Tu me vois, Potter

Disclaimer : L'univers ainsi que les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent aucunement

Notes : Quelques différences avec l'œuvre originale, Sirius est vivant, il n'y a pas d'horcruxes. Si j'ai oublié quelque chose ou que ça ne fait pas de sens, faites-le-moi savoir. Cette fic a un ton beaucoup plus humoristique que les autres, et je travaille en parallèle sur Un Lien Éternel mais je ne suis pas certaine de comment ça va sortir puisque je sors énormément de ma zone de confort donc je la publie pour voir si cela vous intéresse que je continue.

Bonne lecture!

Chapitre 1 : Qu'on en finisse

La grande salle n'avait jamais été aussi vide. La sixième année de Harry, Ron et Hermione venait à peine de débuter que déjà, l'ascension de Voldemort avait des répercussions jusqu'à Poudlard. De nombreux élèves ayant prêté allégeance au mage noir n'étaient pas revenus. La table des Serpentards ne comptait qu'une vingtaine d'élèves. À la grande surprise du trio, Draco Malfoy était présent. Il semblait amaigri et son visage auparavant aristocratique arborait des cernes violacés sous les yeux. S'ils lui avaient demandé la raison de sa présence, il leur aurait répondu de se mêler de leurs affaires. Mais en vérité, Draco était venu demander l'asile à Dumbledore à la fin de l'été. Lucius avait organisé une fête ostentatoire afin de célébrer le moment ou Voldemort allait le marquer. Draco ne voulait pas cela, il ne voulait pas de cette guerre, il ne voulait pas se battre et tuer des innocents. Il ne lui restait qu'une solution : fuguer. Sa mère l'avait aidé, et elle avait payé le prix de sa trahison. Dumbledore l'avait accueilli comme il l'aurait fait avec n'importe lequel de ses élèves. Lorsque Draco lui avait demandé s'il était un prisonnier, il avait ri de bon cœur, lui assurant que, même si cela l'attristait au plus haut point, si Draco décidait de changer de camps, il ne l'en empêcherait pas. Il ne savait que dire devant tant de bonté, lui qui avait été élevé dans la discipline la plus stricte, où l'amour était relégué aux "histoires de bonnes femmes". On attendait toujours plus de lui, toujours de meilleures notes, être toujours plus froid, plus dur, plus fort. À 16 ans, il ne savait même pas qui il était tant son identité s'était bâtie selon les principes des Malfoy. Il savait qu'il ne voulait pas de la marque de Voldemort, il ne voulait pas tuer et surtout, il ne voulait pas suivre ce chemin tracé pour lui.

Poudlard était devenu le dernier bastion de résistance. Des sorciers de partout dans le monde avaient trouvé refuge au château, de même que de nombreux aurors. C'était étrange et en même temps agréable. Parfois, un ou deux sorciers descendaient raconter leurs histoires aux élèves, soit celles de leur jeunesse à Poudlard ou de leurs nombreuses aventures. Souvent très drôles, les soupers s'éternisaient et leur permettaient d'oublier la guerre qui faisait rage. Harry, Ron et Hermione quittaient justement la grande salle, le rose aux joues d'avoir tant ri. Une auror leur avait raconté avoir été attaquée par une goule après avoir rejeté ses avances amoureuses. Ron imita une goule et les trois rirent de plus belle. Hermione vola un baiser à Ron.

«Mais c'est qu'elle est mignonne, cette goule» Elle lui caressa le menton comme s'il était un chat et le visage du rouquin s'enflamma. Harry sourit devant la complicité entre ses deux amis. Leur amour était beau à voir, il espérait vivre un jour une telle passion. Quoiqu'il ne vivrait sûrement pas assez longtemps pour connaître cela. Alors qu'ils tournaient un coin pour retourner aux dortoirs, ils croisèrent Draco qui arrivait de la bibliothèque.

«Je suis sûr qu'il espionne pour Tu-sais-qui» murmura Ron. Hermione regarda le blond s'éloigner.

«Dumbledore lui fait confiance»

«La fouine n'en est pas à ses premières magouilles»

Harry resta silencieux, il ne savait pas quoi penser. D'un côté, il avait confiance que si Dumbledore croyait que Malfoy représentait un danger, il ne l'aurait pas accueilli au château, mais de l'autre côté, le blond faisait son possible pour lui rendre la vie impossible depuis l'instant où il avait mis les pieds à Poudlard. La salle commune des Gryffondors était vide à cette heure tardive. Hermione invita Ron sur le sofa, où ils se lovèrent l'un contre l'autre. D'un coup de baguette, la sorcière raviva le feu et son regard perdit dans les flammes.

