Bonjour, bonjour !

Voilà la suite ! C'était un peu désorganisé jusque là, mais je vais désormais poster un chapitre par semaine. J'ai beaucoup d'avance sur l'écriture et je touche bientôt à la fin de cette fic. Je suis très contente de voir qu'elle attire autant de monde dans les stats. Vous êtes de plus en plus à la suivre et l'ajouter en favoris. N'hésitez pas à laisser une review, je vous connais trop bien les lecteurs et lectrices fantômes.

Sur ce, bonne lecture !

Et encore merci à Whimsikal pour toute la relecture.


Écarter la concurrence

24 mars 2015

« Je vais la tuer, je vais le tuer, je vais tous les tuer, marmonnait Hermione en galopant rageusement dans les couloirs du ministère.

Ses talons claquaient contre le marbre noir. Elle aurait fait peur aux quelques employés aussi matinaux qu'elle si elle en avait croisé sur sa route. Elle entra sans frapper dans le bureau de Harry. Il allait falloir qu'elle perde cette mauvaise habitude.

– Je vais les tuer tous les deux, Harry ! s'exclama-t-elle. Où est Malfoy ? Que je commence par lui !

Le brun soupira.

– Hermione, tu sais que tu as de la chance que je sois là aussi tôt aujourd'hui ? Il va falloir que tu arrêtes de rentrer comme ça dans mon bureau d'ailleurs. Non pas que ça me gêne, mais si je suis en rendez-vous ou en réunion, ce n'est pas très approprié.

La brune leva les yeux au ciel, notant tout de même la remarque dans un coin de sa tête.

– Qu'est-ce qui te rend si en colère de bon matin ? Et pourquoi veux-tu tuer Drago ?

– Ça ! s'écria-t-elle en brandissant son édition de la Gazette. Ce torchon me met hors de moi et ton cher ami Drago est un salopard bien senti. »

Harry se pencha sur l'édition qu'il avait reçue également, n'ayant pas encore eu le temps de la lire. La une sautait aux yeux, c'était une photographie de sa meilleure amie en train de discuter avec Drago, certainement prise le soir du gala vu leurs tenues respectives.

GRANGER TROQUE WEASLEY POUR MALFOY !

Alors que nous apprenions il y a quelques jours que la tempête plane dans le couple Granger/Weasley, la candidate profite de sa campagne pour élargir son entourage masculin. Drago Malfoy, que nous n'avions pas vu depuis de nombreuses années, est de retour en Angleterre et se rendait comme Madame Granger-Weasley au gala organisé par la fondation Gaïa samedi dernier. C'est sur lui qu'elle jette maintenant son dévolu. Elle se confie d'ailleurs sur son mariage : « Avec Ron, c'était bien quand on était encore une amourette de jeunesse, mais maintenant je n'arrête pas de faire des compromis pour lui ». Elle rajoute qu'avec les enfants au milieu, ce n'est plus vivable et qu'il faut leur mentir constamment pour rendre leur quotidien « tout rose alors que tout est tout noir ». Et quelle n'a pas été sa surprise en apprenant que Drago Malfoy était marié et donc inaccessible ? Hermione Granger-Weasley n'a certainement pas usé de tous ses stratagèmes pour retrouver une vie de couple excitante, avec ou sans son mari. Nous vous tiendrons au courant dès que possible.

Lauren Skeeter-Skively.

Harry reposa le journal alors que sa meilleure amie bouillonnait sur place.

« Cette pouffiasse me le paiera ! Et Malfoy aussi ! Il a dû aller lui raconter toute notre discussion pour qu'elle ponde ce torchon.

Hermione frappa la chaise devant elle avec la Gazette du Sorcier et Harry s'approcha pour lui intimer de se calmer un peu.

– Elle cherche à me décrédibiliser pour que son mari grotesque monte un peu dans les sondages, mais il n'a aucune chance .

– Comment peux-tu être sûre que Drago est à l'origine de cet article? demanda le brun calmement.

– Parce qu'il n'y avait personne d'autre que lui quand on en a parlé ! C'est un… un…

Et alors qu'elle allait finir sa phrase, quelqu'un toqua à la porte. Les deux amis s'échangèrent un regard et Hermione inspira profondément pour se redonner une contenance, ravalant sa colère pour faire bonne figure. Mais quand elle vit qui entra devant Harry, son visage se tordit dans une expression de rage sourde.

– Espèce de connard manipulateur, tu ne vaux vraiment rien ! s'écria-t-elle contre Drago qui s'avançait dans le bureau.

