Bonjour mes petits pangolins, et merci pour votre accueil, ça continue de me surprendre et me faire plaisir ! Au programme cette semaine, un jeu appelé "Cherchons Alec l'aiguille dans une botte de foin les Etats-Unis" x)

RaR anonymes - Naima : Merci pour ton enthousiasme ! J'espère que la suite te plaira... et ne te fera pas trop souffrir ^^ Merci pour la review :)

Bonne lecture !

Chapitre 3

Après y avoir de nouveau réfléchi, leur nouveau plan consistait à se rendre à l'hôpital le plus proche du lieu du séisme, et demander si un homme du nom d'Alec, ou répondant à sa description physique, aurait pu y être admis.

Les chances étaient minces, l'idée un peu bancale, mais il n'y avait rien de mieux.

– Il vaudrait peut-être mieux que ça soit moi qui parle... proposa Simon alors qu'ils sortaient du portail dans une ruelle déserte à proximité de l'établissement médical.

Jace leva un sourcil perplexe.

– Il vaudrait peut-être mieux que vous restiez invisibles sous vos charmes... reprit bravement le vampire.

Jace leva le deuxième sourcil, dans une mimique indignée qui aurait probablement fait rire de concert Isabelle et Magnus, en temps normal. Puis Alec les aurait repris avec son air faussement sévère. Mais Alec n'était pas là pour les disputer, alors ils n'avaient pas le cœur à rire.

– Je suis d'accord avec Simon, décréta Izzy.

– Tu es d'accord avec lui parce que tu couches avec lui ! râla Jace, s'attirant aussitôt une violente frappe sur le haut de son crâne de la part de sa sœur.

– Absolument pas ! Tu t'es vu ? T'as l'air d'un fou furieux psychopathe, pour les Terrestres !

Si Izzy avait l'air aussi normale que d'habitude, son bracelet élégamment noué autour de son poignet, perchée sur ses talons, maquillée et resplendissante, Jace avait l'air de Jace. Armé, menaçant, tout en cuir et en arrogance. Il était parfaitement capable, en temps normal, de se mêler dans une foule de Terrestres, mais tant qu'il ne saurait pas ce qui était arrivé à son parabatai, il se sentait incapable de lâcher ses lames.

– Masquez-vous, ordonna Magnus. Simon a raison. Trop nombreux, on risquerait d'attirer l'attention...

– Parce que tu ne vas pas attirer l'attention, peut-être ? Tu t'es vu ? demanda Jace, volant les mots de sa sœur pour grimacer face à la tenue flamboyante de Magnus.

Le chagrin faisait faire des choses étranges aux gens. Magnus refusait de porter un deuil dépourvu de sens, son compagnon n'étant pas mort. Il voulait être lui, et briller, pour retrouver Alec.

– Comme tu préfères, Blondinet ! répondit-il avec morgue en agitant rapidement ses mains, se retrouvant paré d'atours plus classiques et moins voyants. Simon se fera passer pour le frère d'Alec, moi son époux. S'il est blessé, ils autoriseront uniquement la famille. Masquez-vous.

Si Jace s'étrangla à l'idée que Simon puisse prétendre être le frère d'Alec, il ne protesta pas pour autant, le grand coup de coude d'Izzy dans ses côtes y étant sans doute pour quelque chose. Ils opinèrent en silence, activèrent leurs runes, et devinrent invisible aux yeux des terrestres.

– Allons-y, décréta Magnus.

Ils n'avaient que peu d'espoir, mais il s'amenuisa davantage quand ils pénétrèrent dans le hall. Plus qu'un hôpital, c'était une petite clinique de campagne. Il y avait peu de chances d'y retrouver la personne qu'ils cherchaient.

– Bonjour madame, sourit Simon de son air le plus convaincant. On aurait besoin d'un renseignement : on cherche mon frère, il est porté disparu, et on espérait que peut-être il aurait pu être admis chez vous récemment ?

La préposée à l'accueil était plutôt jolie, pleine de bonne volonté, et d'une détermination de fer. Simon déploya des ruses de patience, Magnus joua le rôle du mari désespéré, rien ne la fit ployer. Elle n'avait pas le droit de donner les noms, les coordonnées, le signalement des patients à des parfaits inconnus qui ne prouvaient ni leur identité, ni leur lien avec un patient de la clinique.

– S'il est porté disparu, allez à la police, martela-t-elle. Eux seront habilités à venir nous demander si nous avons admis un patient similaire, dans le cadre de leur enquête, avec un mandat et une autorisation officielle ! C'est la procédure.

