Athéna0802 : oui chapitre un peu triste, mais ça va s'arranger. Pour répondre à ta question, c'est bien ça, Shiryu a connu Killian à l'orphelinat. Quant à la réaction de Dokho, tu le saura bien vite ;)
Guest : Merci de nous laisser un petit commentaire, cela nous fait toujours plaisir.
Il est vrai que nous aimons écrire sur des couples qu'on ne voit pas ou pas souvent.
Voici la suite en espérant qu'elle te plaise !
Chapitre 7
Kanon sortit du club où travaillait Shiryu un peu plus tard. Il avait été surpris de ce qu'il avait appris. Son patron avait insisté pendant plusieurs années avant que Shiryu ne cède à sa demande. Mais ce dernier avait quand même mis deux conditions, il ne se mettrait pas totalement nu, il garderait son sous vêtement et qu'aucunes photos ne soit prises. Bien que ça ne plaise pas au patron il avait accepté et n'avait finalement pas regretté ce choix, la gente féminine revenait plus souvent et avec plein d'amies.
Il avait aussi appris que ce n'était pas le seul boulot du jeune homme, qu'il s'était évanoui plusieurs fois alors qu'il travaillait, mais avait refuser d'aller à l'hôpital.
- Ce petit se tue à la tâche ! Et même s'il ne m'a jamais rien dit, je sais qu'il mourait de faim ! Il n'avait que la peau sur les os ce gamin ! lui avait avoué le patron.
Kanon serra les points, encore une fois il se rendait compte que les choses étaient mal faites. Mais Shiryu, lui se battait, avec ses propres armes. En jetant un coup d'œil à la salle il vit les collègues de Shiryu arriver mais pas de traces de lui. Aussi le détective quitta sa place et sortit du bâtiment, en fit le tour et trouva le jeune homme assis sur une caisse près de la sortie de service, les épaules voûtées, la tête basse. Il se rapprocha doucement et remarqua qu'il était pris de soubresauts, alors Kanon comprit. Shiryu pleurait. Kanon se glissa parmi les ombres et continua d'observer.
Ooo000ooO
Kanon ne rentra chez lui qu'après avoir suivi Shiryu jusqu'à son domicile.
Après un rapide repas, il téléphona.
- Du nouveau ? demanda Dohko à l'autre bout du fil.
- Il a une vie difficile.
Dohko fronça les sourcils ce genre de phrase sortant de la bouche de Kanon ne signifiait rien de bon.
- A quel point ?
- Qu'il se bat, qu'il ne s'est jamais drogué, qu'il est major de sa promotion.
- Kanon… s'impatienta le PDG.
- Il est en tout point parfait, mais il y a un hic.
- Ne me dit pas qu'il se prostitue ! hurla Dohko prêt à en découdre avec toutes les personnes qui avaient osé souiller ce petit ange.
- Non, mais...
- Mais quoi ?
- Il fait partie d'une petite troupe de Chippendales, t'inquiète, personne n'a jamais rien vu de ce qu'il cache sous son caleçon, il ne l'enlève pas !
- Putain, pourquoi doit-il faire un truc pareil ? râla Dohko.
- Parce qu'il a faim.
L'annonce glaça le sang du PDG et par la même occasion le calma tout aussi vite.
- Tu vas faire quelque chose ? demanda Kanon
- Évidemment que je vais faire quelque chose ! Et j'aurais d'ailleurs besoin de toi dans quelques jours.
- Ok ! J'attends ton appel
Après les dernières salutations ils raccrochèrent et Dohko fila aussitôt chez son ami.
- Oh là ! T'as une tête à faire peur ! le salua à sa façon Lorcan qui le fit entrer quand il arriva un peu plus tard chez eux.
- Où est Shion ?
- Dans son bureau !
Sans un autre mot, il quitta Lorcan pour retrouver son meilleur ami.
- T'as une tête horrible ! l'accueillit ce dernier en le voyant arriver ainsi.
- Je sais Lorcan vient de me dire la même chose.
- Il se passe quoi ?
- Shiryu...
- Quoi Shiryu ? Il est malade ? Hier il allait bien, il est passé voir Kilian...
