Bonjour mes petits dasyures mignons !
RaR anonymes :
Guest sur le chapitre 25 : tu as bien avancé dans la lecture rapidement dis donc ;p Effectivement, la formulation n'est sans doute pas la plus parfaite qui soit... je plaide coupable, je n'ai pas eu de bêta sur ce texte, d'habitude c'est typiquement ce genre de choses qu'elles suppriment, normalement ^^
Guest sur le chapitre 26 : Alors, si je peux aider, je publie les mercredis et samedis matins, normalement entre 9h et 10h30, soit une publication effective entre 9h30 et 11h, au pire. Sinon, tu peux aussi créer un compte, laisser des reviews auxquelles je pourrais répondre directement, et mettre une alerte sur la fic pour avoir un mail à chaque nouveau chapitre... Je dis ça comme ça ;p Un immense merci pour tes compliments, du coup ! Par contre, au risque de te décevoir, mes idées ne sont pas infinies. Loin de là. D'ailleurs, la fic est finie d'écrire depuis belle lurette, donc ça aurait bien une fin ! (dans 13 chapitres, d'ailleurs + trois bonus) Merci pour les reviews ;)
ShadowVSlight sur le chapitre 25 : Ah, la mémoire de Clary, vaste sujet... Nettement plus compliqué que Alec... L'explication de la mémoire est basée sur des éléments scientifiques, donc logique que ça paraisse compliqué... et aucune importance si tu n'as pas tout suivi ;) Merci pour la review, j'espère que la suite te plaira ;)
Au programme de ce chapitre, le début de la routine et des souvenirs, le premier acte magique d'Alec, et l'arrivée au loft.
Bonne lecture ! :)
Chapitre 27
La journée parut en tout point semblable à la précédente à Alec. Entraînement. Douche. Déjeuner. Cours théorique sur les runes et l'Histoire détaillée de leurs Mondes. Puis le retour à l'infirmerie, l'installation dans un lit, la magie et les électrodes de Catarina sur le crâne, prêt à récupérer ses souvenirs.
– Va faire autre chose, avait conseillé Alec à Clary, plus tôt dans la journée. Tu n'as pas besoin d'être là. Les jours où mes souvenirs ne concerneront pas Jace, tu pourras profiter de lui. En attendant, détends-toi. Jace m'a dit qu'il avait du matériel de dessin à toi dans sa chambre... Peins, ça te fera du bien.
Les deux amnésiques ne comprenaient pas vraiment pourquoi les autres semblaient considérer qu'ils devaient aller ensemble, mais Clary fut soulagée de l'injonction d'Alec. Elle n'avait aucune envie d'assister à ces séances. Jace, depuis leur discussion la veille, le comprenait également, et elle partit vaquer à ses occupations sans culpabiliser tandis que tous les autres se pressaient en direction de l'infirmerie.
Ce jour-là, conformément à leur plan de bataille, ils se concentraient sur des souvenirs d'enfance, et notamment de fraternité. Robert devait arriver de Los Angeles prochainement, et Maryse avait choisi de l'attendre pour parler de son enfance vue par le prisme parental à leur fils. Depuis le divorce, malgré le retrait des runes de Maryse, ils avaient fini par s'entendre et se pardonner. Le mariage de leur fils aîné et l'adoption de Maxie, la perte de Clary, la stabilité qu'Izzy avait enfin atteint avec Simon et son poste de Directrice d'Institut avaient été les fondements de leur bonne relation.
Ce jour-là, c'était donc Izzy et Max, uniquement, qui parlèrent. Jace n'arrivait qu'à l'âge de dix ans dans la vie d'Alex, et il avait toujours été l'égal d'Alec, et non le grand frère qu'il avait représenté pour ses véritables cadets. Izzy et Max lui remémorèrent deux souvenirs chacun. Des histoires d'enfant, de jeu et de poupées, en premier pour Izzy ; un mot de fierté adressé à un enfant exsudant de joie pour Max ; l'annonce de ses premières règles ensuite, parce que se confier à son frère avait été la première chose à laquelle Izzy avait pensé ; et ensuite, le déchirement du petit garçon dont le grand frère partait seul en mission pour la première fois.
