Mettre les pieds dans les secrets

Sans imaginer une seule seconde qu'elle avait tort, Hermione déverrouilla la porte du bureau de la direction des Aurors en utilisant le sortilège qu'Harry lui avait confié, désactivant toutes les alarmes qu'elle connaissait. D'un regard circulaire, elle s'assura que tout était en place tel qu'elle se le visualisait d'habitude. Tout semblait en ordre, aucune trace de cambriolage. La sorcière s'assit alors sur le fauteuil et commença à ouvrir les tiroirs devant elle. Quiconque aurait pu penser qu'elle faisait intrusion dans les affaires de son meilleur ami, fouillant là où elle n'avait rien à faire, mais entre eux, il n'y avait pas de secret.

C'était ce qu'elle croyait jusque là. Dans le tiroir tout en bas, elle souleva une épaisse pile de parchemins couverts d'écriture et tomba sur une pochette entourée d'un fin ruban. Un seul mot était écrit dessus en lettres capitales, « Australie ». Elle savait que les dossiers de coopération internationale étaient rangés dans l'étagère et pas dans le bureau. Elle feuilleta les nombreux parchemins qui se trouvaient à l'intérieur.

Mais à l'intérieur, il n'y avait que des dizaines d'annonces immobilières à travers tout le pays. Certaines étaient parfois annotées : « vue sur la mer », « chambre pour enfants », ou encore « bonne école à proximité ». À part si Harry et Ginny prévoyaient de déménager en Australie, Hermione ne voyait pas vraiment ce que ce dossier venait faire là. Elle tourna encore quelques parchemins et tomba sur une photographie qui lui coupa le souffle.

C'était une photo d'un joli petit garçon aux cheveux blonds presque blancs, au nez droit et aux yeux gris. Alors qu'elle se demandait ce que Harry faisait avec une photo de Drago Malfoy enfant, elle se dit que tout cela devenait vraiment étrange et n'avait ni queue ni tête.

La brune bailla et se rendit compte qu'elle était arrivée au Ministère plus d'une heure et demie plus tôt. Elle remit le dossier à sa place, se promettant d'en parler à Harry au plus vite pour tirer tout cela au clair. Et alors qu'elle jetait un dernier regard au bureau, elle aperçut un bout de parchemin qui attira son attention. Elle le déplia et lut les lettres finement écrites « J'ai suivi tes conseils et tout s'est bien passé. À la prochaine. D.M. ». Plus rien n'avait de sens.

Quand elle transplana dans son salon, Hermione vit que Ron avait eu la présence d'esprit d'aller dormir sur le canapé. Elle se rendit compte aussi qu'avec toutes ces bizarreries en lien avec Malfoy, elle n'avait plus pensé à leur dispute. Mais les faits étaient là et il fallait qu'elle trouve une solution pour que les choses s'arrangent.

La fin de semaine fut un véritable calvaire pour la jeune femme. Elle croulait sous la paperasse et sous la pression de deux nouveaux candidats aux élections. Ses disputes avec Ron étaient devenues si fréquentes qu'ils ouvraient rarement la bouche pour autre chose que des reproches. Heureusement que les enfants passaient leurs journées à l'école. Et en plus de tout cela, elle croisait Malfoy tous les jours dans les couloirs du Ministère, n'échangeant que de vagues politesses. Il lui était devenu impossible de mener une véritable discussion avec Harry car il travaillait d'arrache-pied sur l'enquête menée par Ron, par conséquent ils étaient toujours ensemble.

8 mars 2015

Complètement dépassée, Hermione craqua le dimanche matin alors que Rose et Hugo partaient passer la journée chez les Potter.

« Tu ne t'occupes plus d'eux, avait lâché Ron alors qu'elle venait de refermer la porte sur Ginny.

– Je t'interdis de dire que je ne m'occupe pas de nos enfants, avait-elle rétorqué, profondément touchée. Je ne m'en occupe pas moins que toi !

– Tu te débrouilles toujours pour les refiler à ma mère ou aujourd'hui à Ginny pour pouvoir t'enfermer dans ton bureau qui devait être le notre, au passage.

