Bonjour, Bonsoir.

Contrairement à ce que j'essaye de faire je n'ai pas répondu à vos reviews sur le chapitre précédent. C'était essentiellement pour ne pas trop vous en dévoiler. Je préfère vous laisser découvrir ça

A savoir : le site fanfiction a apparemment quelques problèmes au niveau des notifications. Mais je poste bien les chapitres tous les quinze jours.

Bonne lecture.

Chapitre 4 :

Harry resta quelques secondes sans réaction, incapable d'assimiler l'information. Puis il se redressa vivement et se mit à tourner en rond dans le salon :

- Non ! Non ! Pas lui ! Il est bien vivant ! Il… J'ai été avec lui, je l'ai embrassé, je l'ai tenu dans mes bras, il… C'est bien lui ! C'est l'homme de mon souvenir, celui que tu m'as montré ! C'est Severus ! Comment ce serait possible autrement ?

Les deux amis se regardèrent :

- Polynectar ? suggéra Ron.

- Possible mais cela supposera qu'il ait une énorme réserve déjà prête ou qu'il ait accès au corps du vrai Severus Snape. Depuis quatre mois. Barty Croupton Jr a gardé Maugrey Fol Œil en vie pour cette raison. Et c'est une sacrée organisation. Surtout en vivant avec quelqu'un. Fol Œil avait la réputation d'être un original et de ne boire que dans sa flasque, cela passait.

- Et quelle serait la raison alors ? Des Mangemorts qui en voudraient encore à sa vie ? Il y avait plus facile et ce serait déjà fait.

- Et il n'aurait pas eu la possibilité de sortir comme il l'a fait.

- Alors ce serait quoi ? Mise en confiance avant un sacrifice ?

Harry assistait à l'échange sans en comprendre la moitié. Et il avait peur de ce qu'il avait entendu. On en voulait à sa vie ? Ils parlaient même de sacrifice. Severus ne lui avait jamais caché qu'il avait eu une vie compliquée mais là… Les deux sorciers continuaient leur échange sans l'intégrer dans la discussion. Jusqu'à ce que Ron se retourne d'un coup vers lui :

- Attends ? Tu as dit que tu l'avais embrassé ? Severus Snape ?

- Oui. Il m'a dit qu'on était en couple avant ma perte de mémoire. Je… Je pouvais difficilement le contredire.

- Mione, tu entends ça ?

- Je suis à quelques centimètres de toi, bien sûr que j'ai entendu. Et cela ajoute une nouvelle question : pourquoi il t'a dit ça ? En y réfléchissant vite la première conclusion est qu'il n'a trouvé que cette solution pour s'assurer que tu restes avec lui. Mais cela amène la question : pourquoi voulait-il te garder ? On peut continuer longtemps comme ça. Et le seul moyen de tirer ça au clair est d'aller le voir. Harry, tu peux nous emmener chez lui s'il te plait ?

- Je pense oui. J'ai besoin d'en savoir plus moi aussi.

Ils discutèrent d'autre chose sur la courte route. Ron et Hermione racontèrent des anecdotes sur leur vie à Poudlard. Les matchs de Quidditch, les problèmes avec les fantômes, des détails sur certains professeurs. Surtout des événements drôles pour détendre l'atmosphère. Le trajet fut rapide. Ron et Hermione échangèrent un regard surpris en voyant la maison aux murs beiges devant eux. Jamais ils n'auraient pu imaginer que leur ancien professeur vivait ici. C'était beaucoup trop clair. Et ils ne pouvaient imaginer que leur meilleur ami vivait aussi près depuis toutes ces semaines d'absence.

Harry pénétra le premier dans la cuisine puis le salon pendant que Ron et Hermione détaillaient le lieu :

- Severus ? Tu es là ? J'ai besoin de te parler.

- Je monte, le temps de jeter un sort sur ma potion.

La voix venait de son laboratoire. Harry devenait nerveux à présent. Ses amis étaient restés devant la porte d'entrée alors que lui s'était approché de la table. Il avait peur de la vérité. Aucune des hypothèses qui lui venaient en tête n'était bonne. Il entendit les pas de Severus dans l'escalier et son souffle lui manqua. Il prit appui sur le fauteuil pour ne pas s'effondrer.

Quand le potionniste apparut il tressaillit en apercevant le trio d'or mais son visage resta impassible. Il prit une grande inspiration avant de continuer à avancer disant, d'une voix neutre :

- Je vois que tu as retrouvé tes amis. Et donc dû découvrir la vérité.

- La vérité ? Donc tu avoues avoir menti ?

- Je pourrais jouer sur ton amnésie, te dire que tes amis n'étaient pas au courant de notre relation mais soyons sérieux, cela ne tiendrait pas longtemps. Ils vont sûrement t'aider à retrouver tes souvenirs et l'imposture sera encore plus évidente. Autant arrêter le jeu de suite.

- Un jeu ? C'était un jeu pour toi ? Mais pourquoi ?

