Bonjour !

Voilà la suite avec l'introduction, après Dorine, d'autres personnages. J'espère que vous les apprécierez tels que je les écris et que je les imagine pour cette fic.

Préparez-vous, la semaine prochaine, Hermione mettra les pieds dans le passé et les secrets...

Bonne lecture !

RRA :

Elena : Salut ! Merci beaucoup. Voilà la suite donc, j'espère qu'elle te plaira tout autant.

Merci à Whimsikal


Curiosité : désir de savoir les affaires d'autrui

5 juin 2015

Un soir chaud début juin, Hermione se promenait sur le Chemin de Traverse en rentrant de chez Harry et Ginny. L'avenue était peu fréquentée car l'heure se faisait tardive. Les mains enfoncées dans les poches de son pantalon taille haute, elle souriait en pensant à ses deux meilleurs amis. Elle sursauta imperceptiblement quand une fille de quatorze ou quinze ans vint se planter devant elle. Il émanait de son visage une assurance et une confiance en soi surprenante pour son âge. Ses cheveux très sombres coupés en carré et son regard dur interloquèrent Hermione.

« Bonjour, mademoiselle, commença-t-elle.

Et comme si ces quelques mots l'avaient transformée, la fille s'adoucit soudainement, rougissant légèrement alors qu'elle tendait un petit carnet de parchemin à la brune.

– Bonjour, Madame la Ministre. Est-ce que je pourrais avoir un autographe ?

Hermione sourit tendrement, touchée quand on lui demandait cela.

– Avec plaisir, comment est-ce que tu t'appelles ?

– Samantha Nott, répondit fièrement la fille en levant le menton.

Hermione fronça les sourcils en rédigeant l'autographe. Elle connaissait ce nom.

– Sam ! Nom d'un loup-garou, arrête d'embêter tous les gens qui passent !

La brune signa et se retourna, cherchant l'origine de la réprimande.

– Excusez-moi, ma fille n'a aucune…

La jeune femme qui venait d'arriver en rouspétant s'arrêta net. Hermione, aussi surprise qu'elle, finit par rendre son carnet à la fille qui s'était mise à bouder.

– Ce n'est rien, elle ne m'embête pas. Ça faisait longtemps, Parkinson.

Pansy Parkinson, dont sa fille tenait toute son attitude, lui adressa un regard dur. Ses longs cheveux noirs descendaient en cascade sur sa poitrine largement mise en valeur dans ses vêtements moulants. Elle était en tous points comme Hermione l'avait connue, avec une quinzaine d'années en plus évidement.

– Sam, retourne t'asseoir avec ton père et cesse de te balader dans tous les sens.

La fille obéit et partit en courant vers une terrasse de café en clamant à ceux qui pouvaient l'entendre : « J'ai un autographe de la Ministre ! ». Cette dernière la suivit du regard alors qu'elle s'asseyait et fut surprise de tomber sur les visages connus de Drago Malfoy et Blaise Zabini.

– Et bien, finit par dire Hermione, j'aurais au moins eu la cote une fois chez les Parkinson.

– C'était de l'humour, Granger ? demanda Pansy en haussant les sourcils.

– Les temps changent, ou bien je dois me ramollir avec l'âge, répondit la Ministre en haussant les épaules avec nonchalance.

Pansy sourit un peu; elle aussi devait se ramollir, se dit Hermione.

– En tous cas, Sam pourra frimer devant ses copines grâce à toi.

Hermione rangea à nouveau ses mains dans ses poches et s'apprêtait à s'en aller quand on l'apostropha au loin.

– Granger, viens boire un coup !

C'était Blaise qui s'était levé dans un élan de sympathie. La brune s'avança un peu gênée vers la tablée pour les saluer alors qu'un grand brun revenait se joindre à eux.

– Salut, Blaise, dit-elle.

Son regard se posa ensuite sur Drago et elle réalisa que cela faisait près d'un mois qu'elle ne l'avait plus vu. Se remémorant en quelques secondes leur dernière soirée passée chez lui, elle se sentit soudain embarrassée.

– Malfoy. On ne te voit plus traîner dans les couloirs du Ministère, déclara-t-elle avec une indifférence feinte.

– J'ai dû rentrer en Australie, annonça-t-il simplement en soutenant son regard inquisiteur.

Mal-à-l'aise, elle détourna les yeux et les posa sur le troisième homme qu'elle reconnaissait maintenant.

– Tu dois être Théodore Nott, déduisit-elle en lui serrant la main et en faisant le lien entre tout ce qu'elle avait entendu plus tôt. Alors comme ça, les Serpentard se marient entre eux ?

– On n'est pas mariés, répondirent Théodore et Pansy en même temps.

Surprise par cette vive objection, Hermione balaya la question.

– Vous avez bien raison, marmonna-t-elle avec langueur.

