Réponse aux coms :
Athena0802 : Merci beaucoup et très heureuses que cela continue à te plaire. D'autres personnages vont progressivement s'insérer à l'histoire mais je n'en dévoile pas plus… A bientôt.
Guest : Merci pour ton com et le chapitre 3 dans l'après-midi ! A bientôt.
Chapitre 3
Bureau
Shion raccrocha son téléphone en soupirant. Ainsi il était père depuis dix ans et n'en avait jamais rien su… Comment allait-il annoncer la nouvelle à Mu qui demandait déjà toute son attention ?
Bon, ça attendrait bien demain. Camus n'avait pas besoin d'être mêlé à leurs affaires personnelles même s'il avait l'air tout à faire charmant et sans danger comme le lui avait confirmé Dohko, à qui il avait demandé de vérifier, un peu plus tôt aussi. Depuis l'accident de Mu, il avait tendance à devenir parano s'inquiétant souvent pour un rien.
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De son côté, Lorcan avait un peu attendu dans le couloir en quittant Mu et Camus avant de regagner la cuisine.
- Aie, ça c'était très mal joué ! murmura le Suédois derrière la porte en entendant l'information de Camus.
Lorcan se mordit la lèvre, ferma les yeux en attendant la crise de son ami, qui ne vint pas.
Haussant les épaules il les laissa seul et retourna à sa préparation.
- Ce n'est pas bien d'écouter aux portes, fit Shion qui était venu à la cuisine pour boire un verre d'alcool fort. Mais il ne trouva que du vin, aussi il se s'en servit-il ainsi qu'un autre pour Lorcan qu'il lui tendit.
- Je sais, mais je m'inquiétais. J'ai bien fait d'ailleurs, Camus a mis les pieds dans le plat, il a sauté dedans joyeusement ! fit l'acteur en acceptant le verre. Mais y a quand même une bonne nouvelle. Mu ne l'a, ni mit à la porte, ni hurler dessus, ni casser quoi que soit.
- En effet il y a du progrès, et sa réponse ?
- Sèche mais polie !
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Camus sourit intérieurement à la réaction de Mu. Il avait passé le stade du déni même s'il n'avait pas encore tout à fait accepté la situation. Lorcan lui avait dit qu'ils espéraient que ce soit temporaire, c'est que son traumatisme devait être lié à un choc quelconque et qu'il n'avait pas encore pu passer au-delà. Il répondit :
- Désolé, je ne voulais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas… Sa voix se troubla un peu alors qu'il ajoutait, mais ce piano était celui de ma mère défunte et j'adorais l'entendre jouer pour moi quand je n'étais encore qu'un enfant. C'est très certainement elle qui m'a permis d'aimer et d'apprécier la musique dans son ensemble. Mais malgré ses cours, je n'ai jamais réussi à en jouer aussi bien qu'elle…
Il y eut un petit silence après quoi il reprit d'une voix plus ferme :
- Pour répondre à ta question, je pense me diriger vers la traumatologie, peut-être la neurologie, je ne suis pas encore bien décidé entre ces deux spécialisations. Les deux sont très attractives à vrai dire.
C'est à ce moment que cria Lorcan de la cuisine :
- A table !
Camus se leva et Mu fit de même, Snow le guidant jusqu'à la cuisine.
- Néanmoins, rajouta Camus à ses côtés, j'espère pouvoir t'entendre jouer un jour de tes deux instruments de prédilections. Ce que j'ai pu entendre jusqu'à maintenant est tout simplement extraordinaire.
- Ah vous voilà enfin ! s'écria Lorcan en les voyant entrer, installez-vous, vous m'en direz des nouvelles !
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Une étrange routine c'était installée dans la maison de vacances.
Le matin tout le monde se levait quand il en avait envie, ils déjeunaient ensemble, puis ils se préparaient, ensuite ils sortaient pour visiter le village et les curiosités à voir non loin. Ils mangeaient sur le pouce à l'extérieur, ensuite rentraient tranquillement. Pendant que Shion avançait son travail dans son bureau, Lorcan lisait une œuvre à voix haute alors que Mu lui, soit travaillait sur une partition, soit écoutait son ami. C'est que Lorcan savait faire vivre un texte. De temps à autres Camus passait, n'oubliant jamais d'apporter un chocolat ou une viennoiserie.
