Regina, assise dans son salon, ne put s'empecher de soupirer en corrigeant les copies de ses élèves. Depuis plusieurs jours maintenant, des déménageurs à la carrure plutôt imposante ne cessaient d'aller et venir dans son immeuble. Ils montaient carton sur carton pour les déposer dans l'immeuble qui se trouvait juste en face du sien. La professeure de littérature espagnole était donc à la première place pour assister à tout se remu ménage qui provoquait un bruit qu'elle ne supportait vraiment plus. Elle allait finir par devenir folle si les déménageurs faisaient encore un seul trou dans le mur ou s'ils accrochaient une énième visses avec leurs machines qui lui semblaient être de plus en plus bruyantes. Elle ne pouvait pas pleinement être concentrer à corrigera les fautes plus ou moins complexes de ses élèves avec un bouquant pareil. Elle soupira une nouvelle fois et posa, peut-être une peu trop violement, son stylo de couleur rouge sur le bureau en bois blanc. Elle retira ses lunettes et se massa les tempes dans l'espoir de calmer la migraine qui ne la quittait plus depuis plusieurs jours. Henry descendit de l'étage à ce moment-là, il entra dans le bureau de sa mère et s'approcha doucement d'elle.

« Je vais devenir folle. » Soupira-t-elle en fermant les yeux.

« Et si on allait faire à manger maman ? » Questionna doucement le petit brun en entourant ses hanches de ses bras.