Severus se contenta de hausser les épaules, se posant devant le plan de travail, le dos appuyé dessus, les bras croisés. Hermione intervint alors dans la discussion :

- Vous êtes censé être mort ?

- Ai-je l'air mort Miss Granger ? Votre sens de la vision vous ferait alors grandement défaut.

- On vous a vu ! Vous vous êtes fait agresser et mordre par Nagini. Vous étiez par terre et votre cœur ne battait plus !

- Avez-vous vu mon corps par la suite ? Avez-vous assisté à mon enterrement ? Vu ma tombe ?

- Non, on nous a dit que vous aviez été enterré en secret. Puis nous étions occupés avec la bataille, les morts…

- Alors vous apprendrez que jamais un maitre des potions ne se rendrait à un rendez-vous avec un mage noir paranoïaque et un serpent sans avoir un contre-poison sur lui, voire deux différentes ainsi que plusieurs potions de soin. Surtout dans les derniers instants d'une guerre sans pitié. Surtout quand il peut développer des nouvelles potions, totalement inconnues de tous.

- La potion sur laquelle tu travailles dans ton labo c'est ça ? dit alors Harry.

- Exactement. Elle a été efficace pour moi, malgré des douleurs assez intenses les premiers jours. Et une apparente mort les premiers instants, le temps que cela agisse en puisant dans les réserves magiques. Je dois encore la perfectionner. Elle n'a pas un très bon taux de réussite. J'ai eu beaucoup de chance.

- Qui est au courant ? demanda Hermione.

- Juste Kinglsey. Il m'a rendu service en me laissant disparaitre. Une dette qu'il avait envers Dumbledore. Severus Snape est officiellement mort et enterré dans une tombe anonyme, pendant que je suis tranquillement ici, sortant à chaque fois camouflé par un charme, vivant en vendant des potions par correspondance. Est-ce que votre curiosité est satisfaite à présent ?

- Non, s'interposa Ron. Pourquoi avoir fait ça à Harry. Pour vous venger ?

Severus fit un geste de la main, comme s'il chassait un insecte volant :

- Quelle importance ?

- C'est important pour moi ! s'emporta son ancien élève. Tu as joué avec moi ! Tu m'as menti ! Tu… tu es un être odieux ! Méprisable !

Il sortit en pleurant de la maison, suivi de près par Ron. Hermione dévisagea son ancien professeur comme si elle le voyait pour la première fois :

- Comment avez-vous pu le cacher aussi bien ? Vous êtes forcément sortis !

- Des sorts de camouflage à chaque fois. Pour lui comme pour moi. C'était nécessaire. Epuisant mais nécessaire. Aujourd'hui il est simplement sorti sans me prévenir.

- J'avais du respect pour vous monsieur. Mais vous l'avez fait souffrir et vous avez été cruel !

- Oui c'est vrai j'ai menti, j'ai joué avec ses sentiments. Il vous avait oublié certes. Mais il avait aussi oublié les horreurs de la guerre, les sacrifices, tous ceux qu'il avait perdu. Pendant un temps, un court moment de répit, il a pu être sincèrement heureux et rire, en oubliant combien étaient morts pour que lui puisse vivre. Il a oublié le poids sur ses épaules, sa célébrité qu'il déteste ainsi que tous ses devoirs. Alors ne venez pas dire que c'est moi le plus cruel.

Hermione remarqua que Severus avait posé ses deux mains sur le plan de travail derrière lui. Et il semblait accroché dessus comme s'il ne pouvait tenir debout sans cet appui. Il tremblait et ses jointures étaient blanches. Ce détail s'imprima dans son cerveau alors que les paroles de Severus la touchèrent de plein fouet. Elle se mordit les lèvres pour ne pas répliquer, sachant qu'il y avait une bonne part de vérité dans ceci. Elle préféra retrouver les deux garçons dehors, laissant le potionniste seul.

Harry avait couru dans la rue, ne supportant même pas de rester dans le jardin. Ron était derrière lui, la main sur son épaule. C'est là que les retrouva Hermione. Ils restèrent silencieux un instant, laissant les larmes du brun se tarirent.

- Que veux-tu faire Harry ? demanda Hermione quand il estima que son ami était en état de parler.

- Quitter cet endroit. Retourner dans l'autre maison.

- Tu ne veux pas qu'on retourne interroger ce bâtard ? s'emporta Ron. Il faut qu'on sache pourquoi il t'a fait ça !

- Non. Peu importe. Je m'en fiche. Je veux partir.

Il hésita à ajouter « Je veux oublier ». Mais l'ironie de la situation ne put lui échapper et il resta silencieux.

C'est encadré par ses deux meilleurs amis, inconscient que son ancien professeur le fixait par la fenêtre de la mezzanine, qu'il repartit au Square Grimmaurd.