- C'est quoi ce sourire idiot sur ton visage ? questionna Lorcan interrompant tout à coup sa lecture.
- Rien de particulier… Je pensais juste à Camus.
- Haha... Raconte !
- Rien je me demande s'il va passer aujourd'hui.
- Il t'intéresse ? voulut savoir l'acteur.
- Il est intéressant, il connaît beaucoup de choses.
- Comme quoi ?
- Deux cents six os composent le corps humain et il sait tous les nommer... répondit Mu espiègle.
Lorcan allait répliquer mais il se tut, c'était la première fois depuis son accident que Mu lui répondait par une pointe d'humour alors qu'avant il le faisait très souvent.
- Très bien, très bien et qu'a-t-il d'autre d'intéressant, Monsieur Pain d'épices ?
- Hey ! Ne l'appelle pas comme ça ! Même s'il sent vraiment bon le pain d'épices ! Le son de sa voix est agréable, j'en aime beaucoup les variations.
- Tu trouves qu'il y a des variations ?
- Oui tout comme dans la tienne, il suffit que tu parles de...
- Ça va ! Ça va j'ai compris ! Foutu musicien avec l'oreille absolue !
Mu rit vite accompagné par son ami, il y avait longtemps qu'ils n'avaient plus rit ainsi tous les deux.
- Alors, tu me racontes le reste de l'histoire ? demanda Mu une fois qu'ils furent calmés.
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Au repas du soir, dans la cuisine
- Ça suffit Shion ! Ton compte est bon ! Y en a marre ! Tu vas nous dire ce qu'il se passe à la fin ? rugit Mu en tapant du poing sur la table faisant sursauter Shion et Lorcan. Ne me regarde pas comme ça grand frère ! Tu crois que l'on n'a pas vu ton manège ? Ça fait plusieurs jours, que ton téléphone n'arrête pas de sonner, qu'à chaque fois que tu raccroche t'es de plus en plus déboussolé ! Raconte-nous ! On va t'aider ! On est ta famille !
- J'attendais qu'il n'y ait plus aucun doute sur ce qui m'arrive et le bon moment pour vous en parler, dit Shion en reprenant un peu de légumes dans le plat. Et surtout je me demandais comment vous annoncer cela… avoua-t-il en regardant les deux plus jeunes en face de lui.
- Mais qu'est-ce qui se passe à la fin ? s'écria Mu.
- Calme-toi Mu et continuons de manger, je vais tâcher de vous expliquer ça le plus simplement du monde.
Fourchettes en l'air, les deux jeunes hommes attendaient la fameuse nouvelle qui perturbait autant l'aîné de Mu. Devant leur air tragi-comique, ce dernier éclata de rire. Un rire nerveux et incontrôlé entraînant peu à peu les deux autres avec lui en tentant de les imiter pour leur montrer tout en essayant de le décrire à Mu.
Il leur fallut bien dix minutes pour retrouver leur sérieux mais cet intermède avait fait un bien fou à Shion qui se lança.
- Tu es tonton Mu, dit-il, d'un garçon de dix ans nommé Kilian.
- Quoi ?! s'écria Lorcan. Mais alors tu es…
- Père oui. Papa quoi, je ne sais pas trop comment réagir à cela surtout que je l'ignorais encore il y a peu. C'est Aïoros qui a été contacté, comme je croyais à un canular, j'ai mis Dohko sur le coup. Au final, après test ADN, il s'agit bien de mon fils. J'en ai eu la confirmation hier.
- Qu'est-ce que tu vas faire ? Pourquoi maintenant ? demanda Mu abasourdi, tout comme Lorcan.
Ce dernier peut-être encore plus que Mu parce qu'enfant, signifiait forcément mère, donc femme et donc danger pour lui.
