Disclamer : les personnages de Saint Seiya sont la propriété de Masami Kuramada.
Réponses aux reviews :
Guest : Merci pour cette review encourageante, nous espérons que la suite te plaise tout autant. Nous faisons beaucoup d'efforts afin qu'il ne reste plus de fautes (même si il se peut que quelques unes nous échappent). Il y a bien une suite ! Si ça peut te rassurer la fic est terminée, nous posterons un nouveau chapitre chaque semaine (si pas d'imprévu!)
Guest:Merci de trouver le début accrocheur !
Athéna : Merci pour cet accueil, il nous fait très plaisir ! Merci de nous laisser un petit commentaire !
Guest : Merci d'avoir apprécié notre premier chapitre ! Nous croisons les doigts pour que la suite te plaise autant.
Athéna0802 : Merci de nous suivre, et ce même après tout ce temps ! Ravie de voir que les thèmes t'intriguent, nous n'allons pas spoiler mais nous ne l'avons pas oublié !
Chapitre 2
C'est dans la bonne humeur qu'ils regagnèrent la maison. Une demi-heure plus tard, ils étaient secs, changés et installés à la cuisine pour un goûter bien mérité quand le portable de Shion résonna. Ce dernier fronça les sourcils en décrochant :
- Aïoros ? Qu'est-ce qui se passe ? dit-il en sortant de la pièce.
- Et voilà, il va encore gâcher l'ambiance celui-là, grogna Lorcan.
- Mais non, c'est juste son assistant, je te l'ai déjà dit… Tu n'as rien à craindre de lui.
- Ouais…
Pendant ce temps, Shion écoutait ce que voulait effectivement son assistant. L'aîné de Mu gagnait sa vie en traduisant et décodant des langues mortes. Il était une sommité en la matière, à ce titre, on lui confiait régulièrement des tablettes, parchemins ou manuscrits écrits dans des langues perdues et oubliées depuis longtemps.
Passionné d'histoire anciennes, Shion s'était spécialisé dans le décodage de ces langages voir symboles oubliés de l'histoire. Ce qui lui permettait de travailler d'à peu près n'importe où du moment qu'il avait son ordinateur, une connexion internet ainsi que sa base de données. Celle-ci était précieusement conservée sur des disques durs qu'il emmenait partout avec lui dont une copie était sauvegardée et conservée tout aussi précieusement par Dohko. Cela lui avait donc également permis de pouvoir se consacrer à plein temps à Mu après son accident.
Il avait engagé Aïoros en tant qu'assistant pour gérer ses affaires courantes, prendre les demandes, les étudier, lui transmettre s'il les jugeait assez intéressantes et sérieuses. Avec le temps et la notoriété, toutes sortes de demandes, parfois, des plus farfelues parvenaient à Shion qui n'avait ni le temps ni l'envie d'y réponde parfois. Il avait alors recruté un assistant qui gérait tout cela à sa place, négociait les prix pour lui et assurait un parfait suivi de l'administratif.
Shion revint dans la cuisine après avoir fini sa conversation :
- Un souci ? demanda Mu.
- Non, juste un travail que je dois finir. Le client s'impatiente.
- Ça va aller ? s'inquiéta Lorcan.
- Oui, avec notre installation ici, j'ai mis un peu de côté mon travail, c'est tout. Je vais m'y remettre rapidement. Mais ne vous inquiétez pas, vous allez quand même m'avoir sur le dos ! sourit-il avant de rejoindre rapidement la pièce qu'il avait choisi pour bureau, laissant les deux plus jeunes finir leur goûter.
- Il cache quelque chose ! murmura Mu.
- Quoi ? C'n'est pas un travail qu'il doit finir ? Il va chatter avec l'autre ?
- Calme-toi Lorcan, je ne dis pas que grand frère n'a pas un travail à finir, je dis juste qu'il ne nous a pas tout dit.
- Comment peux tu savoir ça toi ? râla l'acteur.
- Bah, c'est mon frère, et si cette raison ne te suffit pas, je l'ai perçu dans le ton de sa voix.
- Foutu musicien avec l'oreille absolue ! l'injuria Lorcan.