- Il fait du striptease...
- Pardon ?
Dohko lui raconta ce que Kanon avait découvert.
- On ne peut pas laisser faire ça ! confirma Shion à la fin de son récit.
Ooo000ooO
Hyoga était sous le charme. Tous les hommes qui habitaient cette maison, splendide au demeurant, étaient magnifiques. Et ils avaient l'air de former une merveilleuse famille. Aucun ne se prenait au sérieux et pourtant il y aurait eu de quoi. Shion Ariès était un professeur connu dans le monde entier et le jeune homme qui suivait un cursus d'histoire avec dans l'idée de devenir archéologue ou éthologue, il n'était pas encore fixé, l'admirait énormément. Alors le rencontrer dans un cadre non officiel était un vrai bonheur pour lui. Quant à Mu, le petit copain de Camus, il n'avait pas tardé à reconnaitre celui qui ornait les albums classiques que son cousin écoutait en ce moment. Lorcan n'était pas encore connu en France mais il avait tout de suite deviné que c'était un acteur. Sa façon de parler sans doute et de se tenir. Quand au petit bout de chou, il était tout simplement adorable.
Il ne lui avait pas fallu longtemps non plus pour découvrir la cécité de Mu. Il ne posa pas de questions sur ce qui l'avait rendu aveugle, mais il fut rapidement persuadé que son cousin avait enfin trouvé la bonne personne. Celle qui enfin le voyait tel qu'il était sans se préoccuper de son statut social ou de ses relations. Le fait qu'il soit connu et aisé ou même aveugle n'était pas la seule raison. Non, Mu était tout simplement sincère.
Ils ne repartirent qu'après le repas qu'ils avaient partagé avec un vieil ami de la famille qui était arrivé en soirée, un certain Dohko.
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Lorcan s'était imaginé tout un tas de scénarios pour leur première nuit à Shion et lui, des plus sages jusqu'au plus fous… mais surement pas de la passer seul !
Dohko et Shion s'étaient enfermé dans le bureau dès le repas terminé. Alors que tout le monde dormait maintenant à poings fermés, que Camus et son cousin Hyoga étaient retournés chez eux, lui attendait encore l'amour de sa vie dans cette chambre où il l'avait pourtant invité. Mais que se passait-il donc qui le retenait aussi longtemps ? Les minutes s'égrenaient lentement et le suédois finit par se laisser gagner par le sommeil malgré son envie de résister.
Dans le bureau de Shion, qu'il avait installé au rez-de-chaussée, les deux amis étaient en pleine élaboration d'un plan pour amener Shiryu à se livrer à l'un ou à l'autre et le persuader de se laisser aider pour qu'il n'est plus à faire ces spectacles, voir même qu'il laisse tomber au moins deux de ses autres boulots pour préserver sa santé d'une part, et ses études d'autre part, mais aussi de prendre le temps de vivre comme un garçon de son âge.
Seulement au bout d'une longue discussion et alors que la nuit était depuis longtemps tombée, ils n'avaient pas eu « la » bonne idée pour parvenir à convaincre le jeune homme qui avait déjà, gentiment mais fermement, rabroué Shion et même Dohko quand ils avaient essayé d'en savoir plus sur sa vie privée. Ils étaient conscients tout deux du fait que s'il le contrariait trop en se mêlant de sa vie, c'est forcément Kilian qui en ferait les frais et ni l'un ni l'autre ne voulait imposer ça à l'enfant qui commençait tout juste à trouver un équilibre avec sa toute nouvelle famille.
- Allons nous coucher, il y a une chambre pour toi si tu veux… proposa Shion à bout d'arguments.
- Oui, tu as raison, Kanon passera nous voir dans quelques jours, on verra avec lui s'il a des idées. Après tout, il est plus souvent confronté à ce genre de problèmes. Il saura peut-être nous conseiller…
Ooo000ooO
Au petit matin, Lorcan se réveilla en sentant un baiser sur ses lèvres.
- Bonjour mon amour… tu as bien dormi ?
- Traître ! murmura Lorcan en se retournant visiblement boudeur.