C'était des souvenirs puissants, importants, mais qui, dans la construction d'Alec, n'étaient pas forcément fondamentaux. Ils le fatiguèrent, mais ne l'épuisèrent pas au point de vouloir dormir, comme la veille. Les migraines étaient de plus en plus agressives, mais elles s'estompaient aussi plus vite, d'une certaine manière. Son corps et son sang s'habituaient tout simplement à ces douleurs, et les géraient beaucoup mieux.
Pour autant, malgré la douleur, Alec ressortit de chaque souvenir souriant, extatique, éberlué. Il se rappelait des mots prononcés, des larmes et des inquiétudes qu'il avait apaisé, le sentiment indicible de confiance en lui qu'avaient ses cadets. C'en était presque fou, pour lui, de savoir qu'on avait compté sur lui à ce point-là.
Max et Izzy aussi en avaient été ravis, et ils étaient tombés dans les bras de leur frère. Ça ne faisait sans doute pas tout, mais c'était un bout de leur vrai frère.
– On ne va pas pouvoir le protéger éternellement de la douleur, non plus, commenta Jace à l'intention de Magnus.
Tandis que la fratrie se serrait dans ses bras, les deux hommes se tenaient en retrait. De toute évidence, Jace en était arrivé à la même conclusion de Magnus. Le sorcier acquiesça silencieusement.
– Déjà, dès que Robert arrivera... Maryse a pu se montrer, quand Alec était jeune, aimante, mais je n'ai aucun souvenir de Robert ayant un acte d'affection pour son fils.
Magnus soupira.
– Il va falloir le préparer. Il sait que la vie n'est pas toute rose mais... je pense qu'il espère retrouver une famille parfaite, unie à l'image de ce que nous lui montrons actuellement. Certaines choses vont lui faire mal.
– Lydia a accepté de lui rejouer les scènes de leur mariage avorté. Tu te sens prêt pour ça ?
Magnus fit la grimace. Même si ça avait représenté un tour spectaculaire dans leur relation, il avait encore du mal à cet évènement.
– Il faudra bien. En attendant, s'il est d'accord, je vais l'emmener ce soir au loft... Maryse nous attend avec Maxie. Si ça peut lui rappeler quelque chose...
La proposition de Magnus, sans surprise, avait rencontré le total assentiment enthousiaste d'Alec. Il réclamait de voir l'endroit où il vivait avec Magnus depuis le début. Il sautillait presque sur place de joie et d'impatience, parfaitement remis.
– Juste une précision... releva Magnus. Personne ne t'a parlé de la polarité variable de notre appartement, n'est-ce pas ?
Alec lui renvoya un regard perdu.
– Je m'en doutais. C'est assez spécifique. C'est un tour de magie, littéralement. Que j'ai inventé, et que je suis le seul à maîtriser. Tu as appris où était Idris ?
– Oui, en Europe. Dans les Alpes, non ?
– Exactement. Quand tu es devenu Inquisiteur, et que tu as fait accepter les créatures obscures comme moi là-bas, je suis devenue Grand Sorcier de la Citadelle. Il a bien fallu qu'on y déménage. Mais ta famille et tes attaches sont ici, à New York. Très loin d'Idris.
Alec fronça les sourcils.
– Tu n'avais pas dit que rien n'était loin pour toi ? En tant que sorcier, tu te déplaces en portail instantanément, c'est ça non ? Jace m'a dit que toi et moi, on faisait le tour de la planète régulièrement.
Magnus sourit doucement. Il aimait beaucoup pouvoir dire à son amant qu'il l'emmenait dîner, et sortir dans un restaurant de sushi au Japon plutôt qu'à l'angle de la rue.
