Bonjour mes petits dasyures mignons !
RaR anonyme - ShadowVslight (chap 22) : Merci pour ta review ! Et merci pour les compliments ! Et pour la faute, en effet... et c'est loin d'être la première ! Ce texte n'a pas été relu, sinon par moi, et malheureusement, je laisse passer des fautes d'inattention ^^' Celle ci n'est pas la première... et sans doute pas la dernière ! ;) Je ne vais pas réuploader le texte juste pour un petit accord (c'est extrêmement contraignant ^^') mais merci de me l'avoir signalé ;) Quant à la fin sadique... je ne promets rien :p J'espère que la suite te plaira :)
Au programme de ce chapitre, la fin de l'entraînement, une douche qui dure longtemps, et un peu de Clary-Alec...
Bonne lecture ! :)
Chapitre 23
L'entraînement se prolongea toute la matinée, avec des progrès relativement impressionnant. Même Clary, à la fin de la matinée, en sueur et épuisée, arborait un large sourire. Elle n'avait clairement pas retrouvé la fluidité de ses gestes, ni la force brute et l'agilité d'Alec, mais elle avait fait des progrès.
Quant à Alec, Magnus et Jace avaient été bluffés par certains de ses mouvements. Jace n'avait pas été assez dingue pour leur donner une arme létale et leur demander de combattre dès le début de la séance, mais à l'issue des trois heures d'entraînement, il aurait sans doute pu, en ce qui concernait Alec.
Mouvement d'attaque, de défense, d'esquive, il avait tout suivi sans difficulté. Face à un autre être humain, ils en étaient restés au bâton. Face à des mannequins, et une fois les lames prises en main, Alec et Clary avaient pu tester l'efficacité des armes séraphiques.
En outre, l'instructeur leur avait prévu les exercices de renforcement musculaire nécessaire à tout entraînement, et Magnus avait eu la joie d'apprécier la vision de son amant, luisant de sueur, muscles bandés, et faisant des abdos, tractions ou pompes.
Demain, Jace prévoyait d'apprendre à Alec à tirer à l'arc. Il fallait qu'il récupère ses pleines capacités.
Pour autant, chaque mouvement qu'il avait fait, pourtant mille fois répétés au cours de sa vie, n'avait rien rappelé à sa mémoire amputée, et en cela c'était un échec.
– Je peux les garder avec moi ? Tu as les tiennes, toi... avait demandé Clary à la fin de l'entraînement en tendant ses poignards séraphiques.
Jace avait hésité.
– Il te faudrait tes fourreaux, pour les transporter... Ils sont dans ma chambre.
– Mais ça ne pose pas de problème ? insista Clary.
Jace jeta un regard à Magnus et Max, qui rangeait le reste du matériel avec Alec, le cadet expliquant à son aîné toutes les différences substantielles entre toutes les armes, inversion des rôles d'une scène qui s'était déjà produite une petite dizaine d'années auparavant, quand Alec était l'instructeur et Max l'apprenant.
Le jeune homme avait clairement envie d'accéder à la requête de sa petite amie. Elle ne pouvait ignorer que tous les gens qu'elle croisait avait leurs armes à la ceinture ou accrochés à la jambe. Elle voulait être cessée d'être regardée différemment. Elle voulait ses armes sur elle. Jace lui avait dit que c'était ses poignards.
– Je... hésita Jace.
– Non, trancha Magnus. Tu ne peux pas.
– Tu dois en référer à Izzy, ajouta Max. Et à l'Enclave. Clary n'est pas...
Il s'interrompit, soudain gêné. Il avait beau jouer au grand, il n'était qu'un gosse, et il avait conscience que certains des tenants et des aboutissants de cette histoire lui échappaient. Il n'avait pas à donner d'ordre. Clary, même sans savoir ce que le jeune garçon allait dire, se rembrunit, vexée et blessée.
– Il a raison, reconnut Jace en se tournant vers sa compagne. Tu es parmi nous, mais tu n'es pas encore tout à fait comme nous. Je ne peux pas prendre la décision de te laisser tes armes sans en référer à nos supérieurs.
– Je comprends, répondit Clary d'une voix neutre.
Mais il était évident que c'était un mensonge et que le poids de la défaite et de la différence lui pesait.
– Bien, fin de l'entraînement ! reprit Jace d'une voix faussement enjouée. Tout le monde à la douche ! Max, tu rejoins ton cours de runes et ton instructeur pour une mission cette après-midi. Les autres, repas et puis rendez-vous avec Catarina en début d'aprem pour commencer la mission « récupération des souvenirs d'Alec ».
