Bonjour mes petits pangolins ! Aujourd'hui, au programme, le temps qui passe, un Magnus très déprimé et une piste sérieuse, enfin !
Bonne lecture !
Chapitre 5
Il s'écoula plus d'un mois supplémentaire sans même qu'ils ne s'en rendent compte. Le soleil n'avait pas changé sa course dans le ciel new-yorkais, et le monde continuait de tourner, alors que tous vivaient avec l'absence, compagne de route.
Rien ne laissait supposer, ce matin-là, que les choses seraient différentes. Magnus broyait du noir dans son loft, roulé en boule sur son canapé, quand il attrapa machinalement le message de feu qui venait d'apparaître.
« Nouveauté - VIENS TOUT DE SUITE ». L'écriture d'Izzy était bancale, rapide, griffonnée à la hâte, et imprécise.
Magnus soupira. Cela faisait bientôt un mois et demi qu'il avait embrassé un Alec souriant et confiant sur le pas de cette porte, et ce n'était pas la première fois qu'il recevait ce genre de messages de la directrice de l'Institut de New York.
Les deux fois où cela s'était déjà produit s'était soldé par des échecs. Magnus froissa le papier et le jeta à terre, avec les autres. Aline le harcelait pour qu'il assume son rôle de Grand Sorcier d'Alicante. Les demandes affluaient, mais Magnus n'avait plus le goût de répondre à leurs attentes. Leurs demandes n'étaient pas des urgences. Elles pouvaient bien attendre quelques jours. Quelques mois. Ou même toute une vie. Magnus n'en avait cure.
« PISTE DE JACE DONC SERIEUX - VIENS MAINTENANT » disait le second message, presque une seconde plus tard.
Magnus poussa un nouveau soupir. Ses moqueries habituelles de Jace lui auraient fait dire, en temps normal, que c'était au contraire une bonne raison pour douter des pistes apportées par le shadowhunter, mais Magnus n'avait pas le cœur à plaisanter, et quand il s'agissait d'Alec, faire confiance à Jace n'était plus une option, mais une nécessité.
– D'accord, je viens Izzy, me harcèle pas... bougonna-t-il dans le silence de l'appartement, tandis qu'il se redressait difficilement.
Il se prépara, assumant ses responsabilités, puis traîna jusqu'à la sortie, posa la main sur la poignée de la porte et tourna dans le sens indiqué pour qu'elle s'ouvre sur New York. C'était l'une de ces réalisations magiques dont il était le plus fier. L'appartement co-existait à la fois dans la capitale américaine que dans celle d'Idris. Quand ils étaient dedans, ils tournaient la poignée à droite, et alors la porte donnait sur New York. S'ils tournaient à gauche, ils se retrouvaient à Alicante. C'était simplement un peu plus long pour recevoir de la visite. Quand on frappait à la porte, le sortilège détectait si le visiteur venait d'un endroit ou un autre, et ils lui ouvraient en conséquence. Les habitués qui défilaient dans leur appartement avaient été placé sous un charme qui leur permettait d'aller et venir sans avoir besoin de s'annoncer, et ce où que se trouve l'appartement.
Un petit bijou de réalisation magique, que désormais tous les habitants d'Alicante voulaient avoir chez eux, et ainsi garder un lien entre leur Institut et la capitale des shadowhunter. Magnus avait promis de s'atteler à ce projet bientôt, pour rendre la création accessible à tous. Désormais, bientôt prenait des allures de jamais. Le sorcier avait à peine la force de maintenir ses propres sortilèges de protection autour de chez eux, employer une magie plus puissante chez quelques nantis ne lui donnait pas envie.
Le temps que Magnus ne parvienne à quitter l'appartement, deux nouveaux messages lui étaient parvenus de la part d'Isabelle, tous plus pressants les uns que les autres.
Magnus, trop fatigué et ayant peu confiance en ses capacités, aurait volontiers choisi de prendre un taxi, voire le métro s'il l'avait fallu, mais les messages d'Izzy l'avaient agacé, et il rassembla son énergie pour créer un portail, qui l'amena directement aux pieds de l'Institut, à sa grande surprise.
– Franchement, je n'en aurais pas juré de ça... marmonna-t-il en avançant vers l'entrée.