XXX

Les jours suivants furent compliqués pour Harry. Il recommença à avoir des cauchemars où s'ajoutaient le sentiment de trahison suite à la manipulation de Severus. Hermione finit par lui faire une potion de Sommeil sans Rêve, transformant une des chambres en laboratoire de potions. Personne n'osa poser la question que tous avaient en tête : pourquoi le maitre incontesté des potions n'en avait pas donné à Harry ?

Le trio d'or resta ensemble au Square Grimmaurd. Ron et Hermione n'avaient pas encore décidé s'ils reprenaient leurs études à Poudlard pour faire leur septième année ou s'ils poursuivaient des études classiques, comme cela leur avait été proposé. Ils devaient donner leurs réponses quand Harry avait disparu et ils avaient reporté leurs décisions pour se concentrer sur les recherches de leur ami. Ils avaient mis autant de temps car le ministère ne les aidait pas malgré leur demande. Le Monde Magique était tellement chamboulé que mettre toutes les ressources pour retrouver une seule personne, même s'il s'agissait du Sauveur, n'était pas la priorité. Un Auror avait bien évidemment été mis sur l'enquête mais Severus semblait avoir pris toutes ses précautions. En plus, comme il profitait d'une faveur du nouveau Ministre, Kinglsey, sa maison avait été mise sous protection magique de haut niveau, ce qui la rendait indétectable ainsi que tout ce qui s'y passait. Les signatures magiques ne passaient pas à travers le bouclier, de même que les hiboux. La maison était totalement isolée et c'était le meilleur endroit pour y cacher une personne. Il ne manquait plus que le sortilège de Fidélitas. Hermione s'étonna d'ailleurs que cela n'ait pas été fait. Et bien entendu, personne n'avait pensé à aller chercher la bête noire de Severus directement chez lui.

En tout cas Harry fit son retour dans le monde magique. Les journaux ne parlèrent pas trop de l'événement. Officiellement l'Elu s'était rendu à St-Mangouste pour des examens importants et avait dû rester en observation longtemps. Pour le moment, la presse était trop occupée à parler de tous les évènements après-guerre, la reconstruction. Et Skeeter ayant disparu du paysage médiatique, il n'y avait plus personne pour vouloir répandre des ragots. Cela ne durerait certainement pas longtemps mais en attendant le Sauveur du monde magique était tranquille. Il put se concentrer sur lui et sa vie passée.

Les deux amis aidèrent Harry à retrouver sa mémoire. Ils lui montrèrent des photographies, le plongèrent dans une Pensine, ce qui le perturba grandement au début. Cependant ils firent comme Severus et évitèrent soigneusement ce qui avait un lien direct avec Voldemort. De toute façon Harry ne mit pas longtemps à s'en rappeler seul. Et ce jour là sa cicatrice le fit hurler de douleur comme jamais. Ils comprirent que c'était là la magie du Survivant qui essayait de le protéger de ce qu'il avait vécu.

Hermione put concocter une potion qui limita ses maux de tête et aida sa magie à se débloquer entièrement. Il accueillit cette dernière avec plaisir, comme s'il retrouvait une part de lui-même. Cela finit lui faire retrouver entièrement sa mémoire. Et avec, son état triste des mois précédents. Ce qui ne fit que rendre encore plus vraies les dernières paroles de Severus. Et cela rongeait Hermione.

Harry utilisait peu sa baguette et faisait quasiment tout façon moldue. Il avait l'impression de retrouver plus de souvenirs à chaque fois qu'il l'utilisait. Et la peur s'était insinuée en lui. Il avait revécu la mort de ses proches et la revivait toutes les nuits où il ne prenait pas de potions. Sirius, Remus, Tonks, Fred, Dobby… Mais c'est comme si à chaque fois qu'il utilisait la magie, il se souvenait d'un nouveau détail ou d'une sensation. Une couleur, un frisson, un pincement au cœur. Il revivait sa vie en accéléré et il en était malade. Parfois il avait l'impression que tout ceci était arrivé à un autre que lui.

Il essayait de verbaliser son stress avec ses amis. Le trio s'asseyait souvent autour de la grande table. Kreattur était dans les cuisines de Poudlard et ne venait plus dans cette maison. Les trois amis buvaient de la Bièraubeurre en parlant de tout ce qui leur passait par la tête. La guerre revenait sans cesse dans la discussion d'une manière ou d'une autre. La seule chose dont ils évitaient consciencieusement de parler était Severus.

Harry ne savait plus quoi penser à propos de lui. Il avait retrouvé la mémoire sur toutes les années de cours avec lui. Toutes ces humiliations et rabaissements. Mais il avait revécu aussi ce qu'il avait pensé comme les derniers moments de son professeur de potions, cette peur et cette tristesse qu'il avait ressenti à cet instant. Et les souvenirs que Severus lui avait offerts. C'était une des rares choses que Harry n'avait pas partagée avec ses amis. Ces derniers savaient que Lily et Severus étaient amis enfants et que jamais leur professeur n'avait été un traitre mais jouait double jeu. En revanche ils n'avaient pas appris le reste : toute la souffrance qu'avait endurée le potionniste quand sa meilleure amie était morte, l'attachement à son élève qu'il n'avait pu dissimuler à son directeur et la profonde tristesse quand il avait appris qu'il devait tuer celui qu'il considérait comme son mentor. A l'époque cela avait touché Harry mais maintenant c'était pire que ça. Il ne savait plus où il en était dans ses émotions. Il avait l'impression qu'il y avait deux Severus. Celui de son passé et le sien. Et il avait des sentiments beaucoup trop forts pour son Severus.