– Pour moi, oui. Mais pas pour toi. Pas pour ta famille. Je ne suis pas une agence de voyage, et j'ai parfois autre chose à faire qu'ouvrir des portails tous azimuts. C'est pour ça que j'ai créé la polarité variable de notre appartement, qui sert de passage entre Idris et New York. En ce moment, il est rattaché à New York alors que ce n'est pas le cas d'habitude, mais peu importe les détails, ça ne change réellement que le paysage à la fenêtre. D'une certaine manière, il est dans les deux endroits à la fois. Ou entre les deux, comme tu préfères. Toi et moi, nous pouvons y entrer totalement librement. Par exemple si tu es à New York et que tu ouvres la porte, tu seras automatiquement chez nous, dans notre loft. Mais si... Simon par exemple, ouvre la porte sans bénédiction ou sortilège de ma part, il se retrouvera dans une pièce vide. Il resta resté à New York, il ne sera pas l'entre-deux qu'est réellement notre appartement. En revanche, si nous sommes dans l'appartement, toi et moi, et qu'on sonne à la porte, on peut ouvrir aux visiteurs. Qu'ils viennent de New York ou d'Idris. La porte d'entrée est une passerelle, si tu veux.
Alec l'écoutait, buvait ces paroles, absolument fasciné. Ça lui faisait penser à un film dont Kate, l'une des Oubliée, lui avait parlé, mais il ne l'avait pas vu, et il ne savait plus le titre.
– Et quand nous sommes dedans, qu'on veut sortir, on peut sortir de n'importe quel côté, New York ou Idris ?
– C'est ça. C'est exactement ça. Tu as compris.
– Mais comment on choisit notre destination ? Il suffit de l'annoncer haut et fort en jetant de la poudre verte ou... ?
Magnus rit. Il y avait peu de choses qu'il trouvait bénéfique dans cette situation, mais les références de son amant à certains éléments emblématiques de la pop-culture en faisaient partie.
– Non, beaucoup plus simple que ça. Il y a un curseur sur la poignée à régler sur la sortie qu'on veut. Nos clés, en fait, possède simplement un mécanisme qui fait bouger le curseur pour qu'on puisse rentrer librement. Certains de nos amis proches en ont une en cas d'urgence, mais on ne peut pas les prêter, du moins pas facilement, elles sont paramétrées pour nous reconnaître et ne fonctionner qu'avec nous... Quand la polarité du loft est affectée à Idris, ta mère ne peut pas s'y trouver seule, pour garder Maxie par exemple, parce qu'elle n'a plus droit d'entrée à Alicante. Il suffit qu'il y ait quelqu'un avec elle qui ait droit de cité, et ça change tout. C'est un acte magique assez compliqué...
– Je vois ça. Ça a l'air tellement brillant... je veux dire, c'est complètement fou, comme histoire. Même dans les meilleurs romans, ça n'aurait pas paru réel, mais toi... toi qui es plus incroyable que tout le reste du monde, tu as réussi un tel exploit...
Ils étaient dans le couloir de l'Institut, et la voix d'Alexander s'était faite plus basse, plus grave. Ses yeux laissaient très clairement transparaître ses intentions, son évidente envie de Magnus. Il s'était d'ailleurs approché de lui, et le sorcier pouvait inspirer l'odeur du corps de son amant, et il ferma les yeux. Pour mieux apprécier ou mieux résister, il ne savait pas. Il le rendait fou.
– Il va falloir rester sage, mon Ange. On va d'abord aller visiter notre appartement, dans lequel se trouve ta mère et notre fils.
Alec recula, sourire mutin aux lèvres, mais obéissant.
– Je croyais qu'elle ne pouvait pas y être seule avec lui ?
– Si, parce qu'actuellement l'appartement est rattaché à new York. Je l'ai déplacé quand on t'a retrouvé. Bref, ce que je voulais te dire sur ce mécanisme, c'est de TOUJOURS rester avec moi. Ce n'est pas une demande, c'est un ordre. Tu n'es pas redevenu toi-même, donc tu n'as pas le droit de cité à Alicante, du moins pas seul. Alors surtout, tu ne tournes pas la poignée sans moi. D'ailleurs, tu ne franchis pas le seuil, seul. Je ne veux pas te donner d'ordres, sincèrement, mais le seuil fonctionne comme un portail, même s'il n'en a pas l'apparence. Or, quand on franchit un portail inconscient, on se perd à tout jamais dans les limbes. Tu es valide et conscient, d'accord, mais...
