Bonjour à vous !
Ce chapitre annonce le début d'un rapprochement en crescendo pour les deux personnages dont le point culminant sera dans je-ne-vous-dirai-pas-combien de chapitres. On arrive d'ailleurs dans je-ne-vous-dirai-pas-combien de temps (bientôt) à la moitié de l'histoire.
Vous êtes de plus en plus à suivre cette histoire, en l'ajoutant aux favoris ou en la "followant". Vous continuez aussi à poster des reviews et je vous en remercie. Et je sais que toutes celles et tous ceux qui restent silencieux sont là aussi (même si ça serait bien de devenir bavard !)
Je tenais donc à remercier particulièrement :
Nedwige Stark
Dame Roulia
Swangranger
Elilisa
Elena
The White Quill
Lealouis
smggerard
mvaudon
ln0412
athenaR6
ananadesa
XDrayXMioneX
Twentyforus
Melyssa Soquer
Mel9603
Justine972
EliduB
Cacallum
lili78310
kekegirl62
hpemilia
espe29
Zzelilas
PlumedePhoenix
Ocehp12
Mikho10A
Lula's Lullaby
LinaewenLight
LilyGranger2000
La plume d'or
Lanie.100
KNDYY
Fanfictionneuse
Ecchymause
Dame Lylith
Et le plus grand des MERCI à Whimsikal pour la bêta.
Manoir Zabini Partie 1
31 juillet 2015
À peine eurent-ils transplané dans le jardin des Potter que Rose et Hugo lâchèrent leur mère pour courir rejoindre les trois autres enfants qui jouaient ensemble. Hermione retrouva Harry et Ginny et ils s'installèrent dans le salon sur la terrasse alors que le soleil tombait doucement. La brune sortait tout juste du bureau et elle se délecta de pouvoir se détendre un peu.
« James n'arrête pas de nous parler de Poudlard, soupira Ginny alors que les trois parents observaient les enfants. Je n'arrive pas à me dire qu'il rentre déjà.
– Il ne jure que par Gryffondor et le quidditch, ajouta Harry. Mais s'il ne calme pas son caractère turbulent, j'ai bien peur qu'il ne rende McGonagall folle.
Les trois amis rirent en repensant à la vieille femme, toujours Directrice de Poudlard.
– C'est Neville qui va en pâtir le plus quand il aura tous nos enfants en cours, reconnu Hermione avec amusement.
Elle laissa couler son regard sur les visages de Rose et Hugo qui jouaient sous le crépuscule.
– Mione, reprit Harry après un moment de silence. Je voulais te prévenir d'abord, mais Ron va démissionner de son poste d'Auror. Sa lettre devrait t'être communiquée demain.
– Mais… rétorqua la brune. C'était ce qu'il voulait faire depuis toujours.
Son cœur se serra. Il allait renoncer au rêve de sa vie, à sa vocation depuis que la guerre était finie.
– Il n'arrive plus à travailler convenablement, expliqua le directeur du Bureau. Tu comprends bien que j'ai besoin d'avoir des Aurors irréprochables et en bonne santé. Je lui ai dit qu'il pouvait prendre quelques jours de repos, mais qu'il fallait qu'il s'occupe d'aller mieux pour ne pas mettre le reste de l'unité en péril.
– C'était peut-être un peu fort, non ? fit Ginny, soucieuse.
– Peut-être, déplora son époux, mais tu ne le vois pas au travail. Je ne peux même plus l'envoyer sur le terrain parce que ses tests physiques et psychotechniques ne sont pas bons.
– Enfin, il s'est mis dans cette situation tout seul, grogna la sœur du concerné, toujours peu encline à lui pardonner ses actes. »
Oui, il s'était mis dans cette situation tout seul, pensa Hermione, mais cela n'empêchait pas qu'elle soit affectée. La nuit d'été tomba lentement et ils dînèrent dehors sous la lumière de la terrasse. L'air doux et chaud les accompagna jusqu'au moment du départ.
« Maman, est-ce qu'on peut rester encore ? S'il-te-plaît ? supplia Hugo.
– Il est tard, mon chéri, sourit Hermione, mais je suis sûre que tu peux demander à papa de revenir chez Harry et Ginny la semaine prochaine.
– Mais je ne veux pas rentrer, bouda le petit, je veux dormir ici.
– S'il-te-plaît, maman, renchérit Rose, est-ce qu'on peut dormir ici ?
La brune se tourna vers leurs hôtes.
– Eh bien, ce n'est pas à moi qu'il faut demander ça, répondit-elle.
– Tata Ginny ! s'exclama Hugo en se jetant dans ses jambes. Est-ce qu'on peut rester ?
– Bien sûr que vous pouvez, pouffa-t-elle.
