Bonjour !

J'ai terminé ! J'ai fini l'écriture de cette fic et je suis toute émue. Quel gros projet ! Voilà, je connais donc la fin et j'espère sincèrement qu'elle vous plaira.

(Si vous voulez savoir le nombre de chapitres et si c'est un happy end ou pas, vous pouvez me demander en review, je vous répondrai toujours)

En vous souhaitant une bonne lecture !


C'est arrivé en Australie

Hermione trouva à l'intérieur du carton plusieurs pochettes contenant plus ou moins de parchemins. L'une était constituée d'un double de toutes les déclarations faites lors du procès de Drago en 1999 dont elle avait déjà pris connaissance plusieurs années auparavant. La brune sortit tous les autres parchemins et commença à les feuilleter en quête de réponses à toutes ses questions. Mais plus elle s'enfonçait dans sa lecture, moins ce qu'elle trouvait allégeait son esprit. Au contraire. Des pages entières étaient des copies de documents administratifs et de contrats qui impliquaient de plus en plus le Ministère.

Puis elle tomba sur une déclaration sur l'honneur datée du 23 novembre 2000 et commença à lire en diagonale à voix basse.

« Je, soussigné Drago Abraxas Malfoy… quitter l'Angleterre avant la fin de l'année… usufruit de la propriété à l'adresse ci-après : 477 Thurgoona St, Albury NSW, 2640, Australie... ».

Les battements de son cœur s'accélérèrent et Hermione finit de parcourir rapidement le document. Elle trouva en bas la signature de Drago et celles de deux témoins sur l'honneur, Harry James Potter et Ronald Bilius Weasley. Une flopée de sentiments contradictoires l'envahit, ne sachant pas si ce qui la troublait le plus était de se rendre compte que Ron savait pour l'expatriation du blond depuis le début ou d'apprendre que ce dernier vivait dans la même rue que ses propres parents. Pire que cela, il était leur voisin direct.

Fouillant nerveusement dans les autres parchemins, elle cherchait quoi ce que soit qui pouvait les concerner, commençant à craindre ce dans quoi elle avait mis les pieds. Ce qu'elle trouva ensuite lui glaça le sang et la colère frappa en quelques instants. Il y avait une déclaration de Harry, datant d'un peu plus tôt dans le mois de novembre 2000 qui la retourna complètement.

« … à l'heure actuelle, Tom et Michelle Granger vivent au 475 Thurgoona St, Ablury SNW 2640, Australie et n'ont aucune connaissance du monde magique. Un sortilège d'oubliette les a privés de tous les souvenirs qu'ils avaient de la communauté magique anglaise et ils sont installés en Australie depuis septembre 1997. L'emménagement de Drago Malfoy dans la propriété voisine permettrait au Ministère d'effectuer une surveillance sur ses faits et gestes par le biais de M. et Mme. Granger qui peuvent servir de relais pour les communications. Drago Malfoy s'engage à assurer leur protection si jamais son identité et son expatriation venaient à les mettre en danger. La signature du contrat numéro... »

Hermione arrêta de lire alors que ses mains se crispaient autour des parchemins Elle continua de passer en revue les pochettes, découvrant de plus en plus de choses qu'elle ignorait et qui la mettaient hors d'elle. Il y avait même des parchemins rapportant sa venue en Australie en 2003 lorsqu'elle avait décidé de rendre leur mémoire à ses parents et tout ce que cela risquait de compromettre. Laissant tout le carton éparpillé sur le bureau, elle récupéra sa baguette et sortit précipitamment. Gauche et gauche encore, elle se retrouva devant le guichet et le conservateur lui lança un regard apeuré en voyant son visage tordu par la colère.

« Ne touchez à rien dans cette salle, je reviens, ordonna-t-elle en quittant le niveau zéro. »

Il ne lui fallut que quelques minutes pour arriver dans les quartiers des Aurors et elle entra comme une tornade dans le bureau du directeur.

« Comment as-tu pu me cacher tout ça ? hurla-t-elle sans préavis.