XXX

Severus regarda la bouteille posée sur la table devant lui. Du Whisky Pur Feu de sa réserve personnelle Il savait que ce n'était pas une bonne idée de se mettre à boire. Tout comme il avait su dès le départ, dès la première seconde, qu'il n'aurait pas dû mentir à Harry. Mais il n'avait pas pu résister à la tentation de son cœur et les mots étaient sortis bien trop tôt de ses lèvres. Puis une fois prononcés il n'avait pu ni voulu faire marche arrière.

Il se sentait misérable. Pire que tout. Un être indigne. Et maintenant c'est comme si son cœur avait été arraché de sa poitrine. Il avait froid. Il avait tout perdu et se sentait vide. On ne regrette pas ce qu'on ne connait pas. Avant il ne pouvait qu'imaginer. La douceur des lèvres, les étreintes, la chaleur d'un corps contre lui. Maintenant il en ressentait l'absence. Il le savait depuis longtemps déjà. Harry était sa drogue.

Il l'avait compris dès sa dernière année à Poudlard, quand il avait dû jouer le rôle du cruel directeur et que le Gryffondor était parti à la chasse aux Horcruxes avec ses amis. C'était il y a an déjà. Severus s'était surpris à rechercher Harry du regard dans la foule, tout en sachant pertinemment qu'il n'y serait pas. Il s'était alors posé des questions mais ce n'est que quelques semaines plus tard qu'il avait compris de quel mal il souffrait. Il avait suivi les ordres de Dumbledore et avait amené l'épée de Godric Gryffondor là où le jeune sorcier pouvait la trouver. Il avait eu un coup au cœur en le voyant paraitre. Il paraissait si fatigué et amaigri. Severus avait soudain eu envie de courir vers lui et de le prendre dans ses bras. Il voulait le protéger de ce sort cruel, sachant en plus ce qui l'attendait quand il se retrouverait face à Voldemort. Et quand Harry avait enlevé ses vêtements, le potionniste avait eu le souffle coupé. Son étudiant était devenu un homme. Il avait grandi et s'était développé. Severus avait dû se retenir à un arbre. On ne pouvait parler de véritable coup de foudre pourtant ce fut l'impression qu'il en eut. Il était resté sur place jusqu'à ce que les deux Gryffondors quittent les lieux. Et même longtemps après.

Puis le restant de l'année, enfermé dans l'école, Severus avait eu peur. Il avait tremblé de savoir Harry si loin et sans aide autre que ses amis. Il jouait son rôle de traitre sans cœur tout en sentant le sien saigner à chaque minute, chaque battement. Le peu d'informations qu'il réussissait à glaner n'était pas pour l'aider. Il n'avait pas pleuré depuis des années, depuis la mort de Lily, sa meilleure amie, mais s'était retrouvé durant ses quelques semaines à verser des larmes quand il était certain d'être seul dans les ténèbres de sa chambre.

Et quand Harry avait paru devant lui dans la Grande Salle. A cet instant le cœur de Severus s'était mis à battre tellement fort qu'il était certain que c'était le seul son que l'on entendait à plusieurs lieues à la ronde. Toute cette comédie absurde, la haine dans les yeux du Gryffondor et celle de sa collègue MacGonagall qu'il avait toujours hautement respectée. Oui il avait voulu mourir à cet instant. Mais il était allé trop loin pour tout arrêter si près du but. Dumbledore avait eu confiance en lui. Il ne pouvait le décevoir. Il dut faire appel à toute sa volonté pour tourner le dos à l'homme qu'il aimait plus que tout.

Ce qui devait arriver arriva fatalement, Voldemort étant tellement prévisible. Severus fut heureux que ses derniers moments avec son identité de potionniste soient aux côtés du Gryffondor. Il pouvait renaitre en laissant tout ceci derrière lui. Il laissa ses souvenirs, sa vérité et la vérité sur les manipulations du vieux fou qui avait été le directeur. Et quand plus personne ne fit plus attention à lui il transplana, fuyant tel une ombre.

Une fois mort pour la communauté magique, Kingsley lui offrit une maison où se terrer. Et Severus ne put s'en empêcher, le lieu qu'il choisit pour vivre était près du 12 Square Grimmaurd. Et alors qu'il s'installait, il lui arrivait de regarder par la fenêtre. Une fois ou deux il put voir Harry passer dans la rue alors qu'il rentrait chez lui. Et à chaque fois le cœur de Severus s'emballait. Tout son être lui criait de courir dans la rue à sa suite, lui faire savoir qu'il était en vie, lui montrer son amour immense. Puis le Survivant tournait au coin de la rue et le monde du potionniste redevenait gris.

