Réponse aux coms (Merci de laisser avec votre com un pseudo, c'est plus facile pour vous répondre) :

Athéna0802 : Merci beaucoup pour tes coms et ton soutien, la suite ci-dessous, j'espère qu'elle te plaira aussi ! A bientôt.

Guest : Merci beaucoup, voici donc la suite et l'arrivée de Dohko et Kilian, j'espère que l'évolution de tout ce petit monde sera à la hauteur de tes attentes ! A bientôt.

Chapitre 4

France, banlieue de Paris

Suivant les directives qu'on lui avait données, Kilian avait rassemblés ses maigres propriétés dans une petite valise et attendait patiemment qu'on vienne le chercher. Enfin, il allait quitter cet endroit ! Est-ce que son père allait venir le chercher comme lui avait promis sa mère il y a deux ans, la dernière fois qu'elle lui avait rendu visite ? Allait-il l'accepter ou lui aussi le rejeter ?

Quand il vit entrer la directrice accompagnée d'un homme, il se crispa. Il avait l'air d'être sûr de lui. Lentement l'homme s'approcha de lui et s'accroupit pour lui sourire. Un sourire chaleureux qui fit chaud au cœur de l'enfant abandonné depuis si longtemps :

- Bonjour Kilian, je me nomme Dohko et je suis le meilleur ami de ton papa. Si tu veux bien m'accompagner, je vais t'emmener auprès de lui. Il t'attend avec impatience maintenant.

Kilian regarda l'homme droit dans les yeux, il ne savait pas trop quoi faire, suivre cet inconnu ou non. D'un côté partir de ce lieu il voulait le faire au plus vite, mais partir avec un inconnu… Dohko perçut le malaise de l'enfant aussi il sortit une photo de son portefeuille et la tendit à Kilian, un cliché de lui et Shion à l'obtention de leur diplôme.

- Tiens regarde.

L'enfant accepta le cliché, le regarda. C'était bien son père sur le papier glacé ! Sa mère lui montrait très souvent des photos de lui, il avait lui-même un cliché encadré dans sa petite valise.

- Pourquoi c'n'est pas lui qui est venu ? demanda Kilian en lui rendant la photo.

- Parce qu'il est parti vivre à l'étranger il y a quelques temps. On va le rejoindre là-bas, je t'explique tout durant le voyage. Ça te va ?

- Où à l'étranger ? demanda encore l'enfant.

Dohko se pencha et lui souffla à l'oreille tel un secret.

- En Sibérie.

- Oh ! D'accord je viens !

Kilian attrapa d'une main sa valise et de l'autre celle de Dohko. Ce dernier le soulagea de sa petite valise et ils se mirent en route sous le regard attendri de la directrice.

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Sibérie

Shion se rendit dans le jardin et retrouva Mu qui était assis sur la balançoire qu'il avait trouvé quelques jours plus tôt.

- Tu peux me dire de qui Lorcan est amoureux ? demanda Shion de but en blanc.

Heureusement que Mu était assis, il ne s'attendait pas du tout à cette question.

- Pardon ? fut la seule chose qui sorti des lèvres du musicien.

- On a un peu papoté, enfin dans les grandes lignes... fit l'aîné en prenant place aux cotés de son frère. Et il est resté très évasif.

- Et ça a le don d'asticoter ta curiosité, finit Mu connaissant bien son frère.

Celui-ci ne répondit rien, Mu avait simplement mit dans le mille.

- Alors ? insista Shion.

- Amour à sens unique.

- A...quoi ? Attends, s'est-il au moins déclaré ? Et depuis combien de temps ça dure ?

- Ça dure depuis quelques mois après son arrivée en Grèce. Il ne s'est pas déclaré parce que son amour est hétéro, du moins c'est ce qu'il pense. Je lui ai pourtant dit qu'il était bi mais Lorcan ne me crois pas.

- Tu connais ce type ? s'énerva le plus vieux.

Mu se contenta de sourire, si la situation était comique, lui n'avait pas du tout envie de rire.

