Jennifer était confortablement allongée dans le canapé de son salon, la télévision était allumée et diffusait un documentaire sur un tueur psychopathe ayant provoqué la colère des internautes après avoir publiée des vidéos de lui en train de tuer plusieurs chatons de manière vraiment cruelle mais elle ne regardait pas et n'écoutait pas un seul mot du documentaire. Elle n'en avait strictement rien à faire. Elle avait simplement allumé sa télévision pour faire un petit peu de bruit dans son appartement bien vide et ainsi occuper ses pensées.
Depuis plusieurs heures déjà, il pleuvait des cordes sur la petite ville de StoryBrooke si bien que le sheriff de la ville avait appelé un à un tous les habitants pour leur demander de rester chez eux.
Elle grimaça en se souvenant les précieuses minutes qu'elle avait perdu à être au téléphone avec David qui lui parlait avec un ton à la fois calme mais autoritaire pour la dissuader de sortir.
La blonde aimait la pluie, habituellement, elle se posait dans son jardin et elle observait les gouttelettes tomber en caressant les doux poils de son chien. Ou alors, elle rejoignait ses sœurs et sa mère et, ensemble, elles passaient la journée à manger des crèmes glacées à même le pot tout en regardant des films d'animation pour enfant.
Mais à StoryBrooke, la vie semblait bien triste dès que la pluie montrait le bout de son nez. Il n'y avait pas un chat dans la rue, absolument personne n'avait osé sortir.
Jennifer, elle, avait tentée de mettre le pied dehors. Elle s'était préparée pour aller faire son petit jogging de la journée, évidemment au vu de la météo elle avait prévu de faire un autre parcours pour ne pas prendre le risque de glisser en forêt et de se blesser, mais elle n'avait même pas pu mettre le pied dans la rue.
Le gardien de son immeuble l'avait saisi par le bras et lui avait fait la morale tout en la tirant jusqu'à son appartement, lui disant qu'elle allait tomber malade en sortant par un temps pareil et qu'une fille avec sa plastie pouvait bien se passer d'un jour de sport.
Elle avait soupiré et était simplement rentrée dans son appartement, ce n'était clairement pas le moment de se mettre certains habitants de la ville sur le dos simplement parce qu'elle voulait aller courir quelques minutes sous la pluie.
Elle avait donc passée la journée seule, dans son appartement vide. Elle avait commencé par faire son sport quotidien, elle avait passée plusieurs heures à faire des tractions puis des pompes mais aussi à frapper dans son sac de boxe pour se défouler. Mais elle en avait rapidement eu assez alors elle s'était lancée dans un nettoyage intense de son appartement, elle avait décapé sa cuisine, fait un grand tri dans ses affaires, changé absolument toute la lingerie de sa chambre et nettoyée toutes ses fenêtres. Elle s'était ensuite lancée dans la lecture de plusieurs livres qu'elle n'avait encore jamais eu le temps de lire depuis qu'elle les avait achetés. La journée était passée, lentement mais elle était passée.
En début de soirée, Jennifer était montée à l'étage pour récupérer un énorme carton qu'elle avait cachée dans la dernière pièce de son couloir dans un placard constamment fermé à clé puis elle s'était préparé une assiette de pâte qu'elle avait recouverte d'une bonne couche de fromage avant de s'installer dans son canapé. Elle était donc là, allongé dans son canapé à grignoter les pâtes dans son assiette tout en observant les albums photos qu'elle avait apportées avec elle à StoryBrooke.
Elle savait très bien qu'apporter des photos d'elle et de sa famille était quelque chose de risqué pour sa couverture, si jamais qui que ce soit à StoryBrooke venait à se méfier d'elle et que, par malheur, l'adjoint du sheriff venait à vérifier son appartement, il tomberait très facilement sur son carton et même sur toutes les photos dans la dernière pièce de son couloir. Littéralement, elle leur tendait le bâton pour se faire battre mais qu'importe. Elle avait besoin d'un ancrage stable dans sa vie, elle avait besoin d'un repère pour se rappeler d'où elle venait, pour ne pas perdre pied et devenir complètement folle à cause de sa vengeance.
