Bonjour !
Ne blâmez pas Drago, enfin si, blâmez-le parce qu'il le mérite je crois. Mais même s'il lui faut plus de temps, je vous promets qu'il va se réveiller et qu'il va prendre sa vie en main. Un jour.
RRA :
Elena : Merci pour la review ! La suite vous voulez, la suite vous aurez.
Merci à Whimsikal !
Désillusion
La semaine qui suivit fut rude car aucune nouvelle de Ron ni de Drago ne vint à Hermione. Cela lui donna tout de même le temps de réfléchir à ce qu'elle voulait vraiment. À quoi aspirait-elle maintenant qu'elle était à nouveau Hermione Granger ? Enfin, elle l'était presque. Parce que ni le vendredi qui vint, ni celui qui suivit, son futur ex-mari ne lui reparla du divorce. La brune n'osa pas remettre le sujet sensible sur le tapis car elle n'en trouva ni le courage ni le moment opportun et le dossier traîna ainsi sur le bureau de Ron plusieurs semaines.
Hermione avait revu Drago en sortant avec les autres anciens Serpentard, mais elle n'avait pas pu lui parler en privé durant la soirée. Elle s'était contentée de ses œillades en coin, de ses mains furtivement passées contre son bras ou posées pendant un infime moment sur sa cuisse. Mais elle se rendait compte que cette proximité à la fois si abstraite lui faisait plus de mal que de bien.
Un soir, elle se décida enfin à mettre les choses au clair. Parce qu'elle en avait marre d'attendre après tout le monde. Il fallait toujours que les initiatives viennent d'elle. Emportant son courage avec elle, Hermione transplana dans une grande allée encadrée par deux haies sombres parfaitement taillées. La vision de la grande bâtisse suffit à lui donner peine à avancer jusqu'à la porte. Se donnant un bon coup de baguette, elle parvint finalement à cogner le heurtoir contre le bois massif alors qu'un vaste nœud se formait dans son estomac.
Et elle attendit. De longues minutes. La brune se demanda alors si elle ne s'était pas trompée de jour. Alors qu'elle hésitait entre tourner les talons et toquer à nouveau, la porte s'ouvrit sur un Drago maugréant.
« Forcément, le jour de congé des el…, il se stoppa au milieu de sa phrase en tombant nez à nez avec la jeune femme.
– Qu'est-ce que tu fais ici ? s'exclama-t-il d'un ton mi-surpris, mi-inquiet.
– Blaise m'a dit que tu étais seul ce soir, répondit Hermione avec gêne et hésitation.
– Peut-être pas pour longtemps, rétorqua le blond. Tu n'aurais pas dû venir.
– Je suis désolée, s'excusa la jeune femme en baissant les yeux. Je voulais te parler.
Drago jeta un œil perplexe à sa montre. Il tapa sur le cadran pour faire redémarrer la trotteuse et soupira silencieusement. Il fallait qu'il change de montre absolument.
– Entre, fit-il. Mais tu ne peux pas rester.
Il se dirigea vers l'intérieur du manoir et Hermione le suivit timidement. C'était la deuxième fois seulement qu'elle revenait ici depuis leur capture par les Rafleurs. La dernière fois, pendant le contrôle et la saisie du manoir Malfoy, elle avait refusé de rentrer à l'intérieur. Cette fois-ci, elle se serait bien contentée de rester sur le perron, mais c'était impossible.
– Qu'est-ce que tu voulais me dire ?
Face à l'absence de son derrière lui, Drago se retourna. Hermione était figée, fixant le sol quelques mètres devant. Rien n'était identique qu'alors et pourtant elle pouvait dire sans erreur que c'était là, dans ce salon, qu'elle avait cru mourir tant la souffrance avait été intolérable. Drago parcourut les quelques pas qui le séparaient de la brune et entoura son visage de ses mains pour capter son regard perdu.
– Tu n'aurais pas dû venir ici, murmura-t-il avec douceur. Rentre chez-toi et je passerai.
Hermione secoua la tête pour reprendre ses esprits et refuser sa proposition.
– Ça fait des jours que tu me dis que tu vas passer et je ne te vois jamais. J'ai besoin de te parler et je le ferai ici quoi qu'il en soit.
