Bonjour !
Je voulais simplement vous dire que je suis très heureuse de vous voir de plus en plus sur cette histoire. Vous qui laissez des reviews, mettez en fav/follow et vous qui restez dans l'ombre des stats sans vous montrer. Je vous vois, les fantômes.
Voilà la suite avec un début de réponse sur les secrets de Drago et c'est peu comparé au prochain chapitre.
Bonne lecture !
Merci à Whimsikal
Malfoy, Drago, AUST. 00.23.11
15 juin 2015
Drago marchait dans les couloirs du Ministère, les mains dans les poches et les yeux dans le vague. Il avait passé le week-end en Australie et plusieurs fois, il s'était posé la même question. Plus le temps passait, plus la santé de son père déclinait et il savait que tôt ou tard, il allait mourir. Une fois la succession accomplie, il était censé rentrer en Australie pour de bon. Mais voilà : le voulait-il vraiment ? Après la guerre, quand son procès s'était terminé, la seule chose qui comptait était de quitter le pays où il avait tant souffert et où il avait fait souffrir tant de monde.
Il ne voulait plus entendre parler de Londres, de l'Écosse, du manoir Malfoy. Il avait besoin de se reconstruire loin de tout ça. Mais maintenant que tant d'années étaient passées, il reprenait plaisir à marcher sur le Chemin de Traverse, à traîner dans les boutiques fleurissantes, à passer du temps avec ses amis. Toute son enfance et adolescence étaient en Angleterre et quoi qu'il fasse il ne pouvait pas renier tout son passé.
Alors pourquoi ne pas rentrer une bonne fois pour toutes ? Il n'aimait pas vraiment l'Australie en plus; il y faisait trop chaud et les rares personnes avec qui il s'était sociabilisé n'arrivaient pas à la cheville de ses anciens camarades de Poudlard. Mais pour pouvoir rentrer en Angleterre, il devait d'abord faire table rase sur tout. Et certaines choses n'étaient pas entièrement de son ressort.
Il frappa trois coups secs à la porte du bureau du directeur des Aurors et entra. Après les politesses habituelles, il alla droit au but.
« Les directives mises en place si je décide de quitter l'Australie sont-elles toujours d'actualité ?
Harry lui lança un regard méfiant.
– Tu veux partir ? demanda-t-il. Le Ministère ne pourra plus assurer ta protection, ni celle de tes proches.
– Je sais. J'ai déjà compromis la mienne en venant ici pour voir mon père. Harry, si je décide de revenir en Angleterre définitivement, est-ce que ce sera possible ? s'enquit Drago avec intérêt.
– Il faudrait le planifier. Tu pourrais déménager si on arrive à tout régler, mais il faut compter un mois minimum. Tu es sûr de toi ?
– Non, je n'ai rien décidé encore, soupira le blond.
– Tu as conscience de tout ce que ça implique ? demanda Harry avec un sourcil inquiet.
– Bien sûr que j'en ai conscience ! Et je sais que tu t'affoles parce que ça peut te retomber sur le coin du nez, mais c'était un risque à prendre.
Les deux hommes se turent un instant, repensant à tout ce que le départ de l'ancien Serpentard avait entraîné.
– Hermione va me tuer, souffla Harry en se passant une main sur le visage.
– Si je reviens ici, je veux être blanchi complètement, annonça l'héritier Malfoy. Pas aux yeux du public, je me fous pas mal d'avoir un article dans la Gazette pour louer mon combat. Je veux être blanchi aux yeux de tous ceux pour qui j'ai pu faire quelque chose. Hermione va finir par le découvrir maintenant qu'elle est Ministre.
– Tu as raison, soupira Harry, je préfère qu'elle l'apprenne par nous plutôt qu'en trouvant un dossier aux archives.
Le silence s'installa jusqu'à ce que Harry le brise à nouveau.
