Athena 0802 : Heureuses de te revoir ! Merci d'être là et de nous laisser des coms. Et oui, Shiryu est là ! Comme tu le dis si bien le groupe est bien soudé ! Nous espérons te retrouvé sur la suite de l'histoire. En espérant qu'elle te plaise tout autant !

Chapitre 6

Mu lui se glissa dans le couloir et toqua à la porte de Camus. Ce dernier ne fut pas long à ouvrir la porte.

- Mu ?! Entre !

- Merci ! Désolé de te déranger si tard mais je n'arrivais pas à dormir.

- Y a pas de mal, je ne dormais pas non plus. Je lisais.

- Tu lisais quoi ?

- La légende de Huma, de Richard A Knaak.

- Je ne connais pas, ça raconte quoi ?

- Une histoire avec des héros et des dragons... Tu veux que je t'en lise un bout ?

- Avec plaisir !

- Désolé de te demander ça Mu, mais ça ne te dérange pas qu'on se mette sous la couette ?

- Allons-y, se contenta de répondre le tibétain se faisant guider dans la pièce.

Après qu'ils se soient installés entre les draps chauds, Camus commença sa lecture alors que Mu écoutait tout en souriant, profitant pleinement du moment.

Ooo000ooO

En ce matin de noël, la maison se réveilla doucement comme si sortir de son sommeil allait de nouveau tout remettre en question après cette magnifique nuit où tout devenait possible.

Kilian fut certainement le premier réveillé mais n'osa pas bouger de sa chambre avant d'avoir entendu du bruit qui lui signalait, qu'enfin, quelqu'un s'était levé. A pas de loup, il se dirigea vers la cuisine où il découvrit Shiryu qui préparait le petit déjeuner. Ce dernier se démenait, ouvrant tous les placards à la recherche de tout ce qu'il lui fallait.

- Salut !

- Salut Kilian ! Ça n'va pas ? demanda Shiryu en fronçant les sourcils devant la mine un peu attristé de son petit frère de cœur.

- Si… si…

- Allons pas avec moi mon grand, raconte ce qui t'arrive, fit le jeune homme en posant une tasse de chocolat tout chaud devant l'enfant.

Kilian lui fit un grand sourire et but une longue gorgée de chocolat avant de parler presque timidement.

- J'ai peur, commença-t-il.

- Peur de quoi ?

- Que tout ça ne soit qu'un énorme rêve dont je vais bientôt me réveiller.

Et l'enfant confia ses doutes à son meilleur ami, qui comme toujours savait le rassurer et le réconforter, sans se douter que son père qui était maintenant réveillé entendait ses propos.

Pour Shion la journée avait plutôt bien commencé pourtant. Après ce qui s'était passé la veille au soir avec Lorcan, il avait superbement bien dormi, comme libéré d'un grand poids. Ce matin, il avait commencé par aller voir le suédois qui dormait encore pour déposer un doux baiser sur son front. Il avait ensuite découvert que Snow grattait à la porte pour sortir mais étrangement à celle de Camus. Il avait compris en le libérant que Mu avait passé sa nuit avec le français. Ils dormaient encore d'ailleurs, tendrement enlacés.

Mais entendre les doutes de son fils lui fit comprendre une chose, s'ils devaient vraiment débuter une relation avec Lorcan alors il ne le fallait pas le cacher à Kilian. Leur relation était encore bien trop fragile pour cela.

- Bonjour tous les deux ! fit-il en entrant dans la cuisine comme si de rien était. Bien dormi ?

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Camus s'était réveillé quand Shion était venu libérer Snow mais il ne bougea pas jusqu'à ce que Mu s'éveille à son tour. Il se sentait étrangement bien et n'avait pas envie que la magie de Noël s'envole.

Ce dernier sentit la chaleur autour de lui et dit hésitant :

- Camus ?

- Bonjour toi… répondit le français en posant très doucement ses lèvres sur les siennes.

Ooo000ooO

C'est bien plus tard dans la journée que Shion parvint à parler un peu avec Lorcan sous prétexte qu'il avait besoin de lui à la cuisine. Kilian jouait à un jeu vidéo avec Shiryu, Dohko préparait son prochain départ, Mu et Camus s'étaient un peu isolés dans la bibliothèque.