Elle n'avait pas préparé ce qu'elle voulait dire et elle espérait que ce qui allait sortir de sa bouche ne serait ni trop avenant ni trop vague.
– J'attends que Ron me rende les papiers du divorce, déclara-t-elle. Tant que ça ne sera pas fait, je ne veux rien entreprendre. Mais quand je serai divorcée…, elle hésita quelques instants. Je serai libre de faire ce que je veux.
Voilà, c'était tout ce dont elle était capable ce soir. Hermione se rit d'elle-même intérieurement. Elle avait fait tout ce chemin jusqu'à cet endroit où elle s'était jurée de ne pas remettre les pieds pour parler à Drago et n'avait même pas eu le cran de lui dire simplement qu'elle l'aimait et qu'elle voulait passer le reste de sa vie avec lui. Elle espérait simplement qu'il comprendrait cela dans la pitoyable déclaration qu'elle venait de faire.
– Hermione…, commença Drago.
Il se stoppa net en entendant des voix dans le hall. Il jeta un regard nerveux à la brune qui se raidit instantanément.
– Tu dois partir d'ici, murmura le blond.
Il agita sa baguette.
– Tu peux transplaner, déclara-t-il. On se voit plus tard. »
Hermione ouvrit la bouche pour parler, mais se résolut à transplaner quelques secondes seulement avant qu'Astoria n'entre dans le salon. Elle fronça les sourcils en entendant le son caractéristique du transplanage, mais Drago lui affirma qu'il arrivait seulement.
« J'ai réservé le porte-au-loin, annonça son épouse. »
Drago s'en alla embrasser son fils et monta avec lui à l'étage, l'esprit torturé par l'échange avorté qu'il avait eu avec Hermione. Il y avait tant de choses qu'il voulait lui dire, tant de choses qu'il redoutait.
Cette dernière se laissa tomber sur son canapé en soupirant. Elle rumina toute la soirée, repensant aux mille autres phrases qu'elle aurait pu dire. Elle se coucha finalement le cœur lourd.
5 juin 2016
Drago était sourd au brouhaha qui l'environnait. Assis à la terrasse du café entouré de tout ce monde, il n'attendait qu'une chose : voir Hermione arriver. Il se souvenait parfaitement du jour de son anniversaire, un an auparavant, quand elle s'était jointe à eux. Tout était plus simple alors. Les jours qui étaient passés depuis sa venue au manoir avaient remué de lourdes interrogations dans l'esprit du blond qui ne trouvait aucune réponse satisfaisante. Il fallait qu'il lui parle ce soir.
Alors que dans sa chambre, les valises étaient déjà prêtes pour le départ imminent, il n'avait jamais eu plus envie de rester à Londres. En fait, il avait envie de remonter le temps d'une année pour faire d'autres choix. Sa vie se résumait à cela : regretter les décisions prises et commettre continuellement des erreurs. Si seulement il était allé lui parler plus tôt, pour s'expliquer. Il avait repoussé l'échéance en reléguant tout dans un coin de son esprit, mais il se trouvait maintenant au pied du mur. Pire que tout, il savait pertinemment qu'il allait la blesser et se blesser lui aussi.
« Je suis désolée, fit Hermione en s'asseyant, j'ai travaillé toute l'après-midi et je n'ai pas vu l'heure. Bon anniversaire, Drago !
La brune déchanta en voyant Astoria assise à côté du blond, mais s'arrangea pour le dissimuler au mieux. Drago posa les yeux sur la nouvelle venue. Perdu dans ses pensées, il ne l'avait pas vue arriver.
– Ce n'est pas grave, sourit-il. Merci d'être là.
– Je ne pourrai pas rester longtemps, s'excusa-t-elle. Les enfants m'attendent. »
Drago fit signe que ce n'était pas grave et chercha un moyen de communiquer avec Hermione. Il fallait qu'il lui fasse comprendre qu'il devait la voir en privé. Astoria discutait avec Pansy, mais il savait parfaitement qu'il était aux aguets du moindre contact qu'il pouvait avoir. Il pensa un instant à la légilimancie, mais se ravisa. C'était trop intrusif et désagréable.