- Allez finissons notre goûter ! J'ai trouvé quelque chose qui pourrait émoustiller ton intérêt !
- Ah oui ? Quoi ? Une photo de Shion à la piscine ?
Mu pouffa de rire.
- Non pas ça, mais je suis sur que ça va te plaire.
Ooo000ooO
Camus venait de s'installer à l'hôtel du village, la route avait été pénible. Il n'avait qu'une hâte, prendre une douche et un repas bien chaud. Demain il aurait tout le temps de profiter à nouveau de ce village qu'il aimait tant.
Ooo000ooO
Dans la maison
Ils finirent leur goûter, ensuite Mu emmena son ami au travers de la bâtisse.
Lorcan prit son mal en patience, Mu était lent, en même temps le Suédois ne pouvait pas lui en vouloir. Ils étaient dans un nouveau lieu, son ami devait apprendre à connaître son nouvel environnement ce qui lui prenait plus de temps.
Il s'arrêta devant une porte, chercha à tâtons la poignée avant de l'actionner et poussa le battant en bois.
- Vas-y entre !
Mais la pièce était plongée dans l'obscurité. Le Suédois chercha l'interrupteur, l'activa et dut fermer les yeux tellement la lumière était vive. Quand il releva les paupières il fut plus que surpris.
- C'est une bibliothèque ! fit Lorcan, une bibliothèque gigantesque !
- Je savais que ça te plairait, ça sent le vieux cuir, il y a peut-être de vieille pièce de théâtre...
- Mu, y'a pas à dire, tu sais me parler ! Viens, il y a un fauteuil qui a l'air super confortable.
Lorcan le guida, Mu s'y assit et le Suédois courut dans la pièce tel un enfant dans un magasin de jouet. Snow, lui, le suivit croyant à un nouveau jeu.
Mu quant à lui ferma les yeux.
Flash back
Mu venait de rentrer après la petite fête qui avait été donnée après son concert.
Il était content, la salle avait été comble, il avait bien joué, tout le monde était ravi.
La fête s'était bien passée mais il était trois heures du matin, il n'avait plus qu'une envie c'était de retrouver son lit. Regagnant son appartement il croisa un groupe d'hommes qui revenaient sans doute eux aussi d'une fête. Ils riaient fort, ne marchaient pas vraiment droit. Arrivés à hauteur de Mu, l'un d'eux trébucha, tomba en entrainant le musicien avec lui dans sa chute.
Mu sentit sa tête buter sur le trottoir et puis ce fut le trou noir.
Il s'était réveillé bien plus tard en entendant des sanglots, mais il ne savait pas de qui ça venait, l'obscurité était toujours là. Plus tard dans la journée le médecin vint et lui annonça LA nouvelle : il était aveugle.
Fin flash back
Ooo000ooO
Il était tôt le lendemain matin quand Camus sortit enfin se promener dans son village. Son village. Il avait tant de fois rêvé de son retour ici qu'il ne savait pas trop par où commencer. L'église ? L'école ? Ou la maison ?
Le village en lui-même n'était pas grand. L'épicerie faisait dépôt de pain, café et tabac, en cela au moins rien n'avait changé sauf les propriétaires. Le jeune homme se demandait s'il allait retrouver ici de veilles connaissances mais il semblait que non, finalement ça faisait tout de même plus de dix ans qu'il était parti. Il n'avait que treize ans quand la tragédie avait frappé sa famille. Ses parents étaient français mais avaient décidé de venir vivre ici quand son père avait découvert qu'il avait un lointain ancêtre qui était originaire de ce village. Sa mère avait d'emblée été charmé par la région et la chaleur des gens simples qui vivaient ici contrairement à la noblesse française qui n'était qu'hypocrisie et faux-semblant.
Il avait donc grandi ici vu qu'il n'était encore qu'un bébé quand ses parents avaient rachetés une maison qui avait été construite en bordure du village par un riche marchand de la ville voisine avant qu'il ne décide de partir pour la capitale sibérienne et ne laisse la grande demeure quasiment à l'abandon. Ses parents lui avaient raconté qu'ils avaient dû batailler pour faire moderniser la maison et la rendre habitable mais Camus se souvenait d'une grande maison chaleureuse où il avait été heureux.