– Préviens-moi dès que tu auras pris une décision et je ferai tout le nécessaire. »
Le blond hocha la tête et quitta son bureau. Dans le couloir, il croisa Hermione qui l'invita à déjeuner avec elle. Durant tout le repas, il pesa le pour et le contre, cherchant la meilleure solution possible pour lui et pour tous les autres qu'il embarquait. Il allait y avoir du dégât et des victimes collatérales, quoi qu'il fasse. Quand ils se séparèrent une grosse heure plus tard, il n'avait toujours pas décidé quoi faire et s'octroya quelques jours pour y réfléchir.
25 juin 2015
Hermione travailla dur les semaines qui suivirent pour préparer l'été approchant et les nombreux projets de lois qu'on lui présentait. Elle favorisa tous ceux qui visaient à parfaire l'abolition des privilèges de sang mise en place plusieurs années auparavant et tous ceux qui restreignaient au maximum l'utilisation de créatures magiques. Un soir, elle expliquait justement à Hugo pourquoi elle n'avait pas d'elfe de maison et refusait d'en avoir quand quelqu'un toqua à la porte. La jeune femme s'en alla ouvrir et resta muette quelques secondes.
« Bonsoir, finit par dire Drago.
– Bonsoir, répondit la brune.
– Qui c'est maman ? demanda Hugo en venant s'accrocher à sa jambe.
– Je m'appelle Drago Malfoy, se présenta le blond.
– Moi je m'appelle Hugo Weasley, répondit le petit timidement.
– Je tombe mal peut-être, je vais vous laisser, déclara Drago.
– Non, non, c'est bon, les enfants vont aller se coucher de toute façon. Entre, sourit Hermione. »
Drago la suivit dans le salon, curieusement observé par le petit Hugo. L'atmosphère dans laquelle il se retrouva lui donna l'impression d'être dans la Grande Salle de Poudlard ou dans ce qu'il s'imaginait de la Salle Commune de Gryffondor. Les tons rouge et ocre des meubles réchauffaient la pièce et la rendaient très accueillante.
Hermione lui proposa à boire et elle disparut dans la cuisine. Depuis le canapé, Rose et Hugo regardaient Drago qui se tenait droit à quelques mètres. Quand leur mère revint, elle les envoya à la salle de bain se préparer à dormir. Les deux adultes échangèrent quelques mots sur leurs journées respectives, sirotant leur hydromel puis Hugo revint dans le salon, marchant sur le bas de son pyjama décoré avec des dragons. Il tenait entre ses mains une peluche en forme de licorne et un petit bocal vide.
« Maman, murmura-t-il timidement, gêné par la présence de Drago, tu peux me faire la magie ?
– Bien sûr, mon bonhomme, sourit Hermione tendrement. »
Le petit posa son bocal sur la table basse du salon. Drago observa la brune à ses côtés sortir sa baguette et la pointer vers l'objet transparent. Un instant plus tard, une flamme bleue naissait dans le bocal, épurée, douce et dégageant une chaleur réconfortante. Elle voletait gracieusement contre le verre qui l'entourait, éclairant les mains de Hugo d'une faible lumière. Drago le regarda partir, couvé des yeux par sa mère qui venait de l'embrasser sur le front.
« Il faut que je te parle de quelque chose, finit-il par dire.
– Je t'écoute, lui sourit Hermione avec un œil encore tendre.
Le blond réfléchit quelques instants à la meilleure façon de le dire.
– Il y a des dossiers au Ministère qui sont confidentiels et que tu as le droit de demander maintenant que tu es Ministre. Je pense qu'il faudrait que tu y jettes un œil.
C'était lâche et c'était l'opposé de ce que Harry et lui avaient convenu, mais Drago ne pouvait tout simplement pas tout lui dire comme ça, en une soirée, alors qu'il s'était évertué à tout cacher pendant des années. Elle découvrirait certaines choses en lisant les archives, tant pis, il ne pouvait pas tout assumer d'un coup.
– D'accord, répondit la brune soudain suspicieuse. Et… il y a des choses que tu veux me dire d'abord ?
Drago se dit à cet instant, alors qu'elle le regardait avec un regard inquisiteur mais presque réconfortant, qu'Hermione avait une aura qui invitait les gens à se confesser. Elle savait trouver le ton pour donner confiance, rassurer, et le blond trouvait cela déroutant. Il soupira. Abandonner quelques secrets le libérerait, il fallait juste qu'il choisisse bien lesquels.