Regina sourit doucement et passa son bras autour du corps de son fils, elle lui déposa un délicat baiser sur le haut du crâne et colla son front au sien sans ne rien dire. Son fils, Henry Mills, était le petit rayon de soleil de sa vie. Elle l'avait adoptée, dix ans plus tôt alors qu'il n'avait que quelques jours, sa mère biologique était une jeune adolescente toxicomane et abusée, elle n'avait pu s'occuper du petit brun et l'avait donc déposé sur les marches d'une église. Il avait été amené à l'orphelinat le jour même ou Regina avait rendez-vous pour ouvrir un dossier d'adoption. Aimant follement les femmes et étant stérile à cause d'un accident de voiture qu'elle avait eu alors qu'elle n'était encore qu'une enfant – accident qui lui avait volé son rêve de porter un bébé mais aussi la vie de son père – elle s'était donc tournée vers l'adoption. Elle avait énormément d'amour à revendre et l'offrir à un petit être qui n'avait rien demandé au monde et qui n'avait pourtant aucune chance dans son début de vie lui avait paru être la meilleure idée. A peine était-elle entrée dans l'orphelinat que son cœur s'était crispée en entendant les pleurs d'un petit bébé. Elle avait suivi les pleurs au lieu de se diriger comme demander vers le bureau de la directrice et elle avait rencontré une jeune femme rousse qui tapotait doucement dans le dos du bébé en question dans l'espoir de calmer ses pleurs. Elle s'était approchée et avait délicatement passée sa main sous sa tête qui gigotait dans tous les sens, elle avait souri à la jeune femme et avait pris le petit garçon dans ses bras. Elle l'avait enveloppée de tout son amour et lui avait délicatement embrasser le front. Le bébé avait attrapé son pendentif en forme de pommier avec sa main toute potelée et avait cessée de pleurer, il s'était mis à la fixer avec de grands yeux ronds. Ils s'étaient tous les deux regarder avant de sourire et Regina su qu'elle ne pouvait pas repartir chez elle sans se petit bébé qu'elle tenait dans ses bras. Ce tout petit bébé qui lui souriait si doucement. La directrice de l'établissement était entrée dans la pièce à ce moment-là, elle s'apprêtait à s'énerver pour son manque de ponctualité mais avait littéralement écarquillée des yeux en s'approchant plus doucement. Elle avait observé le petit garçon puis avait relevé le visage vers la brune. Etonnée, elle lui avait alors expliqué que le bébé ne cessait de pleurer depuis son arrivée et qu'elle était la seule personne à avoir réussi à le calmer. Regina s'était sentie étrangement fière d'elle-même et avait déposé un nouveau baiser sur le front du petit garçon qui sourit un peu plus en lâchant un léger cri de joie. A contre cœur, elle avait dû reposer l'enfant dans les bras de la jeune rousse et il se remit immédiatement à pleurer ce qui lui déchira le cœur en plusieurs morceaux. Elle avait eu follement envie de reprendre le petit dans ses bras mais s'était contrainte à suivre la directrice après avoir déposé un dernier baiser sur le front du garçon qui s'était très légèrement calmé. Elle avait passée plusieurs heures dans le bureau de la directrice, elles avaient discuté toutes les deux et avaient vérifié, avec énormément d'attention chaque petit détail du dossier que la brune souhaitait ouvrir. Ces quelques heures avaient dans aucun doute étés les plus longues de toute sa vie. Alors qu'elle était censée repartir, elle avait presque supplié la directrice de la laisser emmener le petit garçon pour lequel son cœur avait cessé de battre. Celle-ci avait évidemment refusé, après tout elle devait vérifier encore tant de chose avant de confier l'un de ses enfants à cette femme qu'elle connaissait depuis seulement quelques minutes. Tristement, elle avait redescendu les escaliers en compagnie de la directrice, arrivé dans le hall de l'orphelinat, la jeune rousse était derrière le bureau et tentait de calmer un bébé qui pleurait à chaude larmes. Regina avait immédiatement reconnu les pleurs de l'enfant qu'elle avait entendu quelques minutes plus tôt, elle n'avait pu s'en empêcher et avait glissa sa tête par-dessus l'épaule de la femme qui perdait patience. Le petit garçon qui n'avait que quelques cheveux bruns sur le haut de la tête, avait relevé le visage en sentant une douce caresse sur sa joue et avait cessée d'hurler. Il avait souri, doucement, et s'était saisit du doigt de Regina en rigolant doucement. La brune avait souri à son tour et avait déposé une délicate caresse sur le nez du petit bébé qui était à présent parfaitement calme. En observant attentivement le comportement de la jeune femme, la vérité avait sauté au visage de la directrice de l'établissement. Elle ne connaissait très peu de chose de la vie de cette femme mais celle-ci était la seule à pouvoir calmer leur nouvel arrivant, il semblait tellement apaisé et rassuré et surtout, il souriait. Depuis son arrivée à l'orphelinat, le petit n'avait cessée de pleurer si bien qu'il devait affreusement avoir mal aux poumons maintenant. La directrice avait horreur de devoir changer quoi que se soit dans ses habitudes, dans son processus d'adoption mais elle devait voir la vérité en face, se petit se remettrait à pleurer dès que la jeune femme partirait alors à quoi bon ? Elle s'était raclée la gorge et avait demandé à la jeune femme rousse de les laisser, celle-ci avait délicatement posée l'enfant dans les bras de Regina qui n'avait pas perdue son sourire pendant une seule seconde puis elle les avait amenés dans son bureau. Là-haut, elle avait fait signer tous les papiers administratifs à la brune qui ne lâchait pas le petit des yeux. Henry Mills. Le nom avait été écrit en haut de la page, une élégante signature avait rapidement décoré le bas de la page et ils avaient tous les deux pu quitter l'orphelinat sans se lâcher. Henry Mills. Elle avait offert le prénom de son père à ce petit être sans une once de doute et aujourd'hui, elle n'avait aucun regret. Avoir adoptée son fils était la plus elle chose qu'elle ait pu faire dans sa vie. Il embellissait ses journées rien qu'avec un simple sourire. Elle ferait n'importe quoi pour cet enfant qu'elle aimait de tout son cœur.

« Allons-y mon petit prince. » Souffla-t-elle après quelques secondes de silence.

Mère et fils quittèrent le bureau en abandonnant les copies que la brune était censée rendre le lendemain à ses élèves. Elle sourit doucement en s'imaginant répondre – au premier qui prendrait le risque de lui demander leur copie – qu'elle avait bien d'autre classe, qu'ils n'étaient pas ses seuls élèves et qu'ils allaient donc devoir attendre encore quelques jours. Mensonge de base utilisé par tous les professeurs mais mensonge qui fonctionnait toujours à la perfection. Elle entra dans la cuisine et avec son fils et ensemble ils se mirent à préparer le repas du soir. Les minutes passèrent à une vitesse folle mais le bruit provenant de l'appartement d'en face ne cessa pas pour autant. Regina regarda sa montre et fronça des sourcils, les déménageurs n'étaient jamais restés aussi tardivement jusqu'à aujourd'hui. Elle s'installa sur le canapé pour regarder la télévision avec son fils pendant que le plat cuisait au four, elle leur laissait encore un tout petit peu de temps avant de faire un scandale. Henry se blotti dans ses bras et ensemble ils regardèrent un épisode de dessin animé où un homme se déguise en chauve-souris pour se battre contre le crime et ainsi sauver les habitants d'une ville totalement imaginaire. Elle glissa sa main dans les cheveux ébène de son fils et tenta de comprendre ce qui lui plaisait tant dans ce dessin animé mais le bruit qui résonnait dans le couloir puis dans son propre appartement pour finir par torturer sa tête ne lui permettait pas de réfléchir ne serait-ce qu'une seule seconde. Elle se lav finalement du canapé et repartit vers la cuisine pour baisser la température du four pour laisser le dessus de son plat dorer tranquillement pendant encore quelques minutes. Elle se servit un verre d'eau et le but doucement en fermant les yeux, elle en avait plus qu'assez de tout ce bruit. Elle posa son verre vide sur le plan de travail de sa cuisine et posa son tablier juste à côté, elle repassa par le salon mais ne s'arrêta pas pour autant en entendant les appels de son fils. Elle ouvrit la porte de son appartement, fit quelques pas pour traverser la distance qui servait de couloir et toqua à la porte.

