Bonsoir ! Ah, je poste tard aujourd'hui, mais je n'ai pas arrêté de courir à droite à gauche toute la journée. Enfin, le chapitre est là, c'est déjà ça. Drago et Hermione se retrouvent, mais dans des conditions très particulières.
Bonne lecture !
Merci à Whimsikal
Enterrer le passé
19 juillet 2015
Cela ne faisait que quelques jours que Drago avait posé les pieds définitivement à Londres quand un hibou porteur de malheur tapa à sa fenêtre. Le blond transplana à l'instant même où il attrapa l'information, parcourant les couloirs de Sainte-Mangouste avec nervosité. Quand il arriva à la chambre de son père, il fut spectateur de l'effervescence avec laquelle les médicomages évoluaient dans l'espace.
Et il resta assis un temps indéfini, serrant les poings et se demandant si c'était réellement en train de se passer. Le départ de sa mère avait été la plus grande douleur qu'il avait jamais connue, mais réaliser que la maladie allait emporter son père aussi lui tordait le ventre.
Pendant tout le temps de son attente, Drago se repassa tous les moments qu'il avait vécus avec Lucius, les bons et les mauvais. Il se souvenait parfaitement de la première fois qu'il était revenu de Poudlard, portant fièrement les couleurs de Serpentard; il se souvenait de chaque regard dans lequel il lisait de la fierté et il se souvenait de chaque coup de canne quand il faisait un faux pas.
Il savait qu'avec le temps, le meilleur finirait par prévaloir, mais en repensant à tout cela, c'était le mauvais qui était majoritaire. Il se souvenait, oui, de chaque remarque acerbe pleine de déception et de honte, de chaque chose qu'il avait faite par obligation, par peur des représailles. Il se souvenait de ne plus être chez lui dans son manoir, d'être mis à l'épreuve à chaque respiration. Et il se souvenait de la douleur que chaque mouvement de baguette avait insufflée dans son corps, déchirant le moindre de ses muscles, transperçant sa chair.
Mais si la main qui tenait la baguette avait un jour été celle de son père en plus d'être celle de Voldemort, ce soir-là à Sainte-Mangouste quand le médicomage vint lui dire que c'était fini, Drago n'eut plus la force de continuer d'être en colère. Il regarda l'homme en blouse s'éloigner, restant immobile sur son banc.
Il envoya un Patronus à Blaise et resta là jusqu'à ce qu'il arrive. Il l'étreignit avec force et le métis referma ses bras autour de lui, sentant son abattement. Ensemble, ils entrèrent dans la chambre désormais vide de personnel et Blaise observa, impuissant, la carapace de son meilleur ami se disloquer en silence. Il savait à quel point Lucius avait occupé une place énorme dans la vie de Drago, combien il avait compté. Il avait été son modèle pendant des années et son contre-exemple quand les choses avaient tourné au vinaigre.
Lucius avait reproché à son fils des centaines de fois d'avoir quitté l'Angleterre et de coopérer autant avec le Ministère. Et même si le jeune Malfoy n'avait pas changé d'avis, il culpabilisait de ne pas avoir été présent pour ses parents quand les moments les plus durs étaient arrivés.
Et si Blaise avait occupé la place qu'un frère aurait pu avoir auprès de Drago, il savait aussi que le blond s'était difficilement émancipé de l'emprise de son père sur sa vie. Mais pour rien au monde, Drago n'aurait souhaité perdre ses parents si tôt. Ni sa mère qu'il avait pleurée en silence, ni son père qu'il regrettait déjà. Il n'avait pas pu être au chevet de Narcissa et c'était son plus grand regret. Aujourd'hui, il devait dire adieu à son père, dernier pilier de son passé, dernière empreinte de ce qu'il avait connu.
Drago se sentit soudainement perdu au milieu d'une brume vague. Tout ce qu'il croyait acquis semblait incertain, tout ce qu'il avait vécu ressemblait à un songe. Le corps froid, squelettique et le visage gris de son père lui renvoyaient avec brutalité la perte qu'il devait essuyer. La mort aussi crue et ravageuse qu'elle pouvait l'être, abjecte et sordide.
Blaise posa une main sur son épaule et Drago tourna les yeux vers lui. Le métis y lut avec désolation toutes les larmes de douleur que le blond ne verserait pas, parce que jamais il ne s'autoriserait à exprimer tant de malheur. Blaise savait que Drago garderait tout enfermé très profondément dans son être, tournant autour de ses idées pendant un temps, acceptant finalement l'abattement et le deuil comme une part de lui.