Tout en grignotant son repas, elle observa un à un chaque albums photo qu'elle avait apportée, elle admira toutes les photos en essayant de se rappeler l'âge qu'elle avait, le contexte dans lequel les images avaient été prises, à quel endroit, par qui, pourquoi.
Les albums photos défilèrent, elle termina son repas et quitta son canapé pour aller se préparer n smoothies aux fruits qu'elle versa dans un immense verre dans lequel elle glissa une paille afin de pouvoir le boire même en étant allongée.
Elle posa son verre au sol et se réinstalla dans son canapé, elle se couvrit avec une couverture et attrapa le dernier album photo qu'il y avait dans le carton.
Les pages défilèrent et son sourire ne cessaient de s'élargir sur son visage. Après plusieurs minutes, son regard fut attiré par une photo qui glissa et tomba au sol.
Elle fronça des sourcils et la ramassa en se tortillant sur elle-même. Elle posa l'album sur sa main et saisit la petite photo dans ses deux mains.
Son sourire se fana et un sentiment de nostalgie s'empara d'elle.
Sur cette photo se trouvait absolument toute sa famille réunie.
Son père, sa mère, sa belle-mère, son beau-père, sa demi-sœur et ses deux petites sœurs, ils étaient tous là pour son plus grand plaisir.
Pendant quelques semaines, ils avaient décidé tous ensemble d'aller en vacances en Espagne. Ils avaient visité plusieurs endroits important et très intéressant du pays puis, ils avaient décidé de passer leur journée à la plage pour bronzer.
Sa mère avait alors demandé à un homme qui se trouvait également sur la plage de les prendre en photo, Jennifer se rappelait encore la difficulté qu'elle avait eu à échanger quelques mots avec cette personne qui ne parlait qu'Espagnol, heureusement son père avait quelques notions dans cette magnifique langue ce qui leur avait sauvé la vie à mainte reprise.
Sur cette photo, elle devait tout juste avoir seize ans, ce qui voulait dire que sa demi-sœur en avait quinze et ses deux plus jeunes sœurs en avaient seulement six et deux.
Les quelques semaines qu'ils avaient passées dans ce beau pays hispanophone étaient les plus belles vacances de toute sa vie, toute sa famille était réunie et elle avait pu profiter de tout le monde sans avoir à faire attention au monde qui se trouvait autour d'eux, sans avoir à se cacher de qui que ce soit pour garder leur existence secrète de tous.
Malgré les coups de soleils qu'elle avait eu sur tout le corps parce qu'elle s'était endormie sans penser à mettre de la crème, le sable qui s'était retrouvée coincé à des endroits où du sable ne devrait certainement pas se trouver mais aussi le fait qu'elle se soit lamentablement perdu dans la ville avec sa petite sœur, elle avait clairement passée les plus belles vacances de sa vie.
« Vous me manquez tellement. » Chuchota-t-elle doucement en caressant l'image.
Cette photo était le souvenir des dernières vacances qu'elle avait passée en famille.
Ses quelques semaines avaient été tellement merveilleuse qu'ils avaient tous eu du mal à se séparer mais ils n'avaient pas vraiment eu le choix. Jennifer et sa famille était retourné chez eux et sa demi-sœur était repartie avec leur père loin d'elle.
C'était les dernières vacances qu'elle avait passée avec sa famille car ensuite, elle s'était engagée à l'armée et sa demi-sœur avait terminé ses années de lycée avant d'entrer à l'université puis tout s'était passée très vite, trop vite sans doute. Elle avait revu son père, sa belle-mère et sa demi-sœur un dernière fois avant son départ au front, ils avaient fait le déplacement juste pour lui dire au revoir et elle en avait été tellement heureuse.
