Bonjour !

Ça y est ! Les élections sont arrivées. Je voulais aussi vous dire que j'ai atteint le chapitre 30 à l'écriture et que ce n'est pas encore fini. Sur ce, je vous laisse à nos deux sorciers qui ont des choses à se dire.

Bonne lecture !

Merci à Whimsikal.


Déclarations et élections

En fin de journée, le poignet d'Hermione la faisait souffrir tant elle avait fait gratter sa plume contre le parchemin. La sorcière était satisfaite de son travail. Elle classa quelques parchemins dans d'autres dossiers et forma une pile. Les papiers sous le bras, elle parcourut les couloirs jusqu'à un petit bureau occupé par deux employés du département.

« J'ai besoin que vous travailliez sur ces deux dossiers pour les terminer dans la semaine. Faites des heures supplémentaires s'il le faut, mais ne me les rendez qu'une fois qu'ils sont prêts à être clos. »

La jeune femme savait qu'après la campagne, elle devrait lever le pied sur le travail de ses subordonnés parce qu'en ce moment, elle les faisait crouler sous les dossiers. En revenant vers son bureau, elle se retrouva derrière une carrure familière.

« Malfoy ! s'écria-t-elle en le voyant s'éloigner.

Il se retourna et la dévisagea.

– Attends un peu, le pria-t-elle. Tu as cinq minutes ?

– Ça dépend, tu comptes encore me crier dessus ? répondit-il durement.

– Non, bien sûr que non.

Elle l'invita à entrer dans son bureau et lui offrit une tasse de thé sans un mot.

– Écoute, je voulais simplement m'excuser pour la dernière fois, déclara la brune après un moment de silence. Je t'ai accusé sévèrement et sans preuve. Je sais maintenant que j'ai eu tort.

– Effectivement, tu avais tort. Granger, que tu ne m'aimes pas, je peux le comprendre, mais rien ne t'oblige à me parler et à me fréquenter. Alors si tu n'es pas passée à autre chose depuis nos années Poudlard, garde tes distances.

Hermione ouvrit de grands yeux, presque vexée qu'il la pense si antipathique.

– Laisse-moi te dire que c'est toi qui a tort maintenant, répliqua-t-elle. Ça n'a rien avoir avec le fait que je ne t'aime pas ou que je ne t'ai pas pardonné le con prétentieux que tu étais à Poudlard. C'est simplement que jusqu'au début du mois j'avais oublié jusqu'à ton existence. À présent, je te vois tous les jours, partout où je vais. Je te vois parler avec Harry et je sais que vous me cachez des choses.

Drago ne laissa rien paraître, mais chaque jour, il redoutait qu'elle découvre quoi que ce soit. Un silence suivit quelques instants avant que la jeune femme ne le brise à nouveau.

– Je propose qu'on fasse comme les gens civilisés. On ne peut pas changer le passé, mais on peut bien apprendre à se supporter. Après tout, on ne se connaît pas vraiment.

Le blond sonda son visage. Elle semblait très sérieuse et si elle faisait l'effort d'être cordiale, il le ferait aussi.

– Bien, faisons cela, répondit-il en s'appuyant à la fenêtre du bureau.

Il regarda l'extérieur pendant de longues minutes, laissant Hermione siroter son thé, songeuse. L'esprit de la jeune femme se perdit dans ce silence paisible. Plus rien ne comptait au-delà des reflets ambrés de sa boisson et de leurs deux respirations calmes. Le tic-tac du petit réveil doré sur son bureau résonnait dans l'air. Elle posa ses yeux sur les aiguilles noires et constata l'heure.

– Allons déjeuner, proposa-t-elle spontanément.

Drago se retourna brusquement et la dévisagea.

– C'est un bon début, non ? se justifia la brune. Pour apprendre à se connaître. »

Le sorcier la regardait comme si elle avait été victime d'un sortilège de confusion puis finit par hausser les épaules. Il n'avait rien de prévu et commençait à avoir faim. Pour ce qui était d'apprendre à se connaître, il ne comptait pas encore se confier à elle. Trop de choses ne devaient pas être découvertes, en tous cas pas pour le moment.

Hermione passa la journée du lendemain sur un nuage. Tout ce qu'elle avait prévu se passait parfaitement bien. Ses assistants lui transmirent les deux dossiers à clore et elle travailla sur les autres gros procès en cours. Pendant ce temps, Harry, aidé de Ron, avait terminé de rassembler les éléments incriminants contre le couple Skeeter-Skively. Il avait organisé une conférence de presse à laquelle la directrice de la Justice magique participerait pour faire le point sur le département. Elle allait enfin être débarrassée de ces deux perturbateurs et serait plus confiante pour mener cette campagne à bien.

