Bonjour mes petits pangolins mignons !

Au programme de ce chapitre, les adultes pas sages, des promesses, et l'arrivée de Catarina !

Bonne lecture ! :)

Chapitre 17

L'instant d'après, ils s'embrassaient passionnément, le souffle court, allongés dans le lit, serré l'un contre l'autre comme si laisser le moindre espace entre eux allait le tuer. Ce qui était probablement le cas, d'une sensation de manque. Sentir le corps d'Alec contre le sien, sous ses doigts, reconnaître chaque forme, mettait Magnus à l'agonie. Il voulait que cet instant dure éternellement.

Ils n'avaient jamais fait l'amour dans cette pièce, et en temps normal, le lieu aurait dû rebuter Magnus. Malgré sa réputation et son passé, il avait toujours préféré l'intimité pour ses relations sexuelles. L'exhibitionnisme n'avait jamais été spécialement son truc. Et encore moins avec Alec. Aussi les parties de jambes en l'air à l'Institut n'avaient jamais été très fréquentes. Ils avaient baptisé le bureau directorial, mais de nuit, alors que tout le monde était endormi ou absent, et certainement pas au vu et au su de tout l'Institut.

Alors, dans la vieille chambre d'adolescent d'Alec, pas forcément bien insonorisé, et dans laquelle n'importe quel Shadowhunter pouvait entrer ou presque, ça n'avait jamais fait partie des fantasmes du sorcier.

Mais en cet instant très précis, l'idée le séduisait totalement. Parce que c'était nouveau. Parce que ce souvenir qu'ils allaient créer, ensemble, serait une première fois pour Alec autant que pour lui.

De toute manière, même si Magnus l'avait voulu, il aurait été incapable d'arrêter. C'était bien son Alexander qu'il tenait contre lui. Cet homme parfait dont l'instinct le guidait et le poussait à aller lécher, mordiller, taquiner de sa langue et de ses doigts toutes les zones érogènes de Magnus.

Le sorcier le laissait faire, se perdait dans le plaisir physique, mais aussi mental de retrouver l'homme de sa vie contre lui. Enlacés face à face, si serrés qu'on ne pouvait insérer une feuille entre eux, se frottant sans vergogne contre l'autre, souriant de plaisir quand ils sentaient l'érection de l'autre, ils s'embrassaient, se touchaient et se caressaient à en perdre haleine.

– Tu portes beaucoup trop de vêtements, grogna Alec.

Il essayait désespérément d'atteindre la peau nue de son amant, mais se retrouvait sans cesse confronté à des boutons, des fermetures, des épaisseurs de tissu, et autres désagréments. Le sweat et le T-shirt d'Alec avait volé depuis longtemps, et le déloyal Magnus câlinait et taquinait de ses doigts magiques - et pas que littéralement - les mamelons dressés de plaisir d'Alec.

– Tu as déjà dit ça plus d'une fois, s'amusa Magnus. Mais le style ne saurait souffrir de trop de simplicité.

Il avait l'air tellement sérieux qu'Alec pouffa, un large sourire barrant son visage.

– D'accord, mais si je veux te voir et te caresser, je fais comment ?

Magnus appréciait cela. Ils avaient une libido plus que satisfaite, et s'envoyaient en l'air régulièrement, sans un mot, contre un mur, sur une table ou le canapé parfois. Mais quand ils faisaient l'amour, c'était au fond de leurs draps et toujours en parlant. En se communiquant leur amour, par les mots, par les gestes, par le regard, et pas simplement du sexe bestial pour une délivrance rapide.

Alors le fait qu'Alec parle, lui réponde, qu'ils se taquinent comme avant, cela rassurait Magnus.

– Tu me laisses faire, proposa le sorcier.

D'un geste, il obligea Alec à se placer sur le dos, et d'un mouvement fluide, vint le surplomber, s'installant sur ses hanches.

– Regarde, Alexander, ce n'est pas si compliqué...

Lentement, avec la force de l'habitude et pas une once de magie, Magnus fit coulisser les fermetures et s'ouvrir les boutons, avant d'ôter un par un les vêtements qu'il portait. Ce n'était pas un strip tease, ils n'avaient pas de musique, et Magnus ne dansait pas vraiment. En revanche, il se frottait dans un mouvement calculé à l'entrejambe déformée de son amant, et ne le lâcha pas du regard, se gorgeant des yeux écarquillés et de la bouche grande ouverte, asséchée de désir.