Les gardes le reconnurent, et ne firent aucune difficulté pour le laisser entrer, mais ne pouvaient cacher leur regard perplexe.
– Faudrait que j'arrête ça aussi, parler tout seul. Ça me fait passer pour un dingue, faut croire, commenta-t-il à personne d'autre que lui-même en arpentant les couloirs.
Et manifestement, agir ainsi ne fit que confirmer aux quelques personnes qu'il croisa dans les couloirs.
– Tout ça c'est ta faute, Alec, soupira-t-il. Si tu étais encore là, je ne parlerais pas tout seul, puisque tu serais là.
Il poussa la porte du bureau directorial juste après cela, et n'eut plus le temps de dire quoi que ce soit, ou même de penser. Une tornade brune se jeta sur lui, le serra dans ses bras à l'en étouffer. Isabelle réussissait l'exploit de faire passer par cette étreinte à la fois de la fureur qu'il ait mis tant de temps à venir (montre en main, dix minutes. Pour traverser la moitié de la planète et l'une des villes les plus peuplées au monde, ce n'était pourtant pas un si mauvais score), et la joie de le voir enfin.
Elle le relâcha, recula d'un pas, puis le toisa de la tête aux pieds, l'air incrédule, portant même ses mains vernies de rouge à sa bouche toute aussi écarlate. Jace, négligemment appuyé sur le bureau, avait la même expression, le côté mélodramatique en moins.
– Magnus... murmura Izzy.
– Quoi ? grinça ce dernier, amer.
– Je... Tu...
La jeune femme ne savait même pas quoi dire, comment le dire. Mais Magnus n'avait pas besoin de l'entendre dire. Il savait à quoi il ressemblait. Mais il était énervé, fatigué, n'avait pas dormi de la nuit. Depuis beaucoup trop de nuits, en réalité, pour plusieurs raisons.
– Quoi, Izzy ? répéta-t-il. Dis-le, si tu as quelque chose dire !
Le côté maternaliste et directoriale de la jeune femme reprit le dessus, et elle plaça les mains sur ses hanches, prenant l'air réprobateur qui n'était pas sans rappeler sa mère.
– Tu sais très bien ce que je vais dire ! Tu t'es vu ! Tu ne ressembles à rien ! Du moins pas à Magnus Bane ! Je ne pensais même pas que tu avais des joggings aussi informes dans ton placard ! Tu n'as pas le droit ! Pour Alec ! Et pour le reste ! Tu as des responsabilités, tu ne peux pas te permettre de...
– Je ne crois pas que ma tenue m'empêche d'agir comme il faut ! la coupa Magnus.
Izzy pinça les lèvres, une expression de nouveau si proche de celle de Maryse, vexée, mais n'ayant rien à redire à cela.
Il n'en restait pas moins qu'il y avait quelque chose de choquant dans la tenue du sorcier, d'habitude si clinquant, si flamboyant. Ses cheveux n'étaient pas dressés sur son crâne, il n'était pas maquillé, son teint aurait pu efficacement concurrencer celui de Simon, vampire de son état, et ses vêtements auraient eu leur place dans un magazine féminin à la place « tenue spéciale Bridget Jones pour déprimer après une rupture, sur votre canapé devant la télé avec un pot de glace ». Ils étaient ternes, informes, hideux, faisaient disparaître tout ce qui faisait de Magnus, Magnus.
– Et tu n'as rien à dire ! reprit Magnus. Et toi non plus, d'ailleurs, prit-il à parti Jace. Tout le maquillage ne pourrait pas cacher tes cernes, Izzy. Ou le fait que Jace a perdu trois kilos !
Les deux Lightwood baissèrent brièvement les yeux, conscients que Magnus avait raison. Izzy ne dormait plus la nuit, dissimulait son épuisement sous du fond de teint. Jace ne mangeait plus, sautait régulièrement des repas, avalait des boissons et des barres hyper protéinés pour pouvoir continuer à s'épuiser en salle d'entraînement ou de musculation, et ne pas penser. À leur manière, ils vivaient leur chagrin. Magnus aussi. Et cela passait par ne plus être le Magnus d'Alec, le Grand Sorcier brillant qui l'avait séduit de toute sa magnificence.
– J'ai besoin d'un verre, marmonna Magnus en se dirigeant instinctivement vers le mini bar qui garnissait le bureau.
