Jennifer sourit doucement en levant les yeux vers le ciel, le soleil brillait fortement en ce début d'après-midi, elle en profita alors pour sortir puisqu'elle avait quelques courses à faire.
Elle déambula tranquillement dans la rue en laissant les rayons du soleil frôler la peau de son visage avant d'entrer dans le seul magasin que possédait la petite ville qui était perdue au fin fond du Maine.
Elle marcha tranquillement à travers les divers étalages et prit petit à petit ce dont elle avait besoin, une bassine en plastique, un peu de corde, de quoi manger, un nouveau rouleau de scotch, un carnet de dessin ainsi que plusieurs feutres de différentes couleurs.
Elle passa en caisse et paya ses achats en souriant doucement avant de ressortir du magasin.
Elle se balada dans la rue en se demandant ce qu'elle pouvait bien faire maintenant, il faisait tellement beau qu'elle n'avait aucune envie de rentrer tout de suite pour s'enfermer dans son appartement.
Elle marcha encore quelques minutes et arriva face à la tour de l'horloge, elle était déjà montée au sommet alors elle aimerait pouvoir faire autre chose.
Elle jeta alors un coup d'œil circulaire autour d'elle et son regard s'arrêta justement sur la bibliothèque qui se trouvait juste en face de là où elle se trouvait, elle haussa simplement des épaules en se disant que c'était le moment d'aller visiter cette fameuse bibliothèque qui, selon les dires de beaucoup d'habitant, était vraiment extraordinaire.
Elle entra donc à l'intérieur et fut éblouis par la beauté mais surtout par la grandeur de la pièce.
Devant elle se trouvait des rangés et des rangés de livre sur d'imposante étagère en bois, à sa droite, elle voyait un divin escalier en colimaçon, tout en bois, qui montait vers l'étage qui, de ce qu'elle voyait, était tout autant rempli de livre que le rez-de-chaussée.
« Bonjour ! Je peux vous aider ? » Lança joyeusement une voix à sa gauche.
Jennifer sursauta et fit un bond sur le côté pour se retrouver face à la jeune femme qui venait de lui parler.
Elle était brune, pas très grande et très souriante. Elle souriait tellement que la blonde pouvait attester sur l'honneur que toutes ses dents étaient vraiment très propre. Elle avait une pile de livre dans les bras et les tenait en les serrant contre sa poitrine.
Jennifer ne l'avait pas vu arrivé, elle était comme sorti de nulle part. La jeune femme avait été beaucoup trop discrète pour son cœur qui avait failli lâcher en l'entendant parler.
« Bonjour, euh… vous êtes ? » Demanda la blonde en fronçant des sourcils.
« Oh pardon ! Je m'appelle Belle, c'est moi qui tiens la bibliothèque. » Informa la jeune femme aux yeux vert en souriant un peu plus avant de poser ses livres sur une petite table.
« Jennifer. » Dit-elle simplement.
« Tout le monde en ville sait qui vous êtes ! » Rigola Belle en se glissant derrière l'immense bureau.
« Comment ça ? » Souffla Jennifer en la fixant attentivement du regard.
« Vous êtes nouvelle en ville. Ruby vous apprécie. Vous avez sauvé la vie de Steven sans hésiter. Vous êtes d'une grande aide à David pendant cette période assez difficile. » Lista la jeune femme.
Les deux femmes discutèrent tranquillement pendant encore quelques minutes avant que la blonde ne quitte la bibliothèque en prétextant un rendez-vous important.
Elle n'avait aucun rendez-vous en réalité. Elle avait simplement voulu fuir cette jeune femme.
Belle n'était pas méchante, au contraire. L'entendre était agréable, sa présence dans la pièce apaisait immédiatement l'atmosphère. Cependant, l'entendre raconter tout ce que les habitants disaient sur elle était quelque chose d'assez étrange, troublant, dérangeant.
StoryBrooke avait énormément de point en positif aux grandes villes comme Boston ou encore New-York mais ses mêmes grandes villes avaient quelques choses que StoryBrooke n'avait pas.