- Tu as besoin de moi pour préparer le repas ? demanda le suédois.

Shion ferma la porte pour lui parler plus librement et l'enlaça :

- Non pas vraiment, mais je voulais te parler et…

Un long et fougueux baiser fut bien plus parlant que toutes les explications du monde.

- Mais soyons raisonnable, reprit Shion un peu essoufflé en s'écartant un peu.

- Tu voulais me dire quoi ? s'amusa Lorcan.

- C'est au sujet de Kilian. J'ai surpris une ses conversations avec Shiryu ce matin et je pense que ce serait une erreur de lui cacher notre relation. Bien sûr je le ferai si tu y tiens mais je pense qu'il a droit à la vérité. Il est déjà dans un environnement totalement nouveau avec des personnes qu'il ne connait pas ou peu… tu comprends ?

Lorcan caressa la joue de Shion.

- Il faudra aussi le dire aux autres alors...

- Pardon ?

- Si tu veux le dire à Kilian pour qu'il se sente en confiance, il faut le dire aussi aux autres. On ne peut pas lui demander de garder notre petit secret, expliqua le Suédois avec un doux sourire.

- Tu as raison, finit par murmurer Shion qui n'avait pas pensé à cela.

- T'en fais pas pour Mu il le prendra bien. Quant à Kilian, je crois qu'il risque de nous surprendre...

- Pourquoi tu dis ça ?

- C'est un enfant ! Voilà pourquoi je dis ça !

- Bien, dans ce cas, terminons cette préparation et allons le lui annoncer.

Lorcan déposa un rapide baiser sur les lèvres de Shion avant de l'aider dans sa tâche.

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Camus et Mu discutaient musique. Le français n'avait pas réitéré son baiser du matin, pas que Mu se soit montré réticent, non loin de là, mais il lui faudrait bientôt rentrer en France… Il n'avait pas le droit de lui faire cela et pourtant il n'avait pas pu résister ce matin.

- A quoi tu penses ? demanda soudain Mu alors que le français ne répondait pas à une question et qui l'avait senti un peu ailleurs toute la journée.

- A toi, à nous… je voudrais rester ici auprès de toi mais je dois rentrer bientôt. Je suis désolé, je voulais te venir en aide et je vais t'abandonner… je suis tellement désolé...

- Tu m'aides énormément Camus ! Vraiment ! Bien que ça me brise le cœur de savoir que tu vas bientôt me quitter, nous nous reverrons ! Je te le promets ! Et puis, je ne crois pas que nous allons rester ici très longtemps...

- Que veux-tu dire ? Tu n'aimes pas la maison ?

- Je l'adore, j'adore son atmosphère, j'adore son architecture, j'adore tout de cette maison, je t'y ai rencontré, tu m'y as appris à jouer du piano, à voir les choses sous un autre angle. Mais si je dis que nous allons bientôt partir c'est à cause de Kilian, lui aussi doit retourner à l'école et Shion ne nous a encore rien dit à ce sujet. Mais je ne me leurre pas... Et puis, il y a toujours le téléphone !

- Oui, il y a toujours le téléphone…

- Et les vacances de Pâques...

- Et les vacances de Pâques !

- Et les grandes vacances !

- Comment fais-tu pour me dire les choses qui me rassurent ? demanda Camus avec enfin un sourire sur le visage.

Ooo000ooO

- On t'a laissé seul ? demanda Dohko en entrant dans le salon.

- Oui, Shion voulait parler de quelque chose d'important avec Kilian.

- Tu ne t'ennuies pas trop ?

- Bien au contraire, il y a bien longtemps que je n'ai pas eu un Noël aussi joyeux

Dohko regarda longuement Shiryu comme s'il s'attendait à trouver une trace d'ironie quelconque dans ses dernières paroles mais le sourire du jeune homme était on ne peut plus sincère.

- Comment ça ? On n'a rien fait de spécial et la région est plutôt désertique pour quelqu'un d'aussi jeune que toi non ?