Il s'interrompit à mi-chemin. A moitié d'une volonté consciente, à moitié parce que Jace s'était redressé et lui barrait le chemin.
– Non, répondit Izzy d'une voix dure. Nous ne te laisserons pas boire. Tu sais bien que...
– Oui, je sais, souffla doucement Magnus. Je ne l'aurais pas fait. C'est juste... un réflexe. Je ne l'aurais pas fait, je te le promets. Mais merci de m'avoir arrêté.
Sa voix était nettement plus douce. Ils s'aimaient tous les trois à leur manière, comme une famille. Une famille actuellement brisée et dysfonctionnelle, mais une famille quand même.
Simon arriva sur ces entrefaites, alors que Magnus s'installait avec Isabelle dans les confortables canapés de cuir.
– Maryse ne veut pas venir, elle préfère rester avec Max, informa-t-il. J'ai promis de revenir l'avertir au plus vite après. J'ai raté quelque chose ?
Sa compagne secoua la tête, et l'invita à venir les rejoindre.
– Jace allait commencer. Pas vrai, Jace ? Tu vas ENFIN tout raconter.
De toute évidence, son frère adoptif avait refusé de parler et devoir recommencer mille fois son histoire tant que tout le monde n'était pas arrivé, et cela avait frustré Isabelle. Le harcèlement par messages de feu s'expliquait un peu mieux.
Mais Jace ne paraissait pas du tout motivé pour raconter quoi que ce soit. Il faisait les cent pas dans un espace très restreint, grimaçait, et jouait avec sa stèle d'un air nerveux.
– Jace ! s'impatienta Magnus.
– Oui, oui... c'est juste que... Enfin... je... Je vais vous le dire. Mais il ne faut pas que vous vous énerviez... ou que vous me dénonciez à l'Enclave... parce que...
– Oh. Ce n'est que ça, souffla Izzy en levant les yeux au ciel.
Magnus avait la même expression blasée sur le visage, et Jace en fut abasourdi.
– De quoi tu parles ? demanda-t-il.
– De quoi tu parles, toi ? répliqua Izzy. Parce que si c'est bien de Clary, vraiment, pas la peine de prendre autant de gants.
L'air ahuri de Jace fut si sincère et profond que Magnus, dans un élan sadique, dégaina son téléphone et l'immortalisa rapidement dans un cliché qui deviendrait rapidement mythique.
– Mais comment tu... comment tu peux savoir ? balbutia-t-il.
– Oh pitié, râla Simon, c'est évident pour tout le monde depuis des mois !
– Oui, renchérit Magnus. Depuis qu'elle te voit de nouveau.
– Non, un peu après, corrigea Simon. Il a passé un an à l'observer de loin sans rien dire, jusqu'au jour où elle a dû récupérer son don de Double Vue, et qu'il est rentré comme un chien fou à l'Institut en étant persuadé que c'était un signe, qu'elle allait récupérer sa mémoire, que tout allait changer.
– C'est ça, poursuivit Izzy. Peu de temps après, ils ont recommencé à sortir ensemble, mais en cachette, puisqu'elle ne sait rien. Donc ça doit bien faire dix mois, environ, qu'on est tous au courant et qu'on fait semblant de ne pas savoir quand tu mets deux ou trois heures de plus que prévu pour rentrer de mission, ou que tu vas faire des footings qui durent toute une matinée à Central Park alors que tu as la salle d'entraînement, ou que tu sors te « détendre » et que tu ne rentres pas avant une heure avancée de la nuit... je continue ?
Pour l'une des premières fois depuis des semaines, Magnus avait presque envie de sourire devant le visage de Jace, qui écoutait ses amis dire négligemment son plus gros secret.
– Mais pourquoi tu ne m'as pas... dénoncé ? Ou engueulé ? Ou je ne sais pas, dit quelque chose ! Alec savait ?
– Bien sûr qu'Alec savait ! confirma Magnus. Tu m'as même gâché toute une soirée qui promettait pourtant d'être intense... Je ne savais pas ce que tu as fait cette nuit-là avec Biscuit, mais la rune d'Alec lui envoyait tellement de décharges de plaisir qu'il ne savait même plus ce que lui-même ressentait vraiment, et il a préféré aller se coucher plutôt que réagir à la rune plutôt qu'à mes traitements. Le lendemain aussi, tu me l'as gâché, d'ailleurs, il ne faisait que râler sur toi et tes secrets, et que tu continuais de lui cacher... Il a préféré aller travailler plutôt que rester au lit avec moi, tu imagines ?