Shion lui ne s'attendait pas du tout à un tel accueil au réveil, mais il se rendit vite compte que c'était assez mérité. Il lui avait proposé de partager son lit et pour leur première nuit, lui l'avait passé en grande partie dans son bureau, certes pour une raison plus que valable, mais ça son amour ne le savait pas encore. Et Lorcan avait sans doute dû l'attendre très longtemps avant que le sommeil ne l'emporte.
Alors Shion se rapprocha du Suédois et le prit dans ses bras tout en déposant des baisers dans le cou du jeune homme.
-Tu ne te feras pas pardonner comme ça… annonça tout haut Lorcan, surtout pour se convaincre lui-même. Mais il savait pertinemment qu'il avait déjà perdu la partie.
Shion sourit entre deux petits baisers.
-Peut-être que ça sera le cas avec ceci ? demanda Shion tout en l'embrassant à pleine bouche.
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Quelques jours plus tard, Shiryu entra dans le bureau du directeur, il ne savait pas trop pourquoi d'ailleurs. Il lui restait encore un bon mois avant de payer sa cotisation pour son stage, ses autres camarades partaient généralement à l'étranger, lui avait plutôt décidé de rester en France. Il irait en Bretagne, malheureusement, sa bourse d'étude n'intervenait pas pour ces frais-là. Mais il avait assez économisé pour pouvoir se l'offrir, toutefois il devait encore attendre ses diverses payes avant de pouvoir payer les frais de son stage.
- Shiryu, vous voilà enfin ! fit l'homme en accueillant l'étudiant. Installez-vous !
Le jeune homme prit place devant lui et attendit ce qu'il y avait de si grave pour être ainsi convoqué.
- J'ai reçu un coup de fil vous concernant ce matin, commença-il.
- Ais-je fais quelque chose de mal, directeur Hadès ?
- Non ! Bien sûr que non mon enfant ! C'est juste que nous avons reçu par l'avocat d'un donneur anonyme, une enveloppe pour vous.
- Je vous demande pardon ? fit Shiryu abasourdi.
- Pour faire court, votre stage a été payé, vous aurez une petite maison selon vos souhaits, et même un portefeuille pour vos dépenses pour vos besoins…
- Mais, je ne veux pas ! coupa le jeune homme. Je peux très bien subvenir à mes besoins seul !
Bien que surpris par cette nouvelle, Shiryu détestait la charité. Il avait toujours su se débrouiller seul, il n'avait jamais eu besoin de personne, et ce n'était pas aujourd'hui que ça allait commencer.
- Vous pouvez téléphoner à cet avocat pour lui dire que je refuse ?
Là ce fut au directeur d'être abasourdit, il n'avait jamais rencontré quelqu'un comme Shiryu, et en plus refuser une telle aide, c'était tout simplement déconcertant. Donc il allait devoir sortir les grands moyens comme Maître Aldébaran le lui avait dit.
- Certes je pourrais le faire, mais je ne le ferais pas.
- Pourquoi ? s'indigna Shiryu.
- Parce que vous êtes encore mineur.
- Je suis majeur j'ai vingt et un ans !
- Je suis désolé de vous contredire mais pas dans votre cas.
- Parce que je suis orphelin vous voulez dire ?
- C'est cela, bien que vous ayez été pupille de l'état jusque vos dix huit ans, qui est la majorité légale ici en France. Mais dans votre cas, vu que vous n'ayez pas de tuteurs légaux, votre statut entre dans la catégorie d'une très vieille loi romaine qui dit que votre majorité est fixée à vingt cinq ans. Et de ce fait, quand un bienfaiteur vous offre quelque chose vous êtes obligé d'accepter*.
- Foutaises ! Pourquoi il ne s'est pas présenté avant ? Et c'est quoi la contrepartie, parce que ce genre de personne n'offre jamais rien sans rien en échange ! s'énerva pour de bon Shiryu.
- Je ne connais pas les détails, Maître Aldébaran est soumis au secret professionnel. Vous avez cependant raison quant à la contrepartie.
Shiryu serra les poings tellement forts que ces jointures devinrent blanches.
" Hors de question que je couche avec qui que ce soit " pensa-t-il.