– Seigneur, Magnus, tu... bafouilla Alec.

– Oui ? lui répondit Magnus avec un sourire provocateur, appuyant un peu plus les caresses de son bassin contre celui d'Alec.

Il jouait avec le feu. Il risquait de s'enflammer, façon combustion spontanée, dès qu'Alec poserait une main sur son intimité.

Lentement, il fit glisser ses mains sur le torse mis à nu, s'excitant lui-même, et descendant volontairement jusqu'à son pantalon, dont il entreprit de faire sauter le bouton et plonger la main dedans. Toucher son propre sexe le soulagea, légèrement, puisqu'il rêvait d'une autre main pour le masturber, mais le regard vitreux d'Alec, tandis qu'il se caressait doucement, sans même sortir son sexe de ses vêtements, était une récompense en soi.

– Tu veux participer, peut-être ? l'aguicha Magnus.

La réponse ne se fit pas attendre. Alec se redressa si vite que Magnus manqua de dégringoler de ces hanches. Il fut rattrapé par un bras puissant autour de sa taille, et des lèvres empressées sur les siennes, qui dévoraient et ravageaient, leurs langues dansant le plus vieux ballet du monde. Le sorcier eut une brève pensée émue pour les années d'entraînement des shadowhunter, qui permettaient à son amant de se redresser si facilement à la seule force de ses abdominaux. Ça non plus, Alec ne l'avait pas entièrement perdu.

Torse contre torse, Alec détacha soudain sa bouche de celle de Magnus, pour mieux laisser glisser sa langue le longue de la gorge mate, titillant la jugulaire, embrassant un peu, beaucoup, passionnément.

– D'habitude, tu réserves tes suçons sur des parties moins visibles de mon corps, haleta Magnus, surpris de l'audace d'Alexander.

Selon la forme de son col, la marque pouvait devenir très visible.

– Ah ? répondit Alec sur le ton de la conversation. Il faut bien une première fois à tout.

Et sur ce, il appuya davantage ses lèvres et ses dents contre la peau offerte, s'appliquant à rendre Magnus complètement fou de désir, et à laisser un stigmate parfaitement équivoque.

Ce faisant, il renversa leur position, de sorte à, lentement mais sûrement, coucher Magnus sur le matelas à son tour, pour mieux le dominer. Avec une toute autre idée en tête que la séance de déshabillage de Magnus précédemment. Une fois le suçon achevé, suffisamment coloré et visible sur la peau dorée, il laissa rapidement glisser son visage le long du torse, y déposant des baisers légers, avant de poser sa bouche sur le sexe tendu, encore enfermé dans les sous-vêtements.

Magnus gémit lourdement, tendant instinctivement les hanches vers le haut, provoquant un léger rire de la part d'Alec.

– Tu es impatient... souffla Alec.

Mais il l'était tout autant, et rapidement, il tira pantalon et vêtement de son amant vers le bas, dévoilant le sexe dressé, rougi et turgescent. Alexander en bavait d'envie, et il n'hésita pas à refermer les lèvres sur le gland, découvrant le goût de Magnus sur ses lèvres, et entamant rapidement un lent mouvement de va-et-vient sur le pénis.

Magnus gémit, encore et encore. De toute évidence, le corps d'Alec se souvenait. La virginité et le manque d'expérience d'Alec n'avaient jamais été un problème, entre eux. Magnus partait du principe que toutes les relations, y compris sexuelles, étaient différentes, et ils devaient s'apprendre mutuellement pour progresser et se donner du plaisir. Oui, leur première nuit ensemble avait été formidable, mais elle avait été suivie de d'autres catastrophiques. Mais ils avaient toujours été ensemble, et ils en avaient ri, appréciant d'apprendre l'un de l'autre.

Mais, de toute évidence, les lèvres rouges qui glissait le long du sexe de Magnus avec des bruits érotiques, elles étaient la résultante de beaucoup d'entraînement. Le corps d'Alec se souvenait, réagissait instinctivement à ce qu'il devait faire, aux réactions de Magnus.