« Maman ? Qu'est-ce que tu fais ? » Demanda doucement Henry en la regardant.

Le bruit ne cessa pas, elle aurait pu faire demi-tour et retourner dans son appartement sans ne rien dire, après tout c'était la première fois depuis de longs jours que les déménageurs restaient jusqu'à aussi tard mais la migraine qui naissait dans son crâne état une raison suffisante pour crier sur ses hommes qui n'en avaient que faire de l'heure tardive. Elle regarda son fils, lui sourit doucement et tambourina littéralement sur la porte en bois pendant de longues secondes avant que le bruit ne cesse enfin. Elle toqua une dernière fois pour être certaine d'avoir été entendue, passa ses mains sur sa jupe de taille pour en chasser les plis et attendit, droite comme un i et la tête haute. Quelques secondes passèrent avant que la porte ne s'ouvre, Regina s'apprêtait à prendre la parole mais sa mâchoire se décrocha lorsqu'elle vit une magnifique jeune femme apparaitre. La femme était blonde avait de merveilleux yeux émeraude, ses cheveux était attaché en un chignon défait, elle portait une simple brassière et un pantalon de sport. Regina ne put retenir son regard qui glissa vers sa poitrine qui semblait bien ferme et son ventre plat et finement musclé. Son regard remonta et tomba sur un casque de musique qui entourait le cou de la jeune inconnue qui avait les joues très légèrement rouges.

« Vous venez pour le bruit ? Je suis vraiment désolé, j'avais la musique à fond et je n'ai pas fait attention à l'heure. C'est fou comme le temps passe vite quand on est occupé. » S'excusa la jeune femme en souriant doucement.

« Vous êtes notre nouvelle voisine ? » Questionna curieusement Henry en s'approchant.

« C'est moi-même mais s'il te plait, tutoie moi gamin, je viens de prendre trente ans en plein visage là. » Plaisanta la blonde.

« Tu veux venir manger avec nous ? Maman a fait à manger pour un régiment ! » Proposa l'enfant en souriant.

« Oh, c'est très gentil mais je suis en survêtement, je sens la sueur et j'ai de la poussière de mur partout sur moi. » Déclina gentiment la jeune femme.

« Ne vous en fait pas pour cela. Mon fils a eu une merveilleuse idée, mettez simplement un haut et venez dinner avec nous. Ça sera notre cadeau de bienvenu. » S'exclama Regina.

La jeune femme leur offrit un doux sourire avant de fermer la porte pour aller rapidement se changer. Mère et fils retournèrent rapidement dans leur appartement en souriant également, la brune avait vraiment été obnubilée par la beauté de la jeune femme qu'elle n'avait encore jamais vu dans son immeuble, ni même dans la petite ville d'ailleurs. Elle alla rapidement à la cuisine pour retirer le plat du four et demanda à son fils d'ouvrir la porte à leur invitée lorsqu'elle entendit les coups y être frappé.

« J'ai acheté une bouteille de rouge ce matin avant de venir à mon appartement, c'est tout ce que j'ai, j'espère que ça ira. » S'exclama la jeune femme en tendant ladite bouteille à la brune.

« C'est parfait. » Assura Regina en lui souriant.

« Vous avez un très bel appartement. » Complimenta la blonde en admirant la décoration.

« Ma maman a tout décoré. C'est quoi ton prénom ? » Répondit rapidement Henry.

« Mon prénom ? Je m'appelle Jennifer. Jennifer Morrison. Et toi ? Quel est ton petit nom ? » Sourit-elle.