– Mais mon absence de mémoire fait de moi une créature bâtarde et la magie qui est à l'œuvre pourrait ne pas m'identifier et me repousser comme un intrus ou pire. J'ai compris, Magnus. Ne t'en fais pas, je serai prudent et obéissant.
Son ton était doux, et ses yeux pétillaient. Il avait parfaitement compris que l'interdiction n'avait que pour but de le protéger. C'était sans doute une sur-réaction de la part de Magnus, au pire le loft le traiterait comme un intrus, lancerait les sirènes et le dégagerait, mais il ne voulait pas prendre le moindre risque.
– Je ne supporterai pas de te perdre à nouveau, avoua le sorcier dans un murmure. Je ne pourrais pas y survivre s'il t'arrivait encore quelque chose.
– Ça n'arrivera pas... je serai sage et je ferai tout ce que tu diras... absolument tout...
Légère et douce, la main d'Alec avait filé en direction du visage du sorcier, et caressait sa joue du bout des doigts. Il n'aurait pas dû être humain d'avoir un tel sous-entendu érotique et une telle envie dans la voix. Magnus déglutit difficilement, les doigts d'Alec caressant sa paume d'Adam au passage.
– Parfait. Allons-y. Le loft est à Brooklyn. Soit on y va à pied, ou en métro si VRAIMENT tu y tiens...
Le ton de Magnus ne laissait planer aucun doute sur ce qu'il pensait du métro new-yorkais.
– Soit, si tu t'en sens le courage, tu peux emprunter ton premier portail.
Les yeux d'Alec s'enflammèrent d'envie aussitôt.
Un instant plus tard, et en un tour de main, Magnus avait ouvert le portail, sous les yeux éberlués de son compagnon. Le vortex le fascinait, et il tendit une main curieuse dans sa direction. Magnus n'eut rien besoin de dire qu'il la retira sagement.
– Désolé. Je reste tranquille et je t'obéis, promis. C'est juste terriblement fascinant.
Magnus lui sourit, compréhensif. Il y avait trop longtemps qu'il vivait. Il ne se souvenait plus de son premier portail. Et parmi les gens qu'il côtoyait, il était peu fréquent de franchir son premier portail à l'âge adulte. La fascination des enfants, sorciers, créatures obscures ou shadowhunter n'avait rien en commun avec celle d'Alec : c'était des gamins qui étaient préparés à ça, qui savaient que ça existait.
Alec est un terrain vierge, et ses yeux pétillant était le plus beau spectacle au monde.
– Tu viens ? offrit-il en tendant la main.
Sans réfléchir, il avait tendu la main gauche. Les yeux de son compagnon se posèrent instinctivement sur l'alliance de Magnus. Ils ne dirent rien, ni l'un ni l'autre. Alec se contenta de la saisir, fermement, entrelaçant leurs doigts. C'était un geste anodin, mais la bouffée de sentiments qui étreignit le cœur de Magnus faillit le mettre à terre, tant c'était intense. C'était loin d'être la première fois qu'il touchait Alec depuis qu'il l'avait perdu et retrouvé, mais de cette manière-là, intime et anodine tout à la fois, en signe d'appartenance et d'amour mutuel, ça lui faisait quelque chose, qu'il tenta de dissimuler en respirant profondément. Il était plus que temps qu'ils avancent, il n'allait pas garder le portail ouvert éternellement dans le couloir de l'Institut.
– Prêt ? Allons-y. Tu as juste à marcher avec moi. Viens.
Il avança, et Alec le suivit aussi, se maintenant à son niveau. Ils pénétrèrent dans le vortex et franchirent le portail, et se retrouvèrent aussitôt dans l'entrée de leur loft de Brooklyn.
Magnus, prévoyant, tendit les bras en avant, rattrapa l'amnésique qui trébuchait, chancelait. Traverser un portail prenait moins d'une seconde, mais pouvait faire tourner la tête.
– Tu t'y habitueras, ne t'en fais pas.
Alec s'était déjà stabilisé, redressé, et retourné en direction d'où ils venaient. En direction de la porte noire, close, de leur appartement. Le fait qu'il n'y avait plus rien à voir semblait le fasciner presque autant que le portail quand il était encore là.
– C'est complètement dingue... s'extasia-t-il.