Le midi, elle déjeuna une fois encore avec Drago. Elle se demandait constamment ce qu'il faisait au Ministère, où elle le voyait pratiquement tous les jours. Mais ce jour-là, elle ne pensa pas à le lui demander, pas plus que toutes les autres fois où elle le croisait. Ils discutèrent un moment de leurs années à Poudlard avant qu'elle ne retourne travailler et qu'il disparaisse du bâtiment.

28 mars 2015

L'atrium du Ministère était bondé. La foule de journalistes entassés devant l'estrade s'étalait jusqu'à la zone de transplanage et patientait avec agitation. Dans son bureau, Hermione récapitulait avec Harry et Ron ce qu'ils allaient respectivement dire et ce qu'ils devaient ou non répondre aux questions. Aucun mot sur leurs familles, leurs relations personnelles, rien qui s'écartait de leur travail et de la raison principale de la conférence de presse.

Après une dernière revue de leur organisation, ils se dirigèrent vers l'atrium, Hermione marchant devant. La tête haute, son tailleur et sa coiffure stricte, elle monta sur l'estrade, ses amis à sa suite. L'image était saisissant : le Trio réuni rappelait l'unité qui avait survécu à la guerre, mais aussi les conséquences qu'elle avait eues. Les trois amis se tenaient là, côte à côte, plus de vingt ans après la renaissance de Voldemort et pourtant, tant de choses avaient changé.

« Bonsoir, commença-t-elle d'un ton solennel sous les flashs des photographes. Nous avons plusieurs annonces à vous faire ce soir. Tout d'abord, en tant que directrice du département de la Justice magique, je souhaiterais faire le point sur les activités du Magenmagot et du département. J'exprime ma fierté et ma gratitude à tous les Aurors qui travaillent avec dévotion sous les ordres de mon collègue et ami Harry Potter. Grâce à eux, nous avons pu retrouver Denis Selwyn au début de l'année alors qu'il se cachait près de Melbourne. Je vous informe que son procès a eu lieu et qu'il sera condamné et incarcéré pour toutes les charges retenues contre lui, incluant crime contre l'humanité, meurtre aggravé et trahison. Mulciber Junior sera également condamné suite à son procès et incarcéré à Askaban. Le Magenmagot se bat toujours aujourd'hui avec ferveur contre toutes formes de magie noire et se montrera intransigeant. Nul ne peut ignorer la loi et justice sera faite comme il se doit.

Hermione savait qu'il fallait qu'elle fasse impression et ses paroles, aussi dures pouvaient-elles paraître, reflétaient l'idéal qu'elle avait de la justice. Surtout contre les derniers Mangemorts qui avaient échappé aux procès à la fin de la guerre.

– Je vais maintenant laisser la parole à mes collègues.

Harry se racla la gorge et balaya les journalistes d'un regard.

– Le Bureau des Aurors est fermement engagé dans la défense des sorciers de notre pays et combat avec dévouement les crimes faits contre notre société. Cette semaine nous a permis de mettre en lumière une affaire de fraude fiscale d'autant plus importante qu'elle concerne l'un des candidats au poste de Ministre, Harold Skively.

Une exclamation de surprise et d'excitation saisit l'assemblée de journalistes et les flashs jasèrent. Harry leva une main pour demander le silence.

– Il y a quatre ans, enchaîna Ron, une enquête accablante condamna le conseiller du président du Congrès Magique aux États-Unis sans toutefois parvenir à trouver la source des transactions financières de la société écran qu'il utilisait.

Il expliqua comment les Aurors avaient croisé les informations entre les dossiers et fait le lien avec la banque de Skively et l'évasion fiscale mise en place.

– La totalité de la situation financière de Monsieur Skively depuis ces transactions est passée au peigne fin ainsi que les dépenses faites par son épouse, Lauren Skeeter-Skively, ajouta Harry alors qu'Hermione jubilait intérieurement. Le couple est accusé de détournement de fond ainsi que d'utilisation d'argent public et sera inculpé selon les preuves mises en avant par le département de Justice magique.

Les trois amis se turent un instant, laissant l'auditoire digérer les informations.

– Nous répondrons aux questions qui concernent les déclarations de ce soir, finit par dire la brune.

Plusieurs dizaines de mains se levèrent, Hermione choisit à chaque fois les journalistes qui lui semblaient les moins antipathiques.

– Harold Skively sera-t-il éliminé de la campagne ? demanda une jeune femme qui portait les lunettes sur le bout du nez.

– Monsieur Skively est mis en accusation pour faute grave ce qui ne lui permet plus de se présenter pour exercer une fonction publique, répondit Harry.

Plusieurs questions suivirent sur les procès en cours au Magenmagot, sur le travail des Aurors du département.