Elle avait fièrement portée son uniforme devant sa famille et, jamais elle n'oublierait les patoles de son père ce jour-là.
Il lui avait dit qu'il était fier d'elle, qu'il était fier de la jeune femme qu'elle était devenue et qu'il avait hâte de la revoir pour la présenter officiellement à tous les habitants de la petite ville dont il était le maire.
Elle était partie en lui promettant de revenir et elle était revenu mais elle n'avait malheureusement pas trouvé le temps pour descendre les voir. Elle était constamment occupée entre ses entrainements, ses rendez-vous médicaux et ses départs à la vie, elle n'avait jamais trouvé le temps de retourné voir son père avec qui elle échangeait très souvent par lettre ou même par mail.
Malheureusement, le temps l'avait rapidement rattrapé. Son père et sa belle-mère avaient perdus la vie dans un violent accident de la route, un chauffard alcoolisé leur avait coupé la route et avait lâchement fui alors qu'ils faisaient le voyage pour venir voir les deux sœurs et la mère de Jennifer.
Heureusement, sa demi-sœur avait été retenue par des examens de dernière minute et n'avait donc pas pu prendre la route en même temps qu'eux ce qui lui avait inconsciemment sauvé la vie.
Elle n'avait pas pu assistée à leur enterrement et, quelques mois plus tard, sa demi-sœur s'était mariée et, une fois de plus, elle n'avait pu être là car elle était au front à combattre.
Elle n'avait jamais trouvé le temps pour venir rendre visite à sa demi-sœur et à présent, elle le regrettait amèrement.
Toutes les deux s'envoyaient très souvent des lettres car la plus jeune trouvait qu'une lettre écrite à la main avait cent fois plus de charme qu'un vulgaire texto et pourtant, elles pouvaient passer des heures au téléphone à parler de tout et de rien, de la pluie et du beau temps, des ragots sur des stars qu'elles appréciaient toutes les deux mais aucune n'avait trouvé le temps dans leur agenda de ministre pour venir voir l'autre et aujourd'hui elles n'en avaient plus l'opportunité.
Aujourd'hui, sa petite sœur était morte et elle regrettait de ne pas lui avoir offert plus de temps de son vivant. Sa petite sœur était morte et elle n'avait pu lui dire au revoir.
Rageusement, elle sécha du revers de la main les larmes qui perlaient de ses yeux depuis de longues minutes sans qu'elle en s'en rende compte.
Sa petite sœur était morte et elle n'avait rien fait. Elle se sentait tellement bête de n'avoir rien fait pour l'aider. Elle était capable de savoir quoi faire lorsqu'elle se retrouvait criblée de balle ou quand elle était prise au piège entre plusieurs explosions de bombe mais elle était incapable de voir quand sa sœur lui mentait. Elle était incapable de savoir quand sa petite sœur avait besoin de son aide, quand elle souffrait. Elle s'était bêtement laissé avoir par ses délicats sourires et ses doux éclats de rire. Elle s'était fait avoir par cette fausse joie qui dissimulait tellement de tristesse et de souffrance. Elle n'avait rien vu. Elle n'avait rien fait alors qu'elle aurait pu. Elle n'avait rien fait et aujourd'hui elle s'en voulait terriblement. Elle se détestait de ne pas l'avoir sauvé de cet enfer qu'elle vivait, supportait chaque jour sans ne rien dire à personne. Elle s'en voulait tellement de ne rien avoir vu alors qu'elle aurait pu la sortir de là.
« Je suis tellement, tellement désolé petite sœur… » Marmonna-t-elle la voix nouée par l'émotion qui la submergée.
Elle observa attentivement la petite photo qu'elle tenait dans ses mains et sa tristesse se retrouva rapidement remplacée par sa colère.
Elle allait la venger.
