Partition Blanche

Disclamer : les personnages de Saint Seiya sont la propriété de Masami Kuramada.

Chapitre 1

Mu entra dans sa nouvelle demeure, il avançait doucement, il n'avait pas encore ôté sa doudoune, c'est qu'il faisait aussi froid dehors que dedans. La maison avait été inhabitée pendant longtemps, alors elle n'avait pas été chauffée depuis un long moment.

Soudain il buta contre quelque chose, perdit l'équilibre, manqua de tomber. Mais il se rattrapa à quelque chose évitant de justesse la chute.

- Bordel de merde ! se fâcha le jeune homme.

- Si on m'avait dit qu'une fois arrivé en Sibérie, j'entendrai Mu Ariès jurer comme un charretier, je ne l'aurais jamais cru ! Tu ne t'es pas blessé ?

- Très drôle Aphrodite ! Non, enfin je ne crois pas, j'ai buté sur... Mu passa les mains sur l'objet qui avait faillit lui couter une chute. Cette foutue chaise !

Le Aphrodite en question ne répondit rien, son ami avait tendance à se cogner partout quand il était dans un endroit qu'il ne connaissait pas.

- J'ai reçu un SMS de ton frère, il arrive bientôt, dit le jeune homme pour changer de conversation tout en enclenchant la lumière.

- Tant mieux, j'ai hâte de voir Snow ! Désolé, je n'ai pas pensé à allumer, j'ai tendance à oublier que pour vous autres ça fait une différence...

- T'inquiète pas de ça, j'avais ma lampe torche ! répondit Aphrodite avec un sourire. Dis, tu crois qu'il fait nuit longtemps dans ce pays ?

- Pour moi c'est toujours la nuit...

- On va chercher les chambres ? demanda Aphrodite ne relevant pas le commentaire. Depuis quelques mois, Mu était d'humeur exécrable, en fait depuis qu'il avait perdu la vue suite à une agression. Selon les médecins et divers spécialistes, il semblerait que ça soit dû au choc qu'il avait subi. Selon eux toujours, ça n'était pas irréversible mais il lui faudrait du temps pour guérir, mais ça n'était pas simple pour le virtuose qu'était Mu.

- Si tu veux, répondit son ami haussant les épaules.

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Shion passa le panneau de la petite ville sur la route enneigée, tout juste dégagée, et se fia aux indications du GPS pour s'engager dans l'allée qui desservait la maison qu'ils avaient louée. Leur nouvelle demeure, tant que Mu le jugerait nécessaire du moins. Il soupira alors qu'il peinait à avancer sur l'allée, non dégagée elle. Il ne put aller bien loin, la neige avait trop envahie les lieux.

- Oui Snow, ton maître est bien là ! dit Shion à l'attention du chien qui commençait à s'agiter derrière lui ayant surement senti l'odeur de Mu toute proche.

Il stoppa la voiture et décida de poursuivre à pied, les traces qu'avaient laissées le taxi qui avait amené Mu et Lorcan ne lui permettait pas de poursuivre son avancée. Lui était resté en arrière pour pouvoir récupérer Snow après le contrôle vétérinaire d'entrée sur le pays. Il faut dire que s'il avait bien des pneus neige, il n'avait pas un 4x4 non plus, il n'y en avait plus de disponible à l'aéroport.

Il sortit de la voiture, enclencha la fermeture de la grille du parc et alla libérer Snow qui partit en trombe vers la maison.

- Tu vas être obligé de m'attendre ! lui cria Shion en avançant prudemment dans la neige qui se doutait que les deux amis devaient être en train de visiter la maison vu que des lumières s'allumaient et s'éteignaient à intervalle régulier au premier étage de la maison.

Dès qu'il lui ouvrit la porte, le labrador fonça, nez en l'air, vers son maitre. Shion prit le temps d'examiner l'entrée et frissonna. Il faisait un froid de canard ici ! Sans plus tarder, il chercha la chaudière qu'on lui avait promise dans la buanderie et déclencha le chauffage.

Il entendit le cri de son frère et les aboiements de Snow qui venaient de se retrouver et sourit en se disant que peut-être ici, son cadet arriverait à se remettre enfin.

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France, faculté de médecine de Paris

Camus quitta son dernier cours soulagé par la trêve de fin d'année qui arrivait. Un long mois sans voir tous ses camarades étudiants n'allaient pas lui faire de mal. Les stages en hôpital ne commençant que pendant le dernier semestre, il avait le mois pour reprendre des forces. Il avait décidé à la dernière minute de partir en Sibérie, là où il avait grandi avant que sa famille ne le fasse revenir en France à la mort de ses parents.