- Une question à la fois, tu veux bien ? dit Shion en servant le dessert, des crèmes au chocolat- vanille. Pourquoi maintenant ? Tout le monde l'ignore mais sa mère a subitement disparue en le laissant à la garde d'une institution avec le nom de son père biologique, moi. Qui était-elle ? Tu dois t'en souvenir Mu, toi aussi Lorcan, il me semble que tu l'as connu tout au début que tu venais chez nous. Elle s'appelle Hilda, elle est norvégienne il me semble. Elle était étudiante dans la même fac que Dohko et moi. On s'est fréquenté pendant quelques mois, puis, elle a dû retourner chez elle pour des problèmes familiaux si je me souviens bien. On a rapidement perdu le contact et je n'ai jamais plus entendu parler d'elle. D'après ce qu'à pu savoir Dohko, Kilian a été placé dans une institution française, ne me demandez pas pourquoi, on ne le sait pas, à l'âge de quatre ans. Et toujours d'après l'enquête de Dohko, elle a continué à venir le voir régulièrement jusqu'à il y a environ deux ans où elle a demandé à ce qu'on me recherche pour me le confier. Elle n'avait de moi que mon nom, ils ont mis un peu de temps à me retrouver. Elle leur aurait également confié une lettre à mon intention, qui je suppose, explique un peu mieux la situation. Voilà, vous en savez autant que moi maintenant. Reste à savoir ce que je vais faire.
- Shion, quoi que tu décides, on te suivra, fit Mu en cherchant à tâtons la main de son frère qui la glissa dans la sienne.
- Merci… ça me rassure, parce que je ne me sens pas le droit d'abandonner mon fils…
Presque mécaniquement, Shion prépara cafés et boissons chaudes qu'ils avaient pris l'habitude de prendre dans le salon le soir après avoir débarrassé la table. Ils n'avaient rien ajoutés sur le sujet, chacun avait besoin de temps pour assimiler cette nouvelle donne dans la vie de Shion donc, par extension, la leur.
Le feu crépitait dans la cheminée et, Shion avait son regard perdu dans les flammes. Sa décision, il l'avait prise dès qu'il avait été certain que Kilian était bien son fils. Les modalités pratiques étaient actuellement mises en place par Dohko qui comme toujours, avait accepté de se charger de cette délicate affaire pour son ami, les raisons d'Hilda quelles qu'elles soient devaient être solides. Il avait le souvenir d'une jeune fille douce et gentille, absolument pas égoïste au point d'abandonner son enfant. Il soupira, se leva en saluant les plus jeunes.
- Je vais faire un tour dans le jardin avant de me coucher. Passez une bonne nuit et n'oubliez pas que demain on a rendez-vous avec Camus pour aller voir un lac gelé qu'il connaît dans le coin. Bonne nuit !
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Cette nuit-là, Morphée oublia Lorcan. La nouvelle lui avait fait un choc. Il se leva et se promena un peu dans les couloirs. Il fut surpris par Snow qui attrapa un pan de son peignoir et le tira.
- D'accord, d'accord, je te suis ! fit-il en pensant que Mu avait un problème.
Il se retrouva bien vite devant la chambre de ce dernier et quand il ouvrit la porte, Mu était en train de tourner en rond dans sa pièce.
- Il te fiche le tournis ? demanda le suédois au chien qui poussa un soupir.
- Te voilà ! dit simplement Mu quand il entendit la voix de son ami.
- Oui ! Viens on va papoter !
- D'ac, mais sous la couette !
C'est en pouffant que les deux hommes se glissèrent dans le lit de Mu. Snow lui pensant à un jeu sauta lui aussi sur le lit, faisant éclater de rire les deux jeunes hommes. Cela leur prit un certain temps pour le faire descendre, se calmer un peu pour se retrouver dans un silence confortable.
- Tu comprends toi ce qui a pu lui passer par la tête à Hilda ? demanda soudain Mu.
- Non, pas du tout. Tu sais je l'ai toujours dit que c'était une greluche...
- Normal, elle était toujours pendue à l'homme que tu aime.
- Oui, mais bon, je veux dire que même si ça me faisait enrager qu'elle soit en couple avec Shion, c'est vrai qu'elle était plutôt gentille, et que ce n'était pas le genre à faire une vacherie...
- Non, il doit y avoir une raison, le tout est de savoir laquelle.