- Et bien, d'abord, vous devrez assister au cours de Kendo dans lequel ils vous ont inscrit pendant votre stage, et ensuite abandonner vos petits boulots pour vous consacrer totalement à vos études.
- Mais je ne ...
- Ils vous versent une pension alimentaire, d'après ce que j'ai pu comprendre, le versement à était fait il y a quelques jours.
Shiryu se leva et sortit en furie du bureau, sans même dire au revoir au directeur, il en avait assez entendu pour la journée et se faire traiter de gamin avait été le pompon.
Il fonça droit vers la banque afin de vérifier son compte. Ça faisait un moment qu'il n'y était plus allé et quand il vit le chiffre, à donner le tournis, sur l'écran, avec un calcul rapide il se rendit compte que c'était là somme de ses petits boulots. Les frais d'inscriptions des voyages scolaires, ses inscriptions au kendo, ces diverses dépenses pour son matériel scolaire et sportif. Cela le rendit de plus mauvaise humeur encore. Aussi il sortit de la banque et entra dans le premier cyber café qu'il trouva, chercha l'adresse du cabinet de l'avocat pour s'y rendre et lui dire sa façon de penser.
Quand il arriva sur les lieux un peu plus tard dans la journée, la secrétaire introduit le jeune homme dans le bureau de l'avocat.
- Je ne veux pas de cet argent ! salua Shiryu.
- Bonjour, asseyez-vous ! Désirez-vous quelque chose à boire ?
- Merci mais non et je ne désire rien, répondit Shiryu en espérant que l'homme de loi comprenne l'allusion.
* Pure invention de la part des auteurs attribuée pour l'histoire à l'avocat et au directeur pour que Shiryu accepte le financement.
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A la pause de ses cours, Camus mit ses écouteurs sur ses oreilles actionna la musique, sortit un ouvrage de science qu'il commença à lire. Jusqu'à ce qu'un importun tire sur le câble faisant tomber les écouteurs.
- Camus, mon beau, pourquoi tu n'as pas répondu à mes appels ? J'étais très inquiet tu sais, tu m'as beaucoup manqué pendant les vacances, on a raté plein de soirées par ta faute.
Le français lui se retint in extremis de coller son poing dans la figure de son ex.
- Trouve-toi un autre riche qui t'ouvrira les portes des soirées mondaines Mime ! Je ne suis plus ton passeport pour les paillettes qui t'attirent tant !
Sur ce le jeune homme remit ses écouteurs et se replongea dans son livre en attendant la reprise.
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Hyoga avec toute sa classe étaient entrainés par leur prof de sport pour un marathon autour du quartier. Il était en tête avec Siegfried. Mais au coin d'une rue il heurta violemment quelqu'un, et ils s'effondrèrent tous les deux à terre.
- Pardon ! Désolé ! Je ne savais pas qu'il y avait quelqu'un derrière le coin ! s'excusa le jeune homme en se levant, tendant sa main pour aider la personne à se relever.
- Moi je ne pensais pas qu'il y aurait un boulet de canon ! railla l'autre en acceptant l'aide.
- Désolé vraiment ! Je…
- Vous êtes blessé ! remarqua l'homme en entrainant Hyoga pour l'asseoir sur un banc.
- Trois fois rien et vous ?
- Je pense plutôt que vous avez besoins de points de sutures, coupa l'homme en examinant la plaie du genou de Hyoga.
Pour la première fois l'homme planta son regard bleu marine dans le regard bleu glacier de Hyoga.
- Je suis Kanon Gemini, détective privé et vous ?
- Hyoga, fut tout juste capable de répondre je jeune homme.
- Hyoga ! Hyoga ! Vous allez bien ? s'écria le professeur responsable de l'évènement en arrivant en courant complètement affolé. On m'a dit que vous vous étiez blessé !
- Il lui faut des points de suture, répondit Kanon, si vous voulez je l'emmène à l'hôpital de suite.
- Ce n'est pas si grave que ça Mr Gémini… tenta de protester le jeune sportif.
- Vous êtes ? interrogea le professeur d'une voix un peu sèche se demandant qui était l'homme et pourquoi il était là.