La discrétion.
Ici, tout le monde connaissait tout le monde, ils avaient tous grandi ensemble ce qui n'était donc pas très étonnant mais les petits commentaires filaient rapidement. Dès que quelqu'un faisait quelque chose, tout le monde était au courant alors que dans les grandes villes, il suffit de se fondre dans la masse pour disparaitre totalement. Dans les grandes villes, personne ne faisait attention aux autres ce qui était un avantage comme un inconvénient.
Personne ne faisait attention à personne ce qui permettait aux habitants de vivre leur vie comme ils le souhaitaient. S'ils voulaient porter une chaussette rose et l'autre mauve personne n'y ferait attention, personne ne leur dirait rien ce qui n'était vraiment pas le cas à StoryBrooke puisque tout le monde avait toujours un petit commentaire à faire sur absolument tout.
L'inconvénient était que cette habitude d'être constamment concentrée seulement sur sa propre personne renforcé l'effet Kitty aussi connu sous le nom d'effet spectateur.
Il suffisait de prendre l'exemple de David. Lorsqu'elle l'avait frappé quelques jours plus tôt et qu'il avait crié de douleur, tous les habitants de l'immeuble étaient sortis pour lui venir en aide. Absolument tous. Ceux qui habitait tout autour de l'immeuble était également sortis. Ils avaient entendu des cris de douleur, ils s'étaient tous soudainement senti responsable de quelqu'un qu'ils n'avaient pas encore identifié et ils n'avaient pas hésité bien longtemps avant d'agir.
Si elle avait frappé David dans une grande ville comme New-York par exemple. Très peu de personne serait sortie pour s'assurer que tout allait bien. Ils auraient tous écouté les cris de douleur mais, contrairement aux habitants de cette petite ville qui n'avaient pas du tout hésité, une très grande partie des personnes seraient restés chez eux. Après tout, s'ils pouvaient réagir et donc lui venir en aide, pourquoi les autres ne pourraient pas le faire également ? Leur tendance apathique serait simplement accentuée et ils feraient ainsi une dilution de toute responsabilité.
En conclusion, il valait mieux se faire agresser dans une toute petite ville très conviviale que dans une grand ville tout comme il était préférable de faire un malaise dans un tout petit restaurant en étant entouré de seulement cinq personne plutôt que de perdre connaissance sur la place publique, parmi une importante foule de personne ?
Cela semblait parfaitement illogique et pourtant, c'était la pure vérité.
Jennifer se serait donc donnée beaucoup moins de mal à agresser David à New-York qu'à StoryBrooke.
Elle marcha de longues minutes pour s'éloigner de la bibliothèque puis elle soupira, une chose était sûre, dans cette ville, tout le monde connaissait chaque bonne action qu'elle avait fait depuis son arrivée et elle n'aimait pas vraiment ça, elle avait l'impression d'être fliqué et elle détestait ça.
La blonde s'arrêta finalement devant une boulangerie et elle observa longuement la vitrine en détaillant chaque petite gourmandise qui y était mise en avant.
Elle entra à l'intérieur et sourit doucement au vendeur qui l'accueillit joyeusement. Elle regarda rapidement ce qu'il proposait et s'arrêta finalement sur une tarte aux pommes.
Inconsciemment, elle se mit à penser à sa belle voisine alors elle l'acheta sans hésiter, elle remercia l'homme et quitta la petite boutique.
A présent, elle n'avait plus aucune envie de rester dehors même si prendre le soleil lui faisait vraiment beaucoup de bien. Elle voulait simplement rentrer dans son appartement et dévorer cette belle tarte aux pommes en piochant dans son pot de glace à la vanille.
Elle fit rapidement le chemin jusqu'à son immeuble et grimpa deux par deux les escaliers sans perdre son sourire, elle traversa son long couloir et s'arrêta net devant son appartement. Elle tourna sur elle-même et fixa la porte de l'appartement de sa voisine.
Peut-être pouvait-elle inviter les deux bruns à partager une part de tarte, cela lui permettrait de passer un peu de temps avec les deux avant la suite de son plan qui allait occuper une grande partie de sa vie.