- Comme tu dis...
Un nouveau silence s'installa, chacun perdu dans ses pensées.
- Mu ? demanda Lorcan au bout d'un moment.
- Oui ?
- A ton avis Killian ressemble à Shion ?
- J' n'en sais rien, j'espère en tout cas ! A ton avis, il va nous détester ?
- Pourquoi tu demandes ça ? Il n'a aucune raison de vous détester !
- Et bien si, il a quand même été placé dans une institution quand c'était encore qu'un tout petit garçon… Et puis il y a deux ans, même sa mère ne venait plus lui rendre visite. Sait-il que c'est sa mère ? Bon même s'il ne le savait pas, c'est le fils de Shion donc il aurait dû deviner tout seul ! Que lui est-il arrivé là-bas ? Est-ce qu'il ...
- Oh là… Je t'arrête tout de suite petit agneau !
- Hé!
- Vous ne saviez pas ! Et je suis sûr qu'en ce moment même Shion fait tout ce qui est en son pouvoir pour le récupérer ! Quand il sera là, on avisera. Une chose à la fois, on ne va pas le perturber plus ce petit !
- T'as raison, Shion doit limite en train de faire une syncope parce que ça ne va pas assez vite !
Les deux hommes se mirent à rire.
- Lorcan aide-moi ! demanda soudain Mu qui sortait du lit.
- A quoi ?
- A préparer un petit sac de voyage, on va aller le chercher !
- On va d'abord le dire à Shion.
Les deux hommes, suivi de Snow quittèrent la chambre de Mu et entrèrent en trombe dans celle de Shion qui sursauta.
- Grand frère, on part quelques jours on va chercher Killian ! Il est hors de question qu'il reste dans cette institution alors que nous sommes sa famille ! Et n'essaye pas de m'en empêcher ! annonça Mu de but en blanc.
- En pleine nuit ? Et notre rendez-vous avec Camus alors ?
- Mais…
- Mais rien du tout ! Filez vous coucher tous les deux ! Je comprends que vous soyez bouleversé par cette nouvelle mais vous feriez plus de mal que de bien.
- Pourquoi ? s'étonna Lorcan.
- Parce que vous croyez que je n'ai pas déjà songé à cette solution ? C'est impossible malheureusement. Les lois françaises sont très strictes en matière de protection de l'enfance. Je ne peux même pas le rencontrer tant que je n'apporte pas la preuve que je suis bel et bien son père biologique.
- Mais alors…
- Alors il faut patienter, on ne peut rien faire d'autre pour le moment. Dohko se rend en France demain pour apporter le résultat des tests. S'ils le veulent bien, je pourrais aller le voir, peut-être même le ramener ici dès que cela sera fait et qu'ils valideront ma paternité. Vous comprenez, j'ai préféré laisser Dohko gérer cela, si cela avait été moi, j'aurais été capable de tout faire pour le ramener coûte que coûte et cela n'aurait sans doute rien arrangé du tout, ça aurait pu tout faire rater…
- Shion… murmura Lorcan en voyant les larmes perlées au coin des yeux du frère de Mu.
D'un seul coup, il réalisa la pression qu'il avait sur les épaules depuis l'accident de Mu, et ça qui venait s'ajouter à tous ses soucis. Il était fort certes, mais tout être humain avait ses limites.
- Ça va aller… je suis juste… tellement fatigué…
- Tu es à bout, compris également Mu en s'approchant de son frère pour le prendre dans ses bras.
Ils restèrent un moment enlacés, Lorcan venant se joindre à leur étreinte. Mais Shion se reprit assez vite leur offrant un sourire.
- Filez au lit tous les deux, on a une excursion demain et on ne peut vraiment rien faire en attendant… j'ai vraiment besoin que vous soyez raisonnables sur ce coup. Au moins pour que moi je le reste, ok ?
C'était une demande d'aide, du moins c'est comme ça que le comprirent les deux plus jeunes.
Les deux hommes sortirent de la pièce et se rendirent dans la chambre du suédois.
- Qu'y a-t-il ? questionna Lorcan alors que son ami s'arrêtait tout net.
- On va le dorloter ?