Quand elle sentit la pression d'une chaussure sur la sienne, Hermione fit le tour de la table du regard pour en comprendre l'origine. Elle continua de discuter avec Blaise en feignant la normalité, mais quand elle posa les yeux sur Drago, son cœur s'emballa. Il semblait vouloir lui dire quelque chose, mais abandonna car il ne parvenait à rien. Ce fut finalement Astoria qui lui offrit, à son insu, la possibilité de parler indirectement à Hermione.
« Tu pourrais aller chercher Scorpius ? demanda-t-elle.
– Si tu veux, répondit Drago en réitérant l'appel du pied à sa voisine d'en face. Mais je dois passer à mon appartement avant pour récupérer son cadeau. »
Hermione comprit instantanément et cligna des yeux pour l'indiquer au blond. Elle regarda l'heure défiler sur sa montre fébrilement en discutant avec ses voisins de table puis annonça son départ après une grosse heure. Elle transplana dans le jardin des Potter alors que la nuit tombait et un quart d'heure plus tard, elle était de retour dans son appartement avec Rose et Hugo.
La jeune femme les aida à défaire leurs affaires et ils se mirent au lit rapidement. Après ça, elle attendit. Elle savait que Drago allait venir en passant chez lui. Les aiguilles coururent un long moment sur l'horloge avant que le blond ne transplane dans son entrée. Hermione se leva d'un bond du canapé et accourut vers lui.
« Je suis désolé pour la dernière fois, fit-il. Je n'aurais pas dû t'expédier de la manière dont je l'ai fait.
– Tu n'as pas à t'excuser, j'aurais dû te prévenir et ne pas débarquer comme ça.
Drago balaya sa remarque d'un revers de main et planta son regard dans le sien.
– Hermione… Ce que tu m'as dit cette fois-là m'a fait me rendre compte que ma vie devait changer.
– Je tiens à toi, Drago, sourit la sorcière. Je ne te demande rien, je ne veux rien t'imposer, mais je veux simplement que tu saches que tu as pris une place importante dans ma vie et que j'aimerais que tu continues d'en faire partie.
Le blond sourit aussi en passant une main sur sa joue et Hermione crut un instant voir un voile de tristesse passer dans son regard.
– Je tiens à toi aussi, répondit-il, et tu auras toujours une place dans ma vie de la même façon.
Il marqua une pause et inspira brièvement. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, l'embrasser à en perdre haleine et l'allonger sur ce canapé pour lui faire l'amour comme jamais ils ne l'avaient fait. Mais cela n'avait pas de sens. Pas ce soir. Pas encore. Un jour, peut-être, il l'espérait désormais chaque matin.
– Il faut que je te dise quelque chose, dit-il.
Il s'arrêta encore alors que la brune en face de lui était pendue à ses lèvres. Il redoutait sa réaction, il redoutait de dire les mots qui allaient rendre les choses réelles et inévitables.
– Hermione, je…, commença Drago.
Le cœur de la jeune femme commença à cogner rapidement dans sa poitrine. Il allait lui dire qu'il l'aimait, qu'il avait décidé de passer le reste de sa vie avec elle.
– Je pars en France dès le week-end prochain avec Astoria et Scorpius pour son anniversaire, finit-il par avouer comme le plus terrible des secrets.
Hermione sentit la déception monter en elle en flèche. Ce soir n'était donc pas le soir de la déclaration enflammée.
– Eh bien je vous souhaite un bon week-end, déclara-t-elle en réponse avec un sourire un peu faux.
– On part pendant tout l'été.
Les mots résonnèrent comme le glas dans la tête de la brune qui comptait silencieusement les jours horriblement longs qui allaient s'écouler. Pourquoi, par Merlin, ne pouvaient-ils pas seulement partir une paire de jours ? Drago observa le visage d'Hermione se tordre en une multitude d'expressions, passant par la surprise, la contrariété, l'amertume et enfin, la tristesse.
– J'ai promis à Scorpius des vacances en famille. On devait y aller l'année dernière, mais avec le déménagement c'était impossible, expliqua le blond. J'aurais dû te le dire avant, je suis désolé.