Hermione fut choquée par ces mots. Elle n'avait jamais rien fais de mal vis-à-vis des deux petits, elle prenait toujours le temps de déjeuner avec eux le matin, vérifiant leurs affaires pour l'école. C'était peut-être Ron qui les déposait tous les jours, mais ils s'étaient mis d'accord comme cela parce qu'il commençait une heure plus tard qu'elle au ministère. Et tous les soirs, elle passait du temps dans leur chambre à jouer avec eux, à les aider pour les devoirs ou à leur lire des contes. Tout cela, Ron ne le faisait pas ou très rarement.

– J'ai toujours eu du mal à comprendre pourquoi tu voulais avoir beaucoup d'enfants alors que tu es aussi maladroit avec eux qu'avec les femmes, déclara-t-elle froidement. J'appelle mes parents pour qu'ils viennent dès que possible comme ça je ne ferai plus appel à ta famille pour garder Rose et Hugo. Je prendrai aussi mes affaires et j'irai vivre ailleurs pendant la campagne comme ça ton bureau sera libre et ça te fera des vacances. »

L'atmosphère de l'appartement s'alourdit brutalement. Le rouquin, surpris par la tournure des événements, ne répondit rien alors qu'elle s'enfermait dans leur chambre à coucher. Hermione parcourut la penderie des yeux. C'était radical, mais elle ne voyait pas d'autre solution. Ils ne pouvaient pas passer tout leur temps à se disputer, cela l'épuisait et ce n'était pas bien pour les enfants.

Et puis elle tenait beaucoup à Ron. Malgré tous leurs différends et les haussements de voix, il était son meilleur ami depuis plus de vingt ans. Si le mariage n'avait pas été une bonne chose pour eux, elle ne souhaitait pour rien au monde perdre leur amitié.

Elle empaqueta tous ses tailleurs de travail et quelques vêtements plus décontractés, son pyjama, ses affaires de toilette et son téléphone portable pour joindre ses parents. Lorsqu'elle posa sa valise sur le canapé pour aller chercher ses dossiers dans le bureau, elle entendit derrière elle :

« Hermione, tu n'étais pas sérieuse quand même !

– Est-ce que j'ai l'air de plaisanter ? demanda-t-elle en rangeant tous ses parchemins sur ses vêtements.

– Mais, où est-ce que tu vas aller ? s'exclama Ron désemparé. On ne va pas se séparer, si ?

– Je ne sais pas Ron. Et non, je ne suis pas en train de te quitter, on ne va pas se séparer.

Maintenant qu'il prenait conscience de la situation dans laquelle ils étaient, il semblait soudainement apeuré comme un enfant dans le noir.

– Je pense que c'est mieux pour nous quatre qu'on prenne un peu de distance, pendant le temps de la campagne au moins. On pourra tous les deux faire le point et on verra ce qu'on fera ensuite.

– Hermione, commença le rouquin un peu gêné, je t'ai…

– Tu m'aimes, mais… le coupa la brune. Oui, je me souviens. On expliquera tout cela aux enfants ce soir. »

La jeune femme saisit son manteau et transplana sur le Chemin de Traverse. Le mois de mars avançait et l'air froid était saisissant. Elle erra quelques temps avant d'entrer dans le hall d'un hôtel qu'elle savait agréable et calme. Hermione prit une chambre, au moins pour la nuit et une fois installée, elle téléphona à ses parents qui se mettaient au lit. Ils acceptèrent très volontiers de venir passer quelques temps à Londres et s'assureraient d'arriver le lendemain soir.

Ce problème réglé, la sorcière décida qu'elle irait voir ses enfants chez les Potter. Après tout, elle voulait profiter de son dimanche et par la même occasion, elle parlerait avec Harry. Et quand elle arriva chez eux, c'est ce qu'elle fit.

Hermione regardait tous les enfants jouer dans l'herbe du jardin. James portait Hugo sur ses genoux et lui faisait des chatouilles. Tous les cinq riaient aux éclats. Ginny sur la terrasse les couvait du regard, réprimandant parfois Albus ou Rose qui se chamaillaient un peu trop vivement.

« Alors, cette première semaine de campagne s'est bien passée ? demanda Harry en leur servant un verre jus de citrouille.

