Mot de l'auteur : AH purée, lui il traînait dans mes brouillons depuis un moment alors c'est une sacré délivrance d'avoir poser le mot de la fin dessus. Je me demande encore si je suis satisfaite ou pas ? Je verrais bien plus tard. MAIS bon, bonne lecture les loulous !
Disclamer : Nop, nop et nop, Drarry ne sont pas à moi, cela semble évident.
Draco marchait lentement.
Son corps avançait comme une machine vers le lac Noir de Poudlard. Comme un patin, que rien ne pouvait attendre ; et c'était vrai. Rien ne venait se mettre en travers de son chemin, pas même le temps aussi sombre que sa tête. Rien ne viendrait plus le briser, que la bombe qui pesait sur lui. Son cœur embourbé l'empêchait de bien réfléchir mais après tout, maintenant il n'avait plus besoin de réfléchir surtout depuis que Potter avait lâché la bombe, depuis que Potter avait foutu le camp.
Draco n'avait rien vu venir.
Ses mains étaient enfoncées dans les poches de son long manteau noir et il cachait le bas de son visage dans cette putain de grosse écharpe en coton blanc. Cette écharpe qu'Harry lui avait achetée. Rien ne pressait aujourd'hui, Draco pouvait bien revenir sur un de leurs nombreux souvenirs. Il pouvait bien se rappeler de ce fameux jour où Potter l'avait kidnappé un matin pour aller faire un marché de Noël en France. Le blondinet se souvient avoir râler comme à son habitude, avoir râler parce qu'il avait froid et Potter lui avait acheté cette écharpe. Et Draco l'avait mise chaque jour de chaque hiver. Il se souvînt aussi que ce jour-là, après avoir eu l'écharpe, il s'était plaint d'avoir froid aux mains, que c'était inacceptable de le laisser avoir froid de cette manière. Potter avait alors enlevé un gant pour lui mettre sur une main et celles qui ne cessaient de se frôler, de se chercher s'étaient naturellement enlacer. La main de Potter dans la sienne avait suffi à lui réchauffer le corps entier. Il n'avait pas osé se plaindre d'autre chose, ce jour-là. Parce que tout avait été parfait avec Harry, tout l'était toujours de toute façon quand il était là, même s'il s'amusait à lui dire le contraire.
Mais maintenant Harry, ce fichu Harry Potter n'était plus là. Maintenant ce sale merdeux de Gryffondor l'avait viré, évincé de sa vie comme on évince une vieille chaussette, comme on évince un elfe de maison. Potter avait osé tourné la page sur leur relation, avait osé tirer un trait sur leur amour parce qu'il était fatigué.
« Fatiguer ? Mais Harry, fatigué de quoi ? », Draco se souvenait avoir posé ces questions. Il se souvenait de sa voix désespérée, de sa gorge qui commençait à se nouer, des larmes qui commençaient à lui brûler les yeux et de son cœur qui commençait à se briser. Comment pouvait-il être fatigué ? Comment leur relation avait-elle pu le fatigué ? Tout était si naturel entre eux, si parfait, si harmonieux ... Et Harry ne cessait de répéter « Tout, Dray, de tout. ». Ce n'était pas une réponse, loin de là et Draco le savait alors il s'était énervé. Il l'avait attrapé par le col et plaquer contre le mur, hurlant sa fureur pendant que le brun était resté impassible, intouchable même face au désespoir de la personne qu'il prétendait le plus aimé, avoir le plus aimé.
Et maintenant, debout comme un « i » devant le Lac noir il laisse ses larmes traverser ses yeux une fois de plus, en l'honneur d'Harry Potter et de leur relation si étincelante, si chaotique jusque dans sa rupture. Il était certain qu'Harry l'avait aimé un jour, aussi fort que lui avait pu l'aimer. Draco l'avait senti ; on ne vit pas un tel amour avec quelqu'un qui ne nous aime pas. Mais plus le temps avait passé, plus le blond l'avait senti, l'avait décelé, cette fissure chez Harry qui n'apparaissait que rarement. Cette faiblesse, cette noirceur qui imprégnait le cœur du brun, qui imprégnait son âme. Pendant huit ans, Malfoy l'avait combattu comme il avait pu ; vaillamment dès le début, sûr de lui, sûr de sa victoire éternelle.
Il y a six mois, cette faiblesse a eu raison d'Harry, a eu raison de leur couple.
Et Draco avait osé jouer l'étonnement. Comme s'il ne s'y attendait pas, comme s'il ne s'y était jamais attendu, comme s'il n'avait jamais eu conscience, vent de son existence. Draco avait toujours été bon menteur mais Potter s'était avéré bien meilleur que lui dans la comédie ; encore une fois et de loin. Même à leur rupture, Draco avait continué de jouer l'étonner et peut-être qu'en réalité ce n'était pas de la comédie, peut-être que cela vraiment il ne l'avait pas vu venir. Parce qu'en réalité, Draco Malfoy n'avait jamais ô grand jamais, soupçonner une possible rupture entre lui et Potter. Depuis le début, cela lui avait été inconcevable, impensable mais tout comme là où les sentiments d'Harry avait su l'étonner, le surprendre il avait su reproduire la même chose avec leur rupture. L'étonner une deuxième fois, c'était tout Potter ça, à toujours vouloir se démarquer, se faire remarquer.
Draco ne voyait pas pourquoi, pourquoi faire ça, pourquoi lui briser le cœur. Et, il aurait bien été tenté de dire que s'il avait su ... s'il avait su jamais il ne se serait déclaré, jamais il ne se serait engagé dans cette relation. Mais bon, là face au Lac Noir, la tête enfoncée dans l'écharpe qui sentait encore l'odeur d'Harry il n'avait pas le cœur à mentir : il était clair qu'il aurait tout de même foncé. Peut-être pour essayer de changer la fin, parce que Potter lui avait bien appris ça : qu'on pouvait toujours modifier son destin, qu'il n'appartenait qu'à nous. Têtu comme il l'était, Dray savait qu'il aurait foncé dans le mur une deuxième fois, ou même une troisième fois pour faire ravaler à l'existence son sourire et lui prouver que rien n'était écrit.
Mais pas aujourd'hui.
Aujourd'hui, il se contentera de laisser le souvenir amer de Potter qui l'embrasse devant le Lac pour officialiser leur coupe.
Aujourd'hui, il se contentera de se rappeler une dernière fois le goût des lèvres d'Harry sur les siennes, de son corps qui étouffe, qui épouse le sien.
Aujourd'hui, il se contentera de laisser la voix de Potter qui résonne encore un peu dans sa tête le réchauffer, et ses pupilles vertes l'allumer.
Demain, peut-être qu'il retournera se battre contre l'existence, ou dans une autre vie. Une vie où Potter est sien encore, où Potter respire encore. Parce qu'ici, il n'y a plus que le vide et l'absence d'Harry sur le monde sorcier, sur son cœur.
La main emmitouflée dans son gant, il tire sa baguette de l'intérieur de son manteau et la pointe sur sa tempe. Aujourd'hui, il dit au revoir à Harry, à Potter et à cette vie. Demain, il ira se battre dans son autre vie, sûrement.
« Oubliettes, il chuchote tout doucement. »