Elle s'élança contre lui et abattit le journal contre son torse, le frappant sans cesse.

– Comment as-tu pu aller parler à cette salope de Skeeter ? somma la jeune femme sans plus se soucier de son langage. Tu ne manques pas une occasion pour jouer au con, espèce de…

– Granger, arrête-toi ! aboya Drago en la saisissant par les épaules avec force, lui faisant presque mal.

Harry à l'écart assistait à la scène sans s'interposer, comprenant bien que les deux autres avaient des comptes à régler qui lui échappaient. Il n'avait vraisemblablement pas toutes les informations.

– Lâche-moi, Malfoy !

– Non, je ne te lâcherai pas avant que tu te calmes, gronda le blond. J'ai lu cet article comme toi et je n'ai aucune idée de la façon dont cette femme a eu écho de tes paroles.

– Je ne vois qu'une explication étant donné que nous étions isolés tous les deux. Et ce qu'elle rapporte n'a rien à voir avec ce que je t'ai dit ! Tu cherches à me faire plonger dans cette campagne ? C'est ça ?

– Granger, arrête de hurler. Je te promet, insista Drago, que je n'ai rien dit à cette journaliste. Réfléchis bien, il doit y avoir une autre raison pour qu'elle ait entendu notre discussion. Je te le répète, ce n'est pas moi.

Quand il vit qu'elle ne recommençait pas à crier, il lâcha ses épaules et la dépassa de quelques mètres.

– Je ne te crois pas, Malfoy. Et je vais découvrir ce que tu trafiques, menaça Hermione en levant un doigt en sa direction. Vous manigancez des choses pas claires tous les deux et je trouverai ce que c'est. »

Elle avait parlé en regardant les deux hommes avec suspicion et Harry détourna les yeux, sachant qu'il devait prendre ses mots au sérieux. La brune quitta le bureau et le Ministère pour se rendre dans l'appartement qu'elle partageait avec Ron. Il fallait qu'elle lui explique que cet article était bon pour la poubelle.

« Ron ? appela-t-elle à travers le salon.

Aucune réponse ne lui parvint alors elle commença à s'avancer dans la pièce, appelant encore. Elle se rendit compte qu'elle aurait mieux fait de demander à Harry s'il n'était pas déjà au Ministère

– Hermione ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? demanda le rouquin surpris qui arrivait du couloir.

Il avait le visage tout rouge, le souffle court et ses cheveux étaient en bataille. La jeune femme fronça les sourcils.

– J'étais venue pour qu'on discute, je te dérange ?

– Non, répondit Ron très brusquement, je faisais un peu de sport, expliqua-t-il en montrant son tee-shirt humide.

– Je ne serai pas longue de toute façon, éluda la brune. Lauren Skeeter-Skively s'acharne après moi pour me discréditer pendant la campagne et faire monter son mari dans les sondages. Ron, je veux que tu me crois quand je te dis que tout ce qu'elle raconte sur moi est faux. Je ne sais pas encore comment elle parvient à avoir ses informations, mais les propos qu'elle m'attribue sont tissés de mensonges.

– Ah oui, j'ai lu la une de ce matin, marmonna le roux contrarié.

– Ron, murmura la jeune femme en s'approchant de lui, je n'ai rien dit de tout cela. Je souffre autant que toi de ne pas être sous ce toit et de ne voir les enfants que quelques heures. Mais toute cette campagne est bientôt terminée et j'aimerais qu'on prenne un peu de temps pour nous après. Pour essayer de faire fonctionner cette famille. C'était ce qu'on voulait, non ?

Elle posa ses mains sur le torse de son mari et le caressa doucement par-dessus le tissu. Leurs visages et leurs lèvres se rapprochèrent pour se toucher presque quand un bruit de verre brisé arriva de la chambre. Ron lança un regard paniqué à Hermione.

– J'ai laissé la fenêtre ouverte, balbutia-t-il, quoi que ce soit je vais le réparer, promis.

Il s'éloigna d'elle.

– Bon, je vais y aller alors, sourit Hermione. On se voit au Ministère ou au moins ce soir. »

Ron hocha la tête et la brune transplana. Elle réapparut près du Chemin de Traverse et se dirigea d'un pas vif vers les locaux de la Gazette du Sorcier. Elle allait en découdre avec cette fichue blonde et après elle pourrait travailler convenablement. Parcourant les couloirs avec hargne, elle finit par trouver son bureau et ouvrit la porte à la volée. La journaliste sursauta sur son fauteuil et se leva soudainement, collant un sourire sur son visage.