- Pour un jeune tout à fait classique, oui, on pourrait le penser. Mais mon enfance à l'orphelinat et mon parcours m'ont appris à profiter des petites joies de la vie simple. Être en famille à noël, même si ce n'est pas la mienne mais celle de mon petit frère de cœur, est une chose dont j'aurais pu rêver encore bien longtemps et que je n'aurais cru possible que quand j'aurais moi-même fondé ma propre famille. Vous tous ici m'avez rendu le plus heureux du monde en m'acceptant dans votre famille. Alors oui, je suis peut-être peu exigeant mais c'est mon véritable premier noël en famille.

Dohko sourit l'invitant à s'asseoir à ses côtés en attendant les autres pour le repas du soir qu'ils avaient prévu léger et conviviale pour qu'ils puissent discuter et faire en famille un jeu de société quelconque.

- Tu sais qu'entrer dans notre famille est une chose qu'il te faudra supporter durant un long moment ?

- Rien ne me ferait plus plaisir, murmura Shiryu en rougissant.

- Qu'est-ce que vous faites ? Où sont Lorcan et Shion ? demanda Mu en entrant au bras de Camus.

- On discutait, répondit Dohko, ton frère et Lorcan sont en train de parler avec Kilian à la cuisine.

- Oh… ils se seraient enfin décidés ces deux-là ?

- Décidés à quoi ? demanda Shiryu.

Mais personne ne put lui répondre car Kilian arrivait en portant un plateau de gourmandises spécialement faites pour le repas suivi par Shion et Lorcan eux aussi chargé de nourriture et de boisson à déguster sans avoir besoin de se mettre à table.

- Regardez ! On va manger en jouant au Trivial Poursuit ! C'n'est pas super ça ? s'écria Kilian.

- On fait des équipes alors ? s'exclama Mu ravi lui aussi de pouvoir y participer.

- Mais avant, j'ai une chose importante vous dire, déclara solennellement Kilian en posant son plateau pendant que Lorcan remplissait les verres.

- Qui est ? demanda Shiryu curieux de savoir pourquoi son petit frère avait un tel sourire sur le visage.

- J'ai un deuxième papa ! dit tout fier le petit garçon en déposant un bisou sonore sur la joue de Lorcan.

- Comment ça un deuxième… mais Shiryu rougit violemment sans finir sa phrase comprenant enfin de quoi il retournait.

- Choqué ? lui demanda Dohko en murmurant à son oreille alors que Mu s'était jeté dans les bras de son meilleur ami trop heureux pour lui couvrant la question du PDG.

- Surpris… oui. Choqué, non, répondit Shiryu sans oser regarder l'homme dans les yeux dont le vert si intense faisait battre son cœur plus que de raison.

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Il était temps de repartir pour Dohko. S'il avait réussi à se libérer quelques jours pour venir passer noël ici, avec ceux qu'ils considéraient comme sa famille. Son entreprise l'appelait à nouveau pour gérer les affaires courantes et préparer la traditionnelle soirée du nouvel an de l'entreprise.

Si Shion était toujours triste de le voir partir, il savait que même de loin, son frère de cœur veillerait sur eux tous ici, au fin fond de la Sibérie. Camus lui, songeait que bientôt ce serait lui et Shiryu qui se tiendraient là, sur le pas de la porte prêts à partir pour l'aéroport. Shiryu lui avait l'impression qu'il avait raté quelque chose et que s'il ne le trouvait pas très vite, il aurait perdu quelque chose de très important pour lui.

- Tu ne peux vraiment pas revenir ici pour le jour de l'an ? demanda encore Shion.

- Ça risque d'être compliqué avec la fête de l'entreprise…

- Essaie…

- Je ferais ce que je peux mais je ne promets rien ! fit-il en montant dans sa voiture de location. A bientôt tout le monde !

La voiture disparut dans le virage suivant et Shiryu comprit enfin, il était amoureux de cet homme et il venait peut-être de le perdre à jamais.

- Tiens, murmura Shion en lui entourant les épaules et en lui glissant un petit papier dans la main. C'est son numéro de portable privé…

- Merci…

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En arrivant à l'aéroport, Dohko regarda incrédule son portable. Il avait reçu un sms d'un numéro inconnu, aussi il avait pris la peine de le lire de suite.