«Je vais dormir» Harry baillait de fatigue. Ils le saluèrent alors qu'il montait les escaliers menant aux dortoirs. Une douche chaude et le moelleux de son lit eurent raison de lui et il s'endormit rapidement. Il se réveilla d'un bond, les doigts serrés autour de sa baguette, prêt à attaquer. Fausse alerte. Encore un cauchemar signé Voldemort. Il devrait lui envoyer une lettre de remerciement pour les nombreuses heures qu'il investissait pour le torturer mentalement. Harry se leva silencieusement et tira le rideau. L'aube commençait à poindre à l'horizon. Il avait le temps de se rendormir. Il hésita, regarda son lit. Est-ce que Voldemort lui laisserait quelques heures de sommeil supplémentaires? Il frissonna se rappelant son cauchemar. Voldemort l'avait paralysé et il le voyait torturer Ron, Hermione, ses enseignants, tous ceux qui un jour avaient été gentils avec lui. D'autres fois, il avait senti Jedusor l'éplucher comme une banane, un centimètre à la fois. Brûlé vivant. Congelé. Pendu. Battu. Sorts et maléfices divers. L'imagination du mage noir ne semblait pas avoir de limites.

Il était épuisé, mais avait peur de dormir. Il prit la carte des maraudeurs. Snape était réveillé. Ça lui coûtait d'aller demander une faveur au directeur des Serpentards, mais leur relation s'était adoucie. Harry avait pris le temps de discuter avec Snape de sa mère, ils avaient partagé leurs photos, leurs souvenirs. Les querelles interminables n'existaient plus depuis un moment, ils se montraient courtois, voire amicaux. Il s'habilla rapidement et descendit aux cachots. Il toqua.

«Entrer» Il n'y avait que Harry ou Albus pour venir le voir à une telle heure.

«Vous avez une mine affreuse, Potter»

«Je vous retourne le compliment» Visiblement Snape était aussi victime des visites nocturnes de son ex-Maître.

«Vous avez refait de cette potion… celle qui ressemble à du coca»

«La potion nocte tacere n'est pas seulement difficile à faire, elle est dangereuse. Vous souvenez-vous pourquoi?»

«Elle peut nous plonger dans un sommeil éternel sans raison connue» Il avait répondu comme il aurait répondu en cours, d'une voix neutre. Mais au fond, devenir la prochaine Belle aux bois dormants était un destin plus enviable que celui auquel il devait réellement faire face.

«On va mourir si on dort pas» À force de le fréquenter à Square Grimmaud ils étaient devenus plus familiers que Harry ne l'aurait avoué sous la torture.

«Vous êtes trop dramatique» Il y eut un silence «Racontez-moi ce que vous voyez, cela vous aidera peut-être»

«Vous savez pourquoi je ne vous raconterais rien»

«Vous n'avez pas à porter cela tout seul»

«Voldemort veut vous affaiblir et ceux qui nous entoure. Nous devons garder cela secret. S'ils savent qu'il peut jouer dans nos têtes, ils pourraient perdre confiance, ou pire, perdre leur concentration. Ça pourrait leur être fatal… le jour venu»

Severus renonça à être le confident de Harry, ce n'était pas la première fois qu'il lui demandait, mais il refusait chaque fois d'en dire un seul mot. Le survivant n'avait pas besoin de demander à Snape ce qu'il voyait. Il le savait parfaitement. Il voyait sa mère mourir devant ses yeux nuits ,après nuit, après nuit… Il en aurait mis sa main au feu.

«Allez, sortez les ingrédients, je vais partir le feu»

«Potter…» Leur regards se croisèrent. Snape voulait être la voix de la raison, mais l'envie d'une nuit de 12h sans aucune pensée, ni rêve ni rien… Même s'il ne se réveillait pas, il ne manquerait à personne. En fait, certains élèves risqueraient de faire une fête.

«C'est parti» Harry fit un grand sourire, les yeux brillants. C'est dans ces rares instants que Severus se rappelait que cet enfant était tout ce qui restait de Lily. Cette pensée lui réchauffait le cœur autant qu'elle le torturait. Encore aujourd'hui, il se serait jeté devant le avada pour sauver son unique amour. Ils préparaient silencieusement les trop nombreux ingrédients lorsque Severus posa sa main sur l'épaule de Harry. Leurs regards se croisèrent.