- Oui très bien même.

- Qui est-il ? Comment peut-il laisser un superbe jeune homme ainsi ?

- Je te l'ai dit, il ne sait rien. Lorcan n'a jamais rien dit ou fait quoi que se soit pour ne serais-ce que lui mettre la puce à l'oreille.

- C'est qui Mu, dis-le moi...

- D'après les mots de Lorcan lui-même, c'est une étoile belle et mystérieuse qui brille de toute part totalement hors de sa portée. Superbe jeune homme ?

- De quoi ?

- Tu viens de qualifier Lorcan de superbe jeune homme.

- Je ne suis pas... Shion se mordit la lèvre.

- Aveugle, finit Mu avec une pointe de tristesse dans la voix. Je sais, tu ne l'es pas, du moins pas avec tes yeux. Camus n'est pas loin ! fit Mu en se levant.

- Qu'insinues-tu petit frère ? questionna Shion en attrapant le poignet de son cadet.

- Qu'il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ! répondit Mu avec un petit sourire. Je vais rejoindre notre invité.

Mu partit en laissant en plan son aîné et retourna dans la maison où il retrouva Camus et Lorcan en grande discussion dans le salon.

- Tu es là ! l'accueillit Mu.

- Je suis là, répondit Camus avec un petit sourire.

- Viens on va te montrer ta chambre ! dit Mu en cherchant sa main, celui-ci la lui donna et ils partirent dans les couloirs.

Lorcan lui sortit, retrouva Shion et lui posa un manteau sur les épaules.

- Ce n'est pas le moment d'attraper froid ! fit l'acteur en s'asseyant aux cotés de Shion.

- Tu as raison ! répondit l'homme en enfilant complètement l'habit. Il était tellement préoccupé qu'il était sorti sans mettre son manteau. Que fais-tu là ?

- Camus est arrivé et je suis largement de trop ! Quand ils sont tous les deux, ils s'enferment dans une bulle.

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Quelque part dans le ciel entre la France et la Sibérie

- Donc, j'ai aussi un oncle qui s'appelle Mu qui est musicien. C'est parce qu'il a eu un accident, qu'ils sont partis vivre loin. Et Lorcan, le meilleur ami de Mu, est parti avec eux, récapitula Kilian alors qu'ils étaient dans le jet privé qui le conduisait vers ce père qu'il avait si longtemps attendu.

- C'est ça.

- Pourquoi si loin ? Et il a quoi pour vouloir partir si loin ? Ils font quoi comme métier ?

Dohko sourit devant la curiosité de l'enfant, c'était plutôt bon signe.

- Et bien Lorcan est un acteur de théâtre connu sous le pseudonyme d'Aphrodite. Mu est un auteur compositeur de musique d'un instrument chinois et Shion ton père est…

- Traducteur de texte de langues mortes. Je sais, maman me l'a dit.

- C'est cela ! Pourquoi si loin, Mu avait besoin de repos et de changer d'air après son accident. Alors il a cherché un endroit où il pouvait s'entendre penser.

Kilian se mit à rire sous la réflexion, lui aussi il aurait bien voulu être dans un endroit comme celui-là à certains moments.

- En faisant des recherches avec l'aide de Lorcan ils ont trouvé ce lieu et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, ils y ont emménagé.

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Sibérie

Shion avait décidé d'accueillir Camus comme il se doit aussi s'était-il mis aux fourneaux dès la fin d'après-midi pour préparer un repas digne de ce nom pour un français. Il avait aussi prévu de faire des gâteaux pour l'arrivée de Kilian demain dans la matinée, lui avait confirmé Dohko un peu plus tôt par SMS. Il avait longuement hésité à appeler pour entendre la voix de son fils mais avait finalement renoncé. Après tout Kilian devait déjà être chamboulé par tout ce changement alors il pouvait bien patienter encore un peu. Par contre il ne résista pas à demander à Dohko une photo que ce dernier lui avait bien volontiers envoyer alors que le petit garçon, fatigué, s'était endormi dans le jet de son ami qui les conduisait à l'aéroport le plus proche du village.

