Bonjour mes petits dasyures mignons !
Au programme de ce chapitre, le loft, des montagnes russes de sentiments, et un début de nouveau dérapage...
Bonne lecture ! :)
Chapitre 28
Ils avaient visité tout l'appartement dans ses moindres recoins. Alec, au début, avait été un peu prudent, emprunté, comme un locataire potentiel visiterait un appartement pour savoir s'il veut y vivre, mais n'osant pas non plus en faire trop. Magnus avait fini par lui dire qu'il avait le droit de toucher les choses et de faire plus de deux pas dans chaque pièce.
Alec avait alors posé Maxie dans son parc (magiquement et fermement clos par son sorcier de père), et avait entrepris une véritable exploration. Il avait ouvert les placards de la cuisine, toutes les portes, touché les murs, renversé la tête pour regarder les plafonds.
– Les lustres sont faits pour être regardés vu de dessous.
– Pardon ?
– Viens voir !
Alec, penché en arrière, s'était alors assis, puis carrément couché sur le sol, regard tourné vers le lustre du salon. Magnus, sceptique, l'avait rejoint. De toute sa vie, quand il avait choisi sa décoration, qui commençait à dater et n'aurait absolument pas eu sa place dans une émission de déco actuelle, mais qui était en adéquation avec ses goûts et son âge, il n'avait songé à regarder ses lustres uniquement par le dessous.
– Regarde ! avait insisté Alec, en formant un rectangle avec ses deux index et deux pouces. C'est si joli aussi !
Magnus en avait convenu sans le moindre mal. Les formes des rosaces des pendants étaient très différentes de ce à quoi ressemblaient ces lustres par ailleurs, et c'était un tout nouveau spectacle.
– Tu ne cesseras jamais de me surprendre, Alexander... murmura Magnus.
Ils étaient couchés non pas côte à côte, mais dans des sens opposés, leurs l'un près de l'autre, la joue gauche de Magnus contre celle d'Alec. Et oui, il l'avait sans doute fait exprès de s'installer comme ça pour mieux pouvoir l'embrasser. Il lui suffisait de tourner la tête sur le côté, et qu'Alec en fasse autant.
Cette fois, Alec avait ses souvenirs, la référence, et il tourna son visage avec un immense sourire. Ils étaient si près qu'ils devaient presque loucher pour se voir.
– Je peux ? demanda doucement Magnus.
Il faisait aucun doute sur ce qu'il demandait, tant il semblait se tendre en direction dans son amant pour une volonté désespérée de le toucher.
– Tu as vraiment besoin de demander l'autorisation ? le taquina Alec.
– Oui, répondit très sérieusement Magnus. Je n'avais pas besoin de le faire auprès de mon mari, mais tu ne l'es pas. J'ai besoin d'être sûr que tu es d'accord avant que je ne te touche...
– Toucher... ou toucher ? demanda espièglement Alec.
– Sois sage, mon Ange. Notre fils est toujours réveillé et même s'il joue sagement pour l'instant, il ne va pas tarder à avoir faim... et je suis très sérieux quant à ton consentement. Je sais qu'on a… plus d'une fois dérapé, mais je n'ai jamais eu l'occasion de m'excuser pour la première fois, dans le bar. Tu ne me connaissais pas, et je t'ai embrassé de force, et je m'en excuse.
– Je te pardonne. Je peux avoir mon baiser Spider-Man, maintenant ?
Magnus fronça les sourcils. Alec explicita.
– On est à l'envers l'un de l'autre, là, non ? Alors je ne sais pas si tu peux te suspendre au lustre la tête en bas avec ta magie, ou si moi je peux le faire, mais ça, ça me semble une bonne alternative, non ? Sans le sang qui nous monte à la tête.
Vraiment, songea Magnus, l'éducation par les Oubliés avait eu quelque chose de bon. Et doucement, ferma les yeux et embrassa son amant, à l'envers l'un de l'autre, couchés sur le sol du loft, un baiser dans une position inédite, dans une vision inédite de leur appartement.
C'était doux, tendre et aimant, et ils eurent à peine le temps d'en profiter qu'une sirène se déclencha à l'autre bout du salon. Maxie n'appréciait pas d'être délaissé, et il était plus que l'heure de le nourrir.
