Bonjour mes petits pangolins, et merci pour votre accueil ! Vraiment, je ne m'attendais pas à ça et c'est une bonne surprise alors merci ! Par contre, amis puristes, je vous assure, oubliez moi. Vous risquez de hurler. Je brode allégrement dans la joie et la bonne humeur sans aucun (vrai) fondement, ne faites pas une syncope à cause de moi, je m'en voudrais ! De même, ne vous attendez pas à quelque chose de très construit au niveau de l'intrigue, ça reste léger et superficiel, par rapport à d'autres trucs que j'ai pu écrire (et c'est beaucoup de traitements psychologiques plus que d'actions)

Bonne lecture !

Chapitre 2

Catarina repartie, Izzy s'était laissé convaincre d'aller dormir, sous l'insistance quasi maladive de Simon, laissant Magnus seul à l'infirmerie. Recroquevillé dans un fauteuil relativement peu confortable, il échangea quelques messages de feu avec Aline, pour avoir les nouvelles d'Alicante, qu'il avait quitté très précipitamment, et lui raconter la situation qui le retenait ici. Au rythme des respirations apaisantes et des néons bleues qui éclairaient la pièce d'une lumière douce pour vérifier les constantes des patients, il finit par s'assoupir, épuisé. Son corps avait besoin de recharger ses batteries, son énergie magique était presque vidée. Il sombra dans le sommeil.


Ce fut de l'agitation autour de lui qui le réveilla, le lendemain matin. Il grimaça en se redressant, son dos et ses muscles lui en voulant de l'avoir fait dormir dans une position peu confortable. Quand il aperçut Isabelle, dans une tenue nettement plus habituelle que la veille, à savoir perchée sur des talons qui ressemblaient davantage à des instruments de torture, vêtements cintrés et maquillage, Magnus se sentit soulagé. Jace était à ses côtés, et ils étaient penchés sur le lit de Max, qui s'agitait, probablement réveillé.

C'était forcément la preuve que tout allait bien.

Le sorcier s'étira longuement, laissant un peu de magie parcourir son corps et rajuster vêtements et maquillage. Il ne pouvait décemment pas retrouver son Alexander avec des coulées de mascara sur les joues et des habits qui dataient de la veille.

S'approchant du lit du plus jeune membre de la fratrie Lightwood, il toussota pour indiquer sa présence, et sourit à Isabelle qui se retourna.

– Magnus ! Max se réveille ! Il va pouvoir nous dire où est Alec !

Jace salua à son tour le sorcier, mais Magnus lui répondit que distraitement, focalisé sur une seule chose.

– Ils ne l'ont pas retrouvé ? L'équipe que tu avais envoyé ?

– Non, reconnut Isabelle. Ils sont revenus bredouilles, et...

– Crois-moi, elle leur a fait payer ! rit Jace en les interrompant. Ils n'oseront plus jamais échouer à une mission...

Isabelle le fusilla du regard, et Magnus se joignit à elle. Rire ne leur semblait pas être d'actualité, ni de bon ton.

– Du calme. Il va bien. J'en suis sûr.

Et pour appuyer son propos, Jace souleva son T-Shirt. Sa rune parabatai était parfaite, noire et distincte.

– Je ne ressens rien de grave, décréta le shadowhunter. Tout va bien se passer.

Magnus accepta de le croire, à contre-cœur. Si cela était vrai, pourquoi Alec n'était pas ici, avec eux. Le temps de leur échange, le médecin avait fini de procéder aux examens de Max, et l'avait totalement ramené du semi-coma dans lequel il avait été plongé la veille.

– Izzy... ? balbutia le jeune garçon en papillonnant des yeux, parvenant à fixer l'image.

– Hey, petit frère, salua Jace.

– Max ! préféra s'écrier Izzy en serrant son frère contre son cœur, à l'en étouffer.

Si l'attitude était fort peu convenable pour une cheffe d'Institut, elle mettait en plus la vie du pauvre Max encore plus en danger que la veille.

– Izzy, laisse-le respirer ! décréta Jace en séparant son frère de sa sœur. Faut qu'il puisse respirer pour nous raconter ce qui s'est passé !

– Où... où est Alec ? demanda soudainement Max en reconnaissant finalement Magnus à son chevet.

La question leur glaça le sang. Mais ce ne fut rien à côté du visage figé par l'inquiétude du jeune homme quand il reconnut ses amis à côtés de lui, mais pas son grand frère.

- Comment ça, où est Alec ? Tu ne le sais pas ? Il n'était pas avec toi ?