Finalement ses pas l'avaient conduit presque sans qu'il s'en rende compte devant sa maison. Elle était ouverte comme il put le voir, de la fumée sortait de la cheminée, preuve qu'on faisait un feu dans le salon. Il sourit en repensant à tous ces moments heureux où sa mère lui luisait des contes de fées, puis plus tard un des nombreux livres que son père aimait collectionner, dans ce salon justement.
La grille était fermée mais il existait une petite porte à l'arrière qui elle ne l'était quasiment jamais. Il ne voulait pas déranger les locataires mais ne résista pas à l'envie de faire quelques pas dans le jardin.
Ooo000ooO
Shion avait mal dormi. Il fut le premier debout et alla dans la cuisine préparer le petit déjeuner avant de réanimer le feu qui réchauffait si bien l'atmosphère même si la chaudière remplissait maintenant largement son office.
Il entendit Snow gratter à la porte de Mu et alla le libérer pour le faire sortir. Le labrador lui octroya un bonjour matinal avant de s'élancer dans le jardin. Shion n'était pas inquiet, il reviendrait se coucher au pied du lit de Mu jusqu'à ce que ce dernier se lève dès qu'il se serait soulagé.
Shion réfléchissait à tout ce que lui avait dit Aïoros la veille. Un cabinet d'avocat avait contacté son assistant pour le joindre pour une affaire privée de paternité avait-il précisé. Shion n'avait pas d'enfant et avait songé à une arnaque quelconque sur le moment. Il avait donc orienté son assistant vers Dohko, son meilleur ami et homme d'affaire prospère qui saurait déceler la moindre faille afin se défaire d'opportuns au cas où.
Mais Dohko lui avait mis un mail qu'il avait ouvert hier soir avant d'aller dormir, décalage horaire oblige, en lui disant que cette affaire était peut-être plus sérieuse qu'il ne l'avait cru au départ et qu'il le tenait au courant le plus rapidement possible.
Il en était là de ses réflexions quand il entendit Snow aboyer comme un forcené, réveillant Lorcan et surtout Mu qui cria immédiatement, paniquant en entendant son chien s'énerver de la sorte.
- Lorcan ! Occupe-toi de Mu ! Je vais voir ce qu'il se passe, cria Shion en enfilant un blouson, des bottes tout en sortant précipitamment pour retrouver le chien ainsi que l'objet de sa fureur.
- Snow, Snow ! cria Mu tout paniqué en sautant du lit. Il buta sur quelques meubles, la panique lui faisait perdre tous ses repères.
- Mu attend ! dit Lorcan en rattrapant son ami qui faillit se prendre l'armoire. La sortie c'est de l'autre coté.
- Snow... il... Snow.
-Viens, je te conduis.
Lorcan savait que quand il était dans cet état de panique, il était inutile d'essayer de lui faire entendre raison, donc il le guida.
- On va activer le pas pour vite rejoindre Snow d'accord ? lui proposa le suédois.
- Oui.
Il était difficile pour Mu d'aller plus vite mais il se laissa entraîner, ils arrivèrent au jardin et s'engouffrèrent dans la neige.
De son côté Shion ne mit pas longtemps, guidé par les jappements de Snow à parvenir dans un coin reculé du jardin qu'ils n'avaient pas encore exploré et découvrit le labrador de son frère tournant autour d'une forme recroquevillé par terre qui lui cria quand il arriva :
- Aidez-moi s'il-vous-plaît ! Je ne suis pas ce qu'il croit !
- Snow ! Au pied !
Le chien obéit et vint calmement se coucher à ses pieds surveillant tout de même l'intrus matinal qui se relevait péniblement.
- Je peux savoir ce que vous faites ici de si bonne heure ? demanda Shion surpris par l'apparence du jeune homme qui venait de se relever et qui, en effet, n'avait rien d'un cambrioleur.
- Je suis désolé… J'ai habité ici, je voulais juste voir la maison… je ne pensais pas tomber sur un tel gardien.