- Kanon Gémini, détective privé, se présenta le grec en sortant sa carte professionnelle. Nous nous sommes heurtés tous les deux, je n'avais pas vu les affiches pour le marathon. C'est la moindre des choses que je l'emmène à l'hôpital.
- Je…
- Je comprends et je partage vos inquiétudes mais appelez le commandant Gémini, c'est mon frère, il travaille avec la police française en ce moment, continua Kanon en lui tendant une autre carte de visite, il se portera garant pour moi. Promis je vous le ramène au lycée dès que c'est fini.
- Vous pensez que c'est vraiment nécessaire d'en arriver là professeur ? s'étonna Hyoga un peu vexé qu'on l'ait complètement ignoré dans cette histoire.
- Ton professeur est responsable de toi, ça me parait tout à fait légitime voir même prudent, lui glissa Kanon pendant son professeur téléphonait sans tenir compte de sa remarque. On voit tellement de chose de nos jours, il ne fait que son travail tu sais.
- Oui mais quand même… je suis plus un gosse !
- C'est vrai ça ? se moqua Kanon, amusé.
- Merci Mr Gémini, sourit le professeur rassuré après avoir raccroché, je compte sur vous pour vous occuper de cette tête brulée et nous le ramener.
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Chez les Ariès
Shion regardait Kilian en train de prendre son goûter tout en lui racontant sa journée comme il avait pris l'habitude de le faire depuis quelques jours. Il se servit un thé et participa à la conversation du petit garçon tout en songeant à Lorcan qui était parti voir son imprésario. Il savait que son amour allait choisir une pièce pour la jouer à Paris et déjà cela le rendait jaloux… Ce matin, il avait fallu que Mu vienne toquer à leur porte en criant, « On a faim Kilian et moi ! » pour que cela suffise à interrompre leur réconciliation. Mais le suédois avait simplement fait la moue en disant « Vas-y, de toute façon j'ai une journée chargée moi aussi ! ». Décidément, il n'était pas facile de concilier paternité avec amour… Il allait falloir qu'il arrive à se faire pardonner. Mais pour l'instant, il devait avant tout s'occuper de son fils.
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Quelques jours étaient passés depuis la confrontation de Shiryu avec cet avocat qui n'avait rien voulu entendre et il ne décolérait pas. Il avait décidé d'ignorer ce don. Il avait donc mis tout l'argent de côté sur un compte de dépôt en attendant d'en connaitre le prix. Rien n'était jamais gratuit dans la vie et il était hors de question qu'on lui fasse payer un jour ce don. Il ne changea donc rien à ses habitudes.
Comme chaque vendredi soir, il fit son numéro et se retrouva une nouvelle fois à pleurer en silence sur la caisse en bois à la fin.
- Alors tu préfères ça ? l'interrogea une voix qu'il n'eut aucun mal à reconnaitre. Dohko.
Il leva les yeux et le trouva là devant lui avec un air qu'il n'arrivait pas à définir. Colère ? Déception ? Tristesse ?
- Dohko ?!
- Tu as raison remarques, continuait ce dernier. C'est surement plus gratifiant de payer ses études comme ça que d'accepter un don anonyme… je savais que tu étais particulièrement têtu et fier mais tu sais Shiryu, tu penses que ça en vaut vraiment le coup ?
- Je…
- Ce don, il venait de moi mais je vais donner l'ordre à mon avocat qu'il se rétracte comme tu l'as souhaité. Je sais qu'on ne se connait pas depuis si longtemps que ça. Mais quand même, je croyais qu'on pouvait se parler à cœur ouvert. Si vraiment tu m'avais fait un peu plus confiance pour venir m'en parler, alors je t'aurais tout dis. Mais je crois que je me suis trompé sur toi… Je te souhaite bonne chance pour la suite !
Dohko partit le laissant planter là. Il avait mal mais c'était la seule solution pour lui ouvrir les yeux… il espérait juste qu'il mettrait sa foutue fierté de côté pour une fois. Même si elle était tout à son honneur, il n'arriverait jamais à rien s'il ne faisait confiance à personne.