«Je suis toujours là si tu as besoin de moi… Harry»

L'adolescent posa sa main sur celle de Snape

«Et moi pour vous»

Ils restèrent ainsi un moment. C'était beau et effrayant. L'imminence de la guerre qui allait éclater entre Poudlard ramenait les émotions à l'avant-plan. Si je dois mourir, au moins je le ferai le cœur léger, se disaient les deux hommes.

La potion devait mijoter longtemps, elle serait prête en début de soirée. Harry avait manqué le petit-déjeuner et le premier cours de la journée, Severus avait demandé aux tableaux de passer le message pour que les autres ne s'inquiètent pas. Harry avait une faim de loup, heureusement, il avait un accès VIP aux cuisines.

«Dobby, t'aurais pas genre un sandwich» Les elfes étaient toujours heureux de voir Harry, ils s'attroupèrent et lui tendirent des fruits divers et même un poireau, que Harry prit en remerciant l'elfe, se demandant bien ce qui lui avait passé par la tête.

«Comment Harry Potter veut son sandwich»

«Simple, je peux même me le faire si tu me dis où…»

«Jamais! C'est un honneur de préparer un sandwich pour Harry Potter»

«Alors ce que tu veux, Dobby, un sandwich bien simple»

Ils discutèrent un moment de tout et de rien.

«Dobby sera à vos côtés lorsqu'Il va venir, Dobby va vous protéger»

«Je te crois à 100%, tu m'as déjà aidé très souvent»

«Un compliment de Harry Potter!» Les larmes de Dobby mouillaient le pain qu'il prit pour se moucher. Harry le regarda faire sans rien dire, trop fatigué pour s'inquiéter d'un peu de morve d'elfe de maison. Une autre elfe, voyant le désastre, prépara quelques sandwichs et les déposa subtilement dans le sac de Harry. Il lui fit un signe de tête pour la remercier. Dobby lui tendit son sandwich extra-mucus que Harry prit en le remerciant allègrement. Dobby le salua jusqu'à ce qu'il tourne dans le couloir et perçoive à peine le son de sa voix. Il se fichait un peu de manquer ses cours. Depuis qu'il s'était réveillé, il ressentait une agitation qui n'était pas la sienne. Voldemort lui avait envoyé ses cauchemars habituels, mais cette fois ils étaient entrecoupés d'étranges visions presque erratiques, comme si lui-même n'arrivait plus à se concentrer. Cela n'annonçait rien de bon pour Poudlard. Il marcha jusqu'au bord du lac et lança le sandwich de Dobby haut dans les airs, l'énorme tentacule du calmar géant l'attrapa au vol et il disparut aussi rapidement qu'il était apparu. Le survivant grignota quelques sandwichs en regardant l'horizon. Il n'avait pas l'impression de demander grand-chose à la vie. Il ne voulait pas de richesses, de pouvoir ni même de sa propre célébrité. Il voulait terminer ses études, passer du bon temps, avoir un travail… peut-être même aimer quelqu'un et être aimé en retour. Était-ce trop demander? Personne ne devrait avoir à se préoccuper d'être assassiné. Et même là, ce n'était pas son souci principal, oh que non, l'avenir du monde sorcier reposait sur ses épaules. Juste ça. Parfois, il avait juste envie de tout claquer et partir loin et disparaître à jamais. Tant pis pour eux. Mais il savait qu'il ne pouvait pas faire cela.

«Je t'avais dit qu'il serait là!»

«Harry!» Hermione courut vers lui et déposa sur ses épaules sa veste qu'il avait laissée dans son dortoir. Il n'avait même pas remarqué qu'il faisait froid.

«Dobby t'a encore fait un de ses fameux plats»

«Ouais un sandwich à la morve!» Ron fit la grimace.

«Au moins le calmar les aime»

Ils écoutèrent le bruissement des feuilles durant de longues minutes.

«C'est pour bientôt» Harry avait murmuré. Ils se serrèrent les mains. Ils partageaient leur peur, mais tant qu'ils étaient ensemble tout irait bien.

Harry retourna voir Severus en soirée. Il avait un air plus grave que d'habitude, si c'était possible.

«Si vous ne vous réveillez pas, ce sera de votre faute»

«N'essayez pas de mettre ça sur mon dos, vous essayez de me tuer depuis le premier cours» Le ton sarcastique de Potter lui donnait toujours envie de lui donner une baffe derrière la tête tellement il ressemblait à celui de James. Snape se contenta de rouler des yeux. Il lui tendit une fiole contenant un liquide bleu foncé dans lequel de petites bulles argentées se mouvaient lentement.

«Merci» Le directeur des Serpentards acquiesça.