Harry se leva d'un bond, paniqué. Il savait que sa meilleure amie n'allait pas aimer ce qu'il avait tenu secret et il ne pouvait s'empêcher de redouter la tempête. Surtout quand elle criait comme ça. Mais alors qu'il pensait que rien de plus ne pouvait aggraver la situation, Drago entra sans frapper dans son bureau. Il fallait définitivement qu'il mettre un panneau pour que les gens frappent.

– Comment as-tu pu encourager l'installation de Malfoy à côté de chez mes parents ? s'écria Hermione en pointant un doigt accusateur sur le blond qui regrettait plus que jamais d'être venu. Et tu ne m'en as même pas parlé !

– Parce que je savais que tu aurais refusé et c'était la meilleure solution pour le Ministère, répondit Harry avec précaution.

– Évidemment que j'aurais refusé ! Un Mangemort à peine sorti de son procès ! Tu as installé un Mangemort à côté de chez mes parents ! Mes parents !

Hermione fulminait et quand Drago s'avança vers elle le regard glacial, elle sortit sa baguette et la planta dans son torse. Harry derrière son bureau se figea. Il ne fallait pas que les choses dérapent.

– Retire ce que tu viens de dire, Granger, tonna Drago dont les yeux lançaient des éclairs sombres.

– Non, Malfoy ! Tu es en liberté seulement parce que Harry a témoigné en ta faveur et que ta mère a eu un élan d'héroïsme ! Rien ne tient la route, tu aurais pu te barrer n'importe où et tu n'avais rien à foutre en Australie !

C'était comme si le corps entier de Drago s'était transformé en pierre, renvoyant une froideur glaciale. Il serrait ses poings si fort que sa peau blanchissait et ses bras tremblaient de rage. Il était à deux doigts d'exploser de fureur.

– Hermione, appela Harry pour ne pas qu'il réplique, c'est moi qui ait proposé l'Australie parce que dès que tu aurais rendu leurs souvenirs à tes parents, on aurait eu un contact sécurisé pour communiquer.

– Je sais, Harry, répondit la jeune femme pleine de sarcasme avec un sourire faux, j'ai lu ça dans le dossier. Quelle bonne idée c'était d'envoyer Malfoy vivre sa vie tranquillement au soleil sans même te préoccuper du danger qu'il représentait pour mes parents.

Cette fois c'en fut trop, Drago attrapa la jeune femme par la chemise et l'envoya contre le mur le plus proche. Alors que son dos cognait la pierre, le sorcier se jeta sur elle, enserrant dans sa poigne de fer le col de la brune. Harry leva sa baguette en direction des deux autres, alarmé mais impuissant.

– Je t'interdis de parler de ma vie ! vociféra le blond.

Hermione avait la colonne vertébrale déchirée par la douleur et ses pieds touchaient à peine de sol. Mais la peur qu'elle avait du visage tordu par la colère qui se tenait à quelques centimètres du sien ne dépassait pas encore la haine qu'elle nourrissait.

– Je t'interdis de croire que j'ai eu une vie tranquille alors que j'ai vécu l'enfer ! reprit la voix orageuse du jeune homme. Tu n'imagines même pas ce que c'est que vivre comme je l'ai fait, de ne plus pouvoir sortir parmi les sorciers, ne plus voir ses amis ni sa famille. Être obligé d'aller enterrer sa propre mère sous Polynectar je crois que c'est avec majuscule sans même avoir pu la voir une seule fois à l'hôpital ! Tu n'es qu'une misérable personne qui pense que le monde est noir ou blanc, divisé entre les Mangemorts et les autres. Tu ne sais pas qui je suis.

Hermione était paralysée contre le mur, choquée par ses paroles et par ce qu'elle lisait dans ses yeux. Mais tout cela était si peu en comparaison à ce qu'elle ressentait dans son cœur.

– Dégage, Malfoy ! cria-t-elle. Va t'en d'ici, quitte l'Australie, sort de ma vie et de celle de mes parents ! J'userai de n'importe quoi pour que tu disparaisses à nouveau.

Drago la relâcha, reculant d'un pas. Son regard polaire transperça celui d'Hermione.