– Je ne suis candidate que depuis jeudi officiellement, souligna la brune. Mais non, je ne peux pas vraiment dire que ça se passe bien.

Son meilleur ami lui lança un regard interrogateur.

– C'est très compliqué avec Ron, expliqua-t-elle. Pour tout te dire, j'ai quitté l'appartement ce matin, on fait une pause pendant la campagne parce qu'on passe notre temps à se hurler dessus.

– Vraiment ? Mais vous ne vous disputiez pas tant que ça, si ?

– Ça fait des années déjà que c'est compliqué, déclara Ginny qui venait de rentrer.

Hermione acquiesça pour confirmer ses paroles.

– Tu peux rester ici, tu sais, proposa la rouquine en ressortant avec un manteau.

– C'est gentil, mais je ne veux pas vous envahir. Je vais rester à l'hôtel, le temps que les choses se calment.

Harry sembla affligé d'apprendre que le couple de ses meilleurs amis partait en fumée sans qu'il ne s'en soit aperçu.

– Harry, j'ai besoin de savoir quelque chose et j'aimerai que tu me dises la vérité, déclara la jeune femme.

Il hocha la tête, suspicieux.

– Qu'est-ce qu'il se passe avec Malfoy ? Tu m'as dit la dernière fois qu'il avait des choses à faire avec le Magenmagot, mais ce n'est pas entièrement vrai. Il trafique quelque chose et tu es au courant. Qu'est-ce qu'il fait à Londres et où était-il jusqu'à présent ?

Harry soupira, ne cherchant plus à mentir.

– Ça a commencé au procès des Malfoy, commença le brun. Drago est venu me voir après que j'ai plaidé en leur faveur et qu'ils ont été tous les trois innocentés. Il voulait simplement me remercier. Pas pour lui ni pour son père, mais pour sa mère qui n'avait rien mérité de tout cela. C'était la première fois qu'on se reparlait depuis la fin de la guerre.

Hermione se rendait compte qu'elle avait soulevé quelque chose qui remontait à de nombreuses années et qu'elle n'était pas au bout de ses surprises.

– Un an après, il est revenu vers moi alors que je travaillais déjà chez les Aurors et il m'a demandé de faire marcher mes connaissances pour le faire disparaître. Il voulait quitter Londres et l'Angleterre pour emménager ailleurs et avait besoin de mon aide pour obtenir la protection du Ministère contre des anciens Mangemorts peu satisfaits que les Malfoy n'aient pas été jugés coupables.

Peu à peu, les lumières s'éclairaient dans le cerveau d'Hermione qui faisait le lien entre toutes les informations qu'elle avait.

– J'ai réussi à mettre en place un protectorat via les accords internationaux avec l'Australie, le même qu'on utilise pour tous les petits avantages accordés à tes parents. Il est donc parti vivre là-bas et il a disparu d'Angleterre comme il le souhaitait.

– Pourquoi est-il revenu maintenant ? s'enquit la brune.

– Je ne sais pas, il m'a parlé d'histoires avec sa famille, je n'en sais pas plus. Il n'est pas très loquace, même avec moi. »

Hermione ne contenta de cela, déjà satisfaite d'avoir fait le point sur toutes ces étrangetés.

Le soir venu, il fallut expliquer aux enfants que pendant quelques temps, elle ne dormirait plus à la maison. Alors que Ron se démenait pour la faire changer d'avis, elle promettait à Rose et Hugo d'être là pour les coucher tous les soirs. Quand elle et Ron travailleraient, ils iraient passer du temps chez leurs grand-parents moldus. La brune quitta leur appartement quand les deux petits furent endormis.

La semaine qui arriva ne permit pas à Hermione de souffler une seconde. Kingsley la sollicitait tous les jours pendant plusieurs heures pour la campagne alors que les deux nouveaux candidats multipliaient les apparitions publiques. D'un côté il y avait Harold Skivery, banquier retraité vivant de ses rentes et aux idées politiques grotesques, incapable de diriger un pays selon la jeune femme, de l'autre, Rufus Fudge, le neveu de Cornelius Fudge, qui malgré les méfaits de son oncle, avait de bons résultats dans les sondages.