«Bonne nuit, monsieur Potter»

«Bonne nuit professeur Snape»

Severus regarda le jeune homme jusqu'à ce qu'il ne puisse plus le voir. Il aurait voulu faire beaucoup plus pour lui venir en aide. C'était injuste qu'il doive affronter le Seigneur des ténèbres seul. Il ne voulait pas… il ne voulait pas qu'il meure.

«Sev?»

Draco essayait d'attirer l'attention de son parrain depuis un moment, mais il était absorbé dans ses pensées. L'enseignant détourna le regard du couloir à présent vide et regarda son filleul.

«Oui Draco?»

«Qu'est-ce que Potter venait faire ici?»

«Ce n'est pas de tes affaires»

Le blond roula des yeux, exaspéré.

«Ce n'est pas comme ça qu'ils vont arrêter de t'appeler la fouine»

«Sev!»

«Si tu veux savoir, demande à Potter»

«Comme s'il allait me répondre»

«Commence par bonjour»

«Sérieusement?»

Snape haussa les épaules. Il était fier de Draco pour avoir pris son destin en main, et le lui avait déjà dit, mais au lieu de tenter de se rapprocher des autres élèves, ce dernier restait dans ses vieilles habitudes et était en train de se mettre tout le monde à dos.

Exaspéré par son parrain, Draco retourna à son dortoir. Il en avait assez d'être le paria de Poudlard. Le pire dans tout ça c'est qu'il savait quoi faire, mais dès qu'il croisait des élèves leur regard de dégoût et de peur le mettait hors de lui et il redevenait le connard hautain qu'il avait appris à être. Il se déshabilla et s'emmitoufla dans ses draps. Peu importe qu'il soit nu, il avait le dortoir pour lui tout seul.

La nuit se passa sans heurt et Harry fut presque déçu de se réveiller. Sentiment partagé par Severus. Au moins, ils se sentaient bien mieux que la veille. Après le cours de potion, Harry essaya de quêter une autre fiole à son enseignant, mais celui-ci refusa.

«Je ne veux plus en entendre parler»

«Je veux dormir»

Snape fit non de la tête et Harry leva les bras au ciel avant de lâcher un grognement digne des hommes de Cro-Magnon.

«Je vous en supplie, vous voulez que je me mette à genoux?» Harry était en train de s'exécuter lorsque son enseignant l'interrompit d'un non ferme.

«Je veux juste... je veux… s'il vous plaît» Harry fondit en larmes, Severus, impuissant, ouvrit les bras et serra le Gryffondor contre lui.

«Je sais Potter, je sais»

Il lui frotta le dos un long moment. Le survivant leva la tête, plongeant ses iris verts dans celles de Snape.

«Je ne veux pas mourir»

«Moi non plus Potter»

Ils se séparèrent et restèrent un long moment en silence. L'estomac de Harry lui rappela que le dîner était déjà servi depuis un moment et il salua son enseignant avant de quitter, la mine basse. Draco se dépêcha de s'éloigner de la porte de la classe de potion, qui était restée entrouverte et lui avait permis de tout entendre. Il ne lui avait jamais passé dans l'idée que Potter pourrait réellement mourir. Pour lui, Potter était comme un cafard, même une explosion nucléaire n'en viendrait pas à bout, c'était tout simplement inimaginable.

Les jours passaient lentement, il ne neigeait pas encore, mais la température était de plus en plus fraîche. Harry avait parlé à Dumbledore de son pressentiment, mais ce dernier était visiblement infondé. Il était sur le point d'aller demander une autre fiole de nocte tacere à Severus lorsque sa cicatrice le brûla si fortement qu'il crut qu'on lui avait enfoncé du métal chauffé à blanc dans le crâne. Un son de cloche retentit quelques instants plus tard, signe que l'école était attaquée. Le trio se regarda, inquiet, et sans un mot se serra dans les bras l'un et l'autre. C'était peut-être leur dernière étreinte. Ils descendirent rapidement, suivant le flot d'élèves.

«Harry…» commença Hermione, mais ce dernier hocha la tête. Il savait ce qu'il risquait, et il ne croyait pas être capable d'aligner deux mots tant sa gorge était serrée.

Dans la grande salle, des ordres étaient donnés, les premières années devaient aller se réfugier dans les cachots. Les autres pouvaient se battre s'ils voulaient. Ce sont des enfants, pensa Harry, ils devraient tous aller se cacher, c'est entre moi et Voldemort cette fois.