« Moi c'est Henry Mills et ma maman s'appelle Regina, Regina Mills. » Informa l'enfant.

« Nous avons donc des souverains dans l'immeuble. » Fit Jennifer.

« Comment ça ? » Questionna Henry en fronçant des sourcils.

« Eh bien, le prénom de ta maman veut dire reine en latin et la tien signifie roi en grec. » Informa-t-elle.

Le petit brun sourit de toutes ses dents et attira la blonde par la main dans la salle à manger où la brune dressait la table pour trois personnes. Jennifer mit volontiers la main à la patte pour l'aider et ils purent rapidement passer à table.

« Vos lasagnes sont vraiment excellente Regina. » Complimenta l'invitée en souriant doucement.

« Merci beaucoup. » Souffla la brune en rougissant légèrement.

« Tu as quel âge ? » Questionna le petit brun avec la bouche pleine.

« Voyons Henry ! On ne pose pas cette question à une femme. » S'exclama la brune en regardant son fils même si elle aussi mourait d'envie d'avoir cette réponse.

« Il n'y a pas de mal Regina, j'ai trente-quatre ans. » Sourit la blonde.

« Tu as un an de plus que ma maman ! Moi j'ai dix ans ! Tu es née où ? » Reprit-il rapidement après avoir avalé sa bouchée de lasagne.

« Je suis née à Chicago, dans l'Illinois, mais je vis à New-York. » Répondit Jennifer.

« Pourquoi être venue à StoryBrooke, c'est sacrément loin de chez vous. » Lança Regina en fronçant des sourcils.

« Mes parents, Judy et David Morrison, sont décédés il y a quelques mois dans un violent accident de voiture qui a causé la mort d'une dizaine de voiture, j'ai très mal vécu leur perte et j'ai décidé de prendre une année sabbatique. Ils étaient ma seule famille, je n'ai ni frère et sœur, ni oncle et tante et je ne connais pas mes grands-parents. J'ai décidé de m'éloigner de New-York pour fuir la ville bruyante et polluée, je voulais sortir de ma zone de confort pour pouvoir prendre du temps pour moi. Après de longues heures de recherche sur internet, j'en ai conclu que StoryBrooke était la ville parfaite pour ça. C'est une petite ville portuaire, perdu au milieu d'une immense forêt, un peu éloigné de toute civilisation. Je voulais m'éloigner de tout ce que je connais et ici je ne connais rien, rien n'y personne alors me voilà pour un petit moment. » Expliqua la voisine en jouant avec sa fourchette.

« Je… je suis vraiment désolé pour vos parents. » Souffla doucement Regina en la regardant.

L'atmosphère de la pièce était bien plus tendue soudainement, la brune ne savait plus quoi dire tandis que Jennifer jouait distraitement avec le reste de son repas dans son assiette. Henry regardait sa mère puis la blonde et il regardait la blonde puis sa mère, son regard passa de sa mère à leur invitée pendant de longues secondes.

« Ma maman est professeur et toi ? » Questionna-t-il doucement.

« Je suis journaliste. » Sourit la blonde en relevant le visage.

« C'est vrai ? Tu travailles où ? » S'exclama le brun.

« Au New-York Times. » Informa Jennifer.

« Wow, trop cool ! » Fit l'enfant en écarquillant les yeux d'étonnement.

Ils mangèrent rapidement le dessert et la nouvelle voisine les aida à débarrasser avant de quitter l'appartement, elle les remercia pour le repas et laissa un baiser très légèrement appuyé sur la joue de la brune qui lui sourit. Regina ferma la porte en voyant la blonde entrer dans son propre appartement et elle se tourna vers son fils.

« Jennifer est jolie. » Souffla-t-il en souriant.

« Très jolie oui. » Acquiesça-t-elle en lui rendant son sourire.

Mère et fils montèrent à l'étage et se préparèrent pour la nuit, après un doux baiser, ils entrèrent chacun dans sa chambre et s'endormirent le sourire aux lèvre, ravie de leur nouvelle rencontre.

Ce qu'ils ne savaient pas c'est que Jennifer leur avait menti durant tout le repas et sur toute sa vie, elle leur avait menti en les regardant dans les yeux. Elle n'était pas dans cette ville par hasard, elle avait certes pris une année sabbatique mais pas pour les raisons qu'elle avait données. Elle n'était pas là pour se reposer, au contraire, elle était là pour se venger. Pour la venger. Et à partir du lendemain elle allait mettre son plan à exécution.