Un silence s'installa et la brune sentit le regard de Drago peser sur elle. Il était sûrement le seul à savoir dans quel état se trouvait sa situation maritale.

– Bon, je vais vous laisser tranquilles.

– Allez, reste un peu, on va discuter, proposa encore Blaise. C'est l'anniversaire de Drago, il peut bien t'offrir un verre, c'est lui qui régale.

Hermione haussa les sourcils et se tourna vers le blond.

– Bon anniversaire alors, je n'en avais aucune idée, sourit-elle.

– Merci, répondit-il. Mais comme c'est mon anniversaire justement, ce n'est pas plutôt à vous de m'offrir la soirée ?

– C'est toi le plus riche d'entre nous, ricana Blaise, tu ne devrais pas trop souffrir.

Drago fit la moue, acquiesçant cependant aux dires de son ami. Un serveur arriva pour prendre la commande de la nouvelle arrivée.

– C'est gentil, mais je ne pense pas rester, lui sourit Hermione.

– Elle prendra un rhum-framboise, rétorqua Drago en tirant une chaise à côté de lui. »

Il fit signe à la brune de venir s'y asseoir et une fois qu'elle se fut exécutée , il reprit la conversation qu'il menait précédemment avec ses amis.

Hermione observa silencieusement le groupe dans lequel elle se trouvait. Blaise avait l'œil rieur, trouvant toujours la remarque décalée pour alléger l'atmosphère. Il rappelait un peu à la jeune femme les jumeaux Weasley, ou George tout du moins dans ses bons jours. Pansy et Théodore assis côte à côte s'échangeaient des regards doux un instant et des réprimandes à la suite. Ils semblaient néanmoins heureux et laissaient leurs mains se balader sur les jambes de l'un et l'autre. Sam, elle, feuilletait des petits parchemins et y inscrivait quelques mots avec sa baguette de temps à autre.

« Qu'est-ce que c'est que tout ça ? demanda Hermione, curieuse.

– C'est tous mes autographes ! J'ai pu avoir tout ça rien que ce soir, s'exclama-t-elle en en tirant quelques-uns du lot.

– Ta mère dit que tu peux frimer comme ça, s'amusa la brune.

– Évidemment ! Je suis la fille la plus cool de Poudlard grâce à ça, affirma-t-elle fièrement.

Hermione posa un regard amusé sur Pansy qui articula silencieusement « Serpentard », toute aussi fière que sa fille. La Ministre eut soudain une petite idée. Elle plongea une main dans sa poche et en sortir une carte de visite. Elle signa le dos et la tendit à Sam.

– Tiens. C'est une carte officielle du Ministère, tu pourras la montrer à tes copines.

La fille observa le petit carré de papier cartonné avec passion.

– Hermione Granger-Weasley, Ministre de la magie, lut-elle en souriant. Vous vous appelez aussi Weasley parce que vous êtes mariée ?

Une boule le logea dans la gorge d'Hermione qui n'avait aucune envie de parler de son mariage. Elle s'apprêtait à ouvrir la bouche quand le serveur revint avec sa commande.

– Voilà pour vous, dit-il en lui tendant son verre.

Elle le remercia et fut soulagée que Sam soit passée à autre chose, discutant avec son père d'un de ses professeurs. La jeune femme se passa une main sur le visage, inspirant profondément pour essayer de se changer les idées.

– Elle est aussi curieuse que sa mère, lui murmura Drago à l'oreille, n'en parlons plus.

– Il faut que je te rende le tailleur que tu m'as prêté. Ainsi que toutes les boissons de ton mini-bar, murmura-t-elle en retour avec un sourire.

C'était la première fois qu'ils reparlaient de ce qu'il s'était passé ce soir d'avril, mais Hermione s'en souvenait quand même comme d'une bonne soirée. Elle s'était amusée, réussissant à oublier son échec marital et elle avait eu l'opportunité de voir Drago un peu moins froid qu'à l'accoutumée. Dans les yeux du blond cependant, elle crut voir passer une lueur à l'instant où elle avait évoqué cette soirée, ne sachant pas vraiment s'il s'agissait de nostalgie ou de gêne. Ou bien l'avait-elle rêvée ?

– Ça fait longtemps que tu travailles au Ministère ? lui demanda Théodore en la sortant de sa contemplation du regard de Drago.

– Ça fera dix ans en septembre. Et toi, tu travailles où ?

– Chez Sanderson & Co. Tu as réussi à augmenter le nombre d'actionnaires de la banque de presque dix pourcent en dénonçant la franchise Skively. C'était bien joué.