– Madame la directrice, après les articles indiscrets de Lauren Skeeter-Skively sur votre vie maritale, avez-vous engagé ces poursuites comme une vengeance personnelle et une opportunité de vous valoriser pour la campagne ?

C'était un homme d'une quarantaine d'années qui interpellait directement Hermione alors que tous les autres journalistes étaient pendus à ses lèvres, attendant sa réponse. Sans laisser rien paraître, la brune posa son regard sur l'homme et afficha un visage confiant.

– Le département de la Justice Magique n'a fait que son devoir en dévoilant aux yeux des électeurs la vérité sur l'un des candidats. La politique du Ministère prône la transparence et cela vaudra également pour le futur Ministre, qui que ce sera. Merci de votre attention, bonne soirée, conclut Hermione avec assurance malgré les protestations bruyantes. »

Le Trio descendit de l'estrade pour rejoindre le bureau de la jeune femme. Satisfaits de leur intervention, ils prirent le temps de boire un petit verre de Bierre-au-beurre, savourant ces moments devenus rares où ils se retrouvaient seuls tous les trois. Ils échangèrent quelques mots, profitant aussi du calme de la pièce.

Harry darda son regard ses deux amis. Ils se parlaient sans gêne, continuaient de travailler ensemble, mais le brun comprenait mieux comment avec le temps, il s'étaient peu à peu éloignés affectueusement. S'il n'en avait jamais vraiment pris conscience, il le discernait clairement maintenant. Dans leur éloignement physique, leurs œillades nostalgiques, leurs regards ternis et sans désir.

Il ne savait pas combien de temps durerait la situation instable dans laquelle ils étaient, mais il espérait au fond de lui qu'avec leur anniversaire de mariage approchant, ils parviendraient à se reconstruire ensemble.

8 avril 2015

« Bonsoir ! s'exclama Hermione en entrant dans la maison de ses parents.

Elle fut accueillie par ses deux enfants lui sautant dessus en criant de joie et le sourire qu'elle avait aux lèvres s'étira encore plus.

– Bonsoir, ma chérie, fit sa mère en lui collant un bisou sur la joue, suivie de près par son père.

– Comment s'est passée ta journée ? demanda ce dernier.

– Plutôt bien, répondit Hermione en portant Hugo dans ses bras, on a terminé de tout préparer. Il ne reste plus qu'à attendre. »

L'élection aurait lieu dans deux jours et Hermione avait voulu passer tout le week-end chez ses parents avec ses enfants. Elle avait attendu le vendredi soir avec impatience pour s'y rendre et maintenant qu'elle était entourée de ses proches, elle se sentait pleinement heureuse.

Durant tout le repas, Rose expliqua ce qu'elle avait appris à l'école pendant la journée, râlant après ses professeurs lorsqu'ils lui demandaient de laisser le temps à ses camarades de répondre aux questions. Ses cheveux volumineux et ses yeux vifs s'agitaient quand elle racontait à sa mère ses dernières lectures et Hermione ne pouvait faire autrement que se voir à travers sa fille. Hugo, plus jeune et beaucoup plus timide, s'excitait presque autant quand il s'agissait de parler de licornes, de loups-garous ou de géants. La jeune femme se disait qu'il serait très heureux de pouvoir rencontrer Hagrid un jour.

La journée du samedi fut pluvieuse alors toute la petite famille s'enferma dans la cuisine pour préparer de nombreuses douceurs. Les mains dans la pâte à beignet, Hermione couvait ses deux anges des yeux. Être mère n'avait pas toujours été facile. Elle avait douté, redouté de nombreux moments, mais quand elle voyait comment Rose et Hugo grandissaient et mûrissaient sous ses yeux, elle ne pouvait s'empêcher d'être si fière et comblée.

Son cœur se serra néanmoins quand elle pensa à Ron. Elle voulait espérer que d'une manière ou d'une autre, ils arriveraient à avancer dans la bonne direction ensemble. Elle savait très bien que de nombreux enfants grandissaient avec des parents séparés et qu'il valait mieux ça qu'un couple malheureux constamment en train de se disputer, mais elle avait tant chéri sa vie avec ses deux parents qu'elle voulait pouvoir donner la même chose à ses enfants.

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C'était aujourd'hui que tout se jouait. Hermione se leva avec l'estomac noué. Elle espérait tant être élue. Ce poste symbolisait l'apogée de sa carrière, l'accomplissement de tout ce pour quoi elle avait tant travaillé. La brune s'assit, adossée à la tête de lit et observa la chambre dans laquelle elle se trouvait. Quel soulagement cela avait été quand elle était allée en Australie rendre la mémoire à ses parents et qu'ils avaient pu racheter la maison de son enfance à Londres.