Heureusement, le département avait réussi à mettre à la disposition de la jeune femme deux employés supplémentaires pour gérer ses dossiers urgents. Elle marchait donc dans les allées avec une pile impressionnante de dossiers à déléguer dans les bras plus une autre qui volait devant elle si bien qu'elle ne voyait pas vraiment où elle posait les pieds. Au détour d'un couloir, elle percuta de plein fouet un autre sorcier qui arrivait devant et tous ses parchemins s'envolèrent, s'éparpillant au sol.

« Nom d'un loup-garou, marmonna-t-elle en reprenant ses esprits.

Hermione posa les yeux sur les chaussures noirs cirées ensevelies sous ses papiers, relevant le regard avant de soupirer.

– Malfoy, salua-t-elle dépitée.

– Tiens, Granger, excuse-moi pour tout ça, dit-il en pointant le désastre du doigt, je ne t'avais pas vue arriver.

– Non, non, c'est moi, je ne faisais pas vraiment attention.

Elle fronça les sourcils, ils s'excusaient mutuellement et c'était étrange. La brune ouvrit de grands yeux en voyant le blond se baisser et commencer à ramasser les parchemins.

– Euh… ces dossiers sont censés être confidentiels, souffla-t-elle en s'agenouillant rapidement pour couvrir le tout comme elle pouvait.

– Ne t'en fais pas, Granger, je ne regarde pas, ricana Drago.

Ils passèrent quelques minutes à arranger les dossiers en silence, parfois dépassés par d'autres employés qui traversaient le couloir en s'excusant. Un instant, leurs mains se touchèrent alors qu'ils saisissaient le même parchemin. Hermione recula ses doigts, surprise.

– Tu as les mains vraiment froides, énonça-t-elle pour tenter de combler le silence gêné qui naissait.

– Des mains froides mais un cœur chaud, rétorqua le jeune homme avec ironie.

La brune tenta de se retenir, mais laissa échapper un ricanement étonné.

– Pourquoi est-ce que tu ris ? demanda Drago en haussant les sourcils.

– Pour rien, je ne te pensais pas capable d'adages de ce genre. Et puis j'ai toujours été persuadée que tu ne devais pas avoir un cœur bien chaud pour ce que je te connais.

Un silence lourd plana, il planta son regard dans le sien et elle y perçut une pointe de nostalgie.

– Tu ne me connais pas, Granger, déclara-t-il froidement, même pas tel que j'étais à Poudlard.

Hermione se sentit tout à coup mal à l'aise. Il émanait de l'homme en face d'elle une étrange sensation, un sentiment d'amertume et de rédemption. Après tout, le Drago Malfoy qu'elle avait connu ne lui aurait jamais adressé la parole ou proposé la moindre aide. Elle se releva, essayant tant bien que mal de réarranger la quantité de dossiers pour pouvoir repartir.

– Tu ne veux pas un coup de main ?

C'était le monde à l'envers. Hermione chercha dans ces mots une forme de moquerie, mais ne trouva rien. Il lui proposait ça sérieusement.

– Pourquoi pas, finit-elle par accepter dans un soupir. »

Ils passèrent les quinze minutes suivantes sans un mot, parcourant les différents bureaux du département de la Justice pour déposer des dossiers sur les affaires du Magenmagot en cours et récupérer à la place les comptes-rendus et les jugements pour qu'Hermione puisse finir et classer les procès terminés. Les deux sorciers finirent par retourner dans le bureau de la jeune femme avec presque autant de parchemins que ce qu'elle avait pris.

« Tu peux tout poser sur mon bureau, dit-elle à Drago alors qu'elle rangeait ses dossiers dans ses étagères.

Le blond s'exécuta et posa les yeux sur les clefs de la chambre d'hôtel de la jeune femme. Il lui lança un regard interrogatif, mais elle répondit simplement en haussant les épaules. Ce n'étaient pas vraiment ses affaires.

– Un thé ? proposa-t-elle.

