Jennifer se réveilla en plein milieu de la nuit grâce au réveil qu'elle avait programmée exprès, elle grommela quelques instant seule avant de s'étirer sans aucune grâce dans son lit. D'un coup, elle rabattit ses couvertures sur le côté mais elle le regretta bien vite, elle frissonna en sentant la fraicheur de la pièce flirter avec son corps chaud. Si cela n'avait tenu qu'à elle, elle se serait rallongée dans son lit juste pour se recouvrir quelques minutes mais la blonde se connaissait à la perfection, si elle recouvrait maintenant, elle était certaine de se rendormir. Mais elle ne pouvait pas se le permettre, elle se remettrait au lit dans quelques grosses minutes, mais pour le moment elle avait à faire alors, totalement à contre cœur, elle sortit du lit.

Elle quitta sa chambre pour s'éloigner de la tentation que représentait son matelas confortable, son lit douillet, ses couvertures chaudes, son second oreiller qui portait encore la douce odeur de pomme qui caractérisait si bien Regina…. Bref ! Elle sortit de sa chambre et descendit directement les escaliers, elle pénétra dans sa cuisine et là, elle se fit couler un bon café. Non pas un chocolat chaud mais bel et bien un café, noir, sans sucre. Elle avait besoin de rester éveillée alors au grand mot les grands moyens.

Elle le regarda attentivement couler et le laissa refroidir quelques instants, elle n'avait aucune envie de se bruler et puis ce n'était pas comme si elle était à une minute près. Elle avait le temps, vraiment qu'un tout petit peu, mais elle en avait. Elle profita pleinement du liquide chaud qui coula à travers sa gorge, elle but son café jusqu'à la dernière goutte et bailla à s'en décrocher la mâchoire.

Elle soupira profondément, déposa sa tasse vide et salle dans l'évier puis elle grimpa rapidement les escaliers. Elle entra dans sa salle de bain et ne prit même pas la peine de fermer la porte derrière elle puisqu'elle était absolument toute seule dans son appartement, elle retira le peu d'habit qu'elle portait pour dormir et entra dans la cabine de douche. Sans hésitation, elle actionna le jet à la température la plus basse et retint de peu son cri lorsqu'elle sentit l'eau complètement glacée frapper fortement sa peau. Elle resta stoïque quelques minutes avant de se dire qu'elle était à présent, parfaitement éveillée. Elle tourna alors le robinet qui servait à ajuster la température et soupira de bien être en sentant cette fois-ci l'eau chaude parcourir ses membres. Elle se laissa aller pendant un court instant avant de couper l'eau pour sortir de la cabine.

Elle attrapa une serviette qui attendait sagement sur le porte serviette chauffant de la pièce puis elle se sécha rapidement avec en se dirigeant vers sa chambre. Elle ouvrit son armoire en grand et soupira en étirant ses muscles. Elle enfila tout d'abord un ensemble de sous-vêtement simple dans lequel elle se sentait à l'aise. Jennifer ne résista pas longtemps, elle attrapa et sauta presque dans son treillis militaire qui prenait la poussière dans le fond de son armoire. Il fallait dire qu'elle ne l'avait pas remis depuis un petit moment, presque deux ans pour être exacte, depuis qu'elle était revenue de sa dernière mission en fait. Elle laissa sa main glisser délicatement sur le tissu mais secoua rapidement la tête pour remettre ses idées en place, ce n'était certainement pas le moment de se perdre dans ses souvenirs et de repenser à tous ses moments qu'elle avait passée au front au lieu d'être ici à protéger sa famille. Elle expira tous l'air présent dans ses poumons pour se reconcentrer sur ce qu'elle devait faire puis elle attrapa un sweat à capuche, plutôt large, qu'elle enfila rapidement. Elle attrapa ses rangers noirs qui attendaient d'être choisie parmi ses autres paires de chaussure puis elle fit les lacets.

Elle attrapa vite sa casquette tout aussi sombre et retourna dans la salle de bain, elle se brossa les cheveux et attacha toutes ses mèches blondes en une queue de cheval haute mais pas trop non plus. Elle glissa la casquette sur sa tête et fit passer ses cheveux dans le petit trou qui se trouvait à l'arrière du couvre-chef. Elle l'ajusta correctement et retourna dans sa chambre où elle prit son sac à dos, elle y glissa délicatement son appareil photo et redescendit les escaliers. Elle entra directement dans la cuisine, elle attrapa une paire de gants jetable et les enfila sans attendre puis ensuite elle attrapa son couteau papillon – qu'elle avait soigneusement cachée au fond d'un des tiroirs qu'elle pouvait facilement démonter – sur lequel était inscrit ses réelles initiales. Elle fixa cette petite gravure pendant quelques secondes avant de se ressaisir, il faisait nuit noire, elle devait y aller.