– Ne t'en fais pas, Granger, tu ne me reverras plus. Mais sache que de nous deux aujourd'hui, ce n'est pas moi qui me fourvoie le plus.

En quelque enjambées, il était dehors et la porte se referma derrière lui en claquant.

– Comment as-tu pu me faire ça, Harry ? demanda la brune, dépitée. Combien d'autres choses me caches-tu ?

Harry vit le visage de sa meilleure amie se tordre non plus de rage mais de chagrin.

– Hermione…

– Non, tu ne te rends pas compte, souffla la brune, la voix brisée. J'ai déjà perdu Ron et maintenant je ne peux pas non plus te faire confiance.

– Hermione, tu ne vas pas me perdre. Je suis désolé pour tout, mais je t'en supplie, lis le dossier Selwyn et finit celui de Drago, tu comprendras pourquoi j'ai fais ça.

– Je crois qu'il faut que je parte d'ici, murmura la jeune femme, désemparée. »

Elle quitta Harry qui s'affaissa sous le poids de cette dispute et descendit au niveau zéro à nouveau. Une fois dans la salle de lecture, elle se laissa tomber sur le canapé, bouleversée. La confiance qu'elle avait attribuée à Ron et Harry depuis le premier jour de leur amitié avait été totale et pas une seule fois depuis cette année elle n'avait douté d'eux. Maintenant que son mariage était ruiné par l'adultère, elle avait l'impression que le lien si fort qui l'unissait à Harry lui glissait aussi entre les doigts.

La brune se prit la tête entre les mains, accablée et anéantie, désespérant de trouver un peu de répit dans sa vie si compliquée. Elle se redressa soudain; il fallait qu'elle parle à ses parents, il fallait qu'elle leur demande ce qu'il s'était passé depuis toutes ces années. Sortant le portable qu'elle gardait toujours sur elle, elle constata qu'avec le décalage horaire, ses parents dormaient déjà sûrement. Hermione se repassa alors tout ce qu'elle avait entendu de ce voisinage incongru.

Ce couple qui se disputait tout le temps et dont l'infidélité était connue s'avérait être celui de Drago. Des voisins charmants, c'était ce que sa mère avait dit d'eux et également ce que Drago avait dit de ses parents. Elle comprenait mieux maintenant pourquoi le blond les disait privilégiés par le Ministère. Ils étaient aussi sous protection magique, ce qui était une pratique extrêmement rare pour des Moldus et leurs déplacements étaient très souvent défrayés.

Hermione finit par se réinstaller sur le fauteuil pour terminer d'éplucher le dossier Malfoy. Il avait en effet offert de précieux renseignements aux Aurors sur de nombreuses affaires, contribuant à l'arrestation de dangereux Mangemorts. Il y avait des pochettes entières remplies de lettres de menaces envoyées au manoir Malfoy qui lui étaient destinées, des lettres horribles. Il y en avait aussi destinées à ses parents. La brune trouva aussi tous les comptes-rendus médicaux qui lui avaient été envoyés quand sa mère était tombée malade.

Il y avait tout dans ce dossier. Tout ce que l'on pouvait savoir sur Drago Malfoy après la guerre se trouvait à l'intérieur. En une heure de lecture, Hermione en apprit plus sur lui qu'en six, presque sept années de cohabitation à Poudlard. Elle faillit s'étouffer en parcourant un relevé de compte du blond dans la pochette liée à son héritage. Seul neveu en vie de Bellatrix Lestrange et seul descendant, il avait hérité entre autre de toute sa fortune. Évidemment, le Ministère s'était grandement servi, mais ce qu'il restait représentait une grosse partie de ce que la jeune femme se souvenait du coffre à Gringotts.

Voyant l'heure tourner, Hermione laissa tomber la lecture des dernières pochettes concernant Malfoy et rangea le carton sur l'étagère. Comme Harry le lui avait demandé, elle consentit à lire le dossier Selwyn. Il était quasiment entièrement public,si bien qu'elle en avait déjà lu une bonne partie lorsqu'elle avait dû préparer son procès. Ce qui était confidentiel se rapportait évidemment à Drago et tout ce que la sorcière lut corroborait l'engagement que le blond avait pris envers le Ministère et le travail de fond qu'il avait mené pendant des années.