Le PDG rentra rapidement chez lui, fila sous la douche et actionna l'eau froide, il fallait qu'il se calme, voir le spectacle de Shiryu l'avait mis dans tous ses états. Il le revoyait au ralenti, ses habits qui le quittaient petit à petit d'une façon des plus sensuelles. Dohko frappa du poing le carrelage, ce spectacle aurait dû être pour lui seul.
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Shiryu avait vraiment été pris au dépourvu. Il ne s'attendait pas du tout à ça, il n'avait plus qu'une envie, se jeter du haut d'un pont. C'était vraiment la seule chose qu'il ne voulait pas : que Dohko découvre ce qu'il faisait les vendredis soir.
A la place d'un pont, il se retrouva devant la grille de la maison de Kilian.
Il tendit la main pour sonner mais se ravisa en se disant que ce n'était vraiment pas une heure pour débarquer, aussi fit-il demi-tour la mort dans l'âme.
- T'as pas sonné ? l'interpella une voix.
- Lorcan ? Que fais-tu dehors si tard ? demanda Shiryu.
- Reviens du boulot...Tu as une tête à faire peur ! Il s'est passé un truc ? Viens, on va allez boire un chocolat chaud, d'après Kilian c'est le remède miracle.
Sans qu'il ne comprenne comment, Shiryu se retrouva devant une tasse de chocolat chaud à moitié vide en ayant tout raconté à Lorcan.
- Vois ça comme un prêt, lui dit alors le suédois.
- Pardon ?
- Considères ça comme un prêt, répéta l'acteur. Tu rembourseras Dohko petit à petit quand tu travailleras. Tu ne vas pas tenir le coup comme ça… Je parie même que tes notes s'en ressentent.
- Comment tu sais ça toi ?
Lorcan lui fit un petit sourire mais n'en dit pas plus. Il avait vu Shion et Mu s'écrouler de fatigue à plusieurs reprises quant à la mort de leurs parents ils avaient dû reprendre l'entreprise familiale en plus de suivre les cours et rester au top niveau.
- Mais, c'est son argent.
- Qu'il te prête, pour que tu puisses te concentrer sur tes études.
- Mais…
- Ce qu'il attend de toi c'est que tu réussisses. Ce sera la plus belle récompense que tu pourras lui offrir. Allez vient, il est temps de dormir !
Lorcan avait installé Shiryu dans une chambre d'ami, et lui avait prêté un pyjama propre.
Après une bonne nuit de sommeil, le jeune homme aurait sans doute les idées plus claires.
Ensuite le jeune acteur entra dans la chambre qu'il partageait avec Shion et fut surpris de voir des roses partout.
- Il y en a mille et une, souffla la voix de son amour dans le creux de son oreille.
Shion déboutonna le premier bouton de la chemise de Lorcan, ce dernier se retourna pour faire face à son amant.
- Merci, elles sont magnifiques avant de lui dérober un sulfureux baiser.
- Mais tu es nu ! remarqua-t-il
- Toi par contre, tu es trop habillé. On va remédier à ça, répondit simplement Shion en détachant les autres boutons.
L'acteur se laissa faire, admirant sans gêne le corps de Shion. Une fois qu'il fut totalement déshabillé, il s'autorisa à parcourir le corps de son amour. Entre caresses et baisers ils se retrouvèrent sur leur lit.
- Tu es magnifique, soupira l'acteur entre deux caresses.
- C'est toi qui es magnifique, rétorqua Shion avant de reprendre là où il en était.
A mesure qu'il découvrait le corps de son amant, il en apprenait les tours et les contours, notant mentalement les endroits qui le faisaient réagir plus fort et plus violemment. Ils avaient tout leur temps pour apprendre à se découvrir, à chercher et à trouver leurs zones érogènes. Mais pour l'instant, le désir, qu'ils avaient chacun accumulé depuis le début de leur relation s'exprimait bien au-delà de tout ce qu'ils avaient pu imaginer. Car Lorcan était loin d'être en reste.
Lui aussi explorait, caressait, testait les réactions du corps de son amant sous ses mains, ses baisers… Tout ce dont il avait si longtemps rêvé s'offrait cette nuit à lui. Il s'impatientait, voulait tout tester, essayer, il gémissait malgré lui le corps en ébullition.