Elle glissa son couteau dans la poche de son treillis, lança son sac sur son dos et rabattit sa capuche sur sa tête. Elle jeta un rapide coup d'œil dans le judas de sa porte pour être certaine de ne croiser personne dans le couloir puis elle quitta son appartement qu'elle ferma à double tour derrière elle. Jennifer n'emprunta pas l'escalier principal mais celui de secours, elle arriva dans la cour arrière et s'élança dans la rue. Elle marcha pendant de longues minutes en veillant bien à rester dans l'angle mort des caméras pour ne pas être repérée par l'adjoint du sheriff qui faisait la garde de cette nuit.

Elle arriva finalement devant la maison de David, elle tourna en rond dans la rue pendant quelques minutes pour s'assurer que tout le monde dormait bien et que, surtout, aucune voiture ne passerait pendant qu'elle ferait ses petites affaires. Habillement, elle escalada le portail et trébucha bêtement en se coinçant le pied entre deux barres de fer, elle se glissa rapidement derrière un épais buisson en se rendant compte qu'elle avait fait du bruit. Elle n'en avait pas fait beaucoup mais suffisamment pour réveiller un sheriff qui se respectait un tant soit peu. Jennifer se frappa le front en s'insultant de tous les noms possible et inimaginable, si elle avait par malheur réveillé David en faisant du bruit et que celui-ci appelait son collègue, elle ne savait pas trop comment elle allait faire pour se sortir de là sans faire sauter sa couverture. Elle s'accroupit derrière le buisson pour disparaitre au maximum, elle patienta de très longues minutes sans faire aucun bruit, elle contrôla même sa respiration juste au cas où. Elle ne vit absolument aucune lumière s'allumer dans la maison mais préféra patienter encore quelques longues secondes seulement pour être fixée.

Finalement, elle se redressa en se disant qu'elle n'avait sans doute pas fait autant de bruit que ça et rapidement elle s'approcha de la maison. Avec habileté et bien plus de discrétion cette fois-ci, elle escalada la clôture en bois qui séparait la cour avant de la cour arrière, certainement une question de sécurité pour laisser Steven jouer tranquillement dans le jardin. Elle longea le mur et arriva enfin à la porte arrière. Elle posa un genou au sol, sortit son couteau papillon et l'introduisit dans la serrure qu'elle força mais qu'elle ne cassa pas.

Après quelques secondes de lutte à tourner sa lame de manière stratégique, elle put enfin ouvrir la porte et s'engouffrer à l'intérieur de la bâtisse familiale. Elle releva immédiatement la tête et se rendit compte qu'elle était dans la cuisine, elle fut légèrement étonnée de s'y trouver car lorsqu'elle était venue pour réparer le tuyau elle n'avait pas vu de porte, à vrai dire, elle n'avait pas non plus pris le temps d'analyser la pièce. Elle avait simplement volé le cadre, réparé le tuyau puis elle était partie aussi vite que possible avant que Kathryn ne se rende compte de la disparition de la photo de son compagnon.

Elle ferma la porte derrière elle, rangea son couteau dans sa poche et avança à l'aveugle dans cette pièce qu'elle ne connaissait pas vraiment. Elle dut faire vraiment très attention pour ne pas se cogner à un quelconque meuble ou casser quoi que ce soit. Elle reconnut facilement le salon et se dirigea vers les escaliers, main gantée sur la rampe, elle grimpa une à une les marches en faisant le moins de bruit possible.

Arrivée à l'étage, elle sortit son appareil photo de son sac à dos et l'alluma. Elle ne connaissait absolument pas cette maison alors, une à une, elle ouvrit toutes les portes pour trouver ce qu'elle cherchait. Elle en ouvrit une première mais tomba sur la salle de bain alors elle ouvrit celle d'à côté et sourit doucement en entendant la douce mélodie d'une berceuse. Elle se glissa discrètement dans la pièce et s'approcha tout doucement du berceau qui se trouvait en plein milieu de la pièce. Du bout des doigts, elle toucha le petit mobil duquel pendant quelques fusées travaillées dans du verre.