- Je...
- Juste un massage, pour qu'il se détende un peu. Je sais que c'est dur pour…
- Allez va pour un massage ! Il en a bien besoin !
- Merci ! fit Mu en lui sautant au cou.
Le suédois lui respira de longues bouffées d'air, c'est qu'il avait besoin de reprendre son self-control. Il attrapa son nécessaire de bien-être et ensuite les deux hommes déboulèrent une nouvelle fois dans la chambre de Shion.
- Ne vous ais-je pas dis de...
- Tu tut tut ! le coupa son cadet. Enregistre ton boulot ! Pas de discussion ! Tu vas te laisser faire. Tu es à nous !
Shion se plia à la volonté de son frère qui le tirait déjà par la manche.
Sans trop savoir comment, il se retrouva les cheveux attaché, coucher sur son lit juste vêtu de son caleçon de nuit.
- He mais... protesta l'aîné.
- Aie confiance ! fit Lorcan. Tiens Mu !
- Merci, je m'occupe des jambes ! Allez grand frère, couche-toi sur le ventre !
- Ça risque d'être un peu froid, le prévint le suédois en mettant de l'huile sur le dos de Shion qui se crispa un peu. Mais les mains chaudes de Lorcan se posèrent sur sa peau et entamèrent un massage, déliant un à un les muscles du dos de Shion tandis que Mu lui s'occupait de ses jambes.
Heureusement pour Lorcan que Shion ne pouvait pas voir son visage, car en cet instant, il était aussi rouge vif qu'une pivoine.
Tout en Shion n'était que perfection, il avait tout pour lui, un regard rose hypnotique, de longs cheveux verts plus que soyeux, un physique à en faire pâlir tous les tops modèles masculins. Un charisme naturel, une gentillesse innée… Lorcan se donna des baffes mentales, il devait le détendre, pas fantasmer sur lui, enfin pas trop, enfin beaucoup mais pas là qu'il était occupé sinon il risquait de déraper.
Il fallut deux heures aux jeunes hommes pour que Shion s'endorme sous leur traitement. Ils le recouvrèrent d'une couette bien chaude avant de se retirer et de le laisser profiter d'un sommeil réparateur.
- Merci ! dit Mu une fois dans le couloir.
- Pas de quoi ! répondit Lorcan avec un grand sourire.
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Paris, cour des affaires familiales
Dohko et Aldébaran arrivaient au tribunal. C'était maintenant que tout allait se jouer.
Si Dohko lui était un homme d'affaire très doué pour détecter n'importe quelle faille dans un contrat ou dans un dossier, il n'était pas un homme de loi. Il avait dû faire appel à son avocat pour aller devant le juge. Son choix se portait toujours sur Aldébaran, l'homme était fiable, très doué dans son domaine. Il avait fait appel à lui pour une affaire interne et depuis, il lui avait proposé un poste définitif pour son entreprise ainsi que pour ses affaires personnelles (celles de Shion étant comme les siennes, elles s'incluaient dedans). Cela faisait maintenant quatre ans qu'ils travaillaient ensemble.
L'audience débuta, ils devaient d'abord parler des tests ADN.
- Nous vous présentons les résultats officiels, prouvant que mon client est bien le père biologique de...
- Objection ! On ne sait pas comment on été récolté ces échantillons, ni qui à procédé aux prélèvements, intervint l'avocat de la partie adverse.
Dohko lui, dans la salle se retint de crier. Il ne devait pas intervenir, aussi il se contenta de ronger un ongle et attendit de voir la suite.
- Maître Solo soulève une bonne question. Pouvez vous nous dire comment et qui à traiter ses échantillons ?
- Bien entendus. Nous avons fait appel à la police scientifique. Le commandant Saga Gemini à envoyer son équipe, composée de lieutenant Shura et lieutenant Milo au domicile du père biologique de l'enfant pour récolter les échantillons. La porte d'entrée a été ouverte par le meilleur ami de monsieur Ariès, sous la surveillance du chef de la police monsieur Orphéus. Les analyses ont été faites par les laboratoires de la police scientifique et les tests ont été faits par monsieur Deathmask...