Les murs pastels et les étagères parfaitement rangées lui rappelaient tant de souvenirs. Elle avait passé des heures interminables sur ce bureau à faire ses devoirs, lu des millions de pages de livres sur ce fauteuil, rêvé des centaines de fois de Poudlard et de ses amis sur ces oreillers. Des petits pas discrets dans l'escalier la sortirent de ses pensées. C'étaient Rose et Hugo qui arrivaient doucement et poussaient la porte pour voir si elle dormait toujours. Quand elle leur sourit et les invita à entrer, ils accoururent et sautèrent sur son lit avec joie.

« Maman, maman ! Il fait soleil aujourd'hui, est-ce qu'on peut aller se promener ? demanda Hugo.

– Oui, mon chéri, on ira. »

Il faisait effectivement un temps magnifique dehors. Le printemps s'installait pour de bon et les oiseaux chantaient timidement dans les arbres du quartier. Ne souhaitant pas être dérangée par des journalistes curieux ou des passants au regard inquisiteur, Hermione décida qu'ils iraient dans le Londres moldu. Encore mieux, ils iraient pique-niquer dans un parc, son parc préféré de Londres.

Après avoir marché un long moment, les trois promeneurs entrèrent enfin dans Regent's Park et s'engagèrent dans l'herbe en longeant le lac. Hugo courait devant, jouant sous les vols des pigeons alors que Rose commençait un bouquet de pâquerettes. Ils quittèrent le bord de l'eau après avoir contemplé les poissons, assis sous un magnifique saule pleureur.

La douceur de la journée avait invité de nombreux anglais dehors, mais quand l'heure du déjeuner vint, ils furent plus tranquilles. Hermione guida ses enfants vers les roseraies et s'émerveilla de les voir parcourir les allées des étoiles dans les yeux. Les rosiers étaient tous en fleur et dégageaient un merveilleux parfum enivrant. Rose et Hugo firent le tour de chaque roseraie, plongeant leurs nez dans les roses et humant profondément ces délicieuses senteurs.

Le cadre était époustouflant. La brune contempla ses deux anges gambader parmi les camaïeux de rouge, de blanc, de rose et de jaune, s'asseyant parfois dans l'herbe pour guetter le passage d'un oiseau ou d'un écureuil. Quand la faim les rappela à elle, ils s'installèrent côte à côte sur un banc sous un rosier grimpant et picorèrent tout ce que la jeune femme avait emporté dans un large panier.

À cet instant, elle ne pensait ni à l'élection en train de se concrétiser, ni à Ron, ni à rien d'autre que le bonheur dans lequel elle baignait entourée de ses deux chéris. Elle irait au Ministère en fin de journée, mais pour le moment, elle voulait simplement profiter. Pendant ce temps-là, de l'autre côté de la ville, le Chemin de Traverse jasait dans tous les sens.

« Monsieur Malfoy ! Drago ! Pour qui avez-vous voté ?

Le blond s'arrêta sans masquer son long soupir. Il n'avait pas fait un pas en dehors du Ministère de la Magie qu'une horde de journalistes sauvages se jetait déjà sur lui.

– Vous avez vingt mètres pour me poser les questions que vous voudrez. Après ce sera terminé. Et par Merlin, laissez-moi de l'air ou je pars immédiatement, déplora-t-il en commençant la descente des marches.

Les personnes autour de lui semblèrent prendre en compte sa menace puisqu'elles reculèrent légèrement.

– Que pensez-vous de ces élections ?

– Je pense que vous en faites beaucoup trop.

– Pour qui avez-vous voté ?

Le jeune homme ricana, sans pour autant dire un mot.

– Le choix n'a pas dû être simple, Fudge ou Granger ? Allez-vous être impartial ou laisserez-vous votre relation…

– Je ne vais certainement pas vous répondre, coupa-t-il, vous ne me lâcheriez pas et vous m'horripilez déjà au plus haut point. »

Le temps que ses dires fassent leur chemin dans les esprits des journalistes, il arrivait en bas des escaliers. Quelques parasites lui posèrent encore des questions, mais par chance, ils partirent vite s'agglutiner autour de Harry et Ginny Potter, les harcelant sur leur relation avec leur meilleure amie. Drago en profita pour s'en aller rapidement. Vraiment, il les trouvait insupportables.

Évidemment, il avait voté pour Granger. Rufus Fudge allait faire un Ministre médiocre dans la même trempe que son oncle, avide de pouvoir et sans aucune volonté de progrès. Le blond espérait qu'il ne serait pas élu. Drago flâna sur le Chemin de Traverse jusqu'à ce que l'après-midi décline complètement. Il transplana ensuite dans son salon et se servit un verre de Wiskey-pur-feu, attendant les résultats des votes.