder était un argument suffisant pour persuader ma jolie nièce !
- Pourquoi t'être servi de Mary ? Pourquoi ne pas avoir fait appel à un gardien de ton sang ?
Le sourire affable et charismatique de Phorcys disparut et une expression cruelle la remplaça. Le dieu montrait, cette fois, un aspect qui révélait toute l'intensité de sa noirceur, il faisait penser à un prédateur prêt à fondre sur sa proie.
- Zeus et Poséidon ont été très clairs quand ils ont jeté le sort pour protéger l'Atlantide : seul trois gardiens peuvent exister, un pour chacun de mes frères et moi. Ma fille, Méduse était la gardienne de mon sang…
Phorcys détourna son regard d'un bleu abyssal pour le plonger dans celui beaucoup plus clair de David. Il avait un rictus mauvais et plein de rancœur :
- Hélas, Blanche-Neige et David ont eu la très mauvaise idée de mettre fin à la vie de ma chère enfant… Et le prince devra payer pour cela. J'avoue que je n'avais pas prévu son évasion et celle de ses nouveaux amis pirates, mais ce n'est qu'un petit contretemps.
Le dieu marqua un temps pour être sûr d'avoir été clair et David dû faire appel à tout son courage pour ne pas détourner son regard de celui de la divinité. Phorcys continua :
- Méduse étant pétrifiée, le rôle de gardienne de ma lignée échut à Scylla, une autre de mes filles…
Cette fois, les prunelles intenses du dieu se tournèrent lentement vers Circé et la toisèrent. La magicienne avait repris quelques couleurs et semblait se remettre de la fatigue qui l'avait assaillie quand elle avait aidé Mary à étendre son bouclier. La déesse fit face, sans faillir et dit de sa voix suave :
- C'était il y a des milliers d'années, Phorcys, j'ai fait une erreur et j'ai essayé de la rattraper… Je crois que j'ai été suffisamment punie pour cela.
La voix du dieu gronda comme le tonnerre et la clameur en fût si forte qu'elle donnait l'impression d'une déflagration dans le temple :
- Tu as changé ma fille en monstre, tu l'as empêchée de remplir son rôle de gardienne et à cause de toi, les portes de l'Atlantide m'étaient closes à tout jamais. Alors aucune punition ne saura jamais assez sévère pour toi.
Le bruit s'estompa à mesure que la colère du dieu fut moins démonstrative. En quelques instants, Phorcys retrouva son attitude de félin : beau, hypnotisant… redoutable. Le dieu reprit son air hautain et condescendant pour dire :
- Scylla ne pouvait être la gardienne, les dieux avaient veillé à ce que ce rôle soit tenu par une personne en mesure d'agir comme un humain, et non pas comme une bête.
- Et en termes d'enfants qui ressemblent à des monstres, il est plutôt bien placé, dit Régina discrètement pour éviter que le dieu ne l'entende.
Phorcys reprit de sa voix charmeuse et froide comme le sifflement d'un serpent :
- Ma gardienne n'étant plus en mesure d'ouvrir les portes, je devais trouver une autre possibilité. Protée, mon frère couard, choisi de ne pas engendrer de descendance pour s'éviter un conflit avec moi. Ne restait plus que Nérée. Hélas, mon petit frère s'est toujours méfié, et il a fait en sorte, des millénaires durant, de me cacher chaque personne de sa lignée qui aurait pu avoir ce rôle de gardien. Heureusement, un coup du destin m'a mis sur la voie et j'ai eu vent de ton existence, Mary. J'ai fait en sorte que les trois clefs te parviennent et avec un petit peu d'aide tu as fait le reste.
Phorcys sourit à pleine dent et continua, s'adressant à Régina :
- Je dois dire que je dois une fière chandelle à la méchante reine qui t'as aidé à comprendre la magie du sang, et à la sauveuse qui t'a fait prendre conscience de l'étendue de tes pouvoirs. Sans leur petit coup de pouce, tu en serais encore à des balbutiements en matière de magie et cela aurait été d'un ennui mortel pour moi d'attendre encore !