La voix d'Izzy frôlait l'hystérie, et même Jace sembla se tendre. Magnus apaisa le jeu, enjoignit Max à raconter, tout dans les moindres détails, sans exception, ce qu'il fit sans reprendre son souffle à peine.

Mais il ne narra que ce qu'il savait déjà. La joie de voir son frère, ce matin-là, le plaisir de partir en mission avec lui, son parabatai et deux camarades surexcités. La mission banale, facile et évidente. Tim, qui avait voulu se la jouer un peu trop solo, Alec qui l'avait ramené et sauvé. La mission était terminée, et le périmètre nettoyé des démons. Cependant, du fait de l'imprudence de Tim, ils étaient plus loin de la zone dans laquelle ils auraient dû se trouver.

– Alec nous a dit de filer rejoindre Tina et Lynnie, qu'il devait t'appeler, Izzy. Tim n'avait pas envie de se faire incendier par téléphone. Alors on a couru, et on s'est éloignés d'Alec. On le voyait déjà presque plus quand on a entendu le bruit. Le sol s'est mis à trembler, on a failli tomber... Lynnie a évité de peu un rocher...

Cela coïncidait avec les informations dont ils disposaient jusqu'alors. Max avait alors appelé Izzy, terrifié de ne plus avoir son grand frère avec lui pour gérer la catastrophe naturelle. D'un coup de portail payé rubis sur l'ongle par l'un des multiples sorciers qui travaillaient désormais pour l'Institut régulièrement, Isabelle avait rejoint la zone de base, celle dans laquelle les quatre apprentis se trouvaient désormais, et qui venaient de tomber dans une faille ouverte par les secousses sismiques et qui manquaient de se faire engloutir par la terre.

Zone dans laquelle Alec ne se trouvait pas du tout, à cet instant précis.

- Où se trouvait-il par rapport à vous, la dernière fois que vous l'avez vu, Max ? Au nord, au sud ? demanda posément Magnus.

Max hésita.

– Nord-ouest, s'éleva soudain la voix de Tim. On avait des grandes ombres à nos pieds. On était dos au soleil. On courait vers l'est. Donc Alec était au nord-ouest de nous.

Le jeune garçon, réveillé lui aussi, avait suffisamment suivi la conversation pour comprendre ce dont il en retournait.

Magnus hocha la tête, posa quelques questions supplémentaires, avant de quitter la pièce. Les ados n'avaient plus besoin de soins magiques, les médecins shadowhunter feraient l'affaire sans problème.


– C'est mauvais, commenta Jace.

Au centre de la salle de commandement, ils avaient déployé la carte des Etats Unis, centrée et zoomée sur la forêt où Alec était intervenu. Un point lumineux clignotait pour indiquer la position où ils avaient récupéré la jeune équipe. Une deuxième carte, en superposé, donnait les indications sur le séisme.

– L'épicentre était là, indiqua Jace en désignant un point sur la carte, qui clignotait en rouge. Or Alec, d'après les indications de Max et Tim, aurait dû se trouver là.

Il traça un cercle du bout des doigts. Cercle qui, à leur grand désarroi, incluait l'épicentre. Alec s'était trouvé au plus près et au plus fort du tremblement de terre.

– Ta rune ? demanda Magnus, pour la millième fois.

– Rien. Je ne sens rien. Rien du tout.

Ils avaient envoyé une équipe chercher plus près de la zone où aurait dû se trouver leur frère et mari, mais ils étaient revenus plus bredouilles que précédemment. Avec une information non négligeable :

– Ça grouillait de Terrestres. Ils sécurisent les lieux. Même invisibles à leurs yeux, on a eu du mal à passer. S'il y avait eu quelqu'un là-bas, ils l'auraient trouvé avant nous.

Accrochés à cette idée, renforcée par l'idée qu'Alec allait bien d'après la rune parabatai de Jace, ils avaient essayé de traquer via la rune. Et s'étaient heurtés à un échec retentissant.

Depuis, Jace aussi angoissait. Sa rune, quand il se concentrait, ne lui renvoyait que du vide. Comme si le réseau était en panne, et que la tonalité sonnait dans le vide. Pas de joie, pas de douleur. Pas d'Alec au bout du fil.

– Et si justement, les Terrestres l'avaient trouvé ? demanda soudain Simon.

Il regardait la carte avec la même inquiétude que les trois autres. Alec n'était ni son frère, ni son époux, mais il était le frère de sa compagne et un homme qu'il estimait au plus haut point.