Il avait hâte de revoir la grande propriété où il n'était pas retourné depuis. Quand ses parents avaient succombés dans un accident d'avion alors qu'il n'avait encore que treize ans, il avait bien été obligé de suivre les directives de sa tante, la sœur de sa mère qui l'avait très gentiment recueilli. Il y avait gagné un cousin, Hyoga, qui était devenu presque comme son petit frère avec les années. Il sourit en pensant à lui et cela attira bien entendu l'attention d'un groupe de jeunes gens qui l'attendaient à la sortie des cours. Comme toujours, il glissa aisément entre eux en répondant par des hochements de tête à des questions qu'il n'écoutait même pas, les devinant sans peine. Rapidement et ayant repris un air plus glacial que jamais, il quitta l'université pour regagner le studio parisien qu'il occupait.

Camus avait appris à ses dépends que ses origines et sa famille intéressaient plus ses soupirants que lui-même, et avait depuis appris à éviter autant que possible les invitations en tout genre qu'il recevait chaque jour.

A toute l'agitation étudiante, il préférait les salles de concerts classiques qu'il égrenait à chaque occasion possible. La musique lui apportait un peu de réconfort dans sa solitude.

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Sibérie

Mu éclata de rire alors que son chien lui avait sauté dessus le faisant tomber pour lui lécher le visage avant de lui renifler le cou, comme pour être certain qu'il s'agissait bien de l'odeur de son maitre.

- Snow arrête, tu me chatouilles ! dit Mu tout en caressant son ami sur pattes.

Il lui avait manqué, même s'ils n'avaient été séparés que quelques heures.

- Bon, je vais te laisser, je vois que je suis de trop ! fit théâtralement Aphrodite avant de laisser son ami.

Flash-back

Mu se rappelait encore de son arrivée au chenil. Il avait été exécrable avec son frère, lui disant pas mal d'horreurs.

De mauvaise humeur, il s'était quand même plié à la visite en se promettant d'essayer tous les chiens et de n'en prendre aucun. Ils en étaient au cinquième chien quand Mu avait entendu un bruit qui lui avait fait redresser la tête, le chien qui était avec lui se ratatina au sol. Mu lui se concentrait pour voir d'où venait le bruit.

- Il se passe quelque chose ! avait-il dit avant de sentir un poids énorme sur lui et un molosse le reniflant en jappant de contentement, du moins c'est ce qui sembla à Mu.

- Reviens ici monstre ! cria un des agents du centre tentant de remettre la main sur l'animal.

- Ce n'est pas un monstre ! répliqua sèchement Mu alors qu'il le caressait.

- Il n'en fait qu'a sa tête ! Il refuse de faire ses exercices ! fit tout de même l'agent à l'adresse de son collègue tout en tirant sur le collier du chien, ne prêtant même pas attention aux personnes présentes. Mais celui-ci se fit tout mou, ce qui rendait la tâche de l'agent plus difficile, et le chien se plaignit.

- C'est celui-ci que je veux ! Et pas un autre ! exigea Mu, tout en retenant le chien contre lui.

Il avait perçu les exclamations étouffées des deux agents et de son frère.

- Lui ! fit Mu avec conviction, sachant pertinemment que son aîné allait plier. Après tout c'est lui qui voulait le flanquer d'un chien d'assistance.

C'est ainsi qu'ils étaient repartis avec le "monstre" et contre toute attente, ça se passait très bien avec Mu.

Dés qu'ils furent rentrés Mu appela son meilleur ami qui débarqua dans l'heure.

- Mais qu'il est beau ! Il est tout clair ! fit ce dernier en tendant la main, prudent, pour caresser le chien qui accepta. Tu l'as appelé comment ?

- Il s'appelle Snow ! Tu veux bien me le décrire Lorcan ?

- C'est un labrador, il a l'air d'être un jeune adulte. Il a une couleur particulière, je veux dire qu'il n'a pas les couleurs comme on voit d'habitude, c'est un beige très clair, presque blanc. Ça lui va comme un gant son nom ! assura son meilleur ami. Comment tu l'as choisi ?

- Il s'est évadé et c'est lui qui a le poil le plus doux !

Les deux amis partirent à rire

Fin flash-back

Aphrodite referma la porte laissant les deux compères se retrouver il descendit pour retrouver la cuisine.