- Snow ! Où est Snow ? cria la voix de Mu derrière eux.
La bête à poil entendant la voix de son maître abandonna Shion pour aller vers lui. Il lui sauta simplement dessus pour lui faire une léchouille sur le visage.
- Mu ! Lorcan ! Mais vous allez attrapez froid ! s'écria Shion en voyant les gamins en pyjamas et en chaussons. Venez, dit-il au jeune homme qui regardait étonné l'arrivée de son frère et son ami, vous nous raconterez tout cela au chaud !
- Qu'est ce qui t'arrives mon tout beau ? Pourquoi tu aboie comme ça ? demandait Mu au chien tout en le caressant.
-Viens on rentre, lui annonça Lorcan, Mu n'ayant pas entendu le commentaire de son aîné tout à sa conversation avec son chien.
Ils s'installèrent bientôt dans le salon. Shion enroula les deux jeunes hommes dans une grande couverture et les rapprocha du feu. Snow lui se coucha aux pieds de son maître tout en surveillant le nouvel arrivant.
- Tu cuisine du pain d'épices Shion ? questionna Mu.
- Non pourquoi ?
- Parce que ça sent bon l'anis vert et le miel...
Lorcan détourna le regard amusé.
- Pourquoi tu ris ? voulut savoir Mu en ayant entendu le pouffement de son ami.
- Et bien parce que ce que tu crois être du pain d'épices est un jeune homme, et si j'ai bien compris la situation, c'est Snow qui l'a attrapé. Shion l'a invité à prendre le petit déjeuner avec nous !
- Oh ! fit simplement Mu en rougissant tout en en baissant la tête.
- Vous venez de loin ? demanda Lorcan s'adressant à l'invité surprise
- Je viens de… commença Camus qui s'interrompit à l'arrivée de Shion chargé d'un plateau et de boisson chaude.
- Je vous en prie, continuez, l'invita l'aîné en posant son plateau sur la table basse tout en servant des chocolats chauds pour Mu et Lorcan ainsi qu'un thé pour lui. Thé ou chocolat ? lui proposa-t-il.
- Thé, je veux bien, répondit Camus qui vit Shion mettre la tasse de chocolat dans la main du jeune propriétaire du chien, confirmant ainsi sa première déduction, il était aveugle. Je viens de France. Je m'appelle Camus Aquarion. Je suis arrivé hier soir et je voulais revoir la maison où j'ai grandi… je suis vraiment désolé de ce remue-ménage. Je ne pensais pas gêner qui ce soit en faisant quelques pas dans le jardin… Je savais qu'elle était louée mais je n'ai pas résisté à l'envie d'y venir tout de même.
- Aquarion ? La maison appartient à votre famille alors ?
- Oui, c'était la maison de mes parents… je ne vais pas vous déranger plus longtemps, fit-il en se levant.
Mais Shion tout comme Mu et Lorcan avait perçu la tristesse derrière les paroles qu'il avait prononcées en parlant de ses parents.
- Restez donc avec nous si vous le désirez, proposa alors l'aîné. Lorcan a découvert hier la bibliothèque et je suis certain que vous pourrez le guider dans le choix de ses lectures ! Cela nous permettra de faire connaissance, si j'ai bien compris personne ne vous attend.
- Non mais…
- Alors c'est décidé ! dit Shion en se levant. Bon je prépare de quoi nous faire un petit-déjeuner plus copieux dans la cuisine ! Il est encore tôt et avec tout ça, on a encore rien avalé d'autre que des boissons chaudes !
- Tu fais des croissants ? demanda Lorcan.
- Gourmand ! s'amusa Shion en quittant la pièce.
Camus lui était éberlué, encore debout et ne sachant pas trop que faire.
- Il était sérieux là ? demanda-t-il au deux plus jeunes.
- Mon frère est toujours sérieux! répliqua Mu, donc s'il vous dit de rester, vous restez.
- Vous êtes bizarres, et si je vous volais quelque chose ?
- Voler quelque chose qui vous appartient serait complètement absurde! intervint l'acteur. Au fait, je me présente, je suis Lorcan. Ce charmant jeune homme qui est de mauvaise humeur c'est Mu et le garde du corps c'est Snow.