Elle toqua à la porte en se rappelant que Kathryn avait abandonné son travail au Granny's et donc, qu'elle se trouvait également dans l'appartement avec ses deux enfants.
Jennifer n'avait rien contre la jeune femme enfin en dehors de ses manies de princesses, de ses manières éducatives plus que douteuse et son horrible habitude à se croire mieux que tout le monde, elle n'avait rien à lui reprocher.
Elle n'avait rien contre la compagne du sheriff mais elle n'avait aucune envie de la voir, vraiment aucune. Elle voulait simplement profiter de sa si belle voisine et de son fils.
La porte s'ouvrit finalement et pour son plus grand bonheur ce fut le visage d'Henry qui apparut dans l'embrasure, un immense sourire illumina le visage de l'enfant et il lui sauta dans bras sans attendre.
La blonde posa alors ses sacs de courses au sol et lui rendit son étreinte et glissant délicatement l'une de ses mains dans ses cheveux de jais.
« Qu'est-ce que tu fais là ? Tu veux voir maman ? » Questionna-t-il en relevant le visage pour pouvoir la regarder dans les yeux.
« Je voulais te voir toi et ta maman. Je suis allée faire quelques courses et j'ai acheté une tarte aux pommes. Je me suis dit qu'on pourrait la manger tous les trois, dans mon appartement. » Répondit Jennifer en lui caressant doucement la joue.
« Je vais le dire à maman ! On arrive ! » Affirma le brun en retournant rapidement dans son appartement.
La blonde sourit doucement et ouvrit la porte de son propre appartement, elle entra à l'intérieure et se dirigea directement vers la cuisine où elle rangea tranquillement tous ses achats dans les divers placards et rangement de la pièce.
Elle se dépêcha de monter la bassine en plastique à l'étage avec la corde et le nouveau rouleau de scotch, elle en aurait besoin dans quelques jours mais pour le moment, il valait mieux qu'elle le garde en sécurité alors elle déposa le tout dans la dernière pièce de son couloir et ferma la porte derrière elle avant de redescendre au rez-de-chaussée.
Elle se laissa tomber sur son canapé et déposa son nouveau carnet à dessin ainsi que les feutres sur la table, au même moment, elle entendit le tintement d'un téléphone ce qui signifiait qu'elle venait de recevoir un message. Elle sortit alors son téléphone portable de son pantalon et fronça des sourcils en voyant qu'elle n'avait aucune notification, elle se leva alors du canapé et attrapa son deuxième téléphone, celui à clapet qu'elle avait rangé dans l'un des tiroirs de son meuble télé.
Elle ouvrit son application de message et fronça des sourcils en voyant un numéro qu'elle ne connaissait pas, elle cliqua dessus et comprit rapidement de qui venait ce texto.
Avez-vous changé d'avis Miss Cameron ?
Elle tapa rapidement une réponse qu'elle envoya sans plus de cérémonie. Non, elle n'avait pas changé d'avis et non, elle n'était pas prête à changer d'avis.
Elle entendit la porte de son appartement s'ouvrir et sourit doucement en voyant les deux bruns entrer, elle s'approcha d'eux et ébouriffa gentiment les cheveux d'Henry qui se dirigea directement vers la cuisine. Seule, elle glissa doucement sa main dans le dos de sa voisine et elle l'embrassa délicatement en souriant.
« Alors comme ça, tu as acheté une tarte aux pommes ? » Questionna Regina en glissant sa main dans ses mèches blondes.
« Tu es venu seulement pour la tarte aux pommes ? » S'étonna Jennifer en haussant des sourcils.
« Pour quoi d'autre serais-je venu ? » Taquina la professeure de langue en lui souriant doucement.
Elles se défièrent du regard puis se sourirent doucement avant de rejoindre Henry qui les attendait patiemment dans la cuisine de l'appartement.
La blonde sortit alors la tarte aux pommes qu'elle avait mise dans le frigo en attendant et découpa une part assez gourmande pour eux trois, elle les servit dans des assiettes et ajouta par-dessus une bonne grosse boule de glace à la vanille.