Il essayait vainement d'être léger, souriant bravement.
Sans qu'aucun n'y croit vraiment pour autant, ils se séparèrent dans les couloirs de l'Institut.
L'eau chaude de la douche de sa chambre était une bénédiction pour le corps d'Alec. En sueur, ses vêtements collant à sa peau, il avait apprécié la séance d'entraînement, et appréciait encore plus de pouvoir se nettoyer. Et ensuite passer ses vêtements normaux. Ou du moins, ce qui représentait sa norme. Quand il voyait tous les gens de l'Institut, ou les regards surpris de Magnus sur ses jeans et ses T-shirt plus ou moins colorés, il doutait que cela corresponde à cet ancien lui.
Alec était partagé sur la séance à venir avec Catarina. Ils voulaient tous lui rendre la mémoire, et une part de lui le voulait aussi. Mais l'autre était plus sceptique. La vie avec les Oubliés lui manquait parfois. C'était tout ce qu'il connaissait, ce qu'il avait connu. Il ressentait un malaise, parfois, quand il pensait aux vingt premières années de sa vie, totalement effacées, mais il avait appris à vivre avec. Depuis, il savait qui il était. Mari, père, frère, fils aimé. Il avait aussi un poste important dans la hiérarchie de l'arbitrage de leur monde, d'après ce qu'on lui avait dit. Et après ? Il doutait de l'intérêt de tout retrouver. De la possibilité de tout retrouver.
Il avait sans doute peur, également, s'il était honnête avec lui-même, de retrouver ses souvenirs. Le monde qu'il avait découvert en répondant à la convocation de Magnus lui faisait peur, par aspects.
– Besoin d'aide ?
Il sursauta légèrement, avant de sourire. Il n'avait pas entendu Magnus arriver dans son dos, dans la salle de bains. Dans la douche.
– C'est moins confortable que notre douche, mais ça peut faire l'affaire...
Alec se retourna complètement, clignant des yeux à travers l'eau qui lui tombait toujours dessus, alors qu'il essayait de se rincer. Malgré l'étroitesse de la cabine, Magnus était là. Avec lui. Sous l'eau. Nu. Les cheveux toujours parfaitement dressés sur le haut de son crâne et l'eyeliner qui ne bavait même pas. C'était littéralement magique.
– Mag...nus, je... bafouilla-t-il.
Il avait envie de le repousser, mais il n'aurait pas été crédible. Ses yeux balayaient le corps parfait de l'homme en face de lui. Magnus était fin comme un danseur, et tout aussi musclé. Son corps était taillé pour être regardé, et détourner le regard aurait été un affront.
– Désolé, mais je n'étais pas certain que je serai capable de résister à ton corps en sueur... Si tu en as envie.
La voix mutine ne laissait planer aucun doute sur le fait que Magnus ne croyait pas Alec capable de le repousser. Et il avait raison. Entre ses jambes, il sentait déjà sa virilité durcir à moitié, et son pouls s'emballait, dans une volonté désespérée de s'approcher de l'autre, de l'embrasser, d'embraser leurs corps.
– Et puis les douches, on a toujours aimé ça... reprit Magnus en faisant un pas en avant.
La cabine était si petite que cela suffit pour que leurs corps se touchent, s'effleurent. Alec gémit doucement, d'anticipation. L'odeur de Magnus le submergea tout entier. Une odeur indéfinissable. Son cerveau semblait chercher quelque chose dans les souvenirs qu'il n'avait plus.
– Ah bon ? demanda Alec, histoire de vérifier qu'il arrivait encore à parler.
– « Mais si tu peux laver tes cheveux magiquement, pourquoi tu t'infliges de faire ça ? Parce que j'apprécie de prendre des douches ! » répondit Magnus.
Et son ton montrait clairement qu'il s'agissait d'un dialogue, sorti de sa mémoire. De leurs mémoires. Un flash traversa Alec, et ses mains montèrent à ses tempes pour pallier la douleur qui lui vrilla la tête. Ses jambes flanchèrent, mais Magnus était là. Il soutint Alec, et de sa magie, apaisa la douleur.
Les images revenaient en force : Magnus, sa magie instable. Magnus, une mauvaise nuit passé à se tourner et se retourner. Magnus, qui venait s'excuser d'avoir empêché Alec de dormir en le rejoignant sous la douche. Magnus et lui, sous la douche. Magnus, sa magie retrouvée, en peignoir bleu ouvert sur son torse, plus beau que jamais. Magnus, qui promettait à Alec de lui faire de son fameux shampooing qui avait cette odeur particulière. Magnus, qui répondait à Alec qu'il aimait simplement prendre des douches avec un sous-entendu beaucoup trop clair sur ce qu'ils venaient de faire.