« Putain d'existence, jura le blond avec une voix rauque.
– Je sais, vieux. »
Ils quittèrent la chambre d'un pas lent. Drago signa tous les parchemins administratifs que la secrétaire de l'hôpital lui tendait avec une moue dégoulinante de pitié et de fausse compassion pour un Malfoy détesté de son vivant. Le service funéraire viendrait chercher le corps et le préparerait pour l'enterrement quelques jours plus tard. Il n'y aurait pas de veillée funèbre, pas de mise en terre en grande pompe.
De retour au manoir, Drago et Blaise restèrent tous les deux pendant de longues minutes, assis dans le grand salon inondé de soleil. Ce soir-là, Blaise resta manger chez les Malfoy, ne pouvant se résoudre à abandonner son meilleur ami à ses sinistres raisonnements.
21 juillet 2015
Le retour au bureau ce lundi matin fut assez morne pour Hermione. Évidement, ses rendez-vous avec le gouvernement australien avaient été de francs succès malgré quelques parlementaires vieux jeux qui acceptaient mal une femme née-moldue avec plus de pouvoir qu'eux. Elle avait profité au maximum du temps passé avec ses parents et ses enfants. Ils avaient enchaîné les sorties à la plage, les promenades et les pique-niques au soleil.
Mais maintenant qu'elle se trouvait dans son bureau au Ministère, elle se trouvait presque face à l'ennui. Bien sûr, une large pile de dossiers s'était formée durant son absence, mais la plupart ne lui demanderait pas beaucoup de temps et seraient vite expédiés.
Cela faisait à peine une heure que la jeune femme s'était assise sur son fauteuil et elle languissait déjà en attendant le soir. L'édition de la Gazette du jour arriva et elle la lut en diagonale. Il n'y avait évidemment rien d'intéressant, ni en une ni sur les pages suivantes. Hermione tomba cependant sur un petit article en fin de journal qui attira toute son attention.
LA FORTUNE MALFOY HÉRITÉE.
« Nous apprenons le décès de Lucius Malfoy le 19 juillet dernier à l'âge de soixante et un ans alors que sa défunte épouse, Narcissa Malfoy, nous quittait il y a déjà presque deux ans. Leur fils, Drago Malfoy, n'a pas souhaité s'exprimer sur sa perte. Il devient orphelin à trente-cinq ans et hérite de la fortune familiale. Il s'agit effectivement d'une fortune puisqu'il est l'unique héritier reconnu des familles Black et Malfoy, récoltant ainsi toute la richesse de ces deux branches de Sans-Pur. Mais il n'est pas le seul descendant à ce jour puisque le jeune Ted Lupin est aussi issu de la famille des Black par sa grand-mère, Andromeda Tonks, née Black. Cette dernière ayant été déshéritée en raison de son mariage avec Ted Tonks, il paraît peu probable que le fils Malfoy partage son or avec son petit cousin. Une question demeure cependant : le décès de Lucius semble causé par la même maladie qui a emporté sa femme à cinquante-neuf ans, rappelons-le. Est-ce le fruit du hasard ? Ces deux disparitions prématurées seraient-elles liées par le dessein d'une succession plus rapide ? Nous ne connaissons pas les chiffres exacts, mais Drago Malfoy devient sans nul doute le sorcier le plus riche de Londres, voire même d'Angleterre. Une aubaine pour Astoria Malfoy, née Greengrass, qui a su saisir sa chance en l'épousant il y a treize ans. »
Hermione referma le journal en même temps que Drago le jetait dans le feu à plusieurs dizaines de kilomètres du Ministère. La jeune femme n'en revenait pas. Alors qu'une simple annonce ou une nécrologie sobre aurait suffi pour annoncer le décès de Lucius Malfoy, les journalistes de la Gazette n'avaient pas pu se retenir de faire les fouineurs maladifs. Et pour insinuer des choses tout bonnement immondes de surcroît. L'héritage de la famille Malfoy n'étaient les affaires de personne d'autre que Drago et Hermione était persuadée que les problèmes de dépossession de sa grand-tante le dépassaient largement.