Elle ne put s'empêcher de sourire en se rappelant que sa demi-sœur avait eu un mobil pareil lorsqu'elle était enfant, la seule petite différence était que celui de Mary n'était pas avec des fusées mais avec de magnifiques licornes. Sa petite sœur avait toujours aimé les licornes ainsi que tout ce qui pouvait toucher de près ou de loin au monde du fantastique et des contes de fées. Elle avait toujours rêvé d'être la Blanche-Neige d'un prince charmant mais à la place du prince elle était tombée amoureuse du grand méchant loup.

Jennifer se rappelait bien une conversation qu'elles avaient eu ensemble durant leur toute dernière vacance en famille, ce jour-là, la blonde avait annoncé à toute sa famille – un peu sur un coup de tête, entre l'entrée et le dessert – qu'elle ne voulait pas avoir d'enfant plus tard. Sa demi-sœur avait alors pris la parole avant que qui que ce soit n'ait le temps de prononcer ne serait-ce qu'un mot, elle lui avait démontrée en plusieurs points qu'elle était sacrément stupide de ne pas vouloir vivre une telle expérience. Jennifer l'avait écoutée avec beaucoup d'attention, elle avait littéralement bu toutes ses paroles et, pendant un quart de seconde, elle avait voulu avoir un enfant seulement pour vivre ce que sa sœur lui racontait. La petite brune lui vendait du rêve de par ses mots, elle lui contait le travail de mère comme le plus beau travail du monde, comme la plus belle épreuve, comme le lus magnifique des aboutissements.

En la regardant dans les yeux, l'ainée avait bien vu que sa petite sœur y croyait dur comme fer à son histoire de véritable amour, de famille unie et de fin heureuse. Jennifer avait toujours envié Mary pour son éternel optimisme, alors oui, parfois elle lui tapait vraiment sur le système avec sa joie de vivre constante et sa manie de vouloir voir le bien partout et en tout le monde mais parfois, elle réussissait à lui faire croire en la plus belle des histoires.

La jeune femme se rappelait encore parfaitement que la discussion qui avait durée des heures et des heures, Mary-Margaret avait monopolisé la parole tout le long. Elle avait fini par emprunter le téléphone portable de leur père pour lui montrer une photo du mobil à licorne qu'elle avait eu au-dessus de son berceau lorsqu'elle était bébé – Jennifer n'avait jamais mis les pieds chez son père, c'était toujours eux qui venaient et elle comprenait parfaitement la situation mais du coup, elle ne savait pas à quoi ressemblait la chambre dans laquelle avait grandi sa sœur. Celle-ci lui avait assurée qu'un jour elle aurait une merveilleuse petit fille à qui elle offrirait ce mobil, à qui elle transmettrait sa passion pour les contes de fées et les fins heureuse. Elle lui avait assurée qu'elle aurait une petite fille et qu'elle la traiterait comme une petite princesse qu'elle chérirait jusqu'à sa mort.

Malheureusement, son rêve n'avait pas pu devenir réalité. Elle n'avait pas eu le temps d'avoir une petite fille, elle n'avait pas eu le temps de devenir mère.

Jennifer revint à la réalité en entendant le bébé faire de petit bruit, elle le vit ouvrit les yeux et elle lui sourit doucement en priant tous les dieux pour qu'il ne se mette pas à pleurer. Il pencha légèrement sa tête sur le côté et lui tendit les bras, elle aurait aimé le prendre contre elle mais elle se contenta de poser sa main à plat sur son ventre pour y exercer de délicate caresse en lui parlant à voix basse afin de ne pas être entendu à travers le babyphone. Elle attrapa la tétine qu'il avait abandonné dans le lit et elle la lui tendit, l'enfant la prit, la mit dans ses bras et se réinstalla correctement pour se rendormir à une vitesse incroyable. Elle ne put s'empêcher de ricaner à son comportement et elle se dépêcha de le prendre une photo trois ou quatre fois avant de quitter la chambre pour ne pas le réveiller une seconde fois.

Dans le couloir, elle lâcha un léger et discret soupir. Elle l'avait échappée belle, si James s'était mis à pleurer elle n'aurait pas eu le temps de quitter la maison avant que les parents arrivent dans la chambre, elle aurait été prise la main dans le sac et ce n'était pas du tout ce qu'elle voulait. Elle préféra passer à la vitesse supérieure pour ne pas rester trop longtemps dans cette maison endormie.

Plus elle restait et plus elle prenait le risque de se faire attraper.