Harry avait l'impression d'être dans l'un de ses cauchemars. Il avança jusqu'à l'entrée du château, Dumbledore le salua d'un signe de tête, McGonagall lui serra le bras. Tous se mettaient en position, Harry et quelques autres s'avancèrent jusqu'aux limites de la barrière magique, seule protection contre l'armée qui s'étendait devant eux à perte de vue. Le voile doré qui les séparait ne suffirait jamais à repousser une telle puissance.

Voldemort regarda Harry.

«Je ne pensais pas que tu allais être assez courageux pour venir m'affronter» Lui et ses mangemorts éclatèrent de rire. Le cœur de Harry battait si fort et si vite qu'il crut qu'il allait mourir sur place d'un infarctus.

«Qu'on en finisse» Voldemort eut un petit sourire fier et leva sa baguette dans un geste vif. Les mangemorts l'imitèrent et rapidement attaquèrent la barrière magique. Sous les attaques répétées, elle tomba.

Le combat fut violent, Voldemort transplana d'abord en retrait, observant Harry parer les attaques des mangemorts, désarmant, paralysant les ennemis sans jamais les tuer. Puis le garçon le chercha du regard, fixa ses yeux sur le mage et courut dans sa direction. Il vit au loin des géants qui lançaient de gros rochers sur les murs du château, les centaures étaient sortis de la forêt et attaquaient les mangemorts par derrière. Les elfes de maison ne seraient plus jamais sous-estimés après ce combat, ils étaient rapides et efficaces. Il essaya de désarmer le mage, maintenant à portée de sorts.

«Tu as peur de tuer, Potter, tu crois que tu parviendras à m'arrêter avec un expelliarmus?» Voldemort avait un sourire narquois. Harry déglutit, tremblant de peur. Il se dressa de tout son long devant Voldemort.

«Ça s'arrête ici, Tom» Voldemort perdit son sourire

«Oui… Pour toi!» Le mage attaqua rapidement, Harry para, tenta de désarmer l'homme à nouveau, sans succès. Autour d'eux, les sorts jaillissaient de toutes parts, des corps tombaient au sol. L'air sentait la sueur et le sang. Harry dut se baisser pour éviter un avada lancé par un mangemort au loin, mais fut touché de plein fouet par un sort que Voldemort lui lança. Ses oreilles sillaient, sa vision était floue et il avait terriblement mal au torse, là où le sort l'avait percuté. Il réalisa qu'il avait perdu sa baguette. Genoux au sol, il la chercha frénétiquement lorsqu'il aperçut Voldemort, hilare, qui s'approchait de lui.

«Avada Kedavr…»

Dans un geste de désespoir, Harry attrapa la baguette que Voldemort pointait à quelques centimètres de son visage et d'un geste vif la brisa. Le sort vert explosa, propulsant Voldemort au sol. Harry avait du sang plein les yeux, il s'essuya, mais il ne voyait toujours rien, il tâtonna le sol et toucha une chaussure, remonta la jambe, il entendit Voldemort gémir. À quatre pattes sur le sol boueux il toucha le visage de son ennemi et l'attrapa à la gorge. Il serra aussi fort que ses bras lui permettaient, appuyant tout son poids sur sa trachée de Jedusor.

Le sorcier se débattait, essayait de repousser Harry de ses longues mains squelettiques, le griffant, tirant ses cheveux, il gémissait, crachait, essayait de respirer, mais il faiblissait et ses bras retombèrent au sol. Harry maintint sa prise encore un moment, incertain de la mort de l'homme puisqu'il n'arrivait toujours pas à voir quoi que ce soit.

Il le lâcha lentement et se remit debout, chancelant. Autour de lui il entendit de nombreux cris d'effroi. Il avait la nausée, et la douleur dans son torse irradiait maintenant dans tout son corps. Il déglutit, essaya de rester conscient, retomba au sol, se releva, mais il avait l'impression que le monde tournait autour de lui, que le sol se dérobait sous ses pieds. Il allait s'effondrer à nouveau lorsque quelqu'un le prit sur son épaule et courut en criant à l'aide. C'était une voix masculine, mais il était tellement confus qu'il n'arrivait pas à l'identifier. Il se faisait secouer dans tous les sens, les bras ballants vers le sol.

«Couchez-le ici. Potter! Potter! Vous m'entendez? Potter?»

Il aurait aimé répondre, mais il s'enfonçait plus profondément dans les ténèbres à chaque instant, au point où il n'entendait plus la voix de McGonagall qui appelait son nom, qu'il ne sentait plus le linge humide sur son visage. Il ne sentait plus rien, il flottait, loin de tout.