Bonsoir à toustes !
Voici un petit OS sur la dernière fois où Ginny et Harry se virent avant qu'il parte à la recherche des Horcruxes. J'étais en pleine relecture des Harry Potter, et face au chapitre VII du ternier tome (Le testament de Dumbledore), je n'ai pas pu résister d'imaginer quels étaient vraiment leurs adieux. Les phrases en italique sont tirés mot pour mot du livre ! Pour cet OS seulement il me tenait à coeur de respecter la trame établie.
Bien évidemment, toute l'histoire et les personnages appartiennent à l'autrice J.K. Rowling.
Bonne lecture; et surtout : donnez votre avis si vous en avez un !
Harry se sentait presque coupable d'être heureux, ce jour-là. C'était son anniversaire pourtant, il n'avait pas à s'en vouloir d'être content d'avoir enfin dix-sept ans; mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable. Il repensait à Fol-Oeil, à Georges et son oreille (quand bien même il semblait ravi d'exaspérer sa mère en plaisantant dessus constamment), à Dumbledore, à Sirius... Il s'en voulait d'être si comblé par le cadeau des Weasley, une montre confirmant définitivement son appartenance à leur famille, il s'en voulait d'être si bien soutenu par Ron et Hermione. Il aurait du se sentir tant malheureux pour toutes ces morts qui s'étaient dramatiquement produites par la simple faute de son existence.
Pourtant, une petite voix dans sa tête lui soufflait qu'ils auraient voulu qu'il soit heureux aujourd'hui. Sauf Fol-Oeil, qui lui aurait probablement crié « Vigilance constante ! » en guise de cadeau d'anniversaire. Il s'autorisa un sourire à cette pensée, et il décida qu'aujourd'hui il ferait taire sa culpabilité. Pour une fois, il tenterait réellement de profiter de la joie qui l'entoure.
La seule ombre sur cette journée, et même sur ce séjour au Terrier, était la présence de Ginny. Il était douloureux d'être loin d'elle, mais il l'était encore plus quand il s'agissait de ne pas pouvoir être avec elle alors qu'elle était dans la pièce d'à côté. Il tenta de chasser cette pensée et engloutit une dernière tranche de bacon, finissant enfin l'assiette que Mme. Weasley avait continuellement rempli depuis son arrivée au petit-déjeuner. Il lâcha un léger rot qui se voulait discret, mais Ron et Gabrielle, la soeur de Fleur, le remarquèrent. Cette dernière haussa les sourcils, l'air dégoûtée, et son meilleur ami ricana devant la scène. Hésitant entre le foudroyer du regard et rougir, il se leva en hâte tout en essayant de ramasser ses cadeaux éparpillés sur la table de la cuisine. Alors qu'Hermione, Ron et lui montaient les escaliers, la porte du premier étage s'ouvrit assez brusquement sur une Ginny encore en pyjama, dans un vieux t-shirt des Harpies de Holyhead et un short de Quidditch de Gryffondor, le tout deux fois et demi trop grand pour elle. Si Harry n'avait pas passé ses cadeaux à Hermione pour qu'elle les embarque, il les aurait fait tomber dans l'escalier. Elle était là, devant lui, resplendissante dans ce short qui appartenait jadis à un des jumeaux, ses cheveux rassemblés dans une queue de cheval inhabituellement serrée. Elle le fixait de son regard déterminé.
« Harry, tu veux bien venir un instant ? »
Il trébucha sur la dernière marche en la rejoignant. Il ne savait pas ce qu'il allait se passer. Allait-elle lui offrir un cadeau pour son anniversaire ? Son coeur rata un battement. Jamais il n'oserait l'avouer à qui que ce soit, mais l'idée de posséder un objet de Ginny, que ce soit un mouchoir ou une boucle d'oreille, lui plaisait particulièrement.
« Joyeux anniversaire, déclara-t-elle, toujours en train de le fixer.
– Ouais... Merci. »
Harry se sentait terriblement stupide. « Bien joué, ça donne envie d'entamer une conversation ça» se lança-t-il mentalement. De l'autre côté, mieux valait qu'une conversation ne se lance pas. Il était déchiré entre cette partie de lui qui voulait passer l'éternité à discuter avec elle, et une autre qui lui criait de la faire disparaitre de sa vie avant qu'elle ne soit blessée.
Il sentait ses yeux posés sur lui, alors que lui n'osait pas soutenir son regard. C'était comme s'il s'était vivement approché d'une étoile qui brillait vivement.