Son cœur se serra quand elle repensa à la première chose dont parlait cet article. Lucius Malfoy était décédé. Sans ressentir le moindre soupçon de tristesse à son égard, elle ne pouvait s'empêcher d'être touchée pour Drago. Perdre ses deux parents en deux ans était une épreuve qu'elle n'aurait jamais pu surmonter. L'envie soudaine d'aller le voir s'empara d'elle, mais elle dut se résoudre à ne pas y céder parce que c'était déplacé et parce qu'elle n'avait pas sa place parmi la famille endeuillée du blond.
On toqua à sa porte, la voix annonça Harry et Hermione l'invita à entrer avec un sourire. Ils avaient longuement parlé avant qu'elle parte en Australie. Il lui avait expliqué tout ce qui avait motivé ses choix passés, elle s'était excusée pour avoir été si dure et tous deux avaient réussi à retrouver une bonne entente comme avant.
Ils parlèrent de Drago, de Lucius, de l'enterrement privé qui aurait lieu le lendemain en petit comité. Puis ils parlèrent du travail; Hermione lui fit un bref compte rendu de ses entretiens de la semaine passée, Harry lui fit le point sur les enquêtes en cours. Et puis, contre toute attente, il lui parla de Ron.
« Harry, soupira la brune, je n'ai vraiment pas envie qu'on aborde ce sujet.
– Je sais, Mione, mais je commence à m'inquiéter.
La sorcière fronça les sourcils.
– Je ne voulais pas t'en parler, mais depuis que vous vous êtes séparés, Ron agit bizarrement.
– Il agissait déjà bizarrement avant qu'on se sépare parce qu'il me trompait, maugréa Hermione.
– Ça fait combien de temps que tu ne l'as pas vu ? demanda Harry avec un œil préoccupé.
– Environ trois mois, pourquoi ?
– Il ne vient pas travailler de plus en plus souvent, il fait des erreurs qu'il n'aurait jamais commises avant. Il est venu manger chez nous la semaine dernière et Ginny a été frappée par son attitude.
– Et qu'est-ce que tu veux que je te dise ? rétorqua la brune. Parle-lui, envoie-le voir un des psychomages en charge des Aurors.
– Tu ne voudrais pas… aller lui parler toi ? tenta le sorcier.
– Non, Harry. Je sais que ça t'attriste qu'on en soit arrivés là, mais je ne pense pas pouvoir lui pardonner ce qu'il m'a fait. J'ai remonté la pente toute seule. S'il a besoin d'une épaule pour pleurer, ce ne sera pas la mienne. »
La conversation sur Ron se termina là. Harry quitta le bureau quelques minutes plus tard et Hermione se plongea avec intérêt dans les dossiers qu'elle devait régler. C'était sa façon à elle de chasser pendant un temps les réflexions intempestives de son cerveau. Travailler et s'y consacrer corps et âme pour ne pas penser à autre chose.
À la pause déjeuner, elle ne put s'empêcher néanmoins de laisser son esprit divaguer. Non, évidemment, elle n'en avait pas rien à faire de savoir que Ron n'allait pas bien. Avant d'être son mari, il avait été longtemps son ami, son meilleur ami, et malgré tout, elle se rendait compte qu'elle tenait encore à lui. Mais l'image terrible de son corps suant et tendu continuait de refaire surface à chaque fois qu'elle repensait à cette soirée.
Elle n'avait pas été seule pour remonter la pente, pas vraiment. Elle avait beaucoup parlé avec ses parents, avec Ginny et Harry, avec Drago. Et le blond avait dit juste ce même soir lorsqu'elle avait atterri sur son canapé : si Ron avait décidé de la tromper, il en était l'unique responsable. Alors s'il en était arrivé là aujourd'hui, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Une pointe d'inquiétude resta tout de même logée dans son cœur et Hermione ne fit rien pour la faire taire, la sachant fondée.
Le lendemain après-midi, sous un soleil de plomb, la brune rejoignit Harry dans une rue déserte d'un petit bourg sorcier au nord de Londres. Comme lui, elle avait reçu, en tant que Ministre de la magie, un faire-part annonçant la date et l'heure de l'enterrement de Lucius Malfoy. Harry connaissait l'emplacement exact du cimetière sorcier où le défunt serait inhumé car il était déjà présent le jour de l'enterrement de Narcissa Malfoy.
À la grande surprise d'Hermione, ils furent rejoints par deux Aurors en civil qui devaient assurer la protection des personnes présentes contre toute atteinte. La brune trouva cela bien superflu, mais ne dit rien. Les quatre sorciers traversèrent le village sans croiser personne. La chaleur excessive du mois de juillet dissuadait quiconque de sortir à cette heure de la journée. Arrivant devant un vaste champ en friche, le cimetière apparut peu à peu sous leurs yeux, par magie.