– Je suis parti en Australie parce que je voulais échapper à mon passé en Angleterre et parce qu'après le procès de ma famille, j'étais une cible facile pour tous les anciens Mangemorts voulant se venger, commença-t-il a expliquer. J'ai demandé à Harry de m'aider à disparaître alors il m'a proposé de partir là-bas, mais ce n'était pas gratuit. Si je voulais pouvoir être protégé par le Ministère, je devais collaborer. C'était la condition sine qua non.
Hermione l'écoutait attentivement, les sourcils légèrement froncés.
– En plus de livrer toutes les informations que j'avais, je devais me tenir informé sur tous les groupuscules d'anciens partisans de Voldemort toujours en activité et tout transmettre au bureau des Aurors. C'est entre autre comme ça qu'ils ont capturé Selwyn.
La jeune femme ouvrit de grands yeux. Alors comme ça il servait de taupe au Ministère et elle n'était même pas au courant ? Pire que ça, il était une taupe efficace mise en place par son meilleur ami.
– Pourquoi est-ce que je n'ai jamais été mise au courant ? demanda-t-elle avec contrariété.
– Parce que moins les gens en savaient, mieux je me portais. J'ai insisté pour disparaître totalement aux yeux du public. Les seuls qui savaient où j'étais étaient mes parents, mes amis et une poignée de personnes au Ministère.
– Pourquoi est-ce que Harry t'a envoyé en Australie ?
– Je ne sais pas, mentit Drago.
La brune le regarda de travers. Elle avait eu des doutes depuis un long moment sur le fait que Harry et lui cachaient des choses et elle n'était pas prête à croire ça.
– Pourquoi est-ce que tu me dis ça maintenant ? demanda-t-elle.
– J'aimerais revenir vivre en Angleterre, avoua-t-il. Et donc renoncer à la protection du Ministère, à la collaboration et au reste. Et il y a des choses qui vont ressortir alors je préfère que ça soit maintenant.
– Et ça va, tu penses que tu vas réussir à te défendre tout seul ?
Drago fut surpris par le sarcasme qui teintait sa remarque. Il ricana; il pouvait bien se défendre oui, mais il ne s'inquiétait pas que pour lui.
– Je vais rentrer, déclara-t-il.
Hermione eut envie de protester pour qu'il reste. Elle avait encore des tonnes de questions et avait un sentiment de trop peu sur les confessions du blond. Il lui avait lâché quelques informations, un avant-goût terriblement appétissant et elle voulait en savoir plus. Et puis elle aimait bien être avec lui, sa présence la réconfortait et lui apportait un peu de nouveauté. Elle le raccompagna à la porte et posa une main sur son bras alors qu'il allait partir. Il s'arrêta et planta son regard dans le sien, électrisant son épiderme. Maintenant qu'il la regardait, Hermione ne savait plus vraiment quoi dire.
– Je regrette de ne pas avoir été au courant de ça plus tôt, dit-elle finalement. Mais c'est bien que tu m'en aies parlé.
– J'aimerais pouvoir en dire autant, rétorqua le blond. Hermione, si tu décides de regarder dans ces dossiers, essaie de ne pas trop… péter les plombs. »
Sur ces mots anxiogènes, il disparut dans la cage d'escalier et la brune rentra, trouvant Rose dans le salon.
« Qu'est-ce que tu fais encore debout, ma chérie ? s'inquiéta-t-elle.
– J'attendais que le monsieur parte.
– Mais pourquoi ? Tu devrais aller dormir, tu vas être fatiguée pour l'école demain, souffla sa mère.
– Un jour, reprit la petite fille en se tordant les doigts, papa a dit à tonton Harry : « Malfoy ne mérite pas ce que tu as fait pour lui et ce n'est pas juste pour Hermione ».
La jeune femme sentit son cerveau s'entortiller autour de toutes ces informations bizarres.