Hermione hocha la tête distraitement.
– Vous allez rentrer quand ? demanda-t-elle simplement.
– Courant août.
C'était dans plus de deux mois. Hermione hocha à nouveau la tête en faisant face à la fatalité de la situation. Elle comprenait bien que Drago n'allait pas répondre à ses piètres avances alors qu'ils étaient voués à ne pas se voir pendant si longtemps. D'un autre côté, elle allait avoir du temps pour finaliser son divorce et réfléchir à ce qu'elle voulait vraiment pour la suite. Peut-être n'était-ce pas plus mal. Mais elle aurait au moins voulu savoir. Si Drago n'était pas parti, auraient-ils pu commencer quelque chose ensemble ? Après tout, il était toujours marié à Astoria. Et il le disait lui-même : ils partaient en vacances en famille. Elle n'avait rien à voir là-dedans.
– Hermione ?
La voix du blond la sortit de la torpeur dans laquelle sa réflexion l'avait plongée.
– Je vous souhaite de passer du bon temps ensemble, déclara-t-elle avec un sourire qui ne pouvait pas être sincère. »
Drago ne sut quoi répondre. Un merci aurait été le coup de couteau de trop. Il n'avait même plus envie de passer de bonnes vacances en la sachant à Londres loin de lui. Le blond se dirigea vers la porte et se retourna une dernière fois. Il ouvrit la bouche pour parler, mais la referma. Rien ne semblait approprié. Il referma la porte derrière lui en soupirant tristement alors qu'Hermione fondait en larme dans son salon.
La brune se laissa tomber sur le canapé, se prenant la tête entre les mains. Elle repensa à toute sa relation avec Drago qui ne tenait absolument pas la route. Depuis leur première nuit ensemble, elle aurait dû se rendre compte que cela ne les mènerait à rien de bon. Ils s'étaient laissés emporter par l'ivresse pendant ces longs mois, mais cela n'était rien de plus qu'une idylle condamnée à avorter. Du moins c'était ce qu'elle s'efforça de croire pendant les deux longs mois qui suivirent.
Mais Hermione se rendit vite compte que tourner la page n'était pas simple. Partout où elle allait, elle se retrouvait confrontée à ses souvenirs et à la présence silencieuse de Drago. Des couloirs du Ministère aux terrasses de café du Chemin de Traverse, elle ne pouvait s'empêcher de penser à lui. Partir en vacances chez ses parents était un véritable calvaire à chaque fois que ses yeux se posaient sur la demeure voisine vide. La brune avait décliné à plusieurs reprises les invitations de Blaise, craignant trop de devoir parler du blond.
Un soir de juillet alors qu'elle grignotait les restes d'une pizza devant une mauvaise comédie romantique, quelqu'un toqua à la porte de son appartement. Hermione se leva et trouva Ron sur son palier, le regard vide. Ce soir-là, il ne parla presque pas quand il lui tendit le dossier du divorce. Il avait consciencieusement rempli la partie le concernant et acquiesça quand la jeune femme lui rappela les termes de leur contrat de mariage.
« Tu veux garder l'appartement ? demanda Hermione.
– Je ne sais pas encore, répondit Ron. Probablement, mais il est à nos deux noms donc il faut que tu me cèdes ta part.
– Oui, bien sûr.
Silence. Hermione posa le dossier sur sa table basse.
– C'est très possible que ça s'ébruite, ajouta-t-elle. Je ne suis pas certaine de pouvoir empêcher un article dans la Gazette. »
Ron haussa les épaules. Ce n'était certainement pas ça qui le détruirait le plus. Les pseudo-journalistes pouvaient bien écrire des pages en rappelant tous les faux pas de leur relation s'ils le voulaient. Il ne dit que quelques mots concernant la garde des enfants, signifiant désirer réorganiser leurs échanges en quinzaines. Hermione accepta et peu de temps plus tard, Ron s'en allait les épaules basses et le cœur lourd.