Izzy pouffa devant le visage cramoisi de gêne de son frère, qui n'aimait pas entendre celle de son frère d'âme, puis s'arrêta aussitôt, presque surprise d'être encore capable d'émettre ce son sincèrement.
– Et pour te répondre, il n'y a rien d'illégal à fréquenter une Terrestre, tant que tu gardes le secret de notre monde. J'aimerais bien savoir ce que tu lui racontes comme bobards pour justifier tes absences, tes runes, et tout le reste, d'ailleurs. Mais ce n'est que de la curiosité fraternelle. Sinon, je n'ai rien te reprocher.
– Mais l'Enclave... Ce n'est pas une Terrestre. C'est Clary.
– Les Anges ont puni Clary, Jace. L'Enclave l'a érigé en héroïne dans l'histoire de notre monde, consciente qu'elle devait se sacrifier pour tous nous sauver de Jonathan. L'Enclave n'a rien contre Clary.
– Et puis l'Enclave, c'est Alec maintenant... alors il ne risquait pas de te faire arrêter.
Un bref instant, ils restèrent tous silencieux, conscient que la phrase de Magnus aurait dû se conjuguer au passé. En cet instant précis, l'Enclave était représentée par Aline.
– Et on a gardé le secret pour protéger ta vie, rajouta Simon doucement. Parce que nous avons tous conscience que c'est vain et perdu d'avance, comme toutes les relations avec les Terrestres.
En de rares cas, comme par exemple celui de Maryse et Luke, les relations mixtes (entre Terrestre et Shadowhunter ou créature obscure) étaient parfaitement tolérées. L'Enclave pouvait même accepter de bénir ce type d'union, d'offrir la double vue au Terrestre impliqué et de tout lui dire de leur monde caché.
Mais dans le cas de Jace et Clary, qu'importait l'admiration que le monde obscur et l'Enclave portaient à la jeune femme, jamais il ne lui serait accordé le droit de tout dire à cette dernière. La volonté des Anges primait sur le reste.
Les mots de Simon étaient plutôt durs à entendre, mais étaient importants à dire, et Jace encaissa le choc, déglutissant difficilement.
– Oui, je sais, murmura-t-il.
Il y eut de nouveau un silence, pas inconfortable puisqu'ils étaient enfin honnêtes les uns envers les autres, et cela faisait du bien, mais qui n'en restait pas moins douloureux. Ils avaient perdu Clary depuis maintenant plus de deux ans, et Magnus songea un instant que peut-être, c'était Jace qui souffrait le plus dans cette pièce. Il avait perdu la femme de sa vie, de la manière la plus odieuse qu'il soit, puisqu'il pouvait de nouveau la serrer dans ses bras, mais ne pouvait pas lui dire je t'aime comme elle le méritait, parce qu'il lui mentait sans cesse. Il venait de rajouter la perte de son frère dans l'équation de sa douleur.
Magnus, en comparaison, n'avait perdu « que » son mari.
Mais le raisonnement était absurde. Il n'y avait pas de comparaison dans la souffrance, pas de balance. Ils souffraient tous, ensemble et séparément, et c'était tout ce qui comptait.
– Et donc, cela étant dit... qu'est-ce que Clary a à faire avec Alec ? demanda-t-il doucement, revenant au sujet premier qui les avait rassemblés.
Jace inspira un bon coup.
– Je pense qu'elle a vu Alec.
Les questions se bousculèrent aussitôt sur les lèvres de ses interlocuteurs, mais il leur intima le silence, levant les bras pour les apaiser et pouvoir continuer.
– Elle a un ami, qui lui a montré des photos de vacances, ou de week-end, je ne sais pas exactement, ou une histoire comme ça. Or ça l'a fait rire, parce que sur quelques clichés, il y avait un homme avec le même type de tatouages que moi. Ça la faisait rire, parce qu'elle disait qu'avant jamais elle n'avait vu des tatouages comme ça, mais c'était probablement juste qu'elle ne devait pas être attentive, puisque maintenant elle connaissait une deuxième personne comme ça... J'ai demandé des précisions. Elle ne se souvenait pas de tout, et les photos ne permettaient pas de voir les détails, mais elle a dit qu'il était grand et brun foncé, la peau pâle, ça elle en est sûre.