- Bonsoir Shion ! Ça été la route ? Snow n'a pas été trop intenable ? Et pour répondre à la question que tu te poses, oui ça a été, il ne m'a appelé que quatre ou cinq fois par mon nom de scène ! Tu veux un thé ? finit le jeune homme en fouillant dans les armoires de la cuisine cherchant une bouilloire.

Shion lui sourit chaleureusement. Lorcan prenait tant sur lui pour aider son cadet.

- Oui je veux bien un thé Lorcan. Et merci d'être resté avec lui.

- C'est mon ami, crut bon de souligner le suédois.

- Je le sais bien et tu le prouves chaque jour même s'il se montre parfois très ingrat à ton égard.

Lorcan haussa les épaules sans répondre, ils avaient déjà eu maintes fois ce genre de discussions tant Mu pouvait se montrer exécrable depuis son accident.

- Comment tu trouves la maison sinon ?

- Glaciale !

- J'ai mis la chaudière en route et il me semble qu'il y a une cheminée dans le salon, je vais essayer de trouver du bois dans la remise après m'être détendu un peu. Snow a été sage mais on sentait qu'il était inquiet d'être séparé de Mu. Je me demande encore comment ces deux là peuvent si bien s'entendre !

Ils s'installèrent en continuant à commenter ce qu'ils avaient pu voir de la maison et Mu ne tarda pas à les rejoindre en râlant qu'il faisait un froid de canard. Shion lui proposa un thé que Lorcan lui servit pendant que Snow se couchait à ses pieds en soupirant de contentement d'avoir retrouver son maitre.

Shion finit son thé et laissa les garçons pour trouver le salon où quelques bûches avaient été posées prés de la grande cheminée. Il se mit aussitôt à préparer une flambée qui les réchaufferait bien plus vite que la chaudière ne mettrait à donner une atmosphère plus vivable à la grande maison.

- Venez ! appela-t-il les garçons alors que le feu se mettait à crépiter. Il ne devrait pas tarder à faire bien meilleur ici.

Puis il sortit pour trouver la remise et ramener du bois pour la soirée. Son portable sonna alors qu'il s'apprêtait à charger le panier à bûche, Dohko son meilleur ami venait sûrement aux nouvelles :

- Allo ?

- Shion ? C'est Dohko. Comment ça va ? Vous êtes bien arrivé ?

- Oui, ça va bien, la maison est glaciale mais sinon elle est isolée au possible ! Tout à fait ce que voulait Mu. Merci encore de l'avoir dénichée pour moi.

- Pas de quoi, tiens-moi au courant au moindre problème ! Je te laisse t'installer, on se verra plus tard via le net !

- Ok, à plus !

Shion raccrocha et finit de charger son panier pour vite rentrer au chaud et essayer de s'installer le plus confortablement possible dans cette maison, presque au bout du monde, se demandant encore quelle lubie avait frappé son frère en voulant s'isoler ici.

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Paris

Camus ne fut pas long à préparer sa valise, il partait demain par avion, sa réservation était déjà faite.

Hyoga lui avait bien proposé de l'accompagner mais il préférait être seul pour revoir le village où il avait passé son enfance. Ne sachant pas s'il pouvait s'installer dans la maison familiale vu que sa tante la mettait en location pour pouvoir continuer à l'entretenir, il avait réservé dans une des isbas que louaient un des villageois aux touristes curieux de découvrir la Sibérie avant de lui en parler.

Il s'endormit en souriant. Les grands espaces, la solitude, voilà tout ce dont il avait besoin pour oublier ce qui s'était passé pendant ce trimestre. Et surtout là-bas, il n'aurait pas à faire attention et pourrait peut-être être lui-même sans craindre qu'on ne se moque encore de lui. Il grimaça à l'évocation de sa rupture mais il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même, il aurait dû être bien plus prudent.

Il soupira et chassa ses pensées sombres pour se projeter sur les immenses plaines blanches qu'il allait bientôt retrouvées. C'est en les visualisant dans son esprit qu'il s'endormit enfin.

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Sibérie

Mu s'était levé vers dix heures du matin, c'est qu'il n'avait plus d'obligations en ce moment, donc il en profitait pour faire la grasse matinée.

Quand il posa ses pieds au sol, il les remit vite fait sous la couette. Le sol était gelé. Il prit le temps de mettre des chaussettes bien chaude avant de glisser ses pieds dans des pantoufles tout aussi chaudes, il passa également un peignoir, il ne voulait pas prendre froid. Avec précautions ainsi qu'avec l'aide de Snow il quitta sa chambre pour se rendre à la cuisine. Il ouvrit la porte qui donnait vers l'extérieur, laissa son ami sortir pour se dégourdir les pattes et faire ses besoins.