L'audience dura des heures à coups de témoignages, de contre-témoignages et d'objections. Le combat dura jusqu'au coup de marteau final rendant enfin la décision du juge.
- Shion, j'ai de bonnes nouvelles pour toi ! Rappelle-moi vite ! laissa Dohko sur la messagerie de son ami en sortant du tribunal.
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Sibérie
La ballade au lac gelé que voulait absolument leur faire découvrir Camus se passa pour le mieux. Shion, pour la première fois depuis prés de deux semaines que sa paternité lui était tombée dessus, était détendu. Du moins autant qu'il pouvait l'être dans une telle situation. Et il savait que le traitement des gamins la veille au soir n'y était pas étranger. Il sourit en admirant le magnifique paysage que leur avait fait découvrir le français. Le lac s'étendait sur des kilomètres totalement gelé à cette époque de l'année.
- Tu es sur qu'on peut y marcher sans risque, demandait Lorcan en regardant Mu guidé par Snow s'avancer prudemment sur la glace.
- Oui, répondit Camus, il ne faut pas aller au milieu, là où la glace est plus fragile, mais ici au bord, on ne risque rien.
Il restait aux côtés de Mu, comme prêt à le rattraper s'il glissait sur la glace. Shion n'avait pu s'empêcher de remarquer que sa présence semblait apaiser son cadet. Mu avait besoin de Lorcan mais avec Camus c'était différent. Comme si le fait que le français ne se préoccupe pas plus que ça de son handicap l'aidait à aller mieux et à faire face. Il n'y avait qu'à voir quand il avait proposé cette ballade. Mu avait d'abord rechigné, disant qu'il était incapable de toute façon de profiter d'un tel spectacle et Camus lui avait répliqué :
- Simplement parce que tu refuses de le voir. La vue n'est qu'un de nos cinq sens. Un tel paysage, il suffit de fermer les yeux, de se laisser bercer, par la brise et l'immensité de la nature. Le chant des oiseaux, la neige tombant des arbres, tout cela il te suffit de l'entendre, de le sentir pour le voir même sans tes yeux.
Et il avait raison, Mu semblait apprécier cette ballade, Lorcan lui décrivait les alentours, avec Camus qui une main sous son bras, lui faisait ressentir toute la beauté du lieu. Même Snow semblait profiter de la beauté du paysage.
Quand ils reprirent la voiture vers le village, ils se sentaient tous bien. Comme si cette promenade n'avait pu mieux tomber. Camus avait bien senti que quelque chose perturbait ses nouveaux amis et il était content que sa proposition ait permis à chacun de se sentir un peu mieux à défaut de bien.
Rentrés à la villa, Shion prépara un chocolat chaud pour tout le monde ainsi qu'un bon goûter qu'ils prirent au chaud dans la cuisine.
- Merci Camus, ça nous a fait vraiment du bien à tous.
- De rien, ça m'a fait plaisir, vraiment plaisir…
- Pourquoi tu ne viendrais pas t'installer ici ? proposa Shion. Tu connais la maison mieux que nous et ton aide serait la bienvenue.
- Je ne veux pas vous déranger sans oublier que mes vacances se termineront d'ici une dizaine de jours.
- Alors fais-nous plaisir en venant t'installer ici, insista Mu en rougissant légèrement.
- On dirait que tu as un message Shion, fit Lorcan alors qu'il poussait son téléphone pour faire de la place au goûter.
L'aîné jeta un coup d'œil et se précipita hors de la pièce, son portable à la main. Il revint quelques minutes plus tard en annonçant à la cantonade :
- Kilian sera là avec Dohko dès demain, ils ont reconnus ma paternité et j'en ai la garde…
Il souriait et pourtant des larmes coulaient sur son visage.
- Et on n'a rien de prêt pour le recevoir, ajouta-t-il plongeant Camus dans la perplexité le plus totale.
Qui était donc ce Kilian ? Et devait-il ou non emménager ici pour le reste de ses vacances ?
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- Camus attend ! l'interpella Mu alors que ce dernier passait par la porte pour rentrer à son isba.
- Oui ?
Mu lui attrapa les mains l'entrainant l'entraîna dans le jardin.