Shion avait malgré lui sentit les larmes couler le long de ses joues alors qu'il contemplait la photo de ce garçon qui était le sien. C'est ainsi que le trouva Lorcan qui revenait des chambres où il avait, suivant les indications de Camus, trouvé quelques jouets d'enfants dans des cartons.

- Mais qu'est-ce qui t'arrive ? s'écria-t-il en se précipitant vers l'homme de son cœur.

- Lorcan… regarde, comme il est mignon, fit-il en lui tendant son portable couvert de la farine qu'il avait sur les mains.

Le suédois comprit alors que ces larmes étaient des larmes de joies, Shion découvrait une photo en temps réel de son fils. Bien sûr, il en avait vu d'autres mais plus anciennes et bien moins attendrissante que celle-ci, il devait bien l'avouer.

- Tu as raison, il a l'air adorable comme ça. Tu as un peu de temps ? Camus a retrouvé des cartons de jouets en attendant qu'on en achète.

- J'arrive, je me passe les mains à l'eau.

- T'es en train de faire quoi là ?

- Des cookies et des sablés pour demain. Je voulais qu'il y ait des gâteaux fait maison à son arrivée. J'en faisais autrefois quand Mu était encore petit mais j'ai perdu un peu la main je crois…

- Je t'aide après si tu veux !

- Ça marche ! Et tu m'en diras un peu plus sur toi par la même occasion, pensa-t-il

Ils retrouvèrent Mu et Camus dans une chambre qu'ils n'avaient pas encore explorée où le français avait ouvert un certain nombre de cartons entassés dans un coin. Mu et lui semblait s'amuser comme des fous à découvrir ou redécouvrir des jeux qu'ils avaient oubliés depuis bien longtemps tous deux.

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Il était déjà l'heure du repas quand le jet de Dohko atterrit sur le tarmac de l'aéroport de la petite ville de Sibérie qui desservait le village. En descendant les marches de l'avion, le PDG se rendit compte que les vêtements de l'enfant n'étaient pas du tout adaptés au dur climat de ce pays du bout du monde en cette saison d'hiver. Il demanda une couverture à un des membres d'équipage de son jet qu'il posa sur les épaules de Kilian qui le remercia d'un sourire :

- On va passer t'acheter quelques vêtements pour demain, lui dit Dohko, en attendant que tu puisses aller faire de plus amples courses avec ton papa.

- Ce n'est pas la peine, je vous assure, répondit l'enfant qui eut soudain peur que l'argent ne soit un facteur qui risquait de le faire rejeter. Il avait souvent entendu parler les autres enfants entres eux qui disaient que les gens n'avaient pas assez d'argent pour adopter des enfants parce que les enfants, ça coûtait cher. C'est encore loin ? demanda-t-il en espérant qu'on ne parlerait plus d'achats.

- Trop loin pour qu'on y aille ce soir, nous prendrons la route demain matin mais ce soir nous dormirons à l'hôtel tous les deux, ok ? répondit Dohko sentant que l'enfant s'effrayait au mot achat. Il trouverait un autre moyen de lui procurer des vêtements plus chauds ainsi que de lui expliqué que Shion ou lui-même avait largement les moyens de subvenir à ses besoins.

- Ok.

- On y sera en fin de matinée si on ne part pas trop tard.

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Camus était resté avec Mu pour trier quelques cartons pendant que Shion et Lorcan retournaient en cuisine.

S'il avait quelque peu douté du bien fondé de sa venue ici, le français devait reconnaître que partir à la chasse aux trésors cachés de la maison de son enfance avec Mu était des plus passionnants. Non seulement Mu s'était pris au jeu, il semblait même y trouver un certain réconfort alors qu'il devinait simplement au toucher le contenu des cartons qu'ils ouvraient ensemble. Mais en plus, il passait un très bon moment avec le jeune homme en lui racontant des anecdotes sur son enfance dans cette maison. Voir Mu rire à ses histoires le mettait en joie même s'il ne le montrait pas ouvertement comme lui. Camus avait des origines où l'on n'exprimait pas aussi librement ses émotions et voir Mu, Lorcan ou même Shion ne pas avoir ce genre de barrières lui faisait un bien fou. Avec eux, pas de faux semblant.