Sans ce coup du sort, cet ignoble destin cruel, cela aurait été son quotidien. La tristesse, les larmes solitaires et ce sentiment d'amour beaucoup trop ancré profondément. Et vint l'orage. Au sens propre. Il était dehors, sous un charme et courait pour rentrer chez lui quand il avait vu un sorcier à balai qui tombait. Celui-ci avait dû retirer les sorts qui le camouflaient car il était apparu presque au dernier moment. Et il ralentit mais clairement pas assez et percuta beaucoup trop vite le sol pavé. Severus fit un crochet pour se précipiter à son secours, ne pouvant refuser son aide à un sorcier qui en avait besoin. En s'approchant il ne put pas bien voir à cause de la pluie diluvienne qui tombait. Ce n'est que grâce à un sort de protection qu'il remarqua les mèches noires rebelles reconnaissables entre toutes. Et son cœur sut avant lui qui il avait en face de lui. Son esprit professionnel prit tout de même le dessus et il s'assura d'abord qu'il pouvait le déplacer sans danger grâce à des sorts de diagnostics. Puis il le prit dans ses bras, surpris de le trouver aussi frêle. En quelques secondes il remarqua les traits encore plus tirés de son ancien élève, les marques évidentes d'un manque de sommeil, l'air presque malade. Il ne devait pas non plus bien se nourrir. Il était trop maigre. Et cette constatation lui fendit le cœur. Il se doutait des causes d'un tel mal-être. Il pensa à tout ceci alors qu'il ramenait Harry chez lui et l'installa dans son lit pour prendre soin de lui comme il l'avait toujours voulu. Sa première idée était de le soigner puis lui jeter un sort d'amnésie et le ramener chez lui. Le secret de sa fausse mort serait alors préservé. Et si, comme il s'en doutait Harry n'avait aucune blessure grave alors que ce ne serait l'affaire que de quelques heures.

Et c'est là que le destin lui joua ce coup cruel. Il n'y eut pas besoin de sort d'amnésie, Severus n'eut pas besoin de renvoyer Harry chez lui. Les mots lui échappèrent. Et pendant des jours de pur bonheur, l'ancien espion avait vu ce qu'aurait pu être sa vie en compagnie de l'homme qu'il aimait. Des moments de complicité, comme cette journée à Hyde Park, des discussions pendant les repas, des moments calmes sur le canapé, un corps près de lui. Il avait eu la joie immense de se réveiller à ses côtés, de pouvoir l'observer à la dérobée, surprendre tous ces petites mimiques sur son visage. Severus ne se lassait pas de l'observer.

Et c'était fini. Il avait complètement mérité ce qui lui arrivait. Il avait joué avec les sentiments de son ancien élève, s'était donné le droit de décider pour lui. Il ne valait pas mieux que les deux autres membres du trio d'or. Et comment avait-il pu penser que ça marcherait ? Après tout l'inévitable c'était produit, le Gryffondor avait fui. C'était l'issue fatale une fois sa mémoire retrouvée. Et pourtant… Pourtant il avait espéré. Mais à présent il avait tout perdu. Jamais il ne se le pardonnerait.

Il se sentait méprisable. Il ne méritait aucun pardon et acceptait sa damnation. Severus regarda encore sa bouteille de Whisky. Il la déboucha et se servit son premier verre qu'il but d'une traite. Il balaya la pièce du regard, revoyant presque comme un songe Harry qui sortait de la salle de bain, s'allongeait sur le canapé ou encore qui feuilletait les livres, son regard lointain.

Son parfum était encore diffus dans l'air, cruel poignard olfactif. Une fois seulement Severus était remonté sur la mezzanine et s'était agenouillé sur le lit, prenant les draps entre ses mains, humant le reste de fragrance subtile qui y restait. Il avait commencé à en pleurer. Il se souvenait encore de cette nuit où Harry était venu dormir avec lui. Il en avait tremblé de plaisir et de retenue. Il voulait tellement le toucher, le couvrir de baisers, le prendre, le marquer comme sien.

Il avait été si vil. Son amour insensé lui avait fait des choses dont il n'était tellement pas fier. Faire apparaitre des vêtements à sa taille, donner l'illusion que deux personnes vivaient tout le temps ici, trouver des excuses pour qu'il ne sorte pas seul… Cela avait été jusqu'à ne pas donner de potion de sommeil à son ancien élève qui ne pouvait se souvenir de l'existence d'une telle potion juste pour avoir une excuse afin de le prendre dans ses bras, le tenir quelques secondes de plus contre lui. C'était de la torture. Toutes les nuits, le Gryffondor avait souffert de ses cauchemars et n'avait pu se reposer. Il ne connaissait pas de mot assez odieux pour décrire ce qu'il avait fait.