– Désolé, il n'attend pas quand il a faim ! Debout !
Magnus s'était redressé en vitesse, bondissant pour attraper son fils pleurnichant tout ce qu'il savait pour manifester son mécontentement.
– Tu peux visiter à ta guise pendant que je le fais manger, si tu veux. Qu'est-ce que tu veux pour dîner ?
Alec s'était redressé à son tour et avait rejoint Magnus près du parc magique du petit garçon.
– Je peux demander n'importe quoi ?
– Considérant que je ne compte pas cuisiner mais le faire apparaître magiquement, oui, totalement ! s'amusa Magnus.
– Même des spécialités des quatre coins de la planète ?
Son fils sur la hanche, Magnus se dirigea vers la cuisine, suivi par Alec. Pour Maxie, heureusement, Maryse aimait cuisiner pour son petit-fils, et le réfrigérateur était plein de plats pour lui, compotes et purées, que l'enfant adorait. Il mâchonnait des gâteaux de plus en plus durs avec ses petites dents, désormais.
– Même ! acquiesça Magnus. Nomme et tu auras, mais après le repas de ce petit bonhomme !
Mû par l'habitude, Magnus avait installé son fils dans sa chaise haute, accroché les sangles, refermé la table en plastique devant lui, attaché le bavoir, attrapé une cuillère en plastique, sorti un repas du frigo, une assiette, ramassé la cuillère que Maxie avait jeté à terre avait entrain, sorti une compote pour le dessert, qu'elle ne soit pas trop froide, réchauffé d'un coup de magie la purée pommes de terre- panais de son fils, tiré une chaise, et s'apprêtait à lui donner à manger.
Il avait littéralement volé d'un bout à l'autre de la cuisine, ouvrant et refermant des tiroirs, attrapant des choses, en déposant d'autres, et Alec l'avait regardé faire, fasciné. Pour lui, ce ballet était tout aussi magique que le portail de tout à l'heure. Magnus faisait ça avec une facilité déconcertante, qui lui paraissait totalement hors de propos. Il avait été capable de tenir l'enfant dans ses bras, de l'enlacer, de babiller, de jouer avec lui.
Magnus, en cet instant, l'élevait. Il était un père, pas simplement un baby-sitter. C'était ce qu'Alec était censé être ? Il s'en sentait totalement incapable. Alors que Magnus plongeait la cuillère dans la purée, et la tendait à son fils qui ouvrait la bouche avec grand plaisir, Alec chancela, recula.
Les mots d'Alexis, pas si vieux, mais qui lui semblaient venir d'une autre vie, résonnèrent en lui « Papa d'un gamin ? Non mais n'importe quoi ! T'as pas vingt ans, mec, c'est absurde ».
On lui avait expliqué que son sang de Shadowhunter le conservait dans une jeunesse beaucoup plus longue, et que les médecins Terrestres avaient sous-estimé son âge réel. Mais il ne s'était pas senti père, pas réellement.
– Alec ? interrogea doucement Magnus.
Concentré sur chaque cuillère qu'il donnait à leur enfant, il avait levé les yeux et parfaitement perçu le mouvement de recul de son amant.
– Je... c'est... Je... balbutia-t-il.
– Beaucoup ? proposa Magnus.
Il continuait de faire manger Maxie, sans interruption, parfaitement calme. La sortie, et Alec, étaient presque dans le dos de l'enfant, lequel était plus intéressé par sa nourriture que par son Dad qui avait une folle envie de fuir. Négligemment, tranquillement, Magnus réajusta la chaise haute, plaçant Alec complètement dans le dos de leur fils.
– Ce n'est pas grave, Alec. Tu peux partir reprendre tes esprits si tu veux. Il faut juste que Maxie ne te voie pas. Moi, je comprends. Lui, il est trop jeune. Et il adore manger, alors il est bien concentré. Fais ce dont tu as besoin, Alec. Ne t'en fais pas.
Il n'y avait aucun jugement dans la voix de Magnus, et Alec en fut soulagé. Pourtant, il savait que le sorcier devait en souffrir. Il aurait été un surhomme, s'il ne ressentait pas de douleur face à son compagnon fuyant le spectacle de leur enfant dînant avec joie. À la douleur et à l'angoisse s'ajoutèrent la culpabilité.