– Quand as-tu entendu ça ? demanda-t-elle à sa fille, soucieuse.
– À Noël, je crois.
– Va dormir, Rose, il est tard. »
Elle embrassa son front et la raccompagna à sa chambre, se préparant elle aussi pour dormir. Mais elle ne trouva le sommeil que quelques heures avant de devoir se lever, l'esprit encombré par tant de mystère et de cachotteries. Il fallait qu'elle en découvre plus.
Après avoir déposé Rose et Hugo à l'école sans avoir réussi à avaler de petit-déjeuner, elle se rendit au Ministère. Hermione s'attela à son travail de Ministre avec entrain, préparant une réunion avec le directeur de la coopération internationale pour ratifier une nouvelle norme de commerce avec d'autres puissances magiques européennes. Mais plus les heures passaient, plus elle manquait de concentration.
Se donnant un dernier coup de baguette, elle termina enfin ce point et décida d'envoyer une note au comité d'archivage du Ministère pour qu'on lui envoie des dossiers confidentiels. Après une courte réflexion cependant, elle prit conscience qu'elle n'avait aucune idée du nombre de dossiers que cela représentait et qu'elle ne pourrait pas en lire des dizaines dans la journée. Elle descendit alors au niveau zéro pour la deuxième fois de sa carrière.
Le lieu était exactement tel qu'elle s'en souvenait : poussiéreux, terne et peu accueillant. Quand elle arriva au guichet, le conservateur manqua la syncope.
« Madame la Ministre, je… vous… que puis-je pour vous ? bafouilla-t-il.
– Je souhaiterais avoir accès à des dossiers classés confidentiels, que seul le Ministre de la Magie peut lire.
– J'aurais pu vous les faire parvenir directement dans votre bureau, bredouilla l'homme en s'excusant presque qu'elle soit descendue.
– Je sais, mais je ne sais pas exactement ce que je cherche, répondit la brune. Pouvez-vous me mener à l'endroit où vous les rangez ?
Le conservateur hocha vigoureusement la tête et l'invita à le suivre. Ils traversèrent des dizaines d'allées recouvertes de cartons plus ou moins vieux. Hermione reconnut des noms d'affaires sur lesquelles elle avait travaillé, d'autres dont elle avait juste entendu parler. Finalement, son guide s'arrêta devant une porte en métal qu'il déverrouilla d'un coup de baguette.
– Voilà, fit-il. Refermez la porte derrière vous quand vous ressortirez, elle se verrouillera seule. Pour retrouver l'ascenseur, prenez à gauche deux fois et vous y serez. »
Hermione le remercia et entra dans la pièce. Elle fut étonnée de voir qu'elle n'avait rien de semblable avec le reste des archives. Le bureau au centre, le fauteuil et toutes les étagères étaient d'une propreté impeccable. Il y avait même un canapé en velours bleu marine dans un coin, invitant le visiteur à s'y laisser tomber.
Il y avait plusieurs dizaines de cartons ordonnés sur les étagères, tous fixés au mur par de larges chaînes noires. La jeune femme s'approcha et remarqua un petit plateau sur le bureau indiquant « Identifiez-vous. » Elle énonça d'un voix claire « Hermione Granger-Weasley, Ministre de la Magie » et le plateau s'éclaira. Réfléchissant quelques secondes, elle sortit sa baguette et la posa dessus. Une voix féminine semblable à celle qui accueillait les visiteurs dans l'Atrium s'éleva. « Bienvenue, Madame la Ministre » et les chaînes autour des cartons disparurent.
La sorcière s'avança, lisant les étiquettes avec attention. Certains noms lui étaient complètement inconnus; il pouvait s'agir de personnes comme de lieux. D'autres éveillèrent sa curiosité, mais elle les consulterait plus tard. Ce qui l'intéressa d'abord fut le carton intitulé « Malfoy, Drago, AUST. 00.23.11 ». Elle tira la boîte et grimaça en sentant son poids lorsqu'elle la porta jusqu'au bureau. Hermione souleva le couvercle comme s'il s'agissait de la boîte de Pandore, redoutant sa propre curiosité.