Si elle n'avait pas été au front ce jour-là, si elle n'avait pas accepté de repartir combattre alors qu'elle n'était pas encore pleinement en état, si elle n'avait pas laissé des centaines de milliers de kilomètre les séparer l'une de l'autre, elle aurait pu la sauver.
Elle aurait pu réagir à temps.
Elle aurait pu intervenir.
Mais elle n'avait rien pu faire.
Elle avait sauvé la vie de centaine de personne qu'elle ne connaissait pas et qu'elle ne reverrait jamais dans sa vie pendant que sa petite sœur laissait s'échapper son dernier souffle. Elle avait reçu cette lettre mais il était déjà bien trop tard pour faire quoi que ce soit.
Elle allait la venger.
Elle allait faire souffrir cet homme pour tout le mal qu'il avait fait subir à sa sœur en toute impunité.
Elle allait le détruire.
Elle allait montrer à tout le monde en ville, le monstre qui se cachait derrière cette gueule d'ange que tout le monde appréciait.
Cela n'allait pas ramener sa sœur, elle le savait, elle en avait pleinement conscience mais elle avait besoin de le faire payer.
Elle avait besoin d'apaiser son âme.
Jennifer sursauta dans son canapé en entendant quelqu'un frapper contre sa porte d'entrée, elle grommela pour elle-même et ramassa la photo qu'elle venait tout juste de faire tomber au sol.
Elle la glissa soigneusement dans un emplacement vide de l'album photo et elle remit rapidement les albums dans le carton qu'elle cacha sous sa couverture.
Qui pouvait bien venir la déranger à une heure pareille ?
A contre cœur, elle se leva du canapé, récupéra son assiette à présent vide et la déposa dans l'évier de la cuisine. Elle passa ses mains sur son visage pour chasser les quelques traces de larmes qui salissaient ses joues et glissa sa main dans ses cheveux pour les discipliner un tat sois peu.
Arrivée à l'entrée, elle prit une grande inspiration et ouvrit la porte sans attendre.
« Henry ? » Fit-elle en regardant attentivement le jeune garçon qui se trouvait devant elle.
« Tu as pleuré ? » Questionna-t-il doucement.
« Non. Qu'est-ce que tu fais devant chez moi ? » Soupira la blonde en levant les yeux au ciel.
« Maman a fait des chaussons aux pommes pour le dessert cette après-midi, tu veux venir en manger avec nous devant un film ? » Proposa le brun en retrouvant son sourire éclatant.
Jennifer tira doucement la moue en réfléchissant à toute vitesse.
Qu'avait-elle de mieux à faire ? Absolument rien.
Elle sourit doucement et laissa l'enfant entrer dans son appartement, elle lui demanda d'attendre dans son entrée et elle le laissa seul.
Elle passa par son salon pour discrètement récupérer son carton qu'elle monta à l'étage, elle le rangea dans l'armoire qui se trouvait dans la dernière pièce de son couloir et la ferma bien à clé avant d'entré dans sa chambre. Elle enfila rapidement un sweat fin par-dessus son débardeur noir puis un jean clair à la place de son court short de pyjama. Elle se brossa les cheveux histoire de les ordonner un peu puis elle redescendit rapidement les escaliers.
Elle retrouva Henry qui attendait sagement dans son entrée, elle lui sourit doucement, ferma la porte d'entrée derrière elle et ils traversèrent le couloir pour pénétrer dans l'appartement d'en face.
« Jennifer. » Salua Regina en approchant. « Vous avez pleuré ? » Remarqua-t-elle en fronçant des sourcils.
« Apparemment non mais elle veut bien manger le dessert avec nous ! » Informa l'enfant en partant vers la cuisine.
La brune fronça des sourcils en observa attentivement Jennifer. Elle n'était pas aveugle, elle voyait bien le gonflement des yeux de la blonde mais elle préféra ne rien dire, elle n'ajouta rien. Elle secoua délicatement la bouteille de vin qu'elle avait dans la main et entraina la jeune femme dans le salon où elle leur servit un verre à chacune.