"Fais un bon voyage, Shiryu", avait-il lu.

C'était à peine croyable pour le PDG, bien qu'il devina facilement que Shion devait être derrière cela. Sinon comment Shiryu aurait pu avoir son numéro personnel ? Mais peu importait, il était heureux, vraiment heureux.

"Merci, passes une bonne fin de vacances", répondit Dohko. Avant d'éteindre son portable car l'avion allait amorcer le décollage.

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- Shiryu, pourquoi t'es triste ? questionna Kilian au milieu du repas.

- Pour pas grand-chose petit frère, t'inquiète pas, ça va vite passer.

- T'as pas envie de rentrer hein ? devina juste l'enfant.

- En effet, mais une montagne de cours m'attend et je ne peux pas les laisser passer.

- M'en parle pas ! approuva Camus

- Et toi Kilian ? Tu ne dois pas retourner à l'école ? demanda Shion.

- Si, je dois bien y retourner...Tu vas me remettre à l'orphelinat vu que vous êtes tous ici ? demanda Kilian tout triste.

- Jamais ! s'exclamèrent Shion, Mu et Lorcan d'une même voix faisant sursauter le reste de la tablée.

- Pardon Kilian, on ne voulait pas t'effrayer, s'excusa Shion, Mais il est hors de question que tu retournes là-bas, on va tous déménager et on reviendra ici pour toutes les vacances.

- Mais oncle Mu ?

- Oncle Mu peut très bien habiter dans une autre maison ! fit le Mu en question. Par contre toi, tu veux rester dans ton école ou en changer ?

Tout le monde retint son souffle en attendant la réponse de l'enfant.

- Je préférerais en changer, si ce n'est pas trop demander... fit-il à voix basse. Pas que j'aimes pas mes profs ou quoi que ce soit, mais...

- D'accord, nous chercherons une école près de la maison tout à l'heure sur le net ça te va ? interrompit Lorcan.

- D'accord ! fit l'enfant tout heureux et visiblement soulagé.

Shion adressa un regard à Shiryu qui lui répondit par l'affirmative.

Ce n'est qu'au moment de la vaisselle que les deux hommes se retrouvèrent seuls dans la cuisine.

- Pourquoi ce soulagement ? demanda Shion sans le moindre détour

- Cette école reçoit la plupart des orphelins. Les autres enfants sont très durs avec les enfants comme nous. Mais ils sont franchement pires quand on trouve une famille...

- Ne m'en dit pas plus, le coupa Shion, ne t'inquiète pas, il ne lui arrivera rien. Et toi tu as besoin de quelque chose ?

- Non merci, j'ai déjà été trop gâté ce Noël.

Shion n'insista pas mais se promit quand même de faire une petite recherche.

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Finalement Dohko n'avait pas pu se libérer pour venir fêter la nouvelle année avec eux. Mais il avait tout de même pu leur parler à tous via la webcam que Shion utilisait parfois pour son travail et qui pour une fois, avait accepté de fonctionner sans souci. Les autres l'avait même laissé quelques minutes en tête à tête avec Shiryu avant que la connexion cesse brutalement de marcher. Ce dernier avait rougi jusqu'à la racine des cheveux quand il avait compris ce que les autres avaient fait pour lui. Mais ces quelques minutes de tête à tête d'une conversation somme toute très banale via la webcam n'avaient fait que confirmé ce qu'il savait déjà, il était fou amoureux du PDG.

Dohko qui était au siège de sa société en Grèce avait bien compris que le jeune homme était intimidé et s'était promis d'attendre de le connaitre un peu mieux, de lui laisser la liberté d'avancer à son rythme. L'installation d'une de ses filiales en France avec celle de Shion et de sa famille à Paris, le temps que Kilian finisse au moins son année scolaire, lui laisserait la liberté de pouvoir le voir plus souvent.

Ils fêtèrent donc la nouvelle année tous les cinq en petit comité mais chaleureusement. Puis les jours semblèrent filer à une vitesse folle. Entre la recherche d'une maison à Paris ou dans sa proche banlieue pour que Kilian ne perde pas tous ses repères, son transfert dans l'école communale du quartier, les préparatifs du déménagement en prévision, ils eurent à peine le temps de souffler avant le départ.