Une main posée sur le ventre du sorcier l'empêchait de bouger, l'autre accompagnait les mouvements de succion, serrant plus ou moins fort au fur et à mesure du mouvement. Magnus haletait et gémissait, son poing serré dans sa bouche, se mordant les phalanges, tentant de retenir ses cris.

Quand, dans un « pop » humide et beaucoup trop érotique à entendre pour la santé mentale de Magnus, Alexander relâcha son sexe, le sorcier eut une réaction immédiate et épidermique, drôle de bruit ressemblant davantage à un feulement de chat qu'un son humain.

– Magnus... supplia Alec en remontant le long du corps et en se couchant sur son partenaire.

– Alexander... souffla Magnus en réponse, à peine conscient du reste de son environnement, les yeux mi-clos, luttant pour continuer à pouvoir regarder les grands yeux bleus luisants de son amour.

– Je voudrais voir tes yeux... les autres, murmura Alec.

La demande surprit profondément le sorcier, qui écarquilla de grands yeux – résolument noirs et normaux.

– Je veux les voir, poursuivit Alec en picorant sa bouche de baisers entre deux mots. Ils étaient si beaux...

Parfois, quand Magnus perdait le contrôle, ses pupilles de chat apparaissaient durant leurs ébats, mais cela restait relativement rare. Alexander vocalisait toujours combien il aimait les yeux de Magnus, dans ces moments-là, mais jamais il ne l'avait aussi franchement et clairement réclamé.

Le sorcier ne pensa même pas à décliner la requête. Il cligna des paupières, et les iris fendues comme ceux d'un chat apparurent.

Et sur le visage d'Alec, il y eut une telle joie et une telle fascination que Magnus eut physiquement mal au cœur. On disait qu'on ne réalisait réellement les choses que lorsqu'on les perdait. Magnus avait cru savoir ce qu'Alexander représentait pour lui. Après tout, de ruptures en désillusions, la vie les avait faits se séparer et se perdre régulièrement. Mais c'était un tout autre niveau, cette fois. Magnus avait RÉELLEMENT perdu Alec. Il s'était imaginé vivre sans lui le reste de ses jours, et l'idée lui avait été intolérable.

Sans même s'en rendre compte, les yeux jaunes de chat s'engorgèrent de larmes, les faisant briller un peu plus.

Alec, d'une main douce, caressait les joues, les pommettes, le front, le nez, les temps, les oreilles, de l'homme qui lui faisait face.

– Pourquoi tu pleures ? demanda-t-il doucement.

Ils avaient presque oublié leurs érections, toujours dressées et douloureuses, pressée l'une contre lui (ou du moins, celle d'Alec dans son pantalon pesait toujours contre celle nue de Magnus).

– À cause de choses que tu ne veux sans doute pas entendre pour le moment, répondit très franchement Magnus.

Alec hocha la tête, comprenant sans doute qu'il valait mieux ne pas poser de questions.

Alors lentement, il préféra de nouveau embrasser Magnus. Avec révérence et politesse, comme on embrasserait une fleur délicate pour n'en abîmer aucun pétale. Cette révérence, digne d'une forme de drague éculé d'un siècle passé, aurait pu agacer n'importe qui, vexé de se faire traiter comme une chose fragile. Mais Magnus n'était pas n'importe qui, et il avait traversé les siècles et ses méthodes pour obtenir les faveurs d'une dame ou d'un homme. Et il savait que ce geste, réalisé par Alexander, n'était rien de plus que l'expression de l'immense respect qu'il avait pour lui.

Alors il accepta l'offrande, et répondit tout aussi doucement au baiser.

Tranquillement, ils recommencèrent les caresses et les étreintes, et les frottements. L'envie de s'unir était, certes bien présente, mais ils préfèrent simplement se mettre à nu entièrement, tous les deux, et se serrer l'un contre l'autre, se masturbant mutuellement. C'était calme, mais ce n'en fut pas moins passionné et intense, et l'orgasme qui les ravagea, Alec en premier, Magnus le suivant de peu en voyant le visage déformé par le plaisir de son amant, fut imprévisible et puissant, et les laissa tous les deux pantelants, en sueur et le souffle court.


Les yeux clos, front contre front, toujours dans les bras de l'autre, lové face à face, ils se laissèrent porter par la brume post-coïtale, et savourèrent ensemble cet instant de plénitude.

– Tes frère et sœur risque de se demander où on est passé, finit par dire Magnus au bout d'un moment.