– Moi, le portail, ou notre appartement ? le taquina Magnus.
Alec fit brutalement volte-face, pour soudain observer les lieux.
– Bienvenue chez nous, Alexander, murmura Magnus.
Bien sûr, il n'avait pas réellement cru que soudain, son amant se souviendrait, mais il ne put pas s'empêcher d'avoir une légère pointe de déception quand il constata qu'en effet, il ne reconnaissait rien. Cela ne l'empêcha, instinctivement, d'avancer pour partir à la conquête des lieux.
– DAD ! PA !
Sans aucune surprise, ce qu'il trouva en premier, ce fut Maxie et sa grand-mère, installés sur le tapis du salon, qui jouaient avec des peluches et des coussins.
– Bonjour tous les deux, salua gaiement Maryse en se redressant. Tu vas bien, Alec ? Les souvenirs de Max et Izzy ont été fructueux ?
– Très, merci Maryse !
La matriarche tut sa douleur et la dissimula sous un sourire. Alec n'arrivait pas à l'appeler Maman. Elle le comprenait. Elle l'endurait.
– Maxie a été très sage, on s'est bien amusés, pas vrai petite Myrtille ? Par contre, je suis au regret de vous dire que pour le faire marcher, rien ne vaut de l'appâter avec mon smartphone... Ses peluches et ses jouets l'intéressent nettement moins !
Alec, intérieurement, fut agréablement surpris qu'elle s'adresse à tous les deux, et non seulement à Magnus. Ce n'était pas comme si Alec pouvait pourtant avoir réellement voix au chapitre concernant cet enfant.
– Hey, salut toi.
Il s'accroupit pour être à hauteur de l'enfant, qui le regardait droit dans les yeux. Sans aucune hésitation, le petit garçon fila à quatre pattes jusqu'à son père, et se mit ensuite debout en prenant appui sur les jambes d'Alec, qui le regarda, ému. Jusqu'à maintenant, il avait plutôt vu le garçonnet dans des bras, à moitié endormi. Le voir bouger et babiller des sons incompréhensibles était un spectacle époustouflant.
– Des incidents magiques ? demanda Magnus en se refrénant pour ne pas sortir son téléphone et immortaliser le moment.
– Seulement deux. Durant la sieste, il a dit des mots qui n'étaient absolument pas de l'anglais. Et pas non plus ses balbutiements d'enfant, bien sûr. Et quand il s'énervait de ne pas réussir à enfoncer l'étoile dans le trou carré, il a frappé de toutes ses forces... il a réduit son jeu en miettes. Ce ne sont pas ses poings qui ont fait ça.
Magnus acquiesça doucement. Ça arrivait parfois.
– Il n'est pas trop petit, pour faire de la magie ? demanda Alec, toujours à genoux, et jouant avec Maxie.
L'enfant tendait les poings fermés, et Alec y répondait en checkant avec lui, faisant hurler de rire le garçonnet à chaque fois que son père tendait la main et touchait la sienne.
– Tous les sorciers peuvent faire de la magie dès la naissance, répondit patiemment Magnus, mais c'est très souvent faible et incontrôlé, si bien qu'il est difficile pour les parents de réaliser de quoi il s'agit. Un enfant sorcier peut rester inaperçu pendant cinq, huit, dix, douze ans parfois. Il y aurait peut-être quelques incidents, comme un jouet complètement cassé comme aujourd'hui...
– Ou une vitre qui disparait dans un zoo, s'amusa Alec.
Magnus pouffa.
– ... mais globalement, les parents chercheront et se convaincront d'explications beaucoup plus logiques, même si imparfaites.
Le sorcier craqua, et discrètement sortit son téléphone en mode appareil photo et immortalisa son pas-tout-à-fait-mari qui jouait avec l'enfant. Bien lui en prit, car une seconde plus tard, Alec fronçait les sourcils, et arrêtait de répondre aux appels de Maxie. Il attrapa l'enfant, et se redressa.
– Pourquoi les parents ne se rendent-ils pas compte que c'est de la magie ? Comment peut-on en douter ?