Entouré de hautes grilles sombres surmontées de flèches, il s'en dégageait une atmosphère austère. Les troncs blancs et noirs des bouleaux qui cernaient le cimetière et le traversaient en allées parfaitement droites donnaient à l'air une froideur étrangère à la saison. Lorsqu'ils arrivèrent devant la grande porte, Hermione put pleinement voir les nombreux mausolées noirs comme la nuit alignés sur plusieurs rangées.
En silence, Harry et elle furent rejoints par une petite dizaine d'autres personnes. Elle adressa un hochement de tête à Pansy, Théodore, Sam et Blaise qui arrivèrent presque ensemble. Il y avait aussi des gens qu'elle ne connaissait pas, des personnes bien plus âgées. Enfin, la cloche du cimetière résonna. Le glas sibyllin de la mort fit courir des frissons le long du dos d'Hermione sous son tailleur couleur charbon.
Drago arriva, serrant la main de son fils dans la sienne, aux côtés d'Astoria. Hermione observa le visage fermé du jeune homme, détailla son costume noir comme la nuit. Scorpius regardait les gens attroupés devant le cimetière, comprenant peu leur attitude lugubre. Après tout, on lui avait dit que son grand-père était mort, mais il ne l'avait jamais rencontré.
Les trois Malfoy saluèrent leurs proches parmi lesquels la Ministre reconnut Daphné Fawley, née Greengrass, la soeur d'Astoria, ainsi que leurs deux parents. Ils entrèrent dans le cimetière, suivis par le reste de la petite assemblée. Hermione marcha côté à côte avec Harry, lui-même suivi par les deux Aurors, l'œil attentif aux alentours. Quelques mètres devant, son regard se posa sur le dos tendu de Drago; sa tête droite fixant l'horizon alors qu'il progressait parmi les caveaux.
Il s'arrêta finalement devant un grand mausolée bâti en marbre noir où un croque-mort attendait. C'était le tombeau familial de la famille Malfoy dans lequel il finirait probablement et où sa mère attendait d'être rejointe. D'un coup de baguette, le croque-mort fit apparaître le cercueil ouvert dans lequel le corps froid de Lucius reposait dans une impeccable robe de sorcier. Ceux qui le souhaitèrent vinrent se recueillir quelques instants à son chevet. Drago pensa amèrement que le visage de son père ne ressemblait plus du tout à ce qu'il avait vu à Sainte-Mangouste. Le maquillage et la magie avaient opéré avec démesure. Lucius semblait dormir paisiblement. Rien de tout cela n'avait à voir avec la paix.
Se replaçant devant les autres sorciers, Drago posa ses yeux sur Hermione. Ils n'échangèrent pas un sourire, pas un regard doux ni même un regard triste. La platitude de cet échange traduisait la fatalité de l'instant. Ils profitèrent de l'autre, une bulle vide seulement pour eux où il ne servait à rien de parler, mais où ils communiquaient quand même.
Il n'y eut pas d'éloge funèbre. Personne ne parla parce que personne n'avait rien à dire. Et parce que Drago n'avait trouvé personne capable de le faire. Il y avait trop de choses qu'il aurait fallu taire dans la vie de Lucius Malfoy pour que l'éloge ne se transforme pas en mensonge ou en accusation publique. Le croque-mort ferma le cercueil et le guida de sa baguette à l'intérieur du mausolée. Drago, Scorpius et Astoria entrèrent à sa suite.
Pendant les quelques minutes durant lesquelles ils restèrent isolés, Hermione jeta un œil autour d'elle. Les autres tombeaux et caveaux étaient aussi sinistres que celui des Malfoy. La jeune femme comprit rapidement qu'elle se trouvait dans le cimetière des vingt-huit familles Sans-Pur inscrites dans le Registre. Dans la même allée que les Malfoy se trouvaient notamment les Lestrange, les Nott, les Rosier et les Black. Le mausolée des Black, mitoyen et tout aussi sombre que celui des Malfoy, arborait fièrement en lettrines argentées la devise « Toujours Pur ».
Hermione se sentit soudainement mal à l'aise. Cet endroit lugubre et austère lui donnait froid dans le dos et l'idée même de se trouver à proximité des tombes d'une dizaine de Mangemorts incluant celle de Bellatrix Lestrange la dérangeait.