Mu lui, entendit un petit crépitement, il avança doucement et buta contre une chaise, ce qui le fit jurer, avant de s'asseoir sur cette dernière. Il chercha alors à tâtons l'objet du crépitement.

Quand il l'eut en main Mu reconnut aussitôt le dictaphone qu'utilisait Lorcan pour lui laisser un message. Le suédois avait toujours préféré utiliser le dictaphone, et ce, depuis qu'ils partageaient la même chambre quand ils étaient à l'école des beaux-arts.

Lorcan était un acteur de théâtre de renom connu sous le pseudonyme d'Aphrodite. Tandis que, lui, Mu était un soliste de génie du Guzheng et du Yan qin, deux instruments à cordes chinois.

- Coucou petite marmotte ! On est parti au village acheter de quoi nourrir ton estomac, et le notre ! A plus tard ! disait simplement le message arrachant un rare sourire à Mu.

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Au magasin du village

- Shion ! C'est affreux ! s'écria Lorcan en le retrouvant dans le magasin.

- Qu'y a-t-il de si affreux ? demanda l'homme.

- Il n'y a pas de chocolat ! Mais rien ! Pas même un petit biscuit enrobé de chocolat ! Je ne peux pas vivre sans chocolat ! Et encore moins dans ce froid !

Shion partit dans un grand éclat de rire au grand dam du jeune homme qui ne voyait là vraiment rien d'amusant.

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Dans la maison

- Alors Snow, il est encore long ce couloir ? demanda Mu.

Le canidé soupira.

- Je crois que ca veut dire oui ! Allez mon beau, faut qu'on s'y mette !

Quand les deux hommes entrèrent dans la bâtisse, ils furent accueillis par le monologue de Mu qui récapitulait tout le rez-de-chaussée.

Lorcan et Shion se regardèrent avec un petit sourire. Au moins Mu voulait apprendre à connaître la maison où il déambulait, c'était déjà un premier pas.

- Ah vous voilà ! fit Mu.

- On est sauvé ! On a trouvé de quoi manger ! dit Lorcan.

- Et du chocolat ? demanda le jeune homme.

- Non… Ne demande pas des choses pareilles ! Tu me brises le cœur !

- Ya pas de chocolat ? questionna Mu catastrophé

- Yen n'a pas, du tout ! répondit Lorcan de la même manière.

- Comment je vais pouvoir vivre sans chocolat ?

Shion lui se reprit à rire, ses cadets devaient vraiment beaucoup aimer cette sucrerie.

- Mais il n'y a pas de quoi rire ! s'offusqua Mu en se tournant vers son aîné qui rangeait les courses. Le chocolat est…

- Indispensable, je l'ai bien compris ! Rassurez-moi, vous mangez tout de même autre chose que du chocolat j'espère ?

- Bien sûr, répondit Lorcan. Mais le chocolat c'est…

- Sacré ! compléta Mu.

- Dans ce cas, nous allons en commander via le net. On ne l'aura sans doute pas demain comme chez nous mais vous patienterez un peu tous les deux. Et si vous êtes sages, en attendant, je peux essayer de vous faire ce fondant au chocolat prêt à cuire que j'ai acheté… finit-il en sortant plusieurs paquet de préparation pour ce gâteau. J'ai regardé la recette après la panique de Lorcan au magasin, ça parait assez simple à faire…

- Montre ça, fit le suédois en lui arrachant presque le paquet des mains pendant que Mu attendait anxieusement.

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Ils déjeunèrent dans la cuisine, plus pratique et bien assez grande pour que Shion puisse surveiller la cuisson de son ragoût et du fondant qui avait finalement fait l'unanimité en attendant mieux.

- Alors, la maison te convient Mu ? demanda l'aîné après qu'ils aient parlé un moment de choses et d'autres.

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Camus n'atterrit que le soir à l'aéroport desservant son village natal. Il avait prévu une étape ici avant de louer une voiture pour s'y rendre. Même s'il vivait encore officiellement chez sa tante, il y a longtemps qu'il était autonome, libre de ses mouvements. A Paris, il avait son studio et décidait seul de ses loisirs ainsi que de ses destinations de congés. Bien entendu sa tante avait fait la moue en apprenant qu'il comptait retourner sur les traces de son enfance. Pas qu'elle soit contre, mais elle avait un peu peur qu'il ne réveille de vieilles blessures en retournant là-bas. Il se remémora sa discussion avec elle.