Henry revint à ce moment-là dans le salon avec un plateau remplie de chausson aux pommes encore tiède. Il s'installa entre les deux femmes et lança son film en souriant doucement.
Les minutes passèrent, les scènes du film défilèrent et la fatiguée commença à tomber sur le jeune Henry. Elle bailla à s'en d'écorcher la mâchoire et se blottit confortablement contre Jennifer qui ne sut quoi faire mise à part l'enrouler de son bras. Les verres de vin s'enchainèrent et le brun finit par s'endormir, il se mit même à doucement ronfler contre la blonde qui lui caressait délicatement les cheveux en regardant le film.
Regina leur jeta de discret coup d'œil et elle ne pouvait s'empêcher de sourire en voyant son fils blotti dans les bras de leur voisine.
Finalement, Henry se réveilla au moment où le générique de fin passait à la télévision, il se redressa, prit sa mère dans ses bras, plaqua un rapide baiser sur la joue de la blonde et se dirigea vers les escaliers pour regagner sa chambre qui se trouvait à l'étage, laissant ainsi les deux femmes seules dans le salon.
Elles restèrent silencieuses quelques instants, fixant chacune l'écran de la télévision, avant que Regina ne leur serve un nouveau verre de vin.
« Ruby ne cesse de parler de vous. Vous avoir parlé lui a fait vraiment beaucoup de bien. » Lança doucement la brune.
« Je n'ai pas fait grand-chose mise à part l'écouter. » Répondit Jennifer en souriant du bout des lèvres.
« Mary était une femme vraiment exceptionnelle, elle respirait la joie de vivre, j'ai beaucoup de mal à croire qu'elle soit passée à l'acte. » Soupira-t-elle en jouant avec son verre.
« Vous la connaissiez bien cette Mary ? » Questionna la blonde en venant délicatement poser sa main sur son épaule pour la soutenir.
« Mieux que quiconque en ville. Maternelle, primaire, collège, lycée et même l'université, on a fait toute notre scolarité ensemble. J'ai perdu mes parents à l'âge de seize ans, ils sont tous les deux morts dans un accident d'avion et, Leopold et Eva, les parents de Mary, m'ont immédiatement recueilli. Ils étaient ma famille. Elle était ma sœur. Perdre Leo et Eva a été une épreuve très compliquée mais on s'est relevé parce qu'on était ensemble. Maintenant c'est elle qui est partie et c'est vraiment très dur à surmonter. Elle m'a suivie pour me démarches d'adoption, j'ai été la première à être au courant de ses sentiments envers David, elle est la marraine d'Henry, j'ai été sa demoiselle d'honneur, elle a été là pour chaque moment important de ma vie. Elle était tellement plus qu'une simple amie, c'était ma meilleure amie. » Souffla Regina en finissant son verre d'une traite.
Elle se leva de son canapé, posa son verre sur la petite table du salon et grimpa rapidement les escaliers sous le regard étonnée de Jennifer qui ne savait pas quoi faire.
Devait-elle la suivre ? Devait-elle attendre sagement dans le salon ? Devait-elle lui laisser du temps ? Devait-elle rentrer chez elle ? Que devait-elle faire au juste ? Elle n'en avait strictement aucune idée.
Elle fit quelques pas dans la pièce en réfléchissant avant de se décider, elle s'approcha des escaliers et grimpa quelques marches avant de voir Regina apparaitre tout en haut. La brune secoua doucement la pile de photo qu'elle tenait en main et elle lui sourit doucement, elle descendit les escaliers, lui attrapa la main et la tira jusqu'au salon où elle leur servit à nouveau un verre de vin qu'elle vida rapidement.