« Jolie vue, dit-il d'une voix faible en montrant la fenêtre. »
Elle ne prêta aucune attention à sa remarque et il ne pouvait pas lui en vouloir. Il aurait définitivement du feuilleter le bouquin de Ron - "comment parler aux sorcières et les séduire en douze leçons" - avant d'entrer dans cette chambre. Ses yeux se baladèrent autour de lui, et il ne put s'empêcher de remarquer la photo de l'équipe de Quidditch de Gryffondor de l'année précédente, accrochée avec du scotch au-dessus du lit. On y voyait très clairement Harry et Ginny au centre, côte à côte. Le portrait de Harry lançait régulièrement des regards en coin à sa coéquipière, son regard s'attardant légèrement sur ses lèvres. La rousse, quant à elle, regardait fièrement l'objectif, accoudée nonchalamment à son balai. Quelquefois, elle jetait un regard en coin à son voisin et lui lançait un sourire éclatant. La photo avait été prise au début de sa Sixième Année, et pourtant Harry voyait bien comment son lui de l'époque était déjà complètement accro.
« Je ne savais pas quoi t'offrir, dit-elle, le sortant de ses réflexions.
– Tu n'es pas obligée de me faire de cadeau. »
Cette fois encore, elle ignora sa réponse.
« Je ne savais pas ce qui te serait utile. Rien de trop grand parce que tu ne pourrais pas l'emporter avec toi. »
Il la regarda, encore une fois. Elle se tenait, là, pas une seule larme au coin de l'oeil. Il était fou d'elle.
Elle s'avança d'un pas vers lui.
« J'ai donc eu l'idée de t'offrir quelque chose pour que tu te souviennes de moi, au cas, par exemple, où tu rencontrerais une Vélane pendant que tu seras parti faire je ne sais quoi.
– Pour être franc, je ne crois pas que j'aurai beaucoup d'occasions d'inviter des filles à dîner, là où je serai. »
Elle lui fit un sourire en coin, léger comme la brise du matin, ses yeux le regardant avec plus d'intensité que jamais.
« C'est l'espoir que j'avais, murmura-t-elle. »
Alors, sans vraiment crier gare, mais avec une lenteur extrême, elle approcha ses lèvres des siennes. Quand elles se rencontrèrent, enfin, elle l'embrassa comme jamais elle ne l'avait embrassé. Harry sentit tout son corps s'embraser. La passion le consumait de l'intérieur. Il passa une main dans son dos et l'attira, doucement, vers lui. De l'autre, il caressa sa nuque. Il sentait les mains de Ginny, tremblantes, prendre son visage en coupe. Rien d'autre ne comptait qu'elle, elle et encore elle. L'odeur de ses cheveux chatouillait ses narines, et il ne voulait jamais arrêter de respirer cette essence de Ginny-
La porte s'ouvrit brusquement derrière eux, et ils se séparèrent dans un sursaut.
« Ah, fit Ron. Zut. »
Harry se retint de lancer une pique quant à la pertinence de cette remarque. Hermione foudroya le rouquin du regard, qui ne sembla pas s'en préocupper le moins du monde. Elle-même n'osait pas croiser le regard du Survivant, ayant probablement deviné que tout ce qu'il voulait en ce moment même c'était leur faire manger les chaussettes de Charlie.
Il jeta un dernier regard à Ginny, qui lui lança un « encore bon anniversaire » bien pâle face à la vague d'émotions qui venait de le submerger, avant de sortir avec ses deux meilleurs amis. Il lui jeta un dernier coup d'oeil, espérant qu'elle comprenne tout ce qu'il voulait lui dire par ce regard. Il crut déceler un éclat de larmes dans ses yeux, mais la porte se ferma avant qu'il n'ait réellement le temps de voir.
Ron descendit les marches de l'escalier rapidement, et, intrigué, Harry le suivit jusque dans le jardin.
« Tu m'expliques pourquoi tu mènes ma soeur par le bout du nez comme ça ? lui lança-t-il d'un ton énervé, l'air fébrile.
– Quoi ? Mais je la mène pas par le-
– Tu la largues, puis tu reviens jouer avec elle même pas un mois après.
– Mais je ne joue pas avec elle !
– Ron, tenta d'intervenir Hermione, des rides de souci fortement plissées sur son front.
– Ca fait un mois qu'elle est pas bien à cause de votre rupture, l'interrompit le concerné, que tu as décidé-
– Tu sais très bien pourquoi je l'ai fait ! rétorqua Harry, sentant la colère monter. Et tu penses que je l'ai bien vécu moi peut-être ?
– J'en sais rien, mais à peine t'es rentré que tu vas l'embrasser à tout bout de champ- »
Il ferma les yeux. Le sang battait ses tempes, mais il savait que Ron voulait simplement protéger sa petite soeur.
« C'était la dernière fois, ok ? lui dit-il d'un ton annonçant clairement qu'il ne voulait plus en parler. »
Son meilleur ami acquiesca malgré le fait qu'il n'avait pas l'air complètement satisfait, et rentra dans la maison sans un mot de plus. Hermione, les yeux étrangement brillants, poussa un soupir en le regardant partir.