Soit il n'avait pas écouté le cours sur les créatures obscures, soit il ne l'avait pas encore eu de manière assez approfondi, ou du moins avait perdu certains éléments dans la masse de données qu'il ingérait.
– Les Sorciers sont stériles, répondit doucement Maryse à la place de Magnus.
Ce dernier n'avait pas envie, pas ce soir, de parler de ses parents adoptifs et biologiques. Du suicide de sa mère. Du meurtre de son père. D'Asmodée.
– Ils naissent de démons qui, généralement, séduisent ou violent des Terrestres, poursuivit la mère de famille, une main se tendant automatiquement en direction de l'épaule de Magnus.
Ce dernier ne se dégagea pas. Maryse ignorait tout de son histoire, mais elle avait été Shadowhunter suffisamment longtemps pour savoir que tous les sorciers avaient un passé douloureux. Aucun d'eux ne venait réellement au monde aimé et désiré.
– De fait, les parents sont des terrestres. Les Démons n'élèvent pas leurs enfants, la plupart du temps. Ils viennent au monde d'une mère terrestre, qui a bien souvent un conjoint, et ces gens élèvent l'enfant sorcier comme le leur. Ils n'ont donc aucune idée de ce qu'est la magie.
Le regard d'Alec tomba sur Magnus, qui le supplia muettement du regard de ne pas poser de questions, pas sur lui, pas ce soir. Alec comprit, abdiqua. Laissa retomber ses yeux sur son fils.
– Mais... il est bleu. Ils ne le sont pas tous, j'imagine, mais...
– Sa couleur de peau est sa marque de sorcier. On apprend à la masquer consciemment plus ou moins jeune. Tous les cas sont différents, toutes nos marques de sorciers sont différentes. Maxie ne le fait pas tout simplement parce qu'il sait qu'il n'a pas besoin de le faire, puisque nous l'élevons et que ça ne choque personne. Quand nous venons au monde, on sait automatiquement masquer cela, du moins suffisamment pour que des gens non dotés de la Double Vue ne se rendent compte de rien. Comme Maxie n'y a jamais été habitué, on peut difficilement sortir dans le monde des terrestres sans que je lui jette un charme, parce qu'il ne sait pas faire consciemment pour se masquer. S'il avait été élevé parmi un couple de Terrestres, il le ferait automatiquement.
– Tes yeux... c'est ça, n'est-ce pas ?
Le ton d'Alec n'était qu'un murmure, mais adorateur et indécent. Les images de leur première nuit ensemble revinrent à Magnus. « Magnus, ils sont magnifiques. TU es magnifique ». Il brûlait de reprononcer les mots d'alors de son amant. Personne n'avait jamais dit cela au sorcier, ou du moins en le pensant si parfaitement, si merveilleusement. Mais il y avait Maryse, il tenait Maxie, et il avait déjà été éprouvé au niveau de sa mémoire aujourd'hui.
– Oui, se contenta-t-il de répondre. Mes yeux de chat.
De toute évidence, Alec ne repensait pas à leur première fois, mais à celle qui était la sienne avec le sorcier, dans l'appartement des Oubliés. Maryse perçut sans aucune difficulté qu'elle était de trop.
– Vous n'avez plus besoin de moi ce soir ?
– Non, merci Maryse. Je vais faire visiter l'appartement à Alec, et on va probablement dîner ici et coucher Maxie. Je le ramènerai à l'Institut en un coup de portail.
C'était le programme théorique. Magnus n'était pas tout à fait certain de la fin de soirée.
– Passez une bonne soirée, les garçons. Toi aussi, ma petite Myrtille ! Sois sage avec Papa et Dad !
Elle se pencha pour coller un gros bisou sur le front du petit garçon, qui lui envoyait des bisous de la main en retour, maladroit et aléatoire, mais absolument craquant.
– Bonne soirée à toi aussi, embrasse Luke pour nous ! Et encore merci pour Maxie ! la salua Magnus.
– Inutile de me raccompagner, je connais le chemin. À plus tard !
Elle s'éclipsa, les laissant seuls.
Magnus inspira profondément.
– Visite ?
– Je te suis.
Prochain chapitre le Sa 26/09 !
Reviews, si le coeur vous en dit ? :)