« Madame Granger-Weasley ! Que me vaut le plaisir de votre visite ? demanda-t-elle.

– Arrêtez votre comédie ! Vous vous êtes trompée de cible si vous pensez que je vais vous laisser écrire vos infamies sur moi. J'exige un démenti dans l'édition de demain matin où vous admettez que vous inventez les propos que je tiens.

– Oh mais je n'invente rien. Vous avez réellement eu cette conversation avec Monsieur Malfoy.

– Les propos que vous me faites tenir sont dépourvus de toute véracité ! s'écria Hermione avec une profonde envie d'emplâtrer ce visage hautain. Si j'ai parlé avec Malfoy de ma famille, je ne lui ai certainement pas dit tout cela. Et je vais découvrir comment vous avez eu accès à cette conversation car je doute que ce soit de manière légale.

– Vous ne trouverez rien, ricana la journaliste.

– Publiez ce démenti demain matin ou je ruine votre carrière, asséna Hermione d'un ton glacial.

– Pas si je ruine la vôtre d'abord, rétorqua Lauren, son visage ayant perdu toute forme d'hypocrisie et de feinte. »

Hermione bouillonnait sur place et elle préféra quitter les lieux avant de réellement mettre sa carrière en péril pour faute grave. Faute grave… C'était cela qu'elle devait trouver pour discréditer cette garce. Installée depuis quelques minutes seulement à son bureau, la sorcière mit son cerveau en marche rapide. Il fallait qu'elle trouve quelque chose. Sur un parchemin, elle expliqua son idée à Harry et envoya la note à son bureau, le priant de prendre un peu de son temps pour se pencher sur le passé de la journaliste ou celui de son mari quand il exerçait encore en tant que banquier.

Comme si toute cette histoire lui avait donné des ailes, Hermione fut d'une efficacité redoutable toute la journée. La haute pile de dossier en cours de traitement sur son bureau diminua presque complètement et quand elle rentra le soir dans sa chambre après s'être occupée des enfants chez ses parents, elle s'allongea épuisée sur son lit. Jetant une œillade circulaire à la pièce, elle constata qu'en quelques jours, elle s'était laissée encombrer par le désordre.

D'un coup de baguette, tout se remit en place sous ses yeux. La jeune femme se leva néanmoins pour saisir la robe qu'elle portait le soir du gala et la mettre dans ses affaires du lendemain afin de la ramener à l'appartement. C'est à ce moment-là qu'elle comprit. Hermione saisit les bretelles de la robe et la leva devant elle. Elle la scruta attentivement, passant chaque centimètre avant de la tourner pour observer l'arrière du vêtement. Dans les plis du tissu bordeaux qui tombait, elle aperçut un minuscule objet rouge. On aurait dit une toute petite perle.

Hermione dut lancer plusieurs sortilèges pour réussir à la détacher de sa robe et une fois qu'elle eut l'objet dans les mains, elle le fit tourner entre ses doigts. La bille rouge changea peu à peu de couleur et prit celle de sa peau comme un caméléon. Si c'était bien ce qu'elle croyait, elle avait déjà matière à se venger.

Le lendemain matin, il n'y eut aucun démenti dans la Gazette. Ni en une ni sur aucune des autres pages. Mais cela ne comptait plus autant aux yeux d'Hermione qui se dirigeait vers le bureau de Harry. Elle prit le temps de toquer et d'attendre l'invitation avant d'entrer.

« Bonjour, Harry, commença-t-elle, j'ai quelque chose qu'il faut que tu vois.

– Salut Mione, moi aussi j'ai des nouvelles pour toi. Je me suis penché sur le cas Skeeter-Skively. Et il y a quelques informations croustillantes qui vont t'intéresser.

Hermione posa la petite bille sur le bureau du brun.

– Regardons cela d'abord, répondit-elle.

Harry ouvrit de grands yeux, stupéfait.

– Mais… où as-tu eu une de ces choses ? demanda-t-il.

– Je savais que j'avais raison ! s'exclama la brune. Tu sais comment le désactiver pas vrai ? Et comment trouver qui l'a activé en premier lieu ?

Le brun hocha la tête, comprenant vaguement où son amie voulait en venir. Il leva sa baguette en direction de l'objet et après un coup de poignet, la perle devint blanche, signe qu'elle était éteinte.