– Tant mieux, et puis il aurait fait un pitoyable Ministre, répondit-elle en riant. »

La soirée continua et Hermione apprit bien des choses à propos de ce petit groupe. Si Pansy continuait de commérer comme elle l'avait fait jadis, elle était moins mesquine et moins mauvaise. Blaise était le comique du groupe, en très Serpentard tout de même, se dit la brune, et il s'avérait aussi être un coureur de jupons. Sans compagne ni enfant, il préférait profiter de sa liberté et surtout de sa libido.

Théodore se faisait en fait appeler Théo et Hermione ne le connaissait que très peu. Elle se souvenait du procès de son père à la fin de la guerre, mais lui avait été très discret et n'avait été inquiété de rien. Il avait un sens du commerce très développé et maîtrisait la finance sur le bout des doigts. Visionnaire, il planifiait à chaque heure ou presque combien de points sa banque allait prendre à la Bourse magique.

Drago, lui, était bien plus secret sur sa vie. Il en parlait peu ou parlait d'autre chose et Hermione ne pouvait s'empêcher d'être curieuse sur de nombreuses questions qu'elle se posait silencieusement. Pourquoi fêtait-il son anniversaire à Londres ? Où était sa femme si elle n'était pas parmi eux et pourquoi n'en parlait-il jamais ? Que faisait-il dans la vie ? Autant de questions qui restaient sans réponses.

Elle l'observait discrètement, son visage fin, ses cheveux ordonnés dans un désordre calculé, son corps qui se mouvait comme il parlait. Ses doigts dont elle se souvenait soudain de la froideur contre sa main, contre sa joue ce soir-là dans son salon. Sentant la rougeur couvrir ses pommettes, elle détourna les yeux alors qu'il posait son regard sur elle, impénétrable.

Finalement, l'heure se faisant vraiment tardive, chacun décida de rentrer chez soi. Après avoir salué tout le monde, Hermione prit la direction de son nouvel appartement. Elle fronça les sourcils cependant quand elle remarqua qu'elle était suivie, bien après avoir quitté le Chemin de Traverse. Se retournant discrètement, elle s'arrête complètement et posa ses mains sur ses hanches.

« Pourquoi est-ce que tu me suis ?

– Je ne te suis pas, c'est toi qui marches devant moi, répondit nonchalamment Drago, ses mains dans les poches.

Hermione s'esclaffa face à son culot.

– Tu en as d'autres comme ça ? demanda-t-elle en ricanant.

– J'habite dans ce quartier, finit par dire Drago.

La brune jeta une œillade circulaire à la rue dans laquelle elle se trouvait et se frappa le front.

– C'est ça ! Je pensais bien que ce quartier me disait quelque chose quand je suis venue visiter. Je me suis pris un appartement ici après ma séparation avec Ron, expliqua-t-elle au blond qui n'avait pas toutes les informations.

– C'est pas vrai, je vais devoir te supporter encore plus souvent, râla-t-il en soupirant.

– Ce n'est pas de ma faute si tu viens traîner à mon travail, rétorqua Hermione en lui pinçant le bras.

Il s'offusqua gentiment pour ce geste, mais n'en pensait pas le moindre mot.

– D'ailleurs, tu n'as qu'à passer demain, je te rendrai le tailleur. Je pensais te voir au Ministère plus tôt, mais tu avais de nouveau disparu.

Drago haussa les épaules en reprenant sa marche.

– Alors comme ça, Nott et Parkinson sont ensemble ? demanda Hermione, curieuse. Ils ont dû avoir Samantha tôt, non ?

– À vingt ans. Ils sortaient ensemble depuis quelques mois et je crois que c'était un peu un accident, mais ils ont décidé de rester tous les deux pour s'en occuper. Au fond, c'est un couple solide malgré tout.

– Mais tu ne sortais pas avec Parkinson à Poudlard ?

Drago ricana, amusé par son indiscrétion naïve.

– Non, on ne faisait que coucher ensemble de temps en temps, répondit-il. Je ne l'ai jamais aimée et je pense que c'est pareil pour elle.

Hermione ne dit rien. Elle n'avait jamais vraiment compris le principe de coucher avec des amis. Pour elle, qui avait longtemps eu du mal à accepter son corps et à se dévoiler, l'amour et le sexe étaient liés par la confiance qui se créait au sein d'un couple.

– Et pourquoi est-ce que Sam n'est pas à Poudlard aujourd'hui ? s'enquit-elle encore.

– Parce que Théo part en voyage d'affaire demain matin pour un mois alors elle a eu l'autorisation de passer ce soir avec lui. Elle rentre à Poudlard demain. Tu as d'autres questions ? demanda le blond. Parce que sinon tu me fais une liste et puis je t'envoie un dossier relié.

– Moque-toi. Je suis curieuse, c'est tout, sourit Hermione. Tu sembles tout savoir de la vie de tes amis et en même temps, c'est quasiment impossible d'en apprendre plus sur la tienne.