- Enchanté ! fit Mu. Et je ne suis pas de mauvaise humeur ! Snow on y va !
Le jeune homme se leva. Le chien se mit à son flanc, attendit que son maître lui donne le départ puis le guida docilement.
- Il est de mauvaise humeur redit Lorcan en souriant. Sortir Mu du lit avant dix heures, c'est un Mu grognon à coup sûr ! Tu fais quoi dans la vie ? Désolé, j'n'ai pas l'habitude de vouvoyez les gens qui me sont sympathiques.
Ooo000ooO
Mu se rendit à la cuisine, surprenant son aîné.
- Tu prépares quoi ? demanda le cadet en s'installant sur une chaise.
- Des croissants.
- Qu'est-ce que Dohko t'as dit pour être si inquiet ?
- Et comment tu sais que c'est Dohko ? l'interrogea son aîné.
- Parce que quand il y a quelque chose de sérieux, c'est toujours Dohko.
- Je ne suis pas inquiet, enfin pas encore…. Mais nous verrons cela plus tard tu veux bien ? Nos invités arrivent, je les entends discuter.
En effet Lorcan et Camus arrivaient eux aussi dans la cuisine où se répandait la délicieuse odeur des croissants qui doraient dans le four.
- Pas de souci, nous devons avoir sensiblement le même âge, répondait Camus à Lorcan. Mu, il est…
- Aveugle oui, suite à une agression mais nous espérons que ce soit temporaire, répondit le suédois.
Ils entrèrent quelques minutes plus tard dans la cuisine où Shion avait dressé la table.
- Vous voilà, installez-vous, les croissant sont bientôt prêts ! Pour un français, ils ne seront peut-être pas de super qualité, c'est une pâte toute prête ! ajouta-t-il en souriant à Camus.
- Ça ira parfaitement, ne vous inquiétez pas.
- Et vous faites quoi dans la vie ? demanda encore Shion.
- Je suis étudiant en médecine, en vacances comme vous pouvez le voir.
Ooo000ooO
En début d'après-midi, Mu sortit dans le jardin avec Snow.
- Shion ! C'est plus possible ! fit Lorcan en entrant dans le bureau où il travaillait.
- Qu'est-ce qui n'est plus possible ? demanda l'homme levant le nez de son pc.
- Mu ! T'as vu comme il est triste ? Lorcan prit place sur une des chaises ultra confortable de la pièce, dépité. Je ne sais plus quoi faire Shion...
Dans le jardin Mu trouva une balancelle. Avec précaution et après avoir déblayé la neige, il s'assit dessus et s'autorisa enfin à pleurer, la première fois depuis son accident.
- J'ai si mal Snow...
Le chien, sensible à la peine de son maitre vint poser sa tête sur ses genoux pour tenter de le réconforter à sa manière.
Shion regarda longuement le meilleur ami de son cadet. Il avait l'air tellement désemparé et ça le touchait bien plus qu'il n'aurait pu l'exprimer à haute voix.
- Je sais, j'ai remarqué aussi mais c'est une phase dont nous avaient parlé les médecins si tu te souviens bien. Jusqu'à maintenant, il était en colère, en voulait à la terre entière et à nous par la même occasion. Aujourd'hui, il traverse une toute autre épreuve et il a d'autant plus besoin de notre soutien. Du tien surtout d'ailleurs plus que du mien.
- Et pourquoi ça ?
- Tu es son ami, celui à qui il peut tout dire, celui qui lui prêtera son épaule pour pleurer au besoin. Moi je ne suis que celui qui représente tout ce qui s'oppose à lui pour l'instant. Même si je cède à beaucoup de ses caprices, je maintiens une certaine autorité dont il se passerait volontiers. Je sais que ce n'est pas facile pour toi Lorcan, dit-il en prenant ses mains dans les siennes, mais ne te laisse pas décourager, continue à être toi-même, à le distraire, ou à tenter de le faire. Il doit accepter son état et recommencer à aller de l'avant. C'est à cette condition qu'il pourra réussir à surmonter ce blocage qui l'empêche de retrouver la vue. Techniquement tout marche, m'ont affirmé les médecins et rien ne peut l'empêcher de retrouver toutes ses facultés.