Flash-back

- Pourquoi maintenant ?

- J'ai envie d'y retourner c'est tout. Pourquoi ça t'inquiète tant que ça ?

- Parce que tu seras seul là-bas et que tu ne pourras même pas retourner dans ta maison, elle vient d'être loué pour l'année qui vient.

- Si longtemps ? Mais qui donc peu vouloir vivre dans un lieu si isolé de tout ?

- Je l'ignore, c'est ton oncle qui gère ces choses, mais je ne veux pas que tu souffres en voyant d'autres personnes évoluer dans ta maison.

- Ce n'est plus ma maison, tantine, c'est ici aujourd'hui chez moi.

- Mais techniquement c'est toujours ta maison, je te l'ai dit plusieurs fois, on ne la loue que pour en payer l'entretien et qu'elle ne se dégrade pas. Quand tu prendras ton envol que tu seras devenu médecin et autonome financièrement, elle te reviendra de droit.

- Je sais tout cela, tantine, dit-il en lui souriant chaleureusement. Vous avez été de merveilleux tuteurs pour moi depuis qu'ils sont partis. Et je ne vous en remercierai jamais assez.

- Pourtant tu n'es pas heureux…

- Ce n'est pas ça… les autres sont juste… comment dire ?

- Pas honnête avec toi ? suggéra fort justement sa tante.

Il soupira sans répondre.

- Tu es séduisant, avec un physique plus qu'avantageux, continua sa tante. Tu fais parti d'une des plus vieilles familles de la noblesse française, qui est riche qui plus est. Comment veux-tu que les autres ne soient pas attirés par cette lumière que tu projette inconsciemment autour de toi ?

Elle le prit dans ses bras pour ajouter très tendrement :

- Un jour tu rencontreras quelqu'un qui t'aimera pour toi et non pour ce que tu es. Sois juste un peu patient…

Fin du flash-back.

Oui mais quand ? se dit-il en revenant à la réalité.

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Dans la maison, milieu de la nuit

Lorcan s'aventura sur la terrasse de sa chambre, il était minuit passé et il n'arrivait toujours pas à fermer l'œil. Après avoir enfilé ses bottes fourrées, il avait ouvert la porte vitrée et s'était engouffré dans le froid. Le jeune homme frissonna à peine. Lui aussi venait de contrées glaciale, ce temps lui faisait du bien, surtout au cœur.

Il avait quitté sa Suède natale à l'âge de quinze ans. Enfin, on ne lui avait pas vraiment laissé le choix, après que ses parents aient divorcés, sa mère l'avait prit avec lui pour partir vers la Grèce, espérant que celui qui fut son mari ne les retrouve jamais.

Lorcan avait vite intégrer une école avec internat, c'est là qu'il fit la connaissance de Mu. Ils avaient directement sympathisé bien qu'ils ne se comprennent pas. Vu qu'ils s'entendaient bien, le directeur les avaient mit dans la même chambre. Le suédois pouffa de rire, il se rappelait, qu'ils avaient collé des post-it partout avec les noms des choses. C'est ainsi qu'il avait appris le grec pendant que Mu, lui, apprenait le suédois.

Les pensées du jeune homme dévièrent vers un autre souvenir beaucoup moins agréable, il commençait à être connu dans le monde du théâtre. Les salles se remplissaient toujours un peu plus à chaque fois qu'il montait sur les planches. Il commençait à recevoir même des cadeaux. Si au début cela lui avait fait plaisir, mais il y en avait un qui sortait du lot et qui, au fil du temps, devenait de plus en plus effrayant. Son agent avait fini par appeler les forces de l'ordre qui avaient confirmé qu'il s'agissait d'un harceleur. Le temps passa et un soir, en sortant du théâtre après une représentation, il s'était fait agresser, il était sur le point de se faire violer quand Mu apparut le sauvant des griffes du malotru.