Et bien que tout ce qu'elle avait découvert dans ces boîtes lui indiquait le contraire, elle ne pouvait s'empêcher de repenser à tout ce que Malfoy représentait avant de partir. Elle n'arrivait plus à faire abstraction de son activité au sein des forces du mal, à tout ce que son nom de famille soulevait. Il était celui qui avait essayé d'assassiner Dumbledore, celui qui avait fait entrer les Mangemorts à Poudlard. Il avait été du mauvais côté toute sa vie. Hermione ne cessait de se dire qu'il aurait pu être la cause de tant de danger pour ses parents. Et il avait osé lui demander de ne pas trop péter les plombs en découvrant tout cela.

La sorcière rangea tout et remonta dans son bureau. Quand elle arriva en haut, la pause de midi était passée. N'ayant de toute façon aucune envie d'avaler quoi que ce soit, elle s'attela à nouveau à son travail, épluchant les courriers officiels qu'elle avait reçu. Si Kingsley lui avait laissé un gouvernement stable et fonctionnel, elle devait maintenir le cap et persévérer pour faire passer des lois progressistes allant parfois à l'encontre de certains courants conservateurs.

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Drago apparut dans l'aire de transplanage de Sainte-Mangouste sans avoir réussi à calmer sa colère. Cette satanée Granger n'avait aucune idée de ce dont elle parlait. Il ne savait pas pourquoi il avait espéré qu'elle comprendrait, ou au moins qu'elle réagisse moins furieusement que ce qu'elle avait fait. Elle l'avait traité de Mangemort et lui avait craché à la figure tout ce qu'elle pouvait bien trouver pour le condamner sans même connaître un quart de la réalité.

Ses réflexions bouillonnantes, il arriva derrière une porte qu'il poussa, trouvant son père alité. Depuis que Lucius avait fait la plus violente de ses crises et avait été hospitalisé, Drago ne reconnaissait plus rien dans son visage qui lui rappelait l'homme qu'il avait connu. Chaque jour, lorsqu'il quittait cette chambre maussade, le jeune homme se disait que c'était pour la dernière fois et il sentait que l'échéance approchait fatalement.

« Bonjour, mon fils, salua l'aîné avec sa voix déformée par la maladie. Cesse de me regarder avec ces yeux de pitié, je ne suis pas un animal agonisant.

– Bonjour, Père, vous semblez de bonne humeur, ironisa le plus jeune.

Lucius balaya la remarque.

– Où en sommes-nous avec la succession ? demanda-t-il sèchement.

– Le dossier est passé en commission, le Ministère prélèvera cinquante mille gallions sur l'héritage. Le reste demeure mien.

– Cinquante mille ? pouffa Lucius avec mépris. C'est à peine ce que je dépense dans l'entretien du jardin chaque année. Estime-toi heureux, Drago, ils auraient pu saisir bien plus que cette modique somme.

Ça, il le savait bien. Mais d'un autre côté, le Ministère n'avait rien contre lui pour justifier un tel acte. Il avait collaboré au maximum et comme son père lui cédait tout de son vivant, il n'y aurait même pas de frais à avancer.

– Et qu'a dit Potter pour la suite ? interrogea l'aîné.

Drago se renfrogna.

– Je n'ai pas pu lui parler, il était occupé avec d'autres problèmes. Oui, rajouta-t-il en voyant la mine désapprobatrice de son aîné, j'irai le voir à nouveau rapidement.

– Je pense qu'il est grand temps que tu reviennes, Drago. Ta vie est ici quoi qu'il ce soit passé. C'est le moment de t'imposer dans le monde.

Le jeune homme balaya ses allusions d'un revers de main.

– Je reviendrai dès que j'aurai vu Potter. Prenez-soin de vous, Père. »

Drago quitta Sainte-Mangouste avec la désagréable impression que ses visites n'allaient plus être nombreuses. Il croisa un couple en pleurs près d'une chambre où les médicomages s'agitaient nerveusement et pressa le pas pour quitter l'endroit.