- Shion… murmura le suédois au bord des larmes.
Ce dernier l'attira contre lui pour le réconforter du mieux qu'il pouvait en murmurant :
- Je sais tout ce que tu ressens, je sais que tu te sens impuissant, crois-tu que sous mes airs de faire face à tout, je ne ressente pas la même chose que toi ? Ne l'abandonne pas, ne nous abandonne pas. J'ai autant besoin de toi que lui.
Shion était plus que sincère, la présence de Lorcan était pour lui une bouffée d'air frais quand il désespérait de voir son cadet comme cela. Alors pour rien au monde, il ne voulait le voir aussi abattu qu'en ce moment. Et puis…
Son portable sonna à ce moment l'empêchant de poursuivre ses réflexions plus en avant.
- Excuse-moi, dit-il en répondant et en se dégageant pour le faire. Allo ? Ah Dohko, alors raconte-moi…
Lorcan s'éclipsa discrètement de la pièce pendant qu'il poursuivait sa conversation téléphonique.
Ooo000ooO
En ce début d'après-midi, Camus était dans sa chambre, il cherchait un moyen de remercier Shion de l'avoir accueilli de la sorte le matin. Après tout, il aurait tout aussi bien pu appeler la police. Il repensa au manque de chocolat dont lui avait parlé Lorcan en riant et décida d'aller dès le lendemain à la ville voisine en chercher. Ce serait un bon moyen de retourner là-bas.
Et puis, il voulait y retourner. Lorcan, Mu et lui avait sensiblement le même âge et Lorcan était la joie de vivre, Mu vivait un drame personnel. Sa tristesse, même camouflée, l'avait touché en plein cœur et il voulait trouver un moyen de l'aider. C'était peut-être son côté médecin qui parlait mais Camus ne pouvait s'en empêcher.
Il brancha son ordinateur pour faire des recherches sur Lorcan qu'il était certain d'avoir déjà vu quelque part. Peut-être trouverait-il des informations sur Mu par la même occasion ?
Ooo000ooO
Mu se tournait, bougeait sans cesse dans son lit, le sommeil semblait le fuir. Ce qui était une première, vu que ces temps-ci c'était son passe-temps favoris. Dormir et encore dormir. Mais là, il n'y avait pas moyen.
- C'est bien ma veine ! râla-t-il. Il se redressa, passa un peignoir avant d'enfiler d'épaisses chaussettes ainsi que ses pantoufles. Il se rendit jusqu'à la commode, fit glisser le premier tiroir, prit ce dont il avait besoin et sortit de la pièce avec son garde du corps.
- Chut, murmura-t-il, pas un bruit Snow.
Le chien lui lécha la main comme pour dire qu'il avait compris. Ils se rendirent ensuite à la bibliothèque, là le jeune homme s'installa à une table. Il déballa son matériel qu'il classa selon un certain ordre avant de se mettre au travail.
Flash back
C'était un mois après son accident, Shion était rentré avec un cadeau pour Mu qui le déballa avec plaisir jusqu'à ce qu'il découvre que c'était tout un nécessaire pour aveugle pour écrire des partitions.
- Je suis fini ! J'n'ai pas besoin de tout ça ! Ramène-le au magasin ! avait-il crié, acerbe avant de quitter la pièce.
Mais plus tard dans la journée, quand la maison fut vide, il alla le récupérer le cadeau pour le cacher quelque part.
Fin Flash back
- Merci grand frère ! murmura-t-il tout de même.
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Au petit matin Lorcan se faufila dans la chambre de Shion. Il était à peine six heures, mais ce dernier n'allait sans doute pas tarder à se réveiller et il ne lui en voudrait certainement pas de le faire plus tôt que prévu.
- Shion réveille-toi !
- Mumm ? Lorcan ? Qu'est-ce qu'il se passe ? fit l'endormi.
- C'est Mu !