L'homme fut arrêté et emprisonné, mais quelques mois plus tard, il s'était fait libérer, pour "bonne conduite". Quand son avocat lui avait annoncé la nouvelle il en avait pleuré. Même si l'homme avec une interdiction de l'approcher, il n'était quand même pas rassurer, cela finit par se ressentir dans son travail. Son manager lui avait dit de prendre des vacances, Lorcan pouvait vraiment se permettre une petite pause dans sa carrière, il avait quand même quelques années de travail à son actif et n'avait jamais pris de repos. Grâce aux placements qu'il avait faits, il avait un compte bancaire bien fourni. Il avait également quelques contrats signés pour quand il rentrerait, donc il n'était pas inquiet sans oublier que Mu avait besoin de lui. Mu qui avait toujours été un soutien, quelqu'un sur qui il avait pu toujours s'appuyer, qui avait toujours répondu présent peu importe quelle tempête il traversait. Mu était toujours là sans faillir.

Alors aujourd'hui que Mu avait besoin de son aide, il répondait à son tour présent, c'était ça l'amitié, être toujours là pour l'autre. Et tant pis si Mu était exécrable en ce moment, il l'avait été lui aussi, Mu ne lui avait jamais reproché. Alors il pouvait bien supporter la mauvaise humeur de celui qu'il considérait comme son frère.

En ce qui concernait Shion, c'était tout une autre histoire. Il l'avait rencontré un mois après son arrivée en Grèce, quand il était venu les chercher pour le week-end, Mu l'avait invité à le passer chez eux. Sa mère avait accepté, ravie que Lorcan se fasse des amis dans leur nouveau pays. Quand il l'avait vu sortir de la voiture, son cœur s'était arrêté de battre. Il avait une classe folle, tout le monde se retournait sur son passage, il dégageait un magnétisme qui l'avait simplement cloué sur place. Quand il avait retiré ses lunettes de soleil, que le suédois avait découvert ses yeux, il crut défaillir. Sa voix lui avait fait perdre la sienne, chose très rare pour le jeune homme. Mais le tableau s'était brutalement assombri quand il vit qu'une greluche s'était accrochée à son bras. Pourtant c'était trop tard pour le Suédois, son cœur venait d'être capturé.

Ce n'est que bien plus tard qu'un soir, après une fête de dortoir, alors qu'il était un peu ivre et que l'alcool l'avait rendu un peu triste qu'il l'avait avoué à Mu. Ce dernier l'avait juste serré dans ses bras en lui promettant que tout finirait par s'arranger.

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Le lendemain après-midi

- Il va neiger ! annonça soudain Mu alors qu'ils se promenaient tout les quatre dans les jardins blancs du domaine.

- Comment tu sais ça ? questionna Shion étonné.

- Je le sens...

- Genre pressentiment ? voulut savoir son aîné.

- Non, genre la neige a une odeur...

- Il a raison ! appuya Lorcan, Mais bon, ça ne doit pas être perceptible pour un homme du soleil ! taquina-t-il Shion

- C'est vrai que j'ai tendance à oublier parfois que toi aussi tu viens d'un pays nordique, fit Shion en se baissant tout en attrapant en attrapant un paquet de neige qu'il roula en boule. Tu ne devrais pas trop mal supporter ceci dans ce cas, continua-t-il en la lançant sur Lorcan qui n'arriva pas à l'esquiver complètement tellement il fut surprit par son attaque.

- Hey ! s'exclama-t-il. C'n'est pas du jeu !

Il commença lui aussi à faire des boules de neige qu'il tenta de jeter à Shion qui les évitait toutes très habilement. Pourtant alors qu'il ne s'y attendait pas, l'une d'elle l'atteignit en plein dans la poitrine. Mais ce n'était pas Lorcan qui l'avait lancée.

- Mu ! Tu vas me payer ça ! menaça-t-il en le visant à son tour. Lorcan profita de sa distraction pour l'atteindre également. Snow se mêla joyeusement à la partie en aboyant et en essayant d'attraper ces balles volantes en plein vol. Du moins toutes celles qui voulaient atteindre Mu.

En l'espace de quelques minutes, ils furent tous les quatre trempés. Mais sans s'en rendre compte, Mu comme Lorcan et Shion riaient de cette innocente bataille de boules de neige improvisée.

Shion et Lorcan se regardèrent à la fois surpris et ravis de voir rire Mu comme cela ne lui était pas arrivé depuis bien longtemps.

- On n'a plus qu'à aller se sécher, dit l'aîné au bout d'un moment. Sinon on va vite attraper froid ! Ça vous dit un chocolat bien chaud ?

- Mais on n'en a pas…

- Si, j'ai été en acheté à l'hôtel du village. Ils ont bien voulu m'en vendre un paquet et même une tablette en attendant qu'on nous en livre…

- Shion, tu es mon héros, s'écria Lorcan en lui sautant au cou.

A suivre…