– Ils doivent s'en douter, non ?

Magnus soupira, sans pour autant bouger de sa position contre son amant. Il ne voulait plus jamais bouger de toute sa vie.

– Oui... Mais ils n'approuvent pas du tout. Et je préférerai grandement que ta mère ne le sache pas.

Alec fronça les sourcils, et au grand regret de Magnus, se détacha de l'étreinte pour se redresser et le regarder bizarrement.

– Le... sexe est proscrit dans la famille ? Ou bien c'est le fait d'en parler ? Ou bien c'est possible seulement une fois mariés ? Mais on est mariés, non ?

Les hypothèses étaient toutes plus absurdes les unes que les autres, et Magnus rit face au pli de concentration et d'anxiété entre les deux sourcils d'Alec. Il passe le doigt dessus, lissant la peau, lui intimant par ce geste d'arrêter de froncer le nez s'il ne voulait pas finir ridé avant l'heure.

– Il n'y a aucun problème avec le sexe dans ta famille. Izzy est très libérée sur le sujet, elle t'a toujours parlé de ses conquêtes, quand elle était plus jeune. Jace aussi. Ils sont devenus plus réservés quand ils se sont mis sérieusement en couple, Izzy avec Simon, et Clary avec Jace. Et encore plus quand toi et moi avons commencé à nous fréquenter. Enfin, Izzy n'a pas de problème, ça l'amuse. Jace n'a aucun problème avec ton homosexualité, mais via votre rune...

Magnus désigna l'un des tatouages d'Alec, qui baissa les yeux pour mieux le regarder.

– ... il ressent tes sensations et toi les siennes, parfois. Et il lui est arrivé de ressentir beaucoup trop fort qu'on était en train de s'envoyer en l'air. Ce fut très rare, mais suffisamment pour le traumatiser. Il n'aime pas t'imaginer au lit, parce que pour lui tu es et as toujours été son parabatai fidèle, l'aîné de votre fratrie, le protecteur, le raisonnable. Il te considère comme son frère et bien plus que ça, mais une partie de lui te respecte aussi comme on respecte ses parents. Et personne n'aime connaître les détails de la vie sexuelle de leurs parents, s'amusa le sorcier. Quant à ta mère, enfin, elle n'a pas de problèmes avec nous, mais de manière générale, je préfère qu'elle n'ait pas les détails de notre vie de couple !

Alec digéra les informations, hochant lentement la tête. Magnus essaya de l'attirer de nouveau contre lui, de retrouver la chaleur de ses bras, mais l'amnésique cogitait et en avait décidé autrement.

– Mais pourquoi tu as dit qu'ils n'approuvaient pas, alors ?

Magnus céda, et cessa de tirer les épaules de son amant vers lui. À son tour, il se redressa et s'assit dans le lit. Ils n'avaient même pas défait les couvertures, et il faisait presque froid, assis en tailleur sans le corps d'Alec contre le sien pour l'irradier de sa chaleur.

– Parce que tu es amnésique. Ils ont peur... que je te fasse peur. Quelque chose comme ça, j'imagine. Qu'au lieu de te laisser retrouver ta mémoire tranquillement, j'aille trop vite, que cela t'angoisse, te bloque. Ils sont terrifiés, au fond, que tu ne retrouves pas tes souvenirs. Que tu ne sois plus jamais leur grand frère, le pilier de leur monde. Ils se disent que mon empressement pourrait nuire au bon recouvrement de tes souvenirs.

– Ce qui est profondément absurde, puisque c'est moi qui te saute dessus, en fait, rit Alec.

Il avait l'air totalement détendu et sincère en disant cela, et le cœur de Magnus s'allégea un peu. Au fond de lui, ils partageaient un peu les inquiétudes d'Izzy et Jace. Difficile de se départir de la sensation qu'Alec pourrait être effrayé par l'intensité dévorante des sentiments que Magnus lui portait. Ils avaient construit leur relation pour en arriver là. Que tout lui tombe dessus devait avoir un côté terrifiant.

– Magnus, tu réfléchis trop, souffla soudain Alec, sortant le sorcier de sa torpeur.

Une main douce vint se poser sur la joue couleur miel. Magnus ferma aussitôt les yeux, s'appuyant contre la paume, appréciant la caresse.