Devant son insistance à obtenir leurs papiers, qu'ils ne pouvaient évidemment présenter, ils préférèrent battre prudemment en retraite. Avant que ça soit elle qui appelât la police pour leur signaler deux individus suspects. Et encore, elle ne pouvait pas voir Izzy, qui rongeait son frein, et entendre Jace qui usait d'un langage de plus en plus fleuri à chaque minute qui passait.

– Échec critique, déplora Izzy lorsqu'ils se retrouvèrent seuls, isolés, et suffisamment loin de l'hôpital pour que la jeune femme suspicieuse ne garde pas un œil sur eux.

– Pourtant je sens qu'il pourrait y avoir quelque chose... murmura Magnus.

– Tu as senti quelque chose ? demanda Jace, portant instinctivement sa main à sa rune, espérant un miracle, un picotement, n'importe quoi.

– Rien de magique, tempéra le sorcier. Avec l'expérience, je peux souvent dire quand quelqu'un ment... or elle mentait. Ou du moins, dissimulait quelque chose. La description d'Alec – brun, yeux bleus, tatouages noirs partout sur le corps représentant des symboles – l'a rendu plus... fébrile.

Jace s'emballait déjà.

– Alors elle l'a vu. Il est là. Il pourrait être là !

Magnus aussi avait envie d'y croire. Mais comme il avait l'expérience pour détecter les mensonges, il avait aussi celle qui l'empêchait de s'emballer et de céder à l'espoir comme un chien fou.

– Simon, qu'est-ce que tu fais ? demanda Izzy en voyant son compagnon s'éloigner du groupe.

– Une idée. Ne bougez pas.

Une seconde plus tard, d'un mouvement imperceptible, il avait disparu, vitesse vampirique oblige. Ils restèrent interloqués de ce départ soudain. Ils ne le furent pas longtemps. Moins d'une minute plus tard, Simon était revenu, un dossier dans une pochette entre les mains.

– Et voilà !

– Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda Jace.

– Le dossier d'Alec ! Ils ne sont pas très modernisés, et à ma vitesse, je pouvais rapidement fouiller dans les dossiers les plus récents. Alors je l'ai récupéré, la description correspond ! Ça ne leur manquera pas !

– Alors il est là ! s'emballa Jace. Quelle chambre ? Quel lit ? Tu es allé le voir ? On va le récupérer !

Simon grimaça pour toute réponse.

– Ça va être difficile, répondit Magnus qui parcourait les pages rapidement, scannant les informations. Il n'est plus ici. Ses blessures étaient trop graves pour ça. Il a été transféré.

– Où ça ? demanda Izzy, penchée sur l'épaule de son beau-frère, mais n'arrivant pas à lire aussi vite qu'il tournait les pages.

– Mount Sinai Hospital... New York. Le plus grand hôpital de New York, répondit Magnus d'une voix blanche.

Plus d'un millier de lits, des médecins de pointe, une sécurité haut de gamme. La probabilité qu'ils puissent y trouver Alec était encore plus faible que précédemment.


Ils étaient rentrés à New York, puis Magnus chez lui, à Alicante, dans l'appartement qui lui paraissait vide et fade, sans son mari. Il avait gardé le dossier, et dans le silence oppressant des pièces muettes, il avait lu l'intégralité des pages, s'imprégnant de chaque information dont ils avaient déjà pris connaissance.

John Doe avait été retrouvé après plusieurs heures sur les lieux du séisme. Blessures graves, inconscience depuis sans doute plusieurs heures, hémorragie interne et externe, os de la jambe gauche broyés sous une pierre, traumatisme crânien, une main salement amochée, des coupures et des hématomes un peu partout. Il avait de toute évidence glissé dans une faille créée par la secousse.

Vingt-quatre heures plus tard, il était toujours inconscient, mais les opérations et les transfusions portaient leurs fruits. Un peu trop bien. La veille, ils avaient hésité à amputer la jambe presque détruite, mais avait choisi d'attendre. Traiter l'urgent, tant qu'il n'y avait pas de risque d'infection. Attendre que l'inconnu se réveille, lui parler de l'amputation, le préparer psychologiquement, éviter le traumatisme du réveil avec un membre en moins.

Mais les dernières analyses présentaient des dégâts nettement moins importants que la veille, de manière incompréhensible.

Bien sûr, le sang d'ange d'Alec, même sans iratze activée, faisait son œuvre. Pour les médecins terrestres, c'était une rare anomalie.

C'était alors que les médecins avaient pris la décision de le faire transférer à New York, pour le suivi. Il avait quitté la petite clinique en hélicoptère, et n'avait, à ce stade, toujours pas repris conscience. Il n'avait pas pu donner son nom, et voir ce « John Doe » sur le dossier rendait Magnus fou de rage. La description physique, cependant, surtout de ses tatouages, ne faisait cependant aucun doute : « un tatouage de Z barré dans le cou », cela ne pouvait être que lui.