Severus but un deuxième verre aussi vite que le précédent. Et se rendit compte que ses joues étaient baignées de larmes. Cette nuit serait le témoin unique de sa dernière faiblesse. Il pleurerait l'homme heureux qu'il avait été un bref instant et oublierait. Il redeviendrait le bâtard sans cœur qu'il avait toujours été ou du moins toujours fait semblant d'être. Il renierait son cœur, l'enterrerait profondément sous ses robes noires. Il était déjà mort pour le monde sorcier, il ne manquerait à personne. Il lui restait simplement à tuer tout ce qu'il lui restait d'émotions. Tout ne sera plus qu'automatisme et routine. Une vie mécanique. Il méritait ce qui lui arrivait.

Un troisième verre bu. Severus se rendit compte qu'il n'était plus sur une chaise mais par terre, ramassé sur lui-même, la bouteille à ses côtés. Il faisait nuit noire à présent et seule la petite boule de lumière qu'il avait toujours avec lui amenait un peu de lumière dans toute la maison. Le verre n'était plus en vue mais cela importait peu.

Il attaqua directement au goulot.

Sa dernière nuit d'humain serait longue.

XXX

Cette même nuit Harry se retournait dans son lit sans parvenir à fermer l'œil. Il avait essayé de se passer de sa potion de sommeil et ce n'était franchement pas une réussite. De plus il entendait Ron ronfler comme un bienheureux dans la pièce d'à côté. Ce qui n'aidait pas au sommeil.

L'aube était proche, il décida donc se lever. Il avait fait une sieste dans le salon la veille donc il tiendrait encore un peu.

Il fut surpris de retrouver Hermione dans la cuisine, une simple chandelle allumée servant de lumière, un énorme live posé sur la table et une tasse de thé presque vide.

- Pas de potion ?

- Ouaip. J'ai testé sans.

- Ce n'est pas une réussite.

- En effet.

Harry prit sa baguette et se prépara un lait chaud qu'il fit venir jusqu'à lui. Hermione claqua son livre.

- Tu veux en parler ?

- Tu lis quoi ?

- Ça répond pas à … Ce n'est rien de bien connu ou important. L'histoire d'un bâtisseur de cathédrale dans une Angleterre médiévale. C'est écrit par un moldu.

- Sympa.

- Très.

Harry souffla pour refroidir sa boisson et prit une gorgée. Il n'y avait aucun bruit dans la maison, hormis l'écho lointain des ronflements du dernier du trio. Il était encore tôt, il n'y avait que la nuit dehors. Londres n'était pas encore réveillé et les fêtards étaient enfin partis se coucher.

- Harry, il va bien falloir qu'on en parle.

- Parler de quoi ?

- Ne te fais pas imbécile, cela ne te va pas. De Severus. De toi. De tes sentiments. De la raison qui fait que tu es ici avec moi à cette heure beaucoup trop tardive. Ou beaucoup trop tôt, selon le point de vue.

- Et toi, pourquoi es-tu debout à la même heure ?

- J'aime Ron, vraiment, mais je pense que notre couple ne pourra être durable qu'à partir du jour où j'aurais fini la potion anti-ronflements que je suis en train de faire au deuxième étage. Que deux jours et ce serait parfait.

Harry esquissa un sourire, le nez dans sa tasse. Il aurait dû lui demander cette potion à l'époque des dortoirs des Gryffondors même si heureusement les sorts d'insonorisation avaient bien fonctionné.

Il avait espéré que la discussion passerait à autre chose mais c'était oublier l'opiniâtreté de son amie.

- Tu vas cracher le morceau ou je monologue à ce sujet ?

- Il n'y a rien à dire c'est tout.

- Je pense qu'il y aurait tout à dire au contraire. J'y ai réfléchi, je suis sûre que toi aussi. Et ma conclusion personnelle c'est que Severus a joué un personnage qu'il n'était pas, quelqu'un de différent. Il s'est créé un être « idéal » pour ce qu'il avait à faire.

- Ces derniers mois ont donc bien été un mensonge.

- Je n'ai jamais dit que je parlais des moments où il était avec toi.

- A quoi alors ?

- A tout le reste, répliqua Hermione. Toutes les années où on l'a eu comme professeur. Ce n'était qu'une façade, un personnage type de roman qui cache qui il est puisqu'il joue les espions et ne doit donc rien dévoiler de risque que ça se retourne contre lui. Sans attaches.

- Mione, tu vas peut-être un peu trop loin là.

- Je ne crois pas au contraire. Je te l'ai dit, j'ai beaucoup réfléchi et je ne vois que ça. Je devrais plutôt dire que je suis convaincue d'avoir raison. Il ne pouvait montrer qui il était réellement, il devait se faire détester et avait réussi. Et s'il était tombé amoureux d'une personne dont il devait se faire haïr ? Il aurait tout sacrifié juste pour s'assurer de la victoire contre Voldemort. Un homme aussi courageux n'aurait pas été monter tout un scénario juste pour se moquer de toi. Il t'aime vraiment, je pense même à un point qu'il n'imagine pas du tout et s'est honteusement permis de vivre pendant un temps sa vie idéale.