- Je suis content que tu sois venu, lui dit Mu tout à coup.

- Et je suis content de ne pas avoir renoncé, répondit-il en posant sa main sur la joue du jeune homme. Te voir rire est une chose magnifique.

Il y eut comme un instant de flottement entre eux jusqu'à ce que Snow, surement inquiet de ne plus les entendre, pousse un petit gémissement plaintif. Camus retira sa main et sourit en disant :

- On continue ?

- On continue, confirma Mu.

Dans la cuisine, Shion tentait bien d'essayer d'en apprendre plus sur Lorcan tout en finissant la préparation des gâteaux et du repas du soir, mais ce dernier restait trop fuyant, ou plutôt il était trop préoccupé par la venue prochaine de Kilian pour s'en rendre vraiment compte.

Néanmoins les derniers mots de son cadet le poursuivaient et foi de Shion, il en trouverait la signification dès qu'il aurait la tête un peu plus reposée.

La soirée était déjà bien avancée. Lorcan était partit lire dans sa chambre et Shion lui était partit s'enfermer dans son bureau afin de finir au plus vite sa traduction, clôturant ainsi son dossier. Il pourrait profiter ensuite de tout son temps pour apprendre à connaître son fils.

Seul Mu et Camus étaient restés au salon profitant encore de la chaleur du feu.

- Camus ?

- Oui ?

- Je sais que ça va te paraître bizarre comme demande mais...

- Que veux-tu me demander Mu ? demanda le français en s'approchant un peu plus du jeune homme un peu inquiet par l'intonation utilisée par ce dernier.

- Est-ce que je peux te regarder ? demanda-t-il d'une petite voix.

Après la discussion avec son frère, il s'était rendu compte qu'il ne savait pas du tout à quoi ressemblait son nouvel ami. Et faire cette demande avait quelque chose d'assez intime, surtout qu'il n'avait même pas demandé à Lorcan ou à son frère de décrire comment il était physiquement.

Camus sembla un peu surpris par la question, aussi il prit les mains de Mu et les posa sur ses épaules.

- Je t'en prie... l'invita le français.

Mu fit glisser ses main sur le cou de Camus se dernier ne put réprimer un petit frisson.

- Désolé si je te chatouille, s'excusa Mu.

- Y a pas de mal.

Mu fit glisser ses doigts le long de la mâchoire de Camus avant de remonter vers les joues et ses fossettes. Il dessina ensuite la ligne de son front, pour glisser le long de l'arête du nez et ensuite les doigts glissaient sur les lèvres du français, qui frissonna une nouvelle fois. Tout en Mu n'était que douceur. Puis les doigts de ce dernier se perdirent dans sa chevelure. Camus du se mordre l'intérieure de la joue pour ne pas gémir.

- Tu portes les cheveux longs... remarqua simplement Mu.

- Tout comme toi !

- C'est vrai, tu les as de quelle couleur ? Et tes yeux ?

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Quand ils entrèrent dans la chambre d'hôtel que l'homme d'affaire avait réservé pour la nuit, Kilian et Dohko furent surpris de voir quelques cadeaux posés joliment sur la table de leur suite. Dohko s'en approcha et lut l'étiquette.

- Kilian.

- Oui ? demanda l'enfant tout en regardant la décoration de la luxueuse chambre.

- C'est pour toi ! précisa Dohko.

- Pour moi ? Mais...

- Il y a ton nom écrit sur tous les paquets.

Prudemment l'enfant se dirigea vers la table et constata qu'effectivement tous les paquets portaient son prénom.

- Vas-y ouvre ! l'encouragea Dohko. Kilian ne se fit pas prier et déballa tous les cadeaux alors que Dohko prenait des photos.