Alors qu'ils sirotaient tous deux leurs tasses, elle se disait qu'une chose n'avait pas vraiment changé : il émanait de lui une aura mystérieuse et imposante qui pouvait facilement faire pâlir les moins téméraires qu'Hermione. Une question cependant lui trottait dans l'esprit.

– Qu'est-ce que tu viens faire si souvent au ministère ?

Elle le vit sourire, une petite lumière de malice dans les pupilles.

– Toujours aussi curieuse, Granger. J'ai appris que notre cher Ministre s'en allait et quand j'ai su que tu étais candidate, je ne pouvais vraiment pas manquer ça.

La jeune femme ricana, peu crédule.

– Ce n'est pas vraiment ton cher Ministre puisque tu as pris le large en Australie.

Drago lui lança un regard glacial qui lui fit froid dans le dos.

– Comment sais-tu ça ? demanda-t-il sèchement.

– Harry, commença-t-elle gênée, je lui ai demandé ce que tu faisais là alors que je n'avais pas entendu parler de toi depuis des années. Et j'ai trouvé un dossier immobilier avec une photo de toi enfant alors il n'avait plus vraiment la possibilité de me mentir.

Le blond fronça les sourcils. Ce n'était pas lui, il n'avait jamais envoyé de photo de lui enfant à Potter.

– C'est tout ce qu'il t'a dit ?

Hermione répéta tout ce qu'elle savait et le sorcier sembla soulagé. Potter avait tenu sa langue sur le plus important, c'était tout ce qui comptait.

– Qu'est-ce que tu viens faire si souvent au Ministère ? répéta la jeune femme.

– Pourquoi est-ce que tu dors à l'hôtel ? renchérit le blond. Et pour répondre à ta remarque, j'ai toujours le droit de voter à Londres.

Hermione fit la moue. C'était une question pour une question ? Très bien, elle n'avait rien à cacher et s'en fichait pas mal de raconter quelques pans de sa vie Drago Malfoy tant qu'elle satisfaisait sa curiosité.

– Ça semble évident, non ? dit-elle. J'ai des problèmes de couple. À toi.

– J'ai des problèmes familiaux. Alors comme ça la Belette n'est pas facile à vivre ? se moqua-t-il.

La brune leva les yeux au ciel en entendant ce surnom ressurgir d'un passé lointain.

– Ron, appuya-t-elle, vit mal le fait que je travaille beaucoup et que je fasse campagne par-dessus tout. Et toi, tu t'es fâché avec papa et maman ? se moqua-t-elle à son tour.

À sa grande surprise, Drago soupira, cachant à peine son découragement.

– Mon père est malade, lâcha-t-il en s'asseyant avec nonchalance sur le fauteuil du bureau, je viens pour m'occuper de la succession. Ma mère... eh bien elle est décédée il y a un peu plus d'un an.

Il avait finit sa phrase dans un souffle et Hermione se sentit presque honteuse d'avoir mis les pieds dans le plat. Les journaux avaient accordé un encart au décès de Narcissa Malfoy, née Black. Maintenant qu'elle y repensait, elle s'en souvenait. Elle voulut dire quelque chose, mais ne trouvait pas de mots appropriés. Alors elle s'avança aux côtés du blond et posa brièvement une main sur son épaule avant de s'en aller à une distance respectable.

– Si ça ne te dérange pas, reprit-elle après un moment de silence, j'aurais besoin de ma chaise pour travailler. Tout cela ne va pas se faire seul. Merci pour le coup de main. »

Le jeune homme se leva et la remercia à son tour pour le thé avant de quitter son bureau avec un signe de main.

Et alors qu'elle se préparait à se pencher sur ses dossiers, Hermione prit conscience soudainement que c'était la première fois en plusieurs semaines qu'elle avait pu respirer un peu pendant son travail. Elle n'était pas en train de penser qu'elle avait passé un moment agréable, loin de là, mais discuter avec Malfoy lui avait complètement changé les idées. C'était quelque chose de nouveau qu'elle ne connaissait pas et en apprendre un peu sur sa vie le rendait moins hautain comme pouvait l'être le souvenir qu'elle avait de lui. Elle se rendait pleinement compte qu'elle avait cessé de le haïr il y avait bien longtemps, en oubliant son existence et leur passé commun.