Voilà, c'était définitivement fini. Harry, Ginny et les autres avaient beau lui dire qu'il était temps qu'il passe à autre chose, le rouquin s'en sentait incapable. Jamais il n'aurait cru que devoir renoncer à cette vie de famille lui aurait été si difficile. Mais malgré tout ce qu'il avait fait, tout ce qu'il pouvait reprocher à Hermione, c'était avec elle qu'il s'était toujours vu vieillir. À présent, alors qu'il plongeait son regard dans une chope de Bière-au-beurre, il ne trouvait plus vraiment de sens à rien si ce n'était se consacrer à ses enfants pour épargner le peu qu'il pouvait.
Quand l'été toucha à sa fin, Hermione s'attela plus que jamais à occuper son esprit. Chaque journée qui la rapprochait de septembre faisait naître en elle un émoi anxiogène. Sans s'en rendre compte, elle guettait les rues de son quartier dans l'attente d'y croiser un visage connu. Elle tendait l'oreille quand elle entendait parler ses amis, espérant apprendre un soir que Drago était rentré.
Les nombreuses lettres qu'elle avait commencé à écrire pendant ses nuits languissantes avaient terminé à la poubelle et elle avait fini par se résoudre de ne pas recevoir de nouvelles de l'héritier Malfoy. Août s'éteignit aussi fatalement que les espoirs de la brune qui ne prêtait plus attention à son entourage qu'avec une morne lassitude. Hermione se contentait à présent de se plonger dans son travail toute la journée pour assurer la rentrée du Ministère. Elle bataillait dans ses relations avec la nouvelle Ministre moldue, une femme sévère et peu encline au discours. Quand elle rentrait chez elle le soir, elle ne trouvait du réconfort qu'en passant la porte de son appartement, inconsciente d'être observée de temps à autre.
Drago était rentré depuis plus d'une semaine quand il s'était enfin décidé à aller faire un tour dans le quartier de son appartement. La première fois, il avait juste erré quelques minutes avant de transplaner à nouveau. Les jours suivants, il était resté un peu plus longtemps, choisissant l'heure à laquelle il supposait qu'Hermione devait rentrer du Ministère. Il savait pertinemment que la probabilité pour qu'elle passe à pied était infime car elle transplanait généralement directement chez elle, mais il ne pouvait pas se résoudre à aller toquer à sa porte.
Un soir, il l'avait vue marcher dans la pénombre et s'était brusquement collé au mur dans la crainte d'être vu. Elle avait disparu rapidement et le jeune homme s'était retrouvé bien stupide. Il avait honte de lui, de sa lâcheté, de son absence pendant ces deux mois d'été. Il se rendait compte à cet instant que son retour en Angleterre n'avait jamais été synonyme d'assurance. Il était toujours hanté par la même faiblesse et l'incapacité à affronter le changement. Si parfois il avait entrevu sa vie différemment, s'il l'avait imaginée loin d'Astoria, il restait impardonnablement faible.
Drago trouva sa présence dans cette rue profondément ridicule et déplacée. Il transplana au manoir et s'enferma dans son bureau pour ruminer. Il savait que l'unique raison pour laquelle il avait accepté ces vacances était Scorpius. Il aurait fait n'importe quoi pour lui et ne regrettait pas. Ils avaient passé tout leur temps à voler, à jouer au quidditch et à faire de longues promenades en forêt. Le blond chérissait les derniers moments qu'il allait passer avec son fils avant qu'il n'aille à Poudlard l'année suivante. Mais sans Scorpius, Drago ne se serait jamais imposé deux mois entiers loin de Londres avec Astoria.
Les visites fréquentes de Blaise, Pansy et Théodore avaient rendu les soirées moins monotones, mais rien n'aurait assouvi l'envie terrible de passer du temps avec Hermione. Elle avait au moins eu le cran de divorcer ; il l'avait lu dans la Gazette avant de jeter le journal froissé dans une poubelle. Elle avait eu le cran de lui dire qu'elle tenait à lui et qu'elle voulait qu'il fasse partie de sa vie. Lui n'avait rien fait de tout cela. Drago se prit la tête entre les mains. Il ne cessa de se répéter qu'il avait été lâche jusqu'à ce qu'il se couche et qu'Astoria colle ses pieds glacés à ses jambes.