L'homme se redressa d'un coup
- Calme toi, rien de grave, le rassura aussitôt le suédois, fais pas de bruit, je t'attends dehors, ça vaut le coup, je te le promets !
Une fois couvert, Shion rejoignit Lorcan qui le conduisit dans la demeure. Arrivé devant une porte au rez-de-chaussée Lorcan mit son doigt devant sa bouche rappelant à Shion de se taire. Ce dernier hocha la tête.
Lorcan ouvrit la porte tout doucement et ils entrèrent dans la bibliothèque. Ils découvrirent Mu endormi sur une table d'étude de la pièce. Shion ne comprenait pas trop le contentement de l'acteur jusqu'à ce que ce dernier pointe du doigt une feuille et qu'il découvre une toute nouvelle partition de son petit frère en braille.
Sans qu'il ne puisse rien y faire, des larmes perlèrent aux yeux de l'aîné qui ne résista pas à l'émotion que suscitait chez lui cette découverte. Lorcan, lui, avait attrapé un plaid qui trainait là et l'avait posé sur les épaules de son ami. Le sourire qu'il avait sur les lèvres sembla un peu plus bouleversé encore. Shion se réfugia rapidement à la cuisine pour masquer son trouble. Les événements s'enchainaient trop vite. Les révélations de Dohko hier, l'évolution de Mu maintenant, au moment où il croyait que tout restait encore à faire, ajouté à tout cela le trouble que déclenchait en lui Lorcan, cela faisait un peu trop pour un seul homme.
Il se lança donc dans la préparation d'un petit déjeuner bien garni en attendant que les deux gamins, comme il aimait les appeler, le rejoigne. Lorcan était en train de s'occuper de Snow, il l'entendait discuter avec le chien.
Il sourit en les voyant tous deux dans la neige, le suédois avait sans doute besoin d'exprimer sa joie, aussi était-il en train de jouer avec Snow qui ne se privait pas pour répondre à ses sollicitations. Quand il le rejoignit à la cuisine, son enthousiasme était toujours au beau fixe et il dévora à pleine dent quelques croissants tout juste sorti du four.
- Hé, laisse-en un peu à Mu ! le taquina Shion.
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Camus aussi se réveillait un peu plus tard qu'à son habitude. Il était encore un peu surpris par ce qu'il avait découvert sur internet concernant les deux jeunes locataires de sa maison. Il avait obtenu leurs noms par son oncle.
Lorcan était un acteur de théâtre connu, d'où son impression de l'avoir déjà vu, et Mu était un musicien, lui aussi renommé. Quand à l'aîné, il était une sommité dans sa spécialité. Leur venue dans ce coin reculé était sans doute en relation avec l'agression dont Mu avait fait l'objet et qui l'avait rendu aveugle. Il avait trouvé des articles de presse relatant l'accident.
Cela ne renforçait que plus la volonté de Camus d'aider le jeune homme à affronter cette épreuve.
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Après avoir petit déjeuner prenant soin de laisser quelques croissants pour Mu. Lorcan se rendit à la salle de bain. Il décida de prendre un bain, il en avait grandement besoin pour calmer les battements de son cœur.
C'est qu'il avait reçu beaucoup d'émotions en peu de temps surtout que Shion l'avait pris dans ses bras, lui avait parlé à l'oreille... Et cette foutue sonnerie du téléphone avait tout gâchée ! Lorcan en frappa l'eau de rage. Mais ce matin il l'avait vu dormir, il ne l'avait pas réveillé de suite, et il l'avait trouvé encore plus beau qu'il ne l'était déjà.
Après s'être habillé, il se rendit à la cuisine, il avait envie de préparer à manger.
- Bonjour ! marmonna Mu en entrant dans la cuisine les cheveux tout ébouriffés et les yeux à moitié ouvert.
- Bonjour ! saluèrent les deux autres hommes alors que Snow accaparait toute l'attention de son maitre.
- Mais tu sais, treize heures c'est plus vraiment le matin ! l'informa Lorcan.
Le jeune homme se contenta de hausser les épaules et de prendre place sur une des chaises.
- Bien dormi ? demanda Shion.
