Bonjour à tous! Sur une chanson de Charles Trenet, que reste-t'il de nos amours. J'espère que celà vous plaira. Les personnages ne m'appartiennent bien évidemment pas.


Un soir d'hiver, dans un petit village isolé du monde, Harry profitait d'un peu de repos loin de la folie londonienne. A l'approche des fêtes, il se sentait un brin nostalgique. Une bourrasque se leva qui fit trembler les fenêtres de la chaumière. Il se leva et observa par la fenêtre, par-delà l'épais manteau de neige qui s'étendait sous ses yeux. Une chanson s'éleva de la radio moldue sur la commode.

Ce soir le vent qui frappe à ma porte
Me parle des amours mortes
Devant le feu qui s'éteint
Ce soir c'est une chanson d' automne
Dans la maison qui frissonne
Et je pense aux jours lointains

Etrange coïncidence. Il attrapa le plaid à sa portée et s'emmitoufla dedans, et regagna son fauteuil. Un peu de solitude, enfin. Ne vous y trompez pas, il était ravi de retrouver la famille Weasley-Granger au grand complet dans quelques jours. Mais ces dernières années au ministère avaient été folles, à reconstruire encore le monde blessé par la guerre, finie il y a des années. Il voyait tant de souffrances qu'il fallait aujourd'hui guérir. A commencer par les siennes. Un craquement de la cheminée lui fit lever la tête. Dans un cadre, posé sur la cheminée, il lui souriait.

Que reste-t-il de nos amours
Que reste-t-il de ces beaux jours
Une photo, vieille photo
De ma jeunesse

Drago. Il lui manquait tellement. Lorsque la guerre avait pris fin, chacun était parti de son côté, mais quelques années plus tard, ils s'étaient revus au détour d'un diner. Rien n'était été oublié, l'animosité toujours présente. Mais ils avaient grandi, évolué, ils étaient sortis de l'influence de la fougue de la jeunesse. Si l'approche avait été hésitante, ils avaient fini par se tolérer. Puis par parler. Se trouver des points communs. Abordé les sujets qui les déchiraient autrefois. Harry avait été présent à la mort de sa femme, Astoria. Il l'avait en estime, c'était une femme douce et aimante. Le petit Scorpius l'avait ému, si jeune dans la douleur. Peut être était-ce ce qui les avait rapprochés d'ailleurs, comprendre sa douleur d'orphelin de mère. Ils avaient commencé à se voir plus souvent ensuite…

Que reste-t-il des billets doux
Des mois d' avril, des rendez-vous
Un souvenir qui me poursuit
Sans cesse

Un soir de printemps, un verre à la main, ils avaient refait le monde, rit (beaucoup), bu (un peu) et ils s'étaient étreints. Comme si cela avait été le plus naturel au monde, ils s'étaient embrassés, tout d'abord chastement. Leurs lèvres les avaient brulés, du moins c'est ce qu'il avait semblé à Harry. Le goût de l'interdit, cette chose impossible.

Bonheur fané, cheveux au vent
Baisers volés, rêves mouvants
Que reste-t-il de tout cela
Dites-le-moi

Ce jour-là, ils ne s'étaient rien promis, et rien de plus ne s'était passé. Leur vie avait continué comme avant, mais les baisers s'étaient multipliés. Si au début, ils buvaient et ce n'était qu'une conséquence, très vite, Harry, et Drago l'avoua ensuite, attendaient cette occasion de se retrouver. Un jour, alors que Scorpius était hospitalisé pour un bras cassé à Saint Mangouste, Harry était accouru et s'était jeté dans ses bras de père inquiet et était resté toute la nuit à son chevet pendant que les médecins, qui avait soigné le petit, le gardait en observation. Drago avait dormi sur son épaule, et plus rien n'avait été pareil.

Un petit village, un vieux clocher
Un paysage si bien caché
Et dans un nuage le cher visage
De mon passé

Tout était à l'image de leur relation. A brûler les étapes. La semaine qui avait suivi, Harry avait déménagé chez lui. Les saisons s'étaient écoulées, trop vite dans sa mémoire. Les photos d'anniversaire, de fêtes avec leurs amis, l'entrée de Scorpius à l'université américaine pour devenir médicomage, son départ de la maison, les jours de pluie et de soleil, les vacances dans cette chaumière…

Les mots les mots tendres qu'on murmure
Les caresses les plus pures
Les serments au fond des bois
Les fleurs qu'on retrouve dans un livre
Dont le parfum vous enivre
Se sont envolés pourquoi?

Devant cette cheminée, Drago avait mis un genou à terre. Ils s'étaient mariés un jour d'été, une fête de campagne avec leurs proches. Ils avaient dansé sur la piste comme si leur vie en dépendait. Leur nuit d'amour avait été magique, passant des heures les yeux dans les yeux, comme si le monde n'existait plus, englouti par leur amour. Le regard de Drago à son réveil, indélébile comme marqué au fer rouge dans sa mémoire. Les fleurs sur la table, rendues éternelles comme la flamme qui les animait, comme celle qui avait traversé son regard un jour funeste ou une crise cardiaque l'avait emporté, lui et le cœur d'Harry. Il été parti comme il avait vécu, comme un prince déchu de son trône. Mais qui règnerait indéfiniment sur la vie d'Harry.

Que reste-t-il de nos amours
Que reste-t-il de ces beaux jours
Une photo, vieille photo
De ma jeunesse

Harry se leva, caressa la photo d'un pouce pour essuyer la larme qui était tombée. Une larme de nostalgie, d'amour. Voilà un an qu'il était parti. Un pétale tomba sur la table, comme si Drago pleurait avec lui. Harry reposa le cadre sur le manteau de cheminée, adressa un dernier sourire à Drago, finit sa valise et ferma la porte à clé derrière lui, mais emportant avec lui tous ses souvenirs.

Que reste-t-il des billets doux
Des mois d' avril, des rendez-vous
Un souvenir qui me poursuit
Sans cesse

Bientôt, il reviendra. Scorpius se marie ici en avril, à leur date anniversaire. Alors il pourra étreindre de nouveau ce plaid, témoin de leurs ébats, et ouvrir de nouveau la porte de la chaumière, coffre à souvenirs de l'amour de sa vie.


Merci pour votre lecture !