Shiryu et Camus seraient les premiers à partir, c'est Shion qui se chargerait de les emmener à l'aéroport le lendemain. Il en profiterait pour faire expédier une première partie de leurs bagages en France. Ils allaient passer leur dernier soir tous ensembles.

Shion avait chargé Dohko, qu'il savait régulièrement en France en ce moment, de lui trouver la maison idéale pour sa petite famille mais aussi d'en savoir plus sur la vie quotidienne de Shiryu qu'il soupçonnait de ne pas vouloir se livrer à eux par pudeur. La maison trouvée dans le huitième arrondissement de Paris, se nichait au bout d'une impasse et possédait un petit jardin, idéal pour Snow. Dans son cœur, Shion avait déjà décidé de proposer à Shiryu de vivre avec eux même s'il n'en avait pas encore parlé à Lorcan et Mu, mais il ne voulait pas forcer les choses pour le jeune homme qui avait eu l'habitude de toujours se débrouiller seul.

C'était donc l'heure des au revoir, Kilian et Mu avaient du mal à retenir leurs larmes tout comme Shiryu et Camus au moment de monter dans la voiture.

- Allez ! les secoua Shion, Ou vous allez loupez l'avion !

- Mu… fit Camus en s'emparant des lèvres du jeune homme. Tu vas me manquer…

- On se voit bientôt petit frère ! fit Shiryu à Kilian.

Même Snow se mit à geindre pour, à sa manière, désapprouver ce départ. Mu, Kilian et Lorcan regardèrent la voiture disparaître dans un virage en se serrant les uns contre les autres, les larmes aux yeux.

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Paris

Ils finissaient tout juste de s'installer dans cette maison qui avait tout de suite plu à tous. Ils étaient tous revenus pour la rentrée de Kilian dans sa nouvelle école.

- Shion, j'ai toujours accès à mon compte bancaire ou tu l'as gelé ? demanda Mu à son frère une fois qu'ils furent à peu près tous installés.

Bien sûr il restait quelques cartons à vider et encore quelques achats de dernière minute à faire mais dans l'ensemble tout le monde s'habituait à cette nouvelle organisation qui tournait essentiellement autour des horaires de Kilian pour l'instant.

- Tu y as toujours accès, j'ai juste mis tes cartes hors de portée... Tu en as besoin ?

- J'ai en effet besoin de quelque chose.

- Dans l'excessif ?

- Non, juste un piano.

- Mais ça va te couter une fortune !

- Bah, je n'ai jamais fait d'excès et puis j'ai fait pas mal de concert. Mon impresario m'a dit que mes CD se vendaient très bien.

- C'est vrai, répondit Shion qui suivait attentivement les comptes de son cadet. Mais j'ai du mal à réaliser que mon petit frère à sa petite fortune personnelle.

- Je suis à la traine par rapport à toi...

- Ça reste à voir ! charria l'aîné. Même si ce dernier avait effectivement du mal à admettre que son petit frère puisse très bien subvenir à ses besoins tout seul.

- Donc t'es d'accord pour un piano à la maison ?

- Tant que tu n'abandonnes pas tes deux autres instruments...

- Ils vont peut-être prendre un peu la poussière, j'ai un projet.

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Ailleurs dans Paris

- Raconte ! fit Hyoga en s'asseyant sur le lit de son cousin rentré depuis peu.

- Quoi ?

- Tes vacances ! Il y a eu quoi pour que tu sois comme ça ?

- Je ne vois pas ce que tu veux dire…

- A d'autre ! Tu as un sourire, de temps à autres tu soupires avec le regard perdu dans le vague…

Son cousin sourit sans répondre et lui promit de lui raconter tout un peu plus tard.