« Regardez, ici c'est lorsque nous sommes allées en voyage à New-York. Là c'est nous à la piscine puis à la plage. Ici nous venions tout juste d'avoir nos diplômes. Oh, celle-ci elle m'a tellement énervée pour la prendre, elle était tellement fier le jour où nous avons eu nos autorisations d'exercée en tant que professeur. Cette photo a été prise à notre bal de promo et celle-là à son mariage. Elle était ravissante. » Dit-elle en faisant défiler les photos qu'elle tenait en main.
« Elle était vraiment magnifique. » Souffla doucement Jennifer à voix haute.
« Vous avez totalement raison, elle était magnifique. » Acquiesça la brune en souriant.
La blonde rougit légèrement en comprenant qu'elle avait pensée à haute voix sans s'en rendre compte, elle releva le visage et fixa Regina et attendant une quelconque réaction de sa part. La jeune femme releva le visage à son tour et sourit un peu plus en plongeant son regard dans celui émeraude.
Les deux femmes se fixèrent attentivement, refusant l'une comme l'autre de détourner le regard. Elles restèrent ainsi pendant un long moment avant de doucement se rapprocher l'une de l'autre, comme si elles étaient attirées l'une par l'autre, comme des aimants. Elles se rapprochèrent encore et encore sans ne rien dire, sans se lâcher des yeux.
Le sourire aux lèvres, leur nez se frôlèrent et la blonde rougit légèrement. Regina leva sa main et la posa délicatement sur sa joue qu'elle caressa avant de s'approcher un peu plous pour venir poser ses lèvres sur celle de Jennifer qui mit quelques secondes avant de fermer les yeux et de lui rendre son baiser.
Seules dans le salon, assise l'une à côté de l'autre, elles partagèrent un lent mais sensuel baiser. Un baiser qui pourrait faire chavirer le cœur de quiconque. Elles profitèrent pleinement de la douceur qu'émanait ce baiser, de la sensation de leurs lèvres collées et de ce feu qui irradiait littéralement leurs deux cœurs.
A bout de souffle, elles durent se séparer, à contre cœur, et un sublime sourire illumina le visage de la brune.
« Tes lèvres ont un gout divin. » Chuchota Regina en utilisant le tutoiement sans même s'en rendre compte.
Elle s'approcha à nouveau de Jennifer pour lui voler un nouveau baiser mais celle-ci se redressa et se leva du canapé.
Elle ne devait pas faire ça.
Elle ne devait pas fondre pour cette femme.
Elle n'en avait pas le droit.
Elle risquait de mettre sa vengeance en péril si elle venait à mêler des sentiments à toute cette histoire déjà bien trop compliquée.
Elle ne devait pas tomber pour sa voisine.
Elle s'était promis de venger sa sœur et tomber amoureuse de la belle brune – qui l'intriguait énormément depuis son arrivée – était tout sauf dans son plan d'action.
Elle ne devait pas.
Elle n'avait pas le droit.
Elle se l'était promis.
Elle lui avait promis.
Nerveusement, elle passa l'une de ses mains dans ses cheveux puis sur son visage en prenant une profonde inspiration.
« Vous devriez allée vous coucher Regina, vous êtes fatiguée et vous avez sans doute trop bu pour ce soir. » Articula-t-elle difficilement.
Elle ne rata pas une seule miette du voile de déception qui passa dans le regard chocolat mais elle préféra l'ignorer.
Sans trop comprendre pourquoi, elle déposa un délicat baiser sur le front de la jeune femme qu'elle abandonna sur le canapé.
Elle quitta l'appartement pour rejoindre le sien, elle ferma la porte à clé et se laisser aller contre celle-ci jusqu'au sol. Elle ferma les yeux et fronça des sourcils en sentant une vive douleur naitre dans son cœur.
« Ce n'est pas le moment, s'il te plait, ne fait pas n'importe quoi… » Murmura-t-elle en posant doucement sa main droite sur son cœur.