Tandis que Phorcys parlait, Killian avait essayé d'estimer leurs chances de survie : faibles. Les soldats du dieu faisait toujours barrage et vu leur nombre, les affronter sans l'aide de leur maître aurait déjà été tendu, alors avec un dieu à leur côté… D'autant qu'Emma, comme Régina et Circé, étaient sans magie. Le pirate ne voyait pas d'issue. Pour l'instant, Phorcys jouait avec eux comme un chat avec une nichée de souriceaux, mais viendrait un moment où il voudrait les croquer. Leur seule retraite était l'entrée du temple ou au contraire le portail vers l'Atlantide, autant dire une opération suicide, quelle qu'elle soit. Imperceptiblement, il s'approcha d'Emma et lui demanda en chuchotant :
- Ca va toi ?
- Oui, répondit Emma sur un ton plus faible encore, difficile de faire mieux pour elle vu l'éraillement de sa voix, mais je ne peux plus me servir de mes pouvoirs et sans magie, je ne sais pas comment nous pourrions arrêter ce dieu.
Killian hocha la tête, ils en étaient arrivés à la même conclusion, et elle n'était guère réconfortante. Où diable était passé Nérée, s'interrogea Crochet. C'est ce dieu qui les avait mis dans cette panade, les abandonnant aux mains de ce démon. Le pirate ne pouvait s'empêcher de ressentir de l'amertume à l'égard du vieillard. Il leur avait dit que si Mary croyait en elle et en chacun de ses amis, Phorcys ne pourrait plus rien contre eux ni contre l'Atlantide et qu'ainsi, les océans seraient saufs. Mary avait réalisé tout cela, et pourtant le danger était toujours aussi menaçant.
Comme pour mettre fin aux interrogations du capitaine, Phorcys reprit la parole :
- Maintenant, toi et moi nous allons faire une petite promenade, gardienne. Une pirate comme toi n'a-t-elle jamais rêvé de découvrir la légendaire cité de l'Atlantide. Tous ce que tu imagines n'est rien en comparaison de la réalité. Voilà des millénaires que j'attends de retrouver cet éden et les pouvoirs qu'il octroie. Bientôt Poséidon et Zeus, lui-même ne pourra plus m'arrêter. Tous les pouvoirs seront en ma possession.
- Penses-tu sincèrement que je vais t'aider ? Ta magie ne peut rien contre moi… A moins que tu n'envisages de me défier en combat singulier.
Mary ne manquait pas de courage et levait déjà son sabre pour provoquer le dieu en duel. Il s'esclaffa :
- Allons, crois-tu sincèrement que même à l'épée je peinerai à te battre ? Non. Mais vois-tu, ta vie m'est très précieuse, aussi… ce n'est pas toi que je menacerai.
Il leva une main et dessina dans les airs un carré qu'il modela avant de le propulser face à lui. La forme grossit jusqu'à atteindre les proportions d'un bassin de bonne taille. Sans rien pouvoir faire David, Killian, Anne et Rakham furent projetés dans cet immense cube translucide aux parois invisibles qui grandit autour d'eux. Sans prévenir, l'eau jaillit à leurs pieds. Le cube se remplissait d'eau de mer à une vitesse fulgurante. Bientôt, les victimes avaient de l'eau jusqu'au cou et il ne restait que quelques centimètres d'air avant le haut de leur prison aquatique. D'un geste de la main, Phorcys arrêta le mouvement du fluide. Killian, Anne, Jack et David surnageaient comme ils pouvaient mais fatigueraient vite. L'exiguïté de leur cage ne leur permettait pas de s'étendre et les parois lisses ne leur offraient aucune prise où s'accrocher. Si l'on ne faisait rien, ils finiraient par se noyer. Sans compter que Phorcys pouvait choisir de faire monter les eaux à n'importe quel moment. Il s'adressa à Mary d'une voix hautaine :
- Tu as le choix. Tes amis, et nous avons tous vu ici à quel point ils comptent à tes yeux, ne pourront être sauvés que si tu coopères. Si je prends le pouvoir de l'Atlantide leur vie ou leur mort n'a aucune espèce d'importance à mes yeux. Sauf pour le Prince, lui, il n'échappera pas à ma colère.
- Pas question, si je t'aide, tu laisses la vie sauve à David également.
Phorcys la regarda de son regard bleu profond. Il avait des yeux hypnotisant et sa beauté naturelle faisait froid dans le dos. Il sourit, d'un rictus machiavélique et carnassier, et souffla d'une voix onctueuse :
- Tu n'as pas le pouvoir de m'imposer tes conditions ma très chère nièce… moi, si.