– Les Terrestres ne peuvent pas le voir, grogna Jace.

– Admettons que si. Il tombe inconscient. Ils le disaient aux infos, personne n'habitait dans le coin, c'est une forêt protégée du patrimoine. Ils n'avaient même pas besoin d'activer leurs runes d'invisibilité. Admettons que la terre tremble, Alec tombe, s'évanouit. Il est parfaitement visible pour les Terrestres. Qui l'auront récupéré et hospitalisé.

La voix de Simon ne tremblait pas, mais il était évident qu'il essayait d'être délicat dans sa théorie pour ne pas proposer plutôt un « Imaginons qu'Alec soit tombé dans une crevasse et broyé par plusieurs tonnes de pierres ».

– C'est une possibilité, reconnut Magnus avec diplomatie.

– Et ma rune ? Comment tu expliques ça ? demanda Jace.

– J'imagine que s'il a été blessé, les Terrestres l'auront plongé dans le coma. Ça peut fausser le lien, non ?

– Non, commença à répondre Jace.

– Si, il a raison. Dans un hôpital terrestre, s'ils lui injectent des substances qui ne sont pas celles habituellement utilisées pour son sang d'ange, ça peut complètement brouiller ses runes, releva Izzy, scientifique dans l'âme.

– Vraiment, Izzy ?

Magnus avait beau avoir des centaines d'années d'expérience et d'existence derrière lui, il n'était pas forcément au fait de toutes les subtilités des néphilims. Ces dernières années, il en avait appris plus que jamais, mais il était loin d'être au point sur certaines choses.

La jeune femme hésita.

– Je ne peux pas être certaine à cent pour cent, bien sûr. Nous n'avons jamais eu de précédent, à ma connaissance, de shadowhunter hospitalisé avec des terrestres et des soins terrestres. Nos runes font beaucoup, notre sang angélique aussi, et nous avons des moyens qu'ils n'ont pas, sans parler des sorciers guérisseurs, ou des frères silencieux...

– A propos du sang... le vôtre est rouge aussi, hein ? s'inquiéta Simon.

Jace leva les yeux au ciel, et Magnus n'était pas loin de l'imiter, mais se contint pour ne pas vexer le pauvre garçon paniqué qui posait une question qui, à son entrée dans le monde obscur, aurait pu être censée, mais qui était parfaitement stupide aujourd'hui.

– Oui. Bien sûr. Pardon. Il est rouge, évidemment qu'il est rouge, se reprit le jeune geek avant même qu'Izzy ait eu la patience de lui répondre gentiment.

– Donc... reprit Jace. S'il était inconscient dans un hôpital de terrestre, ça pourrait bloquer le pistage ?

– Je pense que oui, décréta Izzy.

– Et si moi je le piste avec un objet à lui ? demanda Magnus. Cela ne fonctionne pas pareil que votre rune...

Magnus était suffisamment désespéré pour essayer n'importe quoi. Il essayait de se convaincre qu'Alec était vivant, comme le prouvait la rune de Jace, et parce qu'il voulait croire qu'il l'aurait senti, si quelque chose était arrivé à son mari, mais seule l'angoisse parvenait à sourdre en lui.

– Tu as déjà essayé aussi... lui répondit Izzy doucement.

Magnus détourna le regard sans répondre. Il avait essayé, bien sûr. Les éléments appartenant à Alec ne manquaient pas, chez eux, mais cela n'avait rien donné. Et il l'avait fait en douce, par honte de l'échec. Par honte d'être incapable de retrouver son époux. Si seulement il avait possédé un objet plus fort que les simples babioles de la vie de tous les jours qui foisonnaient dans leur appartement. Sauf que l'alliance d'Alec était à son doigt, et son arc et ses flèches sur son dos...

– Si les Terrestres l'ont trouvé, on peut peut-être avoir une piste dans leurs médias non ? s'exclama Magnus. Un homme retrouvé au milieu d'un tremblement de terre dans une zone normalement déserte, avec un arc et un carquois sur le dos... ça devrait attirer l'attention, non ?

Les deux shadowhunter et le sorcier, tous créatures exceptionnelles de naissance, se retournèrent d'un bloc vers le vampire, terrestre de naissance. Le seul à pouvoir mener à bien ce genre de recherches, sans commettre de faux pas. Les shadowhunter savaient se mêler au monde humain quand les missions l'exigeaient, et Magnus avait depuis longtemps préféré la compagnie de ses semblables à celles des Terrestres.