- Pas vraiment, Morphée m'a oublié et le marchand de sable a prit la relève très en retard ! Y a quoi au p'tit déj ? Le chocolat est arrivé ?
Mu déjeuna en prenant tout son temps. Shion en profita pour aller travailler un peu vu que Lorcan s'était lancé dans la cuisine.
Le musicien fila se préparer dès son petit déjeuner fini. Ensuite il fit un petit tour dans le jardin avant de revenir à l'intérieur.
C'est là qu'il l'entendit la mélodie de la sonnette de l'entrée. Avec précaution Mu ouvrit la porte, vu qu'il se trouvait juste à coté.
- Bonjour, je...
- Bonjour Camus ! Entrez... Shion, Lorcan ! Camus est là ! hurla-t-il après avoir fermé la porte. Venez, on va au salon, le feu va vous réchauffer.
L'acteur était tellement plongé dans sa préparation qu'il sursauta quand il entendit la sonnette de l'entrée. Il s'apprêtait à aller ouvrir quand il entendit la voix de Mu les informant de l'arrivée de Camus. Il sourit en reportant son attention sur la cuisine.
Camus suivit donc Mu dans le salon et s'installa comme il l'y invitait un des sofas.
- Je vous ai apporté du chocolat, commença le français tandis que Mu s'asseyait dans un des fauteuils qui avait sa préférence visiblement. J'ai cru comprendre que vous en manquiez, dit-il en se levant pour mettre un paquet dans les mains de Mu qui reconnut immédiatement au toucher en l'ouvrant l'emballage si familier des tablettes de chocolats.
- Oh ! Mais je croyais qu'il n'y en avait pas dans le coin ! Lorcan ! Du chocolat !
Le sourire de Mu à cet instant était un vrai bonheur pour Camus qui avait bien espéré que son présent leur permettrait de faire un peu mieux connaissance.
- Lorcan ne mentait pas en disant que vous adoriez ça tout les deux, dit-il.
- Oh ! s'écria ce dernier en entrant, le nectar de toute nourriture ! Enfin…
- Vous n'exagérez pas un peu tous les deux, dit Shion en arrivant à son tour. Bonjour Camus et merci de ce présent, il fait des heureux comme vous pouvez le constater.
- Je voulais encore m'excuser pour hier…
- Oh, laisse tomber ! s'écria Lorcan. Ça nous aura permis de faire connaissance au moins ! Bon je retourne en cuisine moi ! C'est bientôt prêt ! Tu manges avec nous Camus ?
- Je ne voudrais…
- On peut au moins t'inviter à manger en remerciement de ça ! sourit Mu en mettant un morceau de chocolat dans sa bouche. N'est-ce pas Shion ?
- Ça ne me dérange pas du tout, au contraire, avoir un peu de compagnie est toujours agréable. Bon je vais vite finir avant de manger ! dit-il en quittant aussi la pièce laissant ainsi Mu et Camus seuls dans le salon.
- Alors que fais-tu dans la vie ? demanda Mu en passant lui aussi au tutoiement.
- Je fais des études de médecine, j'ai profité des vacances pour revenir ici comme je l'ai dit hier. Vous, vous êtes musicien non ? Vous savez qu'il y a un piano dans une salle au premier étage ? Il a peut-être besoin d'être accordé mais je peux vous y aider au besoin.
Voilà, il s'était lancé attendant maintenant, anxieusement la réaction du jeune homme en face de lui. Soit il avait accepté son handicap et continuait à discuter, soit il réagissait violemment en lui disant de se mêler de ses affaires. Mais au moins, il serait fixé sur son état face à son handicap.
- Non, je ne savais pas, fit Mu en plissant les yeux sur un ton rêche. Mais je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter la maison de fond en comble. Il faut dire qu'elle est très grande. Et pour votre information, je ne joue pas du piano, je n'ai jamais appris.
- Prends ça dans les dents ! Tu crois que tous les musiciens jouent du piano ? pensa le jeune homme.
- Et vous ? Vous avez déjà choisit une spécialité ? reprit Mu en repassant d'instinct au vouvoiement ce qui fit sourire son interlocuteur.
A suivre….