– Bois de santal... murmura Alec. Ton odeur.
Les yeux toujours fermés, toujours dans les bras de Magnus, toujours sous l'eau chaude, il inspira profondément, et cette fois reconnut cette odeur parfaite.
– Oui, mon Ange, lui répondit Magnus, extatique. Désolé de t'avoir laissé prendre ta douche tout seul, mais je me devais d'aller en chercher à l'appartement... Tu aimais mon odeur. Nous avions désormais le même gel douche et le même shampoing...
Alec inspira encore une fois, profondément. La migraine était passée. Seul restait les souvenirs, et l'odeur de cet homme, si puissante qu'elle enivrait ses sens. Et la chaleur au creux de ses reins, sans cesse exponentielle.
– Magnus... gémit-il.
– Oh oui mon Ange, oh oui...
Ils étaient très bien partis, leurs mains glissant à tous les endroits du corps de l'autre, le souffle court, le pouls s'emballant. Alec s'était totalement laissé aller dans cette étreinte impromptue, et son cerveau lui commandait de se mettre à genoux pour essayer d'entendre cet homme magnifique et dont la bouche semblait taillée pour les pipes supplier. Avec un regard ardent de désir, il rompit le baiser dans lequel ils s'étaient encore perdus, et s'apprêtait à mettre son projet à exécution, quand une voix se fit entendre de l'autre côté de la porte.
– Alec, tu es là ? Tu m'entends ?
Ils s'immobilisèrent, Alec devenant aussitôt cramoisi de gêne. Magnus fronça les sourcils. Le corps de son amant était tendu, stressé. Ce n'était pas juste le risque de se faire prendre en pleine douche lubrique qui le gênait, c'était autre chose. Comme le fait d'être pris sur le fait avec Magnus.
– Je suis là, Clary, mais sous la douche ! N'entre pas ! répondit bravement le jeune amnésique en tenant de maîtriser sa voix.
Parce que de l'autre côté de la porte, c'était Clary. Clary qui était dans la même situation que lui, peu ou prou, et que pour autant que Magnus en savait, ne cédait pas si facilement physiquement à Jace. Il avait honte, réalisa Magnus. Honte de lui céder.
Une part de Magnus se brisa à cette idée, ayant l'impression qu'ils revenaient des années en arrière, quand Alec n'osait pas reconnaître, même à lui-même, qu'il était homosexuel. L'autre partie, plus rationnel, savait qu'il était coupable de cet état de fait. Alec le désirait physiquement, c'était une évidence, et il le poussait dans cette direction en oubliant dans leurs étreintes physiques l'état psychologique et les conséquences que cela pourrait avoir sur l'esprit d'Alec.
– Je ne comptais pas entrer, de toute manière ! Mais on peut juste... discuter ? Tu m'entends ?
Au bruit, la jeune femme s'était assise contre le mur qui les séparait de la chambre. Le son leur parvenait parfaitement, puisque Magnus avait mal fermé la porte en arrivant, qui était désormais entrouverte. Du doigt, Magnus fit signe à Alec de répondre à Clary. Leurs ardeurs étaient bien retombées, et il quitta la cabine de douche et le flux d'eau chaude pour laisser Alec tranquille. Il ne pouvait cependant aller nulle part, la porte étant la seule sortie, mais il entreprit de se sécher et de se rhabiller.
– Je t'entends oui. On peut discuter. Qu'est-ce qu'il y a ? Tu t'es douché vite !
Clary eut un petit rire.
– C'est plutôt toi qui mets du temps ! Tu as déjà oublié le temps où on n'avait pas de l'eau chaude à l'infini ou quoi ?
Une pierre tomba dans l'estomac d'Alec. Il n'avait pas oublié. Ils vivaient à quatre dans leur petit appartement new-yorkais, et les douches étaient une bataille chronométrée, pour que chacun ait de l'eau chaude.
– Non, je n'ai pas oublié. C'est juste qu'ici, on peut profiter...
– Justement, c'est ça dont je veux te parler. C'est... tellement bizarre. Tu n'as jamais cette impression ? L'eau chaude ne s'arrête jamais. On mange gratuitement. On est logé gratuitement. Et aujourd'hui, on a appris des mouvements qui pourraient tuer quelqu'un sans effort.