Il glissa le long du torse du tibétain et commença à lécher la fière virilité dressée devant lui. Shion émit un râle si profond que Lorcan s'aventura encore plus loin en prenant le membre dans sa bouche et en commençant à faire de long va et vient. Les mains de Shion, elles, glissèrent sur les fesses de du suédois et commença à explorer son intimité avec ses doigts, faisant se cambrer son amant.
Le plus vieux décida d'accélérer car cette nuit ne serait pas celle de la tendresse, Lorcan était bien trop bouillonnant dans ses bras, lui-même sentait son propre corps au bord de l'explosion. Cet instant, ils en avaient trop rêvé, et son amant certainement encore plus que lui s'il en croyait les dires de Mu.
- Viens mon amour, il est temps… murmura Shion en se redressant après voir longuement préparé le corps de Lorcan à sa venue.
Ce dernier s'allongea sur le dos et releva ses jambes, s'offrant tout entier à l'homme qu'il aimait. Shion l'embrassa longuement et fougueusement avant de le pénétrer doucement. Il s'arrêta le temps que Lorcan s'habitue à sa présence. Il était presque à bout et savait que l'extase ne tarderait à les transporter tous les deux dans un autre monde.
L'acteur eut enfin l'impression de se sentir enfin entier. Il noua ses jambes dans le dos de Shion, lui permettant de plonger encore plus profond. Lui aussi savait qu'il ne tiendrait pas très longtemps, surtout que la main de son amant venait de saisir son sexe gonflé et déjà prêt à exploser. Il ne devait pas crier, il le savait car Kilian dormait dans la chambre voisine, pourtant un petit cri lui échappa malgré lui tellement ressentait de choses qu'il n'avait encore jamais expérimenté avec personne. Il le savait, il était fait pour Shion, son corps tout entier était fait pour ses mains, sa peau qui l'électrisait, son sexe qui épousait si parfaitement son intimité.
Le tibétain sentait lui aussi cette étrange résonnance entre eux. Il en était à la fois surpris et ravi, avait-il enfin trouvé le bonheur ? Mais il était trop tôt encore pour se poser cette question et pour l'heure, lui aussi sentait monter en lui ce long frisson qui annonçait l'extase finale. Il partit de ses reins pour lentement remonter le long de sa colonne vertébrale.
-Aide-moi à te faire jouir en même temps que moi, glissa-t-il à son amant.
Le suédois joignit sa main à la sienne sur son sexe et son amant le releva contre son torse pour laisser la vague qui les submergea quasiment en même temps, les emporter. Ils furent projetés à des années lumières de la pièce où ils étaient tellement ce fut violent et vibrant. Chaque cellule de leurs deux corps sembla briller de mille feux alors qu'ils laissèrent leurs gorges émettre des râles et des grognements profonds, à défaut de cris.
Longtemps après, alors que leurs corps étaient encore parcourus de soubresauts, ils se laissèrent tomber sur le lit doucement, toujours unis. Encore plus longtemps après, Shion se dégagea pour prendre Lorcan dans ses bras et l'embrasser tendrement.
- Si tu savais comme je t'aime, murmura-t-il à son oreille avant de se lever pour aller à la salle de bain jouxtant sa chambre, laissant son amant abasourdi.
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Le lendemain matin
La maison était silencieuse. Shion était parti accompagner Kilian à l'école, puis il devait faire un saut au magasin, Lorcan lui avait répétition et Shiryu était repartit alors Mu était seul avec Snow.
Mais ce matin, il était fébrile, il y avait un truc qui clochait, il ne savait pas quoi mais il savait qu'un truc n'allait pas. Aussi il prit Snow et quitta la maison, mais une fois dans la rue ce fut pire, pourtant il continua d'avancer, son guide laissant échapper de temps à autre une petite plainte d'inquiétude. Mu trouva un banc et s'assit dessus.
Sa respiration commença à se faire laborieuse. Il attrapa son portable et envoya un texto à Camus.