- C'est un manteau tout doux et tout chaud… et des habits tout chauds aussi ! Et même des bottes rembourrées ! s'émerveilla Kilian qui n'avait plus vu autant de belles choses en même temps depuis le départ de sa mère.

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Le lendemain matin

Camus fut le premier à se lever. Il commença à préparer le petit-déjeuner, veillant à essayer de penser à tout ce que ses hôtes pourraient avoir besoin. Tout en s'affairant dans la cuisine et en fouillant pas mal pour trouver ce dont il avait besoin, il repensa à sa soirée avec Mu. Le jeune homme s'était montré des plus agréables. Si leur relation avait quelque peu mal commencé, visiblement c'était déjà du passé pour le musicien. Par Lorcan, Camus savait qu'il avait recommencé à travailler sa musique, restait à lui faire accepter d'en jouer à nouveau. Le français ne voulait pas brûler les étapes, après tout les résultats étaient au-delà de ses espérances mais les jours passaient vite et bientôt il lui faudrait regagner la France alors que Mu, lui, resterait ici.

Au-delà de l'intérêt professionnel qui l'avait tout d'abord attiré chez le jeune aveugle, c'était maintenant tout autre chose qui avait grandi dans son cœur au fil du temps passé avec lui. Et il était presque certain qu'il comptait aussi un peu plus qu'un ami pour le musicien. Leur séparation risquait de lui faire très mal à lui aussi mais il ne pouvait pas différer son retour, son année était importante. Tout ce qu'il espérait, c'était pouvoir revoir rapidement le jeune homme si ce dernier acceptait de le revoir. Mais à moins qu'il n'accepte de venir à Paris, il ne pourrait, de son côté, pas revenir avant le printemps. Et on allait fêter noël dans quelques jours.

Il se sentait tiraillé pour la première fois de sa vie et avait peur de faire régresser Mu en le quittant trop rapidement. Il en était là de ses réflexions quand la porte de la cuisine fut poussée par un Lorcan échevelé qui le salua.

- Déjà debout ? Où est Shion ?

- Pas encore vu, mais il a dû travailler très tard hier soir, sa lumière était encore allumée quand Mu et moi sommes allé nous coucher.

- Je sais, j'ai également vu qu'il ne dormait pas encore cette nuit quand je me suis levé… C'est tellement rare qu'il ne soit pas levé avant moi…

- Laissons-le récupérer un peu et Mu ?

- Oh Mu est un lève tard depuis son accident.

- Ce n'était pas le cas avant ?

- Non, il était plutôt comme Shion, très matinal.

- Et toi ?

- Quoi moi ?

- Plutôt lève tôt ou lève tard ?

- Plutôt tard mais pour ma défense, je suis souvent sur scène le soir en temps normal.

- Salut vous deux ! Désolé, je ne me suis pas réveillé, dit Shion en entrant. C'est toi qui as préparé tout ça Camus ? Merci beaucoup !

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Kilian avait revêtu ses vêtements tout neufs, il souriait alors que la voiture filait sur la route. Le paysage était vraiment magnifique et il était certain de ne pas avoir froid maintenant. Il avait précieusement gardé le petit mot accompagnant les cadeaux :

« Pour que tu ais bien chaud, je t'attends à la maison. Papa »

Quand le village surgit au détour de la route, il resta émerveillé. Ça ressemblait presque au village du Père Noel que l'on voyait dans les contes. Bien entendu, il savait que ce dernier n'existait pas mais c'était quand même magnifique.

- On est presque arrivé, lui confia Dohko. La maison est tout au bout du village. Ça va aller ou tu veux faire une petite pause avant ?

- Ça va aller…

- Voilà, c'est là…

Dohko klaxonna pour qu'on lui ouvre le portail et bientôt Kilian vit apparaître son père sur le pas de la porte qui courrait vers la voiture. Il ouvrit la portière, sauta à terre alors que le portail s'ouvrait automatiquement et lui aussi courut vers son papa.