- Tu le défends ?

- Absolument pas ! Ce qu'il a fait était odieux. Il n'avait pas le droit de te faire subir ça, de te faire disparaitre pour le monde sorcier et sans prévenir personne. Mais je le comprends, ce qui n'est pas pareil.

- Il m'aime.

- J'en suis sûre oui.

- Non Mione, ce n'était pas une question. Je le sais. Je l'ai su à la bataille de Poudlard, quand il m'a confié ses souvenirs. Il a tenté de le cacher bien sûr, il était trop fier pour clairement le montrer mais quelques moments ont filtré. Il était mourant après tout. Et j'ai pu… c'est comme si je pouvais ressentir une partie de ses sentiments. C'était étrange. Je n'avais jamais eu cette sensation avec une Pensine.

- Tu ne nous en avais jamais parlé.

- Non. Je voulais garder ça pour moi, j'y repensais parfois… non souvent même. Mais je croyais Severus mort donc c'est pas comme si j'envisageais quoi que ce soit avec lui. Je ne pensais même pas à quoi que ce soit avec lui. J'étais juste triste qu'il soit mort comme ça, seul et incompris. Par contre je comprends mieux pourquoi Kingsley s'est totalement opposé à ce qu'on lui rende hommage.

- Forcément, cela aurait attiré trop l'attention sur lui.

- Ouais… Tu sais j'y ai beaucoup pensé. Quand j'ai vu ses souvenirs, je n'ai pas vraiment pris la mesure de ses sentiments je crois. Il restait quand même le bâtard de professeurs de potions. Il n'était que ça pour moi. Je ne pensais même pas qu'il pouvait être autrement. Et là, la vie avec lui était totalement différente de ce que je pouvais imaginer. C'est comme si ce n'était pas notre ancien professeur mais un autre.

- Et cet autre homme, tu en penses quoi ?

- Que c'est un manipulateur égoïste.

- Harry, ne me mens pas, tu sais que ça ne marchera jamais avec moi.

- Que je l'apprécie, même si c'est un manipulateur égoïste. Non peut-être plus que ça.

- Tu l'aimes ?

- Je ne sais pas. Je crois oui. Mais comment je peux encore l'aimer en sachant tout ce qu'il m'a fait ?

- Si l'amour était rationnel ça se saurait depuis longtemps.

Hermione se leva pour se servir une autre tasse de thé. Le jour se levait doucement, nimbant la pièce d'une couleur orangée. Cela rappela à Harry les matins aux côtés de Severus. Ils n'avaient pourtant dormi que quelques nuits ensemble et cependant tous les matins le Gryffondor le cherchait à ses côtés dans le lit, sa main ne rencontrant que le vide. Il semblait bien plus accro qu'il ne voulait bien le dire. Et cela lui faisait peur.

Les deux amis restèrent un moment en silence, chacun perdu dans ses pensées. Puis Hermione fit le tour de la table pour se poser au côté de son ami. Elle lui réchauffa sa tasse de lait d'un coup de baguette :

- Tu devrais boire avant que ce soit froid de nouveau.

Harry prit sa tasse dans les mains et étouffa un petit rire. Hermione haussa un sourcil, surprise car elle ne pensait pas avoir dit quelque chose de drôle. Elle n'eut pas besoin de demander car Harry expliqua de suite :

- J'aurais pu me douter de quelque chose depuis le début. Je n'ai jamais aimé le café et Severus m'en a servi quand il m'a expliqué qui j'étais. J'ai tout recraché et il a fait mine qu'il s'était trompé en me donnant une tasse, soi-disant la sienne où il y avait du chocolat chaud. Il avait dû changer la boisson d'un sort mais forcément je ne pouvais pas savoir.

- Le genre de petit détail qu'il ne pouvait pas savoir en effet.

- Je suis sûr qu'en y repensant je trouverai des dizaines de petits détails comme ceux-ci qui auraient dû me mettre la puce à l'oreille.

- Ne t'en veux pas trop Harry, tu étais bien trop bouleversé pour te poser la question.

- C'est marrant ce dont on se souvient. Ce chocolat était très bon et m'avait fait du bien.

Le regard de Harry se fit lointain et Hermione sut qu'il revivait le moment. Elle comprit aussi que peu importe ce qu'il disait, il était bel et bien amoureux. Et qu'il se mentait à lui-même, sûrement par peur. Il n'avait pas l'habitude d'être heureux.

- Harry, il va falloir que tu décides ce que tu veux faire.

- Je ne sais pas.

- Tu devrais y aller. Tu meurs d'envie de le rejoindre.