"Suis perdu, pas bien, besoin de te voir"
De son côté, Hyoga râlait contre lui-même. Comment cette petite égratignure de rien du tout, qui lui avait coûté huit minuscules points de suture pouvaient lui interdire de faire du sport
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Shion était en train de trainer dans les rayons à la recherche de vêtements pour Kilian quand son portable vibra dans sa poche. Il décrocha, surpris :
- Camus ! Qu'est-ce qui t'arrive ?
Deux minutes plus tard, il raccrochait après avoir dit au jeune homme de prévenir Lorcan ainsi que tous leurs amis et de commencer à chercher autour de la maison. Il quitta rapidement le magasin et composa le numéro de Kanon à qui il expliqua brièvement la situation.
- Je localise son portable et je te rappelle de suite.
Tout en commençant lui aussi à parcourir les rues alentours, il envoya un rapide texto à Dohko, Lorcan et Shiryu.
Camus n'avait pas attendu les instructions de Shion pour se précipiter dans le quartier où résidait Mu. Il avait quitté son cours dès qu'il avait reçu le SMS et parcourait maintenant méthodiquement les nombreuses rues sinueuses de ce quartier résidentiel de la capitale parisienne.
Son cœur battait la chamade et une sourde angoisse l'avait envahie alors qu'il appelait également son cousin à la rescousse, plus nombreux ils seraient, plus vite ils le retrouveraient. Il avait beau tenter de se rassurer en songeant que Snow était avec lui, il n'arrivait pas à se raisonner. Mu était en danger.
Hyoga sortit de la station de métro quelques minutes après Shiryu qui s'était également précipité ici à l'appel de Shion. Dohko lui arriva en taxi et tous cherchèrent partout, certains finirent même par se croiser. Lorcan était fou d'inquiétude mais Mu restait introuvable.
Snow avait senti le danger et cherchait dans la foule peu nombreuse quelqu'un qui pourrait aider Mu. Il avait beau tenté de capter des odeurs connues, elles n'arrivaient pas et son maitre ne pouvait pas attendre beaucoup plus longtemps. Il vit alors un jeune homme qui arrivait tranquillement, des écouteurs dans les oreilles. Il coupa sa route en aboyant pour attirer son attention tout en surveillant Mu qui avait fini par le lâcher et qui commençait à perdre connaissance.
Le jeune Shun faillit bien buter dans le chien mais comprit tout de suite que la bête n'était pas dans son état normal quand elle attrapa le bas de son pantalon pour le tirer doucement. Il ôta ses écouteurs et dit :
- Qu'est-ce qu'il y a mon chien ?
Snow aboya et retourna auprès de Mu qui n'était qu'à quelques mètres de là mais sur un banc un peu à l'écart de la rue. Shun saisit la situation en un instant se précipitant vers le jeune homme. C'est à ce moment que Snow capta l'odeur de Lorcan et de Camus qui arrivait chacun d'un côté de la rue.
L'un comme l'autre le vire sur le trottoir aboyant fébrilement et se précipitèrent vers lui.
- Monsieur ! Monsieur ! Réveillez-vous ! fit Shun mais l'homme ne semblait pas l'entendre aussi il n'hésita pas et appela les secours
L'opératrice lui promit que l'ambulance serait là dans moins d'une minute.
-Monsieur, tout ira bien, les secours sont en route, dit Shun à l'attention de Mu tentant toujours de le réveiller.
- Mu ! crièrent deux voix à l'unisson se précipitant sur l'évanoui.
- Il est inconscient...
Ils n'eurent le temps de rien d'autre, l'ambulance s'arrêta pratiquement devant eux, ainsi que l'équipe médicale.
- Que s'est-il passé ? demanda une personne.
- Le chien m'a arrêté et j'ai vu ce jeune homme tomber alors qu'il était assis sur le banc.
- Son cœur s'affole ! Il risque de lâcher ! Pas une minute à perdre ! dit une autre.
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, Mu se retrouva sur le brancard, dans l'ambulance en direction de l'hôpital le plus proche.
Shun les accompagnait vu que c'était le témoin du malaise. Camus et Lorcan installés dans un taxi en direction du même hôpital appelaient tout le monde, pour les prévenir de la situation et où était emmené Mu. Snow était avec eux n'ayant pas pu monter dans l'ambulance, il geignait doucement.
A suivre…