Il y avait des photos, également. Non pas de lui, mais de bouts de lui. Un bleu par-ci, la plaie ouverte de son abdomen par-là. Le tableau brossé donnait la nausée à Magnus. Imaginer Alec aux bons soins des médecins Terrestres, leur bête morphine et leurs plaies recouses avec du fil, quand il lui aurait suffi de claquer des doigts pour faire disparaître les trois quarts des blessures de son compagnon le mettait à l'agonie.

Alec souffrait. Et il souffrait de ne rien pouvoir faire.

Demain, ils reprendraient leur quête à New York.

Il s'assoupit dans le silence assourdissant de leur maison, leur cocon vidé de presque toute son essence.


Aucun de membres de leur petite équipe ne paraissait très en forme, le lendemain matin, pour y faire de nouvelles recherches. Magnus, en arrivée directe d'Alicante, souffrait du décalage horaire avec New York, même si la citadelle vivait à un rythme différent de l'Europe qui l'abritait. Isabelle, toujours directrice de l'Institut, ne pouvait pas se permettre de partir à l'aventure comme ils le faisaient auparavant, dans leur jeunesse et leur insouciance, et elle donnait des ordres et nommait un intérim pour quelques heures.

De la même manière, Jace, qui devait assurer certains entraînements de jeunes Shadowhunter, avait réorganisé son emploi du temps.

Simon suçotait une tasse de sang, et même cela ne suffisait pas à cacher son teint pâle et cadavérique. Il aurait pu jouer Dracula sans maquillage, preuve que cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas nourri convenablement.

Et en bonus, Magnus ramenait avec lui une surprise.

– Mange, ordonna Izzy à son conjoint, qui jouait avec sa nourriture, alors que Magnus approchait. Sinon tu vas devenir dangereux.

Simon obéit de mauvaise grâce, tandis que la jeune femme se tournait vers son beau-frère pour le serrer dans ses bras. Et faire de même avec l'accompagnatrice de Magnus.

– Aline, qu'est-ce que tu fais là ? demanda Jace avec plus de rudesse.

La jeune femme eut un sourire désolé, baissa vaguement les yeux, avant de vouloir répondre.

Mais Magnus la coupa avant même qu'elle ne puisse prononcer la moindre phrase.

– Elle est officiellement venue voir où en était l'enquête pour retrouver Alec. Pour lui voler son poste.

La colère vive des propos du sorcier était difficile à ignorer, et même si Aline se sentait manifestement coupable, cela ne l'apaisait pas. Alec était vivant, il attendait quelque part qu'on vienne le chercher, et l'Enclave avait décidé de le remplacer. Par une de leurs amies.

C'était encore plus intolérable parce qu'Aline n'avait rien à se reprocher. Elle et Helen étaient heureuses, et à force de remercier Magnus et Alec pour avoir ouvert la voie aux gens comme ça, et avoir forcé l'Enclave à les reconnaître, ils avaient fini par devenir de bons amis. Quand Alec avait pris le poste d'Inquisiteur à Idris, les jeunes femmes étaient devenues encore plus proches, et les avaient toujours soutenus dans les coups durs. Magnus adorait Aline, il lui confiait sa raison de vivre sans hésiter.

De plus, elle et Alec travaillaient ensemble, puisqu'elle était conseillère officielle de l'Inquisiteur.

Il ne pouvait pas être en colère contre elle et lui en vouloir, mais puisque c'était elle que l'Enclave avait choisi pour remplacer Alec. Mais il était en colère quand même. Même s'il savait qu'il valait mieux elle qu'un autre aux idées plus fermées qui aurait pu en profiter pour défaire le patient travail d'Alec depuis plus d'un an désormais. Il valait mieux elle qui connaissait par cœur les dossiers en cours que n'importe qui d'autre. La part rationnelle de Magnus le savait. La part irrationnelle était furieuse qu'on cherche si rapidement à remplacer son amant.

– Je ne vole rien, Magnus, apaisa Aline. Je n'ai rien demandé. Mais oui, confirma-t-elle aux regards interrogateurs de Jace et Isabelle, je viens officiellement savoir où en est l'enquête sur Alec. Si... s'il n'est pas retrouvé d'ici ce soir, l'Enclave m'a nommé Inquisitrice par intérim...

– Par intérim ? répéta Jace.

– Tu connais la loi, répondit Aline. C'est un poste qui ne peut excéder six mois. Au bout de six mois...

– Il y aura un nouveau vote officiel pour destituer officiellement Alec et nommer un nouvel Inquisiteur.