Il y eut un blanc. Alec ne savait pas quoi répondre. Il avait coupé l'eau, et entreprenait de se sécher, en essayant de ne pas regarder Magnus. Ce dernier faisait de son mieux pour se concentrer sur ses vêtements et ses bijoux, mais il ne pouvait pas ne pas entendre la conversation des deux amis.
– Les lames... je les ai demandées pour me sentir en sécurité. C'est stupide, hein ? Mais tout le monde est armé. On paraît si différent d'eux. J'ai toujours peur qu'il nous arrive un truc. Au moins, si j'étais armée tout le temps comme ça... Mais c'est stupide, hein ? Je suis pacifiste, à la base !
La voix de Clary était vacillante, blessée, effrayée. Avoir cette conversation avec Magnus dans les parages n'était pas ce qu'il voulait, mais il refusait de laisser la jeune femme dans cette position vulnérable.
– J'imagine que les anciens nous étaient pacifistes. Plus maintenant.
– Les anciens nous ? Mais de quoi tu parles ! Tu n'as pas changé tant que ça, et moi non plus ! Ils nous racontent notre passé, mais on n'a pas de preuves !
– Parle pour toi ! J'ai des images, moi !
Le silence qui suivit cette déclaration fut plus pesant que tout le reste.
– Pardon, Clary, je n'aurais pas dû dire ça, je suis un imbécile, je...
– Je peux entrer ? s'te plaît...
– NON ! Je m'habille !
– Oh, ça va, mets un boxer et on n'en parle plus ! Je t'ai déjà vu en maillot de bain, tu sais ?
Alec blêmit. Même si Magnus faisait toujours semblant de ne pas écouter, il leur adressa un sourire narquois face à son désarroi.
– J'en ai pour deux minutes, Clary, s'il te plaît. Et pardonne-moi, mes mots ont dépassé ma pensée. Je ne voulais pas te blesser...
Un soupir. Alec enfila un T-shirt, alors même qu'il n'était pas tout à fait sec, et le tissu colla à sa peau. Un tissu blanc. Magnus apprécia le spectacle.
– Je sais. Je m'excuse aussi. Je me sens juste si différente et peu à ma place, parfois, et je suis jalouse de ta capacité d'adaptation. Ça paraît si simple, pour toi !
Alec boucla sa ceinture, chercha ses chaussettes.
– Ça ne l'est pas. C'est dur pour moi aussi, et je doute... Mais je n'ai perdu que quelques semaines de ma vie. Toi, tu as perdu l'intégralité de la tienne, et deux fois ce monde. On ne peut pas comparer.
Alors qu'il mettait enfin la main sur ses chaussettes, Alec percuta soudain quelque chose, en regardant ses pieds nus et sa peau vierge et blanche.
– Tes lames... C'est pour être comme tout le monde que tu les as réclamées, n'est-ce pas ? Parce que tu espères qu'ils te regarderont moins de travers, comme une bête curieuse, si tu les avais. Ça n'a rien à voir avec le fait de te défendre, ou avec ton pacifisme, parce que de toute manière personne ne nous attaquera et nous ne serions pas au niveau s'ils le faisaient. C'est pour être un peu plus comme les autres. Parce que tu n'as pas de tatouages. Tu n'as plus de runes. Alors que moi, oui.
Il n'y eut aucune réponse, mais Alec avait fini de se préparer, et il put ouvrir largement la porte, pour affronter la jeune femme assise sur le sol de sa chambre, et son regard humide qui lui prouvait qu'il avait bien deviné. Magnus, sagement, resta caché derrière le battant, silencieux.
– Je suis désolé, Clary... murmura-t-il en l'aidant à se relever pour la prendre dans ses bras. Je ne sais pas quoi te dire. Je suis juste désolé pour toi.
Elle haussa les épaules, reniflant. Elle était jalouse et malheureuse, mais le jeune homme n'y pouvait rien.
– Parfois, j'ai juste envie de partir, même si ça fait si peu de temps que nous sommes là. J'ai juste envie de partir et d'oublier et de retrouver ma vie, mes amis, mes habitudes, juste pour un instant. Tu n'as jamais envie de ça ?
Magnus était toujours derrière la porte. Mais Alec refusait de mentir. Alors honnêtement, ayant conscience qu'il allait blesser son amant, il répondit :
– Si, moi aussi j'en ai parfois envie. Viens maintenant. On doit aller déjeuner. Et rejoindre Catarina sous peu. Tu as raison, j'ai passé trop de temps sous la douche et je n'ai pas vu le temps passer.
Prochain chapitre le Sa 12/09 !
Reviews, si le coeur vous en dit ? :)