Drago, Scorpius et Astoria sortirent enfin et guidèrent tout le monde vers la sortie. Une fois qu'ils eurent passé la grille, le jeune homme reçut les condoléances des personnes venues qui peu à peu s'en allèrent. Il ne restait plus qu'une poignée de sorciers quand un homme s'approcha furieusement d'eux. Harry et ses deux Aurors se positionnèrent en avant, prêts à intervenir. Hermione lança un regard en coin au blond qui, comme tout le monde, observait ce grand sorcier qui se rapprochait.
« Fumier ! s'écria-t-il à une dizaine de mètres.
Il leva un doigt accusateur vers Drago, ses yeux lançant des éclairs.
– Espèce d'ordure ! Tu devrais rejoindre tes Mangemorts de parents dans ce cimetière !
Les deux Aurors le saisirent fermement et Harry s'approcha de lui.
– Monsieur, veuillez vous calmer, somma-t-il fermement.
– C'est la meilleure ! s'exclama-t-il. Les Aurors et le Ministère qui protègent Drago Malfoy ! C'est le pire des salauds !
– Je ne vous connais pas, ayez la décence de nous laisser tranquille, siffla Drago avec mépris.
– Enfoiré ! hurla l'homme maintenu en arrière par les deux Aurors. Toi et tes amis Mangemorts avez tué mes parents. Ton père méritait de pourrir à Azkaban et toi aussi ! Et en plus tu t'es tapé ma femme ! Enfoiré !
Drago esquissa un rictus moqueur. Il ne connaissait pas cet homme, mais c'était fort probable effectivement qu'il se soit tapé sa femme. Pour le reste, il avait l'habitude d'être traité de Mangemort.
– Embarquez-le, déclara Harry pour mettre fin à la dégénérescence de la situation. »
Quand les Aurors eurent transplané, Astoria adressa un regard de reproche à son mari qui haussa les épaules. Il embrassa la joue de Pansy et celle de sa fille, serra la main de Harry et de Théodore. Blaise lui donna une franche accolade accompagnée d'un sourire sincère. Quand Drago posa les yeux sur Hermione, elle fut transpercée par leur teinte terne et leur vide. Il s'approcha et serra formellement la main qu'elle lui tendit. La froideur de sa peau ne la surprit pas, elle l'attendait presque à chaque contact. Drago se détourna et transplana accompagné de sa femme et de son fils.
Quand Hermione rentra chez elle le soir, elle tourna en rond de longues minutes dans son salon avant de sortir à nouveau. Les échanges silencieux qu'elle avait eus avec Drago l'après-midi même lui laissaient un goût de trop peu. Elle marcha à travers le quartier, foulant le pavé chaud d'avoir absorbé le soleil toute la journée. La brune savait que son entreprise avait peu de chance d'aboutir, mais elle toqua néanmoins à la porte de l'appartement de Drago.
Sans trop de surprise, personne ne répondit, même lorsqu'elle réitéra le geste. Elle inscrivit quelques mots sur un parchemin et le glissa dans la fente pour le courrier. Hermione savait que le plus simple pour parler à Drago aurait été d'aller au manoir Malfoy, mais elle n'en avait pas vraiment envie. L'intimité de l'appartement aurait été plus propice à une conversation sincère, d'autant que le regard inquisiteur et accusateur d'Astoria avait suffisamment pesé sur elle durant tout le temps de l'enterrement.
Hermione revint le lendemain soir et chaque soir jusqu'au vendredi. L'envie de passer du temps avec Drago grandissait en elle sans qu'elle ne sache comment et chaque fois qu'elle toquait sans que personne ne réponde, un sentiment de frustration l'accompagnait quand elle rentrait dans son appartement vide. Le vendredi soir, elle récupéra Rose et Hugo au Terrier pour les amener au cinéma. Ils profitèrent tous les trois de la nuit chaude sur le Chemin de Traverse avant de se coucher, sans que le visage fermé de Drago ne quitte l'esprit de l'ancienne Gryffondor.
Ah ! Quelle frustration vous direz-vous, de ne pas les voir se parler ! Rassurez-vous, la semaine prochaine, ils feront plus que se parler et la tension (sexuelle?) va monter.
Note de fin aussi pour vous dire que je suis en train de reposter "Sopor" après relecture et corrections et que je prépare une suite ! Voilà, donc si jamais vous vous ennuyez en attendant les prochains chapitres de cette fic, vous pouvez aller jeter un oeil à l'autre !
Des bisous en attendant les leurs.