« Quel drame, l'amour au milieu de la guerre, murmura-t-elle dans un souffle. »
Harry attrapa sa montre posée sur sa table de nuit près de lui, et l'amena fort près de ses yeux. Il y lut « 3h20 » et poussa un long soupir. Dans l'autre lit ronflait paisiblement un Ronald profondément endormi, qui semblait marmonner des « plus de pomme de terre » et des « Hermione » dans son sommeil. Il fixa le plafond au-dessus de lui. Cela faisait près d'une demie-heure qu'il était réveillé et le sommeil ne lui venait pas. Dans un soupir, il attrapa ses lunettes, sa baguette et descendit les esacliers jusqu'à la cuisine pour se servir un verre d'eau. Il aurait pu remplir d'un sort le verre posé à côté de sa montre à son chevet, mais descendre les escaliers lui dégourdirait les jambes, et lui permettrait de se vider un peu l'esprit.
Lorsqu'il arriva à l'entrée de la cuisine, il se raidit devant la silhouette se découpant dans l'obscurité. Ayant l'espace d'un instant craint que ce fut un Mangemort, il réalisa bien vite que c'était pire : c'était Ginny. Pour signaler sa présence, et ainsi éviter de recevoir un mauvais sort, il s'éclaircit la gorge. La jeune femme se retourna brusquement, et se figea.
« Oh, dit-elle d'une voix étrangement neutre. »
D'habitude, c'était lui qui faisait des onomatopées au lieu de phrases.
« Toi non plus t'arrives pas à dormir ? demanda-t-il d'un ton faussement détaché, tout en ouvrant un placard pour attraper un verre.
– Non... »
Il lui jeta un regard furtif par-dessus son épaule. Chacun semblait vouloir dire à l'autre « ...parce que je pense trop à toi ». Au lieu de ça, il détourna les yeux et lança un « Aguamenti » silencieux à son verre, qui se remplit d'eau. Alors qu'il buvait en se concentrant fixement sur le fond de son verre, adossé au plan de traval, il sentait le regard de Ginny posé sur lui. Il avait l'impression de sentir tout ce qu'elle ressentait, pensait, ressassait, sans même l'écouter, sans même l'observer.
Lentement, il se tourna et posa son verre dans l'évier. Quand il se retourna, toujours en prenant son temps, la jeune femme était là, sous son nez, son visage à quelques centimètres du sien.
« Ginny... commença-t-il. »
Il ne put pas répondre. De la même manière que quelques heures plus tôt, elle rapprocha son visage du sien avant de sceller leurs lèvres. Dès l'instant où elles se frolèrent, il sentit la même flamme, le même désir, la même passion, le brûler. Il aurait pu mettre le feu à la Forêt Interdite ou descendre une bouteille de Whisky-pur-Feu d'une traite, il ne pourrait jamais ressentir une pareille chaleur que quand elle l'embrassait de la sorte. C'était à en perdre la tête.
Elle se décolla, doucement, de lui. Pour l'une des premières fois de sa vie, Harry la vit hésiter, l'air un peu perdue. Il l'enlaça de ses bras, incertain de ce qu'il se passait entre eux deux, et elle passa à son tour ses bras autour de sa taille. Ils restèrent ainsi, tandis que les secondes et les minutes passèrent. Puis, presque précautionneusement, Ginny se détacha de lui avant d'attraper sa main. Sans à peine daigner le regarder, elle se dirigea vers la porte de l'escalier, l'entrainant derrière elle. Harry vit lentement la cuisine défiler devant ses yeux, puis le couloir, les escaliers, sans dire un mot. Il sembla reprendre pied dans la réalité quand elle referma la porte de sa chambre derrière eux, recroisant à nouveau ses iris qui lui faisaient tourbillonner les intestins.
Sans plus vraiment contrôler ce qu'il se passait, ni ce qu'ils disaient, ils s'approchèrent l'un de l'autre. Harry posa ses mains sur ses hanches, et il la sentit tressauter légèrement à ce contact. Elle encercla son cou de ses bras. Leurs visages étaient si proches. Harry sentait son haleine mentolée.
« Je suis fou amoureux de toi, murmura-t-il d'un souffle inaudible. »
Leurs poitrines se soulevaient à l'unisson.
« Crétin. »
Elle semblait vraiment le penser, mais elle l'embrassa pour autant. Encore et encore. Et à mesure qu'elle l'embrassait, Harry perdait encore pied. Il sentait chaque parcelle de son corps voulant se coller au sien. Il voulait découvrir sa peau. Il voulait lui prouver à quel point c'était vrai, à quel point il l'aimait. Il la voulait.
Il sentait les mains de la jeune femme caresser la peau de son torse, de son dos. Sans prévenir, elle enleva d'un mouvement son propre t-shirt. Elle se retrouva la poitrine nue, fière, devant lui. Ses jambes ne tinrent plus face à tout l'amour qui se remuait en lui, et il tomba assis sur le lit juste derrière lui. Elle vint s'asseoir à califourchon sous lui; et leurs peaux ne firent bientôt plus qu'un.
Demain, peut-être, la guerre reprendrait. Mais cette nuit-là, il était question d'amour, il était question d'aimer. A en perdre la tête.