– Alec, murmura Magnus. Ça ne peut être qu'Alec. À moins qu'un de tes hommes s'amusent à partir en vacances avec des Terrestres, Izzy ?
La question était rhétorique. Dans 99% des cas, les shadowhunters ne frayaient pas avec les Terrestres. Et Izzy n'avait pas accordé de congés prolongés, ces derniers temps.
– C'est Alec. Forcément Alec ! Il faut qu'on le rencontre ! Comment on fait ? Qu'est-ce que Clary peut nous dire d'autres sur la personne qui connaîtrait Alec ? Il faut qu'on aille fouiller chez lui, l'interroger, le...
Izzy avait bondi du canapé de cuir, folle de joie et d'énergie. C'était plus qu'une piste, c'était une information très sérieuse. C'était forcément son frère dont il s'agissait. Ils allaient le retrouver !
Ce ne fut pas si simple. Ils ne pouvaient pas tous décemment débarquer chez Clary et exiger qu'elle leur donne l'adresse de son ami, puis qu'ils aillent ensuite confronter ce pauvre Terrestre pour retrouver la piste d'Alec. La pauvre femme en serait effrayée, et le risque que sa mémoire en fasse les frais étaient trop élevé.
Ils envisagèrent, un bref instant, un grand repas de famille, auquel Jace convierait sa petite-amie, et durant lequel on pourrait négligemment l'interroger sur ses fréquentations, et Magnus essayer de lui soutirer magiquement le plus d'information possible.
– C'est cela, oui ! Comme si j'allais faire une chose pareille ! s'insurgea Magnus.
– Et puis c'est trop risqué, rationalisa Simon. Clary nous connaît tous. Vous imaginez, tous les Lightwood autour d'une table, tous tatoués ou presque. Y compris Max, qui n'a même pas quinze ans ! Et tous ces gens qui lui donneront un air de déjà-vu, ça va lui faire bizarre !
L'idée fut abandonnée. Jace voulait la faire parler seul à seule, de manière détendue, comme si de rien n'était, mais Magnus n'avait pas la patience pour ça. Izzy non plus.
Le Sorcier, en sa qualité de mari du disparu, refusait de ne pas venir, Izzy avait les mêmes arguments en usant de son lien familial, mais ils s'accordaient tous à dire que si Jace, après tant de temps à refuser de lui présenter sa famille, débarquaient avec trop de monde, cela risquait de paraître louche.
Izzy perdit cette bataille. Mais exigea d'être mise au courant à chaque instant des évolutions.
Restait l'épineuse question de comment présenter Magnus. Amener son beau-frère pour le présenter à sa copine, alors que Jace ne faisait que chanter les louanges de son frère, cela risquait aussi de paraître suspect à la jeune femme.
– Tant pis, trancha Jace. On improvisera. J'ai rendez-vous demain avec elle, à midi.
Magnus hocha la tête, signifiant qu'il serait là. Izzy réfléchissait déjà à un moyen de communication perpétuel, prête à aller acheter un micro Terrestre, ou un talkie-walkie, ou n'importe quoi de ce genre.
Simon, juste avant de prendre congé, fut celui qui posa la question qui leur avait tous traversé l'esprit, sans qu'ils n'osent la formuler.
– Mais pourquoi il ne rentre pas, Alec ? S'il va assez bien pour partir en week-end avec des Terrestres et de poser sur des photos ?
Aucun d'eux n'avait la réponse à cela, et la porte claqua brutalement derrière Magnus, qui partit en courant dans les couloirs de l'Institut, à en perdre haleine. Pour oublier la question trop pertinente de Simon. Pour oublier la futile dispute qu'il avait eu avec Alexander ce matin-là, avant qu'ils ne réconcilient d'un doux baiser sur le pas de la porte. Pour oublier qu'en des siècles d'existence, il avait offert son cœur seulement une fois et que cet homme était en train de le lui arracher et de le broyer.
Prochain chapitre Me 17/06 !
Reviews, si le cœur vous en dit ? :)