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Shiryu, de son côté, avait encore du mal à réaliser tout ce qui s'était passé pendant ces vacances magiques au bout du monde. Cela faisait presque trois semaines maintenant qu'il était revenu et il était temps pour lui de faire un peu le point sa vie. S'il ne s'en sortait pas trop mal aujourd'hui, il n'en avait pas toujours été ainsi. Se loger, vivre et étudier à Paris revenaient très cher même avec une bourse d'étude quand on était un orphelin comme lui et qu'on n'avait aucune famille pour vous soutenir. Alors, pour accéder à son rêve le plus précieux, celui d'enseigner un jour à des enfants comme lui entre autres, il avait dû faire quelques concessions. Accepter de faire un spectacle de chippendales dans le bar branché pour les soirées du vendredi soir où il travaillait habituellement comme serveur le soir après son boulot de vendeur dans une librairie était l'une d'elle.

Bien sûr il avait résisté longtemps aux multiples demandes de son patron en tentant même de prendre un autre boulot en plus des trois qu'il avait déjà. Oui, il donnait aussi des cours particuliers pour les écoliers en difficulté scolaire, mais il n'avait pas pu tenir le rythme longtemps et avait commencé à s'endormir en cours. Et il mangeait des pâtes pendant au moins la moitié du mois voir plus… Alors, un an plus tôt, à bout de force et rêvant presque de faire un vrai repas, il avait laissé tomber son dernier boulot en date pour une soirée de chippendales par semaine, qui lui rapportait trois fois plus pour dix fois moins d'heure de boulot par mois. Même sans rouler sur l'or, cela lui avait permis de faire face à tous ses frais et manger correctement tous les jours.

A presque vingt et un an, il était en dernière année de licence, il avait encore trois années d'études pour pouvoir réaliser son rêve. Trois ans où il allait devoir faire face à ces continuels soucis d'argent. Et aujourd'hui, alors qu'il allait comme chaque vendredi soir se déshabiller devant une salle surexcitée, il avait un peu honte de lui comme chaque vendredi depuis son retour. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui dans sa vie, il y avait Dohko et qu'il n'oserait jamais lui avouer ce qu'il faisait une fois par semaine pour payer ses études.

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La vie dans la nouvelle maison s'était organisée rapidement. Avec Kilian à l'école, Mu qui venait de recevoir son tout nouveau piano et Lorcan qui passait pas mal de temps à lire des scripts que lui faisait parvenir son imprésario.

Shion lui avait à peine touché à son travail mais il avait à cœur d'installer sa famille le mieux possible, de veiller sur le bien-être de son fils et de faire en sorte que Mu et Lorcan trouvent rapidement leurs repères. Il y avait encore une autre chose qui lui tenait à cœur qu'il voulait voir se réaliser au plus vite avant de pouvoir lui aussi sereinement travailler, celle de convaincre Lorcan de faire chambre commune avec lui. Il y avait peu de temps c'est vrai qu'ils s'étaient avoués leurs sentiments et avançaient pas à pas dans leur nouvelle relation mais Shion avait envie de franchir une nouvelle étape, celle de pouvoir s'éveiller auprès de celui qu'il aimait.

C'est pourquoi cet après-midi, après avoir emmené Kilian qui déjeunait à la maison, il rejoignit le suédois dans à une pièce à l'étage, qui avait dû être autrefois une salle de jeu pour enfant et qui avait été depuis transformé en salle de lecture, bureau et petite bibliothèque. Lorcan y était installé en train de lire un script. Il leva les yeux quand Shion entra et fronça les sourcils :

- Un souci ?

- Ne puis-je pas venir simplement venir te voir ?

- Avec cette tête ? Non je ne crois pas…

Shion se pencha au-dessus de lui pour déposer un baiser sur ses lèvres avant de dire :

- Tu me connais très bien toi…Alors ces scripts ?

- Il y en a des très bon et avoir l'occasion de jouer à Paris, ce n'est pas négligeable non ?

- Et ça te tente ?

- Je ne sais pas encore… et ton souci alors ?

- Ce n'est pas vraiment un souci… c'est plutôt une requête en fait.

- Une requête, tu as besoin d'un coup de main pour faire un truc ?

- Non… je voudrais que tu changes de chambre.

- Que je change de chambre ? Pourquoi ?

- Pour partager la mienne. Tu veux bien y penser ? Je vais voir si Mu arrive à s'en sortir avec son piano…

Avant que Lorcan puisse ajouter un mot, il était parti laissant le suédois un peu abasourdi.