Ils s'arrêtèrent tous deux à quelques mètres l'un de l'autre pour se regarder et Shion ouvrit les bras en murmurant :

- Bienvenu chez toi mon fils…

Il n'en fallut pas plus à Kilian pour se jeter dans les bras de son père tout en pleurant à chaudes larmes.

- Je t'ai tellement attendu ! sanglota l'enfant.

- Pardon d'être si en retard.

- C' n'est pas grave, maman m'a dit que tu ne savais pas. Et maintenant tu es là.

Kilian se décrocha un peu de l'étreinte et toucha le visage de Shion comme pour s'assurer qu'il était bien réel en chair et en os.

- Je suis bien là, confirma Shion. Ça te dit de prendre une collation ?

L'enfant hocha la tête, ne lâchant pas pour autant son père. Shion le garda contre lui. Il se redressa et rencontra le regard de son ami.

- Merci, lut Dohko sur les lèvres de Shion.

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- Snow calme-toi un peu ! râla Lorcan que le chien avait failli le faire tomber une fois de plus.

- Allez va ! ordonna Mu qui lui aussi commençait à s'impatienter.

Il n'en fallut pas plus à Snow pour sortir tel un boulet de canon. Il courut, quand il aperçut Shion lui sauta dessus les faisant tomber dans la neige lui et Kilian.

- Snow ! râla Shion.

Mais Snow n'en avait que faire des remontrances, il mit sa truffe dans le cou de l'enfant le renifla et lui lécha le visage faisant rire aux éclats Kilian.

- Vous avez un chien ! rigola-t-il de plus belle alors que Snow continuait son lavage de bouille.

-Pourquoi je n'ai pas eu un tel accueil ? taquina Camus en observant la scène de la maison.

- Parce que toi t'es un grand ! rétorqua Mu de la même façon.

- Ils arrivent! fit Lorcan en entendant la porte d'entrée.

Les trois hommes se levèrent. Snow arriva et se mit aux pieds de son maître. La porte s'ouvrit enfin sur Dohko.

- Bonjour tout le monde ! salua le PDG

- Bonjour ! firent les trois autres d'une même voix.

- Allez viens, entre, n'ais pas peur, il n'y a que la famille, encouragea Shion qui avait posé son fils à terre pour le déshabiller.

Mu avança, Snow le guidant, il se posa devant Shion. Ce dernier hissa une nouvelle fois Kilian dans ses bras.

- Kilian je te présente mon petit frère et ton oncle Mu. C'est aussi le maître de Snow.

- Bonjour Kilian. Comment vas-tu ? Tu as fais bon voyage ? Tu as faim ?

- Bonjour ! Kilian prit les mains de son oncle et les mit sur son visage, comprenant instantanément ce qui arrivait à Mu. Ça va bien ! J'ai fait un voyage dans le jet privé de Dohko. On avait la place pour nous tout seul ! Et puis on a dormi dans un hôtel, il y avait des anges partout sur le plafond et j'ai dormi dans un énorme lit ! Et oui j'ai faim en plus ça sent bon !

Pendant que Camus faisait connaissance avec Dohko, Kilian lui, posait tout un tas de question à Mu et Lorcan sur leur métier respectif, tout en caressant Snow qui restait en permanence près de Mu.

- Il est magnifique, commenta encore Kilian, comment tu as dit qu'il s'appelait ?

- Snow, il s'appelle Snow.

- Ça lui va bien !

Camus ne tarda pas à les rejoindre et Dohko se rapprocha de son ami.

- Comment ça va ? lui demanda-t-il.

- Sincèrement ? Je ne sais plus où j'en suis… tout ça est arrivé si vite !

- Tu vas vite t'y faire tu vas voir, ce gamin mérite de connaître le bonheur et je suis certain que tu ferras un très bon père. Mu va mieux on dirait ? La région ?

- Camus surtout je dirais. Ce jeune garçon lui fait un bien fou, je redoute déjà la séparation prochaine…

- Il est étudiant en médecine en France, c'est ça ?

- Oui, en vacances mais il va vite reprendre les cours.

- Alors pourquoi ne pas le suivre en France ?