- Tu reviens après n'est-ce pas ?
- Pourquoi me demandes-tu cela ?
- Tu n'as pas répondu à notre invitation et tes silences étaient plutôt éloquents.
- Eloquents à quel point ?
- Au point que tu ne sais pas si accepter ou non, que tu ne comprends rien à ce qu'il s'est passé tout à l'heure.
- En effet, approuva le jeune homme.
- Pour faire un résumé simple Killian est le fils de mon frère. Mais nous n'avons appris son existence qu'il y a quelques jours à peine alors qu'il a déjà dix ans. En ce qui concerne notre invitation, je t'en prie accepte.
- Pour quelle raison devrais-je accepter ?
- Parce que c'est ta maison et c'est pour être ici que tu as fait le voyage. Aussi parce que tu m'as dit qu'il y avait un piano ici que je ne l'ai toujours pas trouvé...
- Tu m'as pourtant dit que tu ne savais pas en jouer...
- C'est vrai, mais je peux toujours y remédier...
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- Regarde-moi ces tourtereaux, et ils ne s'en rendent même pas compte ! fit Lorcan en les observant de la maison.
- Ils finiront bien par s'en rendre compte...
- Avant ou après que Camus retournes en France ?
- Ça, il n'y a qu'eux pour le découvrir ! Et toi ?
- Quoi moi ?
- Personne n'attend ton retour ? précisa Shion.
- Si mon manager, il va sans doute me donner quatre tonnes de scripts pour je ne sais combien de pièces et...
- Pas dans ce sens là Lorcan, dit Shion.
- Non, il n'y a personne. Et toi ?
- Non, il n'y a plus eu personne de sérieux depuis bien longtemps… et personne tout court depuis l'accident de Mu.
- Il y a eu quelqu'un un jour alors ?
- Oui… disons qu'une fois j'y ai cru mais c'était une erreur… Mais dis-moi, on ne parlait pas de toi là ? le taquina le plus vieux. Depuis le temps que je te connais, je ne t'ai jamais connu vraiment personne de sérieux non plus il me semble.
- Oh, il y a bien quelqu'un, murmura Lorcan en se détournant. Alors on prépare quelle chambre pour Kilian ? Et pour Camus ? Il faut peut-être s'y mettre non ? demanda-t-il pour détourner la conversation de ce terrain dangereux pour lui.
Shion fronça les sourcils devant cette réponse quelque peu évasive. Il se promit d'essayer d'en savoir plus à un autre moment. Il avait déjà surpris un air profondément triste chez Lorcan quand celui-ci ne se savait pas observé. Peut-être pourrait-il l'aider. C'est qu'il était comme son petit frère maintenant lui aussi. Enfin pas tout à fait… Il y avait autre chose qu'il n'arrivait pas encore à définir… Mais en attendant…
- Essayons d'en trouver une qui soit prés de la mienne pour Kilian, quand à Camus…
- Près de celle de Mu ! finit le suédois en souriant.
Ils finirent par trouver une parfaite pour Kilian qui communiquait avec une autre petite pièce qui pourrait servir de salle de jeu éventuellement avec quelques aménagements. Pour celle de Camus, ils la choisirent en face de celle de Mu, celle de Lorcan étant voisine aussi.
Satisfaits, ils commencèrent les aménagements quand Mu les rejoignit, attiré par le bruit qu'il faisait après que Camus fût parti :
- Oh, vous êtes déjà en train de préparer la venue Kilian ? demanda-t-il.
- Oui et celle de Camus aussi !
- On devrait peut-être acheter des jouets non ? fit Shion.
- Peut-être qu'il y en a déjà ici, on demandera à Camus tout à l'heure. Je l'ai convaincu d'aller chercher ses affaires, sourit Mu.
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Camus s'attarda un peu à l'isba. Il se demandait s'il faisait le bon choix, si cela allait vraiment aider Mu qu'il vive avec eux. Et puis, ne se mettrait-il pas en danger ? Il ne pouvait pas se cacher plus longtemps qu'il avait de plus en plus envie d'être auprès de Mu. Et pas seulement pour lui venir en aide…
A suivre…