– On peut toujours essayer, commenta Simon en dégainant son téléphone, ouvrant les réseaux sociaux et les sites d'information.


Ils avaient naïvement cru que la recherche serait facile et rapide, mais il n'en fut rien. Les sites d'information nationaux ne donnèrent rien, pas plus que les actualités locales. Simon cherchait des tags sur Twitter susceptible de correspondre à Alec, vérifiait les sites et les réseaux sociaux des hôpitaux environnants, mais au bout de plusieurs heures, il dut s'avouer vaincu. Rien de probant ne ressortait de sa quête.

– Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Isabelle, à court d'option.

La situation était sans précédent dans leur histoire.

– Il faut le trouver ! répliqua Jace, ce qui ne faisait pas avancer leur débat.

– Et... s'il allait bien et avait simplement décidé de ne pas rentrer ?

La question de Simon jeta un froid sur la petite équipe réunie au centre de la pièce de décision de l'Institut. Alec était peut-être pour Isabelle, Simon et Magnus le centre de leur monde ou presque, mais l'Institut continuait de tourner et Izzy de donner ses ordres et surveiller ses écrans.

L'ambiance de ses équipes, cependant, souffrait clairement de l'absence d'Alec. Ils étaient tous au courant des quatre jeunes encore sous surveillance médicale, de l'absence de leur Inquisiteur, de l'angoisse sourde qui se dégageait de la famille Lightwood, des deux équipes revenues bredouilles dans leurs quêtes. S'ils ne retrouvaient pas Alec bientôt, l'Institut allait en souffrir.

– C'est absurde ! s'emporta Jace. JAMAIS Alec ne fuirait ! JAMAIS il ne ferait une chose pareille.

Izzy s'apprêtait à répondre avec la même véhémence lorsqu'elle remarqua le visage fermé de Magnus, les yeux clos, le souffle court, au bord du malaise.

– Magnus... murmura-t-elle.

– On s'était disputé, ce matin. Rien de grave. Une histoire de shampoing ou d'œufs au plat, je ne sais même plus ! C'était une broutille, une bêtise ! On était réconciliés quand il est parti mais... il avait l'air tellement... tellement fatigué ? Comme s'il avait besoin d'une pause dans tout ça, dans sa vie, dans nos vies, quand on se disputait et...

Le sorcier ne put achever sa phrase. La proposition de Simon avait instillé le poison du doute dans ses veines. Il connaissait Alexander. Il le connaissait par cœur. Personne ne le connaissait mieux que lui. C'était du moins ce qu'il croyait.

Mais si Alec avait simplement décidé de profiter de l'évènement pour tout quitter ? Prendre des vacances. Pour un jour. Pour une semaine. Pour un mois. Pour une vie ?

C'était intolérable, inconcevable. Bien sûr que leurs vies étaient compliquées, d'une certaine manière plus qu'elles ne l'avaient jamais été jusqu'alors, mais il s'agissait d'Alec. Droit et fier. L'honneur et le devoir et la famille avant tout. Jamais il n'aurait abandonné Magnus. Jamais.

Et pourtant, le doute rampait sous la conscience du sorcier, pernicieux mal qui lui rongeait les entrailles.

– Magnus, c'est absurde, souffla plus doucement Jace. Tu le sais aussi bien que nous. Jamais Alec n'aurait pu faire une chose pareille. Jamais il n'aurait pu te faire une chose. Pas maintenant. Pas avec tout ce que vous avez traversé.

– Il a raison, lui sourit Izzy. J'ai découvert que mon frère pouvait être heureux, réellement heureux à compter du jour où il a commencé à te fréquenter. Il n'abandonnera pas ça. Même si, dans un élan de folie, il essayait de tout plaquer, il serait tellement malheureux qu'il foncerait à plat ventre te retrouver et s'excuser.

Le frère et la sœur étaient tellement sincère dans leur foi inébranlable en l'amour qu'Alec et Magnus se portaient que ce dernier ne put s'empêcher de sourire bêtement, naïvement, pensant au sourire ravageur de son amant. Jamais il n'avait autant aimé avant Alec. Jamais plus il n'aimerait ainsi, et il se refusait à le perdre.

L'inquiétude, vicieux poison, n'avait pas quitté sa conscience et son organisme, mais il fit de son mieux pour le repousser loin de lui, et redressa le menton.

– Vous avez raison. Alec a besoin de nous, pas qu'on doute de lui. On va le retrouver !


Prochain chapitre Me 27/05 !

Reviews, si le coeur vous en dit ? :)