Alors que tous les enfants s'excitaient encore davantage si c'était possible à l'idée de dormir tous ensemble, la rouquine se tourna vers Hermione.
– Tu n'as qu'à passer demain quand tu peux pour ramener leurs affaires et Ron viendra les chercher ici.
– Merci, Ginny, j'espère que ça ne vous dérange vraiment pas.
– Mione, sourit Harry, ils sont inséparables de toute façon et c'est amusant de s'occuper de cette petite troupe. »
Elle embrassa tout le monde et serra ses deux chéris dans ses bras avec bonheur avant de transplaner dans son salon. Sans attendre une seconde de plus, elle déboutonna son short et s'en alla vers l'entrée pour quitter ses chaussures. Près de la porte, Hermione trouva au sol un petit parchemin plié. Elle le ramassa quand des petits coups résonnèrent depuis la fenêtre.
C'était un hibou qui frappait le verre et lui délivra une enveloppe. La brune l'ouvrit, découvrant une invitation de la part de Blaise Zabini à une soirée samedi dans son manoir. C'était dans deux jours et Hermione lui avait assuré être présente s'il la réinvitait. Les enfants seraient chez Ron, elle pouvait s'octroyer un peu de divertissement. Elle répondit qu'elle viendrait et renvoya le volatile rapporter le message.
Dans son autre main, la jeune femme déplia finalement le parchemin qu'elle avait ramassé au sol en arrivant. « C'est finalement plus difficile de se voir depuis qu'on habite dans le même pays. Je ne suis pas passé à l'appartement la semaine dernière et tu dois sûrement être sortie ce soir. Une autre fois peut-être, D.M. ». Hermione eut une soudaine envie de renfiler ses chaussures et d'aller toquer à sa porte, mais elle se ravisa. Il devait sûrement être rentré au manoir et elle était trop fatiguée pour réussir à profiter de la soirée si jamais il était là. Il serait sans doute chez Blaise; elle l'espérait.
2 août 2015
Drago traversa le hall avec aise, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon écru et un petit sourire assuré sur le visage. Astoria marchait près de lui dans une robe courte bleu marine et moulante, éblouissant les alentours par le coût extravagant de son collier argenté étincelant et faisant claquer ses talons aiguilles sur le sol. Le couple aux allures princières se mêla dans la foule déjà présente, se fondant dans l'aristocratie ambiante à la perfection.
Ils se séparèrent sans un mot, chacun s'intégrant dans une conversation différente. Drago retrouva Blaise rapidement. Le maître de la soirée se réjouissait d'avoir organisé l'événement, observant depuis un point élevé la foule dans son grand salon. Comme lui, le blond laissa son regard couler sur les visages. Il connaissait tout le monde ce soir, sans exception. Malgré ses longues années d'exil, le monde de la noblesse sorcière était resté le même.
Les gens s'étaient enrichis, mariés, enorgueillis, mais l'étiquette et l'hypocrisie étaient identiques. Et Drago se rendait compte qu'il n'avait plus envie de faire partie de cet univers. Il se délectait qu'on le regarde avec admiration, qu'on l'envie, que les femmes se pâment sur son passage et soient jalouses de son épouse, mais il n'avait plus de plaisir à rajouter de l'huile sur le feu. Heureusement pour lui, il était en haut de l'échelle sociale dans cette pièce. Malgré les aléas qu'avait subi la réputation des Malfoy, il n'avait de compte à rendre à personne.
Il regarda Astoria se vanter en agitant les mains, parlant de ses prochains achats, de ses vêtements hors de prix, de son mari hors de prix, de tout son monde hors de prix. Cette femme le fatiguait. Évidemment, son père avait fait une bonne affaire en les promettant l'un à l'autre quand ils étaient encore enfants. Astoria était la parfaite épouse Sang-Pur avec qui la fortune familiale était assurée. C'était une belle femme au corps préservé, lisse, fin et ses cheveux descendant en cascade dans son dos lui donnaient la silhouette d'une peinture romantique.
Mais plus le temps passait, plus Drago se demandait s'il consentait vraiment à finir sa vie avec elle. Il n'avait pas remis en question le mariage parce qu'il n'aurait jamais tenu tête à son père à ce moment-là et il ne regrettait pas une seconde d'avoir eu une vie avec elle et de lui avoir fait un enfant quand il pensait à la petite bouille de son fils. Après treize ans de mariage qui avaient vu diminuer le désir et l'affection, cela valait-il le coup de poursuivre la déroute ? Non, Drago se disait que cela ne valait pas le coup. Mais que faire d'autre ? Divorcer et vivre seul ? Si un jour il décidait de passer à autre chose, qu'est-ce que cela pouvait bien être ? À quelle autre chose aspirait-il ? À qui d'autre ?