- Ça, c'est à Mu de le décider, on verra bien. Tu sais bien que moi je peux travailler n'importe où. Et Lorcan le suivra aussi, où qu'il aille. Par contre, il va falloir penser maintenant à scolarité de Kilian. Mais on parlera de tout cela plus tard. Tu restes passer noël avec nous ?

- C'est dans trois jours, j'ai quelques déplacements à faire dans le coin… mais pourquoi pas ?

- Tu fais des affaires dans le coin ? s'étonna Shion.

- Tu devrais savoir que je fais des affaires partout dans le monde !

La matinée s'écoula ainsi calmement entre discussions et rire avec Kilian qui s'étonnait en découvrant sa nouvelle famille. Discrètement, Dohko avait remis la lettre d'Hilda à Shion mais ce dernier avait décidé de ne la lire que le soir, au calme.

Une nouvelle chambre fut donc préparée pour le PDG qui repartirait dès le lendemain matin pour deux jours, mais reviendrait ensuite passer noël avec eux.

Il était très tard, quand dans la solitude de sa chambre, Shion ouvrit enfin la lettre d'Hilda. Elle était datée de deux ans auparavant.

« Mon cher Shion,

Je sais que je vais surement te mettre dans l'embarras mais je ne peux pas faire autrement. Tu ne connais rien de moi tout comme je sais peu de chose sur toi. Mais s'il y a une chose dont je suis certaine à ton sujet, c'est que tu es quelqu'un de bien. Les quelques mois que nous avons passés ensemble me l'ont largement prouvé.

Je ne t'ai jamais prévenu pour ma grossesse parce que je ne pensais pas devoir t'ennuyer avec un enfant que tu n'avais pas désiré. C'était un accident même pour moi que je n'ai découvert qu'en rentrant dans mon pays. J'ai d'abord songé à ne pas le garder mais je n'en ai pas été capable me persuadant que je pourrais l'élever en le cachant à ma famille. Ce que je n'ai pas su malheureusement faire. Ils ont tout découvert alors que Kilian avait quatre ans et de peur qu'on m'oblige à le faire adopter, je l'ai placé dans une institution dont j'étais certaine qu'il ne le donnerait à personne d'autre qu'à toi ou moi.

C'est très certainement difficile à comprendre pour toi mais ma famille tient une position très importante dans les hautes sphères de mon pays et pour cela, je ne suis pas libre de mon destin. Si on avait découvert Kilian, il aurait été en danger. J'ai tenté pendant plusieurs années de trouver une solution à ce problème pour le reprendre avec moi. Mais je dois me marier dans trois mois avec un aristocrate qui ne tolérerait pas cet écart de ma part. Je sais à notre époque, ça très vieillot mais je ne peux me soustraire à cela et je ne veux en aucun cas te mêler aux problèmes qui sont les miens. Et j'ai donc pensé que notre enfant serait mieux avec son père. je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour avoir de vos nouvelles mais je t'en supplie, ne cherche pas à me retrouver, Kilian le sait déjà mais ce serait dangereux pour vous deux. Je ne suis pas malheureuse loin de là, mon futur mari est un homme gentil qui me rendra, j'en suis certaine, très heureuse.

J'espère que vous trouverez vous aussi le bonheur tous les deux, voir avec une autre personne qui saura l'aimer mieux que j'ai pu le faire et j'espère qu'on aura l'occasion, un jour de se retrouver.

Tu as surement été le premier grand amour de ma vie, aujourd'hui je te confie le fruit de notre amour, je souhaite que vous soyez heureux tous les deux et que tu puisses veiller sur lui à ma place. Sois heureux toi aussi et trouve la personne qui saura t'aimer mieux que je n'ai su le faire.

Avec toute mon amitié et ma reconnaissance,

Hilda. »

- Sois heureuse toi aussi Hilda, murmura Shion en se levant pour aller observer son fils qui dormait, un sourire sur les lèvres.

Il l'embrassa sur le front et lui dit :

- Demain, on ira chercher un énorme sapin de noël... dors bien.

A suivre…