– Tu te souviens de ce que tu as dit hier ? Que mon corps se souvenait mieux que moi, mieux que mon cerveau, qu'il se souvenait qu'il m'ai...

Il n'acheva pas sa phrase, butant sur le mot, mais Magnus ne s'en formalisa pas, laissant son amant poursuivre, ayant de toute évidence une réflexion à livrer sur le sujet.

Alec se racla la gorge.

– Je pense que tu as raison. Je ne vais pas te dire que je t'... Je ne vais pas te le dire. Parce que mon cerveau ne le pense pas, et que je ne te connais pas. Je ne sais rien de toi, ou presque. Je ne suis pas encore l'homme avec lequel tu te disputais un matin au petit déjeuner, même si je ne saisis pas exactement le thème de cette dispute. Je ne suis pas capable, aujourd'hui, de te choisir un cadeau d'anniversaire et te faire plaisir. Je ne sais même pas quand est ton anniversaire ! Mais quand tu me touches... quand je te touche... tout ça, ça disparaît. Je ne me pose plus de questions. Je ressens confusément que c'est ma place, qu'il n'y absolument aucun danger pour moi, si je suis dans tes bras. Toute cette situation me fait peur, pour être honnête. C'est tellement délirant ! Bien sûr que les sentiments que tu as pour moi sont effrayants aussi. Mais en même temps... ça me paraît magnifique. J'ai envie... j'ai envie de mériter ce que tu sembles voir en moi quand tu me regardes. J'ai envie d'être l'homme dont tu es amoureux. Parce que, mon Dieu, l'homme que tu regardes ainsi ne peut qu'être le plus chanceux de la Terre. C'est ce que j'ai pensé la première fois que tu m'as montré la photo.

– La photo de notre mariage, souffla Magnus, la gorge rauque sous l'effet de l'émotion.

– Oui... ça me paraissait irréaliste que l'homme que tu regardais ainsi, ça soit moi. Parce que toute personne normalement constituée au monde voudrait ça. Ce regard que tu posais sur moi. Être regardé ainsi, c'est la plus belle chose au monde. Mais actuellement, je ne suis pas cet homme. Alors je veux le redevenir. Le mériter. Et que tu sois de nouveau amoureux de moi comme nous l'étions à notre mariage.

Magnus ne répondit rien. Il ne pouvait rien répondre. Non seulement parce qu'il n'y avait rien à dire, mais surtout parce qu'il risquait de fondre en larmes s'il ouvrait la bouche.

Alec dut comprendre son émotion, car il ne dit rien de plus, et ne chercha pas absolument à obtenir une réaction. Il se borna à le prendre dans ses bras et à le serrer fort contre lui, et Magnus n'eut soudain plus du tout froid.


Ils finirent par trouver le courage et le temps de se rhabiller, et d'enfin sortir de la pièce, en direction de l'infirmerie de l'Institut. Ils avaient besoin d'une opinion médicale sur le sujet, et les médecins Shadowhunter ne suffisaient pas... et Magnus ne leur faisait pas spécialement confiance. Il avait échangé avec Catarina sur le sujet par messages, et la sorcière avait accepté de venir examiner Clary et Alec pour livrer ses conclusions, tant en tant que sorcière qu'infirmière. Magnus n'aimait pas les médecins Shadowhunter, qui faisaient leurs études dans le seul monde des Anges. Ils étaient sans doute très compétents, et rodés sur le sang angélique et ses interactions, mais ils passaient à côté, parfois, des évolutions intéressantes faites par les terrestres. Catarina n'avait pas ce problème.

En outre, les cas d'amnésie étaient inexistants dans leur monde, et leurs médecins ne savaient pas les traiter. Catarina, elle, le savait.

Le rendez-vous avec la jeune femme était ainsi programmé en fin de journée, et ce fut donc ensemble qu'Alec et Magnus s'y rendirent. Le sorcier était tenté de prendre sa main, de la lier à la sienne, mais il se retint. Alec n'y était pas prêt. Même si, de toute évidence, il y songeait aussi : au fur et au mesure de leurs pas, calé sur le même rythme, leurs paumes s'effleuraient à chaque mouvement, caresse légère et promesse d'un avenir radieux.


Prochain chapitre le Sa 22/08 !

Reviews, si le coeur vous en dit ? :)