« Ah ! s'exclama Blaise près de lui, l'extirpant de ses réflexions. Mon invitée d'honneur est arrivée. »
Drago posa ses yeux gris sur Hermione Granger qui venait d'entrer dans le salon alors que le métis s'avançait vers elle. Le blond resta immobile sur son promontoire, observant les deux sorciers qui parlaient. Il reconnut dans les gestes de Blaise l'attitude charmeuse qu'il prenait quand il parlait à une femme célibataire. Il dit quelque chose qui fit rire ladite femme et Drago détailla son corps avec attrait. Ses cheveux remontés en un chignon lâche laissaient dépasser des mèches brunes qui caressaient sa nuque et son cou finement souligné par une perle de nacre sur une chaîne en or.
Elle portait une robe corail très chic qui tombait avec légèreté jusqu'à ses chevilles. Le tissu était fendu de chaque côté depuis ses escarpins jusqu'au milieu de ses cuisses et laissait apercevoir ses jambes seulement quand elle marchait. Drago laissa couler son regard le long de ses bras découverts par de fines bretelles, glissant sur son décolleté, sur sa taille et ses hanches.
Blaise remit en place une mèche qui barrait le visage d'Hermione, effleurant sa joue rosée et le blond sentit monter en lui un sentiment étrange. Il voulait la faire rire aussi, se trouver là pour arranger ses cheveux. Drago enviait Blaise. Enfin, il n'enviait pas sa beauté ni sa richesse; il avait la supériorité sur les deux. Il enviait sa liberté. Le métis pouvait faire ce qu'il voulait, charmer qui il voulait, laisser ses mains se balader où il voulait sans que personne ne lui fasse de réflexion ou qu'il ait de compte à rendre à quiconque.
Salazar, comme cette liberté manquait à Drago. Chaque jour où ils sortaient en public, le regard d'Astoria pesait sur lui, épiant ses gestes, ses mots, ses rencontres. Sa jalousie le fatiguait, son avidité et son avarice le fatiguaient. Le jeune homme en eut assez de voir son meilleur ami baratiner il ne savait quelles sottises à son invitée, alors il descendit et traversa la foule pour les rejoindre.
« Madame la Ministre, salua-t-il avec un sourire circonstanciel mais amusé.
– Monsieur Malfoy, répondit Hermione avec un ton formel et un sourire identique.
Elle lui tendit la main pour qu'il la serre et se raidit de surprise quand il la porta à sa bouche pour y déposer un baiser aristocratique. Blaise intercepta un plateau volant et leur saisit trois coupes de champagne.
– Trinquons ! s'exclama-t-il.
– À quoi ? demanda Hermione.
– À la prospérité et au bonheur.
Ils firent tous les trois tinter leurs verres.
– Je ne te savais pas si philosophe, ricana la brune.
– Je ne suis pas philosophe, je suis optimiste en toute circonstance, rit Blaise en retour.
– Mais qui voilà ! S'exclama une voix derrière eux. La Granger chez les aristos, s'étonna Pansy en arrivant au bras de Théodore. On dirait que tu es née parmi eux avec cette magnifique tenue.
– Eux ? demanda Drago en haussant un sourcil. Tu n'es pas moins aristo que les autres personnes de cette pièce.
– Serais-tu grognon ce soir, mon cher ? rétorqua Pansy avec une mine faussement soucieuse.
Elle lui pinça la joue, sachant pertinemment qu'il détestait quand elle faisait ça.
– De l'air, Parkinson, grogna le blond en se dégageant de sa main.
– Grognon, définitivement, s'amusa Théodore.
– Théo, soupira Drago, ne commence pas toi aussi.
Le concerné haussa les épaules en riant.
– Allez, viens, Hermione, s'enjoua Pansy en lui attrapant le bras, on va laisser les hommes râler ensemble et je vais te présenter aux autres divas de la soirée.
Les deux femmes s'éloignèrent sous les yeux des autres et quand ils furent enfin seuls, Blaise se tourna vers son meilleur ami.
– Qu'est-ce qui t'arrive ?
– Rien, nia Drago.
Il s'éloigna vers le balcon et après un échange silencieux avec Théo, Blaise le suivit. Une fois à l'extérieur, le métis resta muet, sachant pertinemment que si Drago voulait se confier, il n'avait pas besoin de l'y forcer.
– Ne te marie jamais.
– Les sept mariages de ma mère m'en ont dissuadé depuis longtemps, ricana Blaise.
Il observa Drago du coin de l'œil, son visage perdu dans la nuit lointaine. Aucune émotion ne transparaissait jamais sur ses traits. Il n'y avait pas de froncement de sourcil soucieux, pas de moue perplexe ou dubitative. Jamais, sauf quand ils étaient seuls tous les deux. Drago passa une main fatiguée sur son visage.