Le petit brun se jeta littéralement dessus et dévora goulument le tout si bien que Jennifer lui en servit une deuxième part pour son plus grand plaisir.
Regina dégusta sa part de dessert avec lenteur, elle profita pleinement de chaque bouchée sans exception. Elle regardait son fils interagir avec leur voisine et elle ne pouvait s'empêcher de sourire en les observant silencieusement.
Un téléphone se mit à sonner dans le salon et Jennifer leur sourit doucement avant de changer de pièce, elle attrapa son téléphone à clapet et répondit en reconnaissant le numéro de la femme à qui elle allait acheter la fameuse maison.
Elle discuta avec la jeune femme pendant quelques minutes puis elle revint dans la cuisine pour récupérer un stylo ainsi qu'une feuille de papier sur laquelle elle nota rapidement le nom ainsi que l'adresse d'un petit bar où elles fixèrent rendez-vous pour le lendemain en milieu d'après-midi.
La blonde la remercia et mit fin à l'appel en lâchant un léger soupir.
« Un problème ? » Demanda la brune en la regardant.
« C'est un peu pour ça que je vous ai invité. » Souffla Jennifer en s'asseyant sur un tabouret autour de l'ilot de la cuisine.
« Qu'est-ce qui se passe ? » Interrogea Henry en avalant sa bouchée.
« Je vais devoir quitter StoryBrooke pendant quelques jours pour le travail. » Dit-elle en baissant les yeux au sol pour ne pas croiser leur regard.
« Tu n'as pas pris une année sabbatique ? » Fit Regina en fronçant des sourcils.
« Si mais… une collègue doit rencontrer un client dans une ville à coté mais elle est tombée malade et n'est pas en état de faire le trajet alors c'est moi qui vais le rencontrer. » Expliqua la blonde en souriant doucement.
« Tu pars quand et combien de temps ? » Lança le brun en affichant une légère moue déçue.
« Je pars demain en début d'après-midi, je dirais une petite semaine mais je serais amené à quitter la ville bien plus souvent à l'avenir. » Répondit la jeune femme.
Elle s'en voulait amèrement de leur mentir à tous les deux en les regardant dans les yeux mais elle n'avait pas d'autre choix, malgré tout ce qu'elle ressentait pour eux, malgré les sentiments qu'elle nourrissait pour la brune, sa vengeance devait passer avant tout et tout le monde.
Jennifer le savait pertinemment pourtant, tôt ou tard, elle allait devoir faire un choix entre sa vengeance et ses sentiments mais son choix était tout fait, elle était venue dans cette maudite ville pour se venger, elle n'était là que pour ça, uniquement pour ça.
Même si elle n'en avait aucune envie, elle allait devoir abandonner les deux bruns pour le bien de sa vengeance puisqu'une fois qu'elle en aurait finie avec David, elle partirait aussi loin que possible de cette ville.
« On reste avec toi jusqu'à demain matin ! » Décida soudainement le petit garçon.
« Henry ! On ne s'invite pas comme ça chez les gens. » Réprimanda la brune en le fixant intensément.
« Vous êtes amoureuse, vous pouvez dormir ensemble et puis moi je dormirais dans la chambre d'amie. Jennifer m'a dit qu'elle en avait une et que je pouvais venir y dormir si je voulais. David et Kathryn vont survivre si on ne dort pas avec eux se soir. » Expliqua-t-il en retrouvant son sourire.
« On n'est pas amoureuse. » S'exclamèrent en même temps les deux jeunes femmes ce qui amusa Henry qui rit de leur comportement.
Jennifer et Regina se regardèrent dans les yeux avant de reporter leur attention sur l'enfant qui riait à gorge déployée en se tenant le ventre.
Non. Elles n'étaient certainement pas amoureuses l'une de l'autre, elles prenaient simplement du bon temps l'une avec l'autre, voilà tout.
Elles n'étaient certainement pas amoureuses, enfin…. Peut-être un tout petit peu...