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Plus tard alors que la soirée approchait à grand pas,

- Lorcan on peut savoir ce que tu fais ? questionna Shion en voyant le jeune homme avec deux sacs en bandoulières et tirant deux grosses valises devant le pas de la porte de sa chambre.

- Bah, je viens m'installer !

Le visage de Shion se fendit d'un énorme sourire et il laissa passer le Suédois tout en attrapant un des sacs.

- Au fait, je prends le milieu du lit ! annonça Lorcan laissant tomber son sac sans ménagement sur le sol. Après quoi il se rua sur son homme et l'embrassa.

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- Alors où tu m'emmènes ? demanda Hyoga à son cousin.

- Voir un ami… comme tu me l'as demandé au moins vingt fois si ce n'est plus !

- Oh c'est vrai ? Je vais enfin rencontrer cette perle rare qui a réussi à te faire sourire ? répondit le jeune homme qui vit son cousin s'arrêter devant une superbe maison.

- On ne va pas rentrer dans cette maison ? fit Hyoga en pointant le grillage en fer forgé.

- Bien sûr que si ! C'est là qu'il habite !

- Tu veux rire ! Comment peut-on habiter seul dans une maison pareille ?

- Je te l'ai dit, il vit avec son frère aîné, son meilleur ami, son neveu et son garde du corps !

Hyoga n'eut pas le temps de répliquer, on venait d'ouvrir le portail. Ils entrèrent et traversèrent la cour. Quand ils furent tous deux propulser à terre et ensuite attaquer à coup de langues.

- Snow ! Suffit ! ordonna la voix de son maître.

- C'est lui le garde du corps ? demanda le plus jeune en riant.

- C'est lui ! réplica Camus.

- Waw ! fit Hyoga en voyant l'homme à l'entrée avec le chien assis à côté de lui.

- Pas touche ! prévint Camus.

- Aucun risque, mais waw quand même.

- Bonjour ! Bienvenue ! Tu dois être Hyoga, le cousin de Camus.

- C'est bien ça, mais mon cher cousin, lui a fait plein de mystères et je ne sais pas du tout qui vous êtes, enfin, je sais quand même que vous êtes la personne qui a rendu le sourire à Camus, répondit Hyoga

- Mu, voici Hyoga, Hyoga, voici mon petit ami Mu ! présenta officiellement Camus avant de déposer un rapide baiser sur les lèvres de son aimé.

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Kanon regarda comme tout le public le spectacle du club où travaillait le jeune Shiryu et quelle ne fut pas sa surprise de voir le jeune homme se trémousser en rythme avec les autres stripteaseurs…

Quand Dohko, un vieil ami de la famille était passé une semaine plus tôt à son agence de détective privé et lui avait demandé d'en savoir plus sur la vie du jeune homme, il n'avait pas été long à comprendre pourquoi. Et il était plutôt content qu'il retrouve enfin un peu de joie de vivre. Aussi il se demandait bien comment il allait pouvoir lui annoncer que celui qui avait capturé son cœur faisait du striptease tous les vendredis soir… et plutôt bien en plus. Il se demanda en voyant certains de danseurs profiter de leurs atouts pour séduire la clientèle qui ne demandait que ça, si le jeune étudiant arrondissait lui aussi ses fins de mois ainsi. Autant aller jusqu'au bout de l'enquête alors que le spectacle se terminait sous des très longs applaudissements…

Comme après chaque représentation Shiryu se rendit dans les loges ou il se changea rapidement sous les commentaires salaces de ses collègues. Il n'y prit pas garde, se contenta de s'habiller chaudement et de sortir rapidement du bâtiment. Quand il fut dehors, il prit la peine de respirer plusieurs longues bouffées d'air frais avant de s'asseoir sur une caisse, que le patron laissait là pour les pauses. Et il se mit à pleurer, comme à chaque fois à la fin de chaque représentation. Il se dégoutait, se dégoutait vraiment. Ensuite, il frappa de son poing le mur, il sécha ses larmes et se mit en route pour son minuscule studio. Une fois là, il se déshabilla mit ses affaires à laver et entra dans la douche et se savonna longuement avec un gan de crin.

A suivre…