– Hermione, où as-tu trouvé ça ? demanda Harry avec un visage grave.

– Dans mes affaires, sur ma robe du gala en fait. Ne t'en fais pas, Harry, reprit-elle en voyant son visage inquiet, cette tenue est restée dans ma chambre d'hôtel depuis ce soir-là et je n'ai parlé à personne depuis.

– Et je suppose que tu en es arrivée à des conclusions assez rapidement ?

– J'ai besoin de savoir qui m'a mise sur écoute, tout à fait illégalement évidemment. Mais tu penses bien que j'ai ma petite idée. Est-ce que tu peux le savoir ?

– Normalement, seules les autorités -c'est-à-dire nous- ont le droit d'utiliser des mouchards comme celui-ci, expliqua l'Auror. Ils sont extrêmement performants. Tu es certaine de ne pas t'être compromise sans le savoir ?

– Oui. La seule chose que la personne de l'autre côté aurait pu entendre, c'est quand je parle toute seule ou éventuellement si je ronfle, rit-elle légèrement avant de reprendre son sérieux. Il n'y a pas trente-six façons pour que ce mouchard soit arrivé sur ma robe et il n'y a que trois personnes qui m'aient touchée au gala avant la discussion rapportée par l'article : toi, Malfoy et cette Skeeter.

Harry soupira.

– Hermione, je t'assure que Drago est en dehors de tout cela.

La brune se renfrogna, doutant de ses paroles et pour mettre fin au suspense, Harry lança un second sort sur le mouchard. Une image fantomatique s'en échappa, semblable à celle qui apparaît d'une baguette après un Prior Incanto, indiquant une position géographique. Celle des locaux de la Gazette du Sorcier.

– Cette garce va me le payer cher, siffla Hermione entre ses dents. Et toi alors, qu'est-ce que tu voulais me dire ?

Harry tira un tiroir et sortit un dossier qu'il tendit à la brune. Ce qu'elle trouva à l'intérieur la choqua et la réjouit. Le couple Skeeter-Skively n'allait plus faire long feu dans cette campagne.

– Quand tu m'as demandé de jeter un œil sur ces deux-là, je ne savais pas trop où commencer, expliqua Harry alors qu'Hermione continuait de feuilleter le dossier. J'ai finalement cherché dans les activité de banquier de Harold Skively avant sa retraite il y a quatre ans. Et c'est là que j'ai trouvé ça.

Ça, c'était des fonds débloqués à travers une société écran la dernière année d'activité de la banque de Skively. Harry avait découvert que cette même société avait été utilisée pour blanchir de l'argent aux États-Unis pour le compte de l'ancien conseiller du président du Congrès Magique. Les longues colonnes de chiffres s'étalaient sans fin sur les parchemins.

– Cette année-là, Skively allait fermer la banque. Il a donc transféré une partie de ses fonds sur les comptes de cette société écran basée aux États-Unis, clarifia le brun. Sauf que quelques mois après, le conseiller du président du Congrès a été accusé et condamné pour blanchiment d'argent via la même société. Les Américains n'ont pas réussi à remonter plus loin que ça puisque les fonds provenaient d'Angleterre et que la banque de Skively venait d'être liquidée.

Le cerveau d'Hermione fumait presque tant elle cogitait intérieurement.

– Tu es certain de pouvoir prouver tout cela ? demanda-t-elle.

– Laisse-moi une journée de plus pour tout mettre en relation et appeler les bureaux aux États-Unis et Skively est hors course.

– C'est super, Harry. Je te laisse le mouchard, tu pourras rajouter cela au dossier. Et si jamais tu pouvais trouver des dépenses faites par cette Lauren avec l'argent publique de la banque, ça serait parfait. »

Le brun hocha la tête avec un petit sourire en coin.

Hermione quitta le bureau de son meilleur ami en jubilant. Elle allait enfin être débarrassée de cette saleté de journaliste et en plus de cela, Skively allait être évincé de la campagne. Les sondages de la semaine ne lui attribuaient plus la première place. À cause de toutes ces âneries que Skeeter avait écrites, Fudge menait la danse. Il restait moins de trois semaines avant les élections et il fallait qu'Hermione prenne de l'avance.

Elle s'attela alors à clore les dossiers les plus importants que gérait le département dont ceux de deux gros procès de magie noire. La jeune femme savait bien qu'aux yeux du public, la justice devait être faite. Si elle réussissait à donner une conférence de presse dans la semaine qui arrivait, elle assurerait sa position vis-à-vis de Fudge.