Personne ne se risqua à dire à voix haute que le poste, à ce moment-là, reviendrait de nouveau à Aline, si tout se passait bien. Ils le savaient tous.

Magnus, bien sûr, savait déjà cela, mais il ne put s'empêcher de prendre brutalement conscience qu'ils jouaient contre le temps. S'ils ne retrouvaient pas Alec dans un état convenable pour prendre son poste, il le perdrait pour toujours. C'était sans doute futile face à la possibilité de perdre son compagnon, son amant, son mari, l'homme de sa vie, pour toujours, mais cette idée était tellement intolérable qu'il se refusait d'y penser. Permettre à Alec de revenir pleinement dans les fonctions qui lui incombaient lui donnait, d'une certaine manière, une manière de pensée plus simple.

– Inutile, grogna Jace. On va le retrouver sous peu. Profite de ton poste pendant quelques jours, puis Alec sera là, assura le jeune homme.

Aline hocha la tête, avec un sourire mal assuré.

– Je te laisse l'Institut à ta charge aujourd'hui, proposa Izzy. On va le ramener ce soir, et tout ça sera réglé.

Le frère et la sœur ressentait la même colère et frustration que Magnus. Impossible d'envisager déposséder Alec de son poste, mais c'était Aline et ils l'aimaient, n'arrivaient pas à lui en vouloir tout en étant paradoxalement furieux.

– Ça marche. J'attends votre rapport ce soir.

Le pire était ça : cet espoir sur le visage d'Aline. Elle aussi était inquiète. Elle aussi voulait ardemment, de tout son cœur, qu'ils retrouvent son ami. Si elle avait pu, elle serait venue avec elle. Mais elle savait où ses responsabilités l'attendaient.

Il était difficile de rester en colère face au visage plein d'espoir d'Aline. Mais la rancœur était tenace, irrationnelle, et bien présente. Dans un dernier salut maladroit, la jeune femme s'éloigna pour aller obtenir un rapport sur la situation de l'Institut, pour gérer au mieux sa journée.

– C'est pas sa faute, déclara Simon une fois qu'elle se fut éloignée. Faut pas lui en vouloir.

Il avait fini de boire sa tasse de sang et avait meilleure mine.

– Pour l'amour de Raziel, est-ce qu'un jour tu cesseras d'enfoncer des portes ouvertes ? lui répondit Jace d'un ton excédé.


– Comment vont Max et les enfants ? demanda Isabelle en croisant Maryse.

Ils étaient sur le point de partir, et le visage ravagé d'angoisse de la mère de famille n'était pas pour la rassurer. Dès l'instant où Maryse avait su que son plus jeune fils était blessé, et son aîné porté disparu, elle avait débarqué à l'Institut comme une tornade et s'y était installé. Impossible de la déloger du chevet de son benjamin. Mais au fur et à mesure que Max et ses camarades, suite aux bons soins magiques, se remettaient sur pied, elle aussi mourrait d'angoisse pour son aîné.

– Ils vont bien. Ils seront sur pied et à l'entraînement sous peu, sourit-elle bravement à l'intention de Jace, instructeur des plus jeunes.

Son faciès ne trompait cependant personne, et surtout pas Magnus. De la haine viscérale qu'elle lui avait portée fut un temps, il ne restait qu'un mauvais souvenir. Cette femme l'avait mené à l'autel pour bénir son union officielle avec Alec, et le symbole de ce geste était fort. Maryse était, pour le Sorcier, autant sa mère que pour les quatre autres. Elle était d'ailleurs en passe de le devenir également pour Simon. Et, d'une certaine manière, elle aurait pu le devenir autrefois pour Clary, d'autant plus que la jeune femme considérait Luke comme son père et que ce dernier fréquentait toujours Maryse.

On lui aurait mis un chaton sur sa route qu'elle l'aurait adopté aussi. Maryse aimait profondément ses enfants, biologiques ou non, et passé ses angoisses pour Alec, elle était également prête à adopter tous les compagnons de ses enfants. Magnus et elle s'entendaient merveilleusement bien, et il pouvait voir son reflet dans le visage de Maryse.

Et à son humble avis, il ne devait pas avoir meilleure allure qu'elle pour masquer sa terreur et son anxiété.

– On part pour l'hôpital, annonça Izzy.

– Bien, bon courage. Faites attention.

Ils hochèrent la tête, échangèrent encore quelques banalités, avant de quitter l'Institut.

En un tour de main, Magnus ouvrit un portail, direction le Mount Sinai Hospital.


Prochain chapitre Me 03/06 !

Reviews, si le cœur vous en dit ? :)