– Le mystère reste entier, souffla Drago avec malice. Tu n'as qu'à me faire une liste aussi concernant ma vie et puis je ferai un paquet commun avec les réponses.

Il ricana alors qu'Hermione lui donnait une tape dans les côtes.

– J'habite là, déclara la jeune femme en désignant un bâtiment sur leur droite.

– Eh bien à demain alors.

– À demain, sourit la brune en passant la porte. »

Hermione passa toute la journée du lendemain à lorgner du coin de l'œil le petit sac dans lequel elle avait mis le tailleur, attendant que Drago se présente. Mais il n'en fit rien. Elle enchaîna réunions sur réunions et le soir venu, elle rentra exténuée. Une pointe de déception s'empara d'elle quand elle rangea le sac sur une étagère de son salon. Elle se rendit compte qu'elle appréciait passer du temps avec Drago parce que malgré tous les secrets qu'il semblait garder et les demi-vérités qu'il lui donnait, il était franc et étonnamment distrayant.

Finalement, elle décida que s'il n'était pas venu au Ministère, elle irait chez lui pour lui rendre ce tailleur une bonne fois pour toutes. Parcourant les quelques rues qui séparaient leurs deux appartements, elle toqua à sa porte, attendant une réponse. Une ombre passa à travers le judas un moment plus tard et finalement la poignée s'abaissa. La mâchoire d'Hermione se décrocha quand Drago ouvrit la porte seulement vêtu d'une serviette de bain autour de la taille, les cheveux dégoulinant d'eau.

« Excuse-moi, bredouilla-t-elle, je ne voulais pas te déranger.

– Salut, Granger. Entre.

Il lui tourna le dos et disparut dans l'appartement. La brune finit par entrer, refermant consciencieusement derrière elle.

– Qu'est-ce qui t'amène ? entendit-elle au loin.

– Euh… et bien je te ramène le tailleur que tu m'as prêté puisque tu n'es pas venu au Ministère aujourd'hui.

– J'ai passé la journée avec mon père, répondit Drago en sortant de sa chambre.

Il portait un pantalon noir pas encore complètement boutonné qui laissait voir l'élastique et le haut de son boxer tout aussi sombre. Il traversa le salon pour attraper une chemise blanche posée sur le dossier d'un fauteuil. Hermione le contempla l'enfiler avec élégance, l'ajustant d'un coup d'épaules. Son torse imberbe et musclé disparaissait peu à peu comme il fermait les boutons.

La jeune femme comprit qu'elle avait été surprise en pleine observation par le sorcier dont le regard était amusé. Ses cheveux humides tombaient sur son front et caressaient sa peau au-dessus de ses yeux gris. Hermione avait du mal à les quitter. Sentant finalement la gêne s'emparer d'elle pour avoir trop profité du spectacle, elle se contenta d'agiter le sac qu'elle tenait dans ses mains.

– Pose-le sur le comptoir là-bas, lui indiqua Drago en retournant dans sa chambre.

La brune s'exécuta et quand elle arriva près du meuble, elle aperçut un petit parchemin mal plié sur lequel elle reconnut son écriture. « Merci pour tout, H. ». Elle posa le sac à côté alors qu'un petit sourire fleurissait sur ses lèvres. Sans savoir pourquoi, elle était touchée qu'il ait gardé le mot. Il aurait aussi très bien pu oublier de le jeter, mais Hermione voulut croire que cette soirée avait eu un sens aussi bien pour elle que pour lui dans un moment difficile. Drago revint, parfaitement apprêté avec une veste de costume sur le dos et une coiffure irréprochable. La brune se dit qu'il devait certainement sortir pour un rendez-vous ou quelque chose de semblable.

– Je vais te laisser, souffla-t-elle. Merci encore.

Elle se dirigea vers la porte et une fois sur le palier, elle s'arrêta quelques instants.

– Tu peux… Si tu veux, tu peux passer chez moi… un de ces jours, s'embrouilla Hermione alors que ses joues se teintaient de rouge.

– Je n'y manquerai pas, répondit le blond avec un sourire en coin. »

Une fois la porte refermée, Hermione inspira un grand coup et rentra chez elle avec un petit sourire aussi.

Ce soir-là, alors que Drago couchait avec une femme quelconque dans un lit qui n'était pas le sien, son esprit s'égarait vers une brune aux yeux noisette endormie sur son canapé dans sa robe de soirée. Et plus ses coups de reins se faisaient intenses, plus l'image se faisait nette derrière ses paupières. Se sentant envahir par l'orgasme, il fut presque déçu en ouvrant les yeux. Il se laissa tomber sur ce corps pâle qu'il ne connaissait que depuis quelques heures, parcourant des doigts ce visage étranger encadré de longues boucles blondes en se demandant s'il ne perdait pas un peu la tête.