– Je me pose des questions, Blaise, et je n'ai pas une seule réponse. J'ai l'impression d'avoir perdu des années entières de vie.
Il soupira.
– Si seulement je pouvais avoir vingt ans à nouveau.
Blaise resta silencieux. Pendant longtemps, Drago avait été satisfait de sa vie ou au moins, il ne s'en plaignait pas. À vrai dire, dans les nombreuses lettres qu'ils avaient échangées durant son absence, il ne lui avait jamais vraiment parlé de son mariage sauf pour répondre évasivement quand Blaise demandait des nouvelles.
– Tu peux faire d'autres choix aujourd'hui, proposa le métis.
– Je voudrais seulement profiter un peu du temps que j'ai. Sans être surveillé, sans avoir de compte à rendre.
– Ton père n'est plus là.
– Ce n'est pas ce que je voulais dire, fit Drago.
– Je sais ce que tu voulais dire, soupira Blaise en s'adossant à la rambarde pour faire face à l'intérieur du salon. Écoute, vieux, tu as le droit de ne pas faire tout ce que les autres avaient prévu pour toi. Tu as écouté ton père pendant des années, tu as obéi, maintenant tu dois te justifier auprès d'Astoria, ça revient au même.
Drago le fusilla du regard; il détestait quand son meilleur ami parlait ainsi de sa vie et surtout quand il avait raison.
– Je n'ai pas à me justifier auprès d'Astoria, claqua-t-il.
– Mais tu ne fais pas ce que tu veux parce qu'elle est après toi constamment, rétorqua le métis en soulignant l'évidence.
– Je ne peux pas l'envoyer promener.
– Et pourquoi pas ? Les gens divorcent tous les jours et c'est la meilleure chose à faire pour la plupart.
Drago leva les yeux au ciel.
– Regarde Granger, ajouta Blaise, elle ne veut pas divorcer de Weasley parce qu'elle pense que les enfants vont en souffrir alors qu'ils ne différencient sûrement pas le divorce de la séparation. Mais tu crois que c'est une vie ? Rester marié par obligation ne peut rien apporter de bon.
– Tu dis ça parce que tu ne sais pas ce que c'est que d'être marié. Tu peux faire ce que tu veux, draguer qui tu veux.
Blaise ouvrit de grands yeux et se mit à ricaner.
– Sérieusement, je n'aurais jamais cru que tu deviendrais grognon parce que j'ai fait du gringue à Granger.
– Tu devrais arrêter l'alcool, tu divagues, répondit Drago.
– Allez, raconte, s'enjoua le métis en lui frappant l'épaule, qu'est-ce qu'elle t'a fait ?
– Rien, Blaise. Laisse tomber Granger, insista le blond avec un regard dur.
– De toute façon, je ne pense pas la mettre dans mon lit. Mais si toi tu veux le faire, je te conseille de te méfier. Tu t'es déjà fait des femmes du Ministère, mais Granger n'est pas n'importe qui.
– Je ne veux pas la mettre dans mon lit. »
Drago espéra que son ton avait été suffisamment convainquant et que son meilleur ami changerait de sujet rapidement. Évidemment qu'il savait que Granger n'était pas n'importe qui. Il avait beau coucher avec toutes les femmes qu'il voulait, cela n'avait pas le même goût que quand il était libre. Contrairement à Blaise et à d'autres qui pouvaient profiter de la période de séduction, de jouer avec le charme et l'érotisme, lui n'avait qu'un soir volé par-ci par-là pour s'évader quelques heures dans le lit d'une autre.
« On va manger, ça nous changera les idées, annonça Blaise avant de rentrer à l'intérieur.
Il s'avança au centre de la pièce, attirant l'attention des convives.
– Je vous invite à passer à table, si vous voulez bien me suivre. »
Drago rentra à son tour, suivant le mouvement de foule vers l'immense salle à manger qu'il connaissait par cœur. Il n'avait fait que quelques pas quand une main se posa sur son bras. Son regard se posa sur le visage d'Hermione qui lui adressa un petit sourire gêné.
« Ça te dérange si je m'assoie à côté de toi ? demanda-t-il. Je ne connais pas grand monde et Pansy m'assomme un peu.
– Ça ne me dérange pas, je comprends qu'elle puisse être un peu étouffante. »
Il posa une main sur la sienne et la guida à travers la pièce, l'installant entre lui et Blaise en bout de table. Le métis lui adressa un regard plutôt clair qu'il ignora royalement. La seule chose qui comptait à l'instant était la sensation du tissu de la robe d'Hermione qui caressait sa cheville sous la table et sa subtile odeur de lavande qui s'insinuait dans ses narines.