Les deux amis se tournèrent vers l'encadrement de la porte où Ron venait d'apparaitre. Il était simplement vêtu d'un boxer et ses cheveux étaient presque autant en pagaille que ceux de Harry le matin. Il avait encore le regard chargé de sommeil. Harry et Hermione n'avaient pas prêté attention à l'arrêt des ronflements du dernier membre du trio.

- Tu as tout entendu ? demanda Harry

- Pas loin je crois. En tout cas depuis que tu as parlé de la Pensine et ce que tu y avais ressenti.

Il avait dû rester dans l'escalier un moment, écoutant comme ils l'avaient fait durant leur cinquième année pendant les réunions de l'Ordre. Le rouquin alla jusqu'à Hermione pour l'embrasser puis se dirigea vers le plan de travail pour se servir un café avant de finalement se laisser tomber sur le banc d'en face. Il reprit alors :

- Tu devrais y aller. Au moins pour t'expliquer. Ça ne servira à rien de ressasser les mêmes pensées ici.

- Ce n'est pas si simple.

- Bien sûr que si. Tu y vas, tu lui hurles dessus, tu lui sors ses quatre vérités puis tu l'embrasses. Ou dans un autre ordre si tu veux.

- Ron, intervint Hermione, je ne suis pas sûre que ce soit vraiment un bon plan.

- Mais si. Simple, direct. Pas besoin de se prendre la tête.

- Il m'a manipulé, menti et tu voudrais que je lui pardonne comme ça ?

- Bien sûr que non, c'est pour ça que tu gueules un bon coup d'abord puis tu lui rappelleras de temps en temps, tu vas voir il va se sentir coupable. Ça peut même le calmer en cas de disputes entre vous deux. Parce que tu auras fatalement besoin d'un moyen de pression avec lui sinon tu te feras écraser par sa répartie et ses piques.

- Mon chéri, ne me dis pas que tu envisages de faire pareil avec moi ?

- Nan, toi tu m'as jamais fait de coup aussi tordu, j'ai aucun moyen de pression.

Hermione donna un coup de poing dans l'épaule de Ron qui ne sembla pas plus gêné que ça. Ils échangèrent un regard complice qui fit sourire Harry. Et le ramena immanquablement à Severus. Pourrait-il un jour avec la même chose, la même complicité ? En tout cas une chose était sûre, ce n'était pas en restant là qu'il le saurait.

Il se leva du banc et alla laver sa tasse dans l'évier. Il ne put s'empêcher une petite pique envers son meilleur ami :

- Tu te rends quand même compte que si je réussis à être en couple avec Severus, cela veut dire que tu seras obligé de le voir un peu plus souvent ?

- Oh ça va m'en parle pas, j'en fais déjà des cauchemars.

- C'est pas ça qui t'empêche de dormir en tout cas, dit malicieusement Hermione.

Ron fit comme s'il n'avait pas entendu et continua de siroter son café, la tête tournée de l'autre côté. Puis il avisa que son meilleur ami était toujours les mains dans l'évier :

- Tu vas réussir à la faire fondre à force de la laver comme ça, fit-il remarquer.

Harry était effectivement toujours en train de frotter sa tasse, les mains pleines de mousse.

- Euh oui certes. C'est que…

- Vas-y ! Tu poses cette tasse et tu fonces chez lui. Point.

- Mais je…

- Harry, c'est un ordre de tes deux meilleurs amis, intervint Hermione. Ne nous force pas à utiliser l'Impero.

- Vous savez très bien que je résiste à ce sort.

- Tu tiens vraiment à ce que je teste mes capacités à lancer ce sort ?

- Harry, je serais toi, je me méfierai quand même, elle n'a pas été surnommée la sorcière la plus puissante du siècle pour rien. Enfin bon c'est la Gazette du sorcier qui a dit ça donc rien n'est moins sûr.

- Ron chéri, tu vas tellement regretter cette phrase.

- Effectivement je vais y aller avant pour ne pas assister au massacre, dit Harry avec un sourire.

Il prit à peine le temps d'enlever toute la mousse de ses mains et se précipita au premier étage dans l'ancienne chambre de Sirius qu'il occupait afin de se vêtir correctement et non avec le pyjama qu'il avait sur le dos. Et avant de flancher de nouveau il se précipita jusqu'à la porte d'entrée. Il se tourna juste deux secondes vers ses amis alors qu'il avait la main sur la poignée. Ceux-ci lui firent un signe de la victoire et Harry déboula dans la rue.

Dans la rue il se mit à courir. Il n'y avait encore personne dehors et ce matin d'automne était frais. Mais Harry ne sentait pas le froid mordre ses joues. La seule chose dont il avait conscience était son cœur qui s'emballait de plus en plus à mesure qu'il approchait de Severus.

Il ne lui fallut qu'une poignée de minutes pour arriver devant la maison familière qu'il avait occupée plusieurs semaines.

Oui je sais, sadique mais sinon ça ne serait pas drôle.

Mais voilà, vous avez l'explication.

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