Elle entra dans la chambre de Steven et, comme pour le bébé, elle l'observa quelques instants pour être certaine qu'il dormait à point fermé et elle le prit en photo de nombreuse fois. Elle observa rapidement la chambre grâce aux quelques rayons de lumière que produisaient la lune et qui filtraient à travers les volets. Son regard fut attiré par la petite commode sur laquelle se trouvait une collection de peluche vraiment époustouflante, une devait en avoir une bonne trentaine de toutes les tailles et de toutes les couleurs seulement sur le petit meuble mais ce n'était pas vraiment ça qui l'intrigua. Elle s'approcha de la commode en marchant lentement pour éviter de faire craquer le parquet sous ses pieds, une fois face à toutes les peluches, elle attrapa simplement l'ours en peluche blanc qui se trouvait au milieu de toutes les autres peluches. Il ne fallut pas longtemps pour reconnaitre la peluche qui appartenait à sa petite sœur, cette même peluche qu'elle lui avait gagnée lorsqu'ils étaient allés à la fête foraine en Espagne. Elle grimaça de colère et eut une folle envie de tout casser autour d'elle. Elle savait bien que Steven ni était pour rien dans cette histoire mais la colère était tout de même bien présente. Elle tenta de contrôler sa respiration pour ne pas réveiller l'enfant, elle ouvrit son sac à dos et y glissa la peluche blanche avant de sortir de la chambre.

Elle se fit violence pour ne pas envoyer valser le vase qui se trouvait dans le couloir. Rapidement elle pénétra dans la dernière pièce qui était en réalité la chambre conjugale. Elle tira lentement les rideaux pour éclairer un tout petit peu plus la pièce et observa David et Kathryn qui étaient allongés dans le lit, collés l'un à l'autre et entièrement nu. Elle grimaça de dégout en les voyant et se retint de faire un quelconque bruit, elle se contenta de les prendre en photo, enfin surtout Kathryn, et quitta la chambre dès qu'elle eut ce qu'elle voulait. Elle remit son appareil photo dans son sac à dos en tentant de le caler correctement malgré la présence de la peluche.

Elle redescendit rapidement les escaliers et, en arrivant dans la salle à manger, elle eut soudainement soif. Elle haussa des épaules et ouvrit le frigo, elle sourit doucement en y voyant plusieurs bouteilles d'eau, elle en prit une et ferma le frigo en baillant. Elle fit sauter le bouchon de la petite bouteille en plastique et en but facilement la moitié en veillant à ne pas toucher le goulot avec ses lèvres. Elle la posa sur le plan de travail et quitta la maison en ressortant par la porte de la cuisine qu'elle laissa entrouverte pour les laisser comprendre que quelqu'un était venu cette nuit. Pour lui faire comprendre qu'elle était venue chez lui cette nuit.

Elle escalada à nouveau la clôture en bois et reprit la route jusqu'à son appartement en veillant à bien rester dans l'angle mort des caméras. Elle retira ses gants sur le chemin et les jeta dans une benne qu'elle croisa sur le chemin, les éboueurs devaient passer avant le début de la journée alors ses gants disparaitraient bien rapidement sans qu'elle n'ait à s'en soucier. Elle arriva enfin à son immeuble, elle le contourna afin d'entrer par la porte arrière et elle grimpa rapidement les escaliers. Elle vérifia que personne ne se trouvait dans le couloir et elle rejoignit son appartement, elle s'enferma à l'intérieur et déposa son appareil photo sur la table basse du salon. Elle jeta un coup d'œil vers son décodeur pour voir l'heure et soupira en s'étirant, il était bien trop tard – ou trop tôt en fonction des points de vue – et elle était bien trop fatiguée pour faire quoi que se soit pour le moment.

Elle se saisit simplement de la petite peluche en forme d'ourson blanc et elle grimpa à l'étage, elle entra dans sa chambre et se déshabilla entièrement – restant simplement en sous-vêtement. Elle prit son couteau papillon en main, la petite peluche dans l'autre et se glissa sous les couvertures de son lit. Elle ouvrit son couteau et, du bout des doigts, elle caressa les trois petites lettres qui étaient gravés sur la lame. « ESB », trois petites lettres qui voulaient tant dire mais à la fois qui ne voulait rien dire du tout. Ces initiales étaient « ES » et non « ESB » mais Mary avait toujours été très entêtée et avait toujours affichée haut et fort qu'elles étaient sœurs et qu'elles devaient donc porter le même nom de famille.

Elle sourit doucement et referma son couteau pour le poser sur sa table de chevet, elle éteignit la lumière et se tourna de l'autre côté. Elle attrapa la peluche et la sera fermement contre con corps avant de sombre dans les bras de morphée.