Il recula de nouveau, et sortit de la cuisine. Il avait besoin d'un instant. Fuyant pitoyablement, il erra dans l'appartement, se baladant, effleurant les objets. Il ne se sentait pas chez lui, mais il ne s'y sentait pas étranger pour autant. C'était un sentiment bizarre. Il ne reconnaissait pas les choses, les objets, mais ne ressentait pas de malaise ou de gêne. À sa sortie de l'hôpital, il était venu vivre chez les Oubliés, dans la coloc que leur petit groupe d'amis partageaient. Ils n'étaient pas les seuls, bien sûr, depuis les années que Alexis et Paul s'étaient réveillé sans mémoire et sans famille à l'âge de quinze ans, et avaient fondé l'association, ils avaient rencontré et aidé des tas de gens à prendre leur envol dans une nouvelle vie sans passé. Seuls quatre d'entre eux vivaient encore ensemble, et s'occupaient de l'association. Il n'y avait pas de chambre pour Alec, et il était prévu qu'il crèche sur le canapé. Il n'y était pas resté longtemps, et avait établi ses quartiers dans la chambre d'Alexis rapidement. Il ne s'était pas alors posé la question de si c'était fréquent. Personne n'avait paru surpris de la rapidité avec laquelle il s'était délocalisé. Il n'y avait jamais songé auparavant, et c'était en errant dans cet appartement qu'il réalisait à quel point il ne s'était jamais senti à sa place à la coloc. Ici, il y avait quelque chose d'apaisant. Naturel. Evident.
Ça ne ramena rien à sa mémoire, mais c'était confortable.
Prudent, sans rien toucher, il regarda la poignée de la porte et son curseur, et examina rapidement ce que Magnus avait présenté comme son laboratoire de magie. Un sacré bazar, mais bizarrement ordonné.
Sur le seuil de la chambre, que Magnus lui avait présenté plus rapidement que tout le reste, il hésita. Il reconnaissait les draps de soie, qu'il avait aperçu dans quelques souvenirs récupérés, l'agencement général de la pièce, mais n'osait pas réellement y pénétrer plus que ça, balayant le tout du regard. Ce lit n'était pas le sien, cette place n'était pas la sienne.
Battant en retraite, il rejoignit de nouveau la cuisine. Du peu qu'il pouvait en voir, pour le dessert, Maxie avait le droit de manger tout seul, ou du moins d'essayer. Il en avait plus sur son bavoir, son visage et ses mains que dans sa bouche, mais de toute évidence, il s'amusait comme un fou.
Cette fois, la vision ne paniqua pas Alec.
– Ça va mieux, Alexander ?
La voix de Magnus, douce et chaleureuse. Ledit Alexander ignorait ce que son lui du passé avait pu faire pour mériter un homme aussi bon et merveilleux, mais il se sentait le plus chanceux de la terre.
– Oui, merci. Petite angoisse déraisonnée, désolé. Je peux t'aider avec la fin de son repas ?
Magnus balaya son excuse de la main. Et lui proposa de lui faire avaler la fin de sa compote. Alec s'empressa de le rejoindre et d'obéir à ses indications. Maxie dévora les cuillères avec une joie évidente.
– Et maintenant ? On ne mange pas avec lui en même temps, en fait ?
Il n'avait pas beaucoup de souvenirs d'enfance, mais les parcelles récupérées grâce à Izzy et Max avaient ramenées avec elles des images floues de dîners tous autour d'une table, dos droit et bouches fermées. Les enfants n'avaient pas le droit de parole.
– Non, rit Magnus. On n'a pas le temps de manger, sinon, il demande trop d'attention ! Quand il pourra manger tout seul, on y viendra ! Sinon d'habitude, on lui donne le bain, avant ou après dîner, ça dépend de l'heure à laquelle nous rentrons l'un et l'autre. Et ensuite, lui va au lit. Nous, on commence notre soirée.
– Et donc... bain ou dodo ?
Magnus observa l'enfant une seconde. Le fait de devoir son Dad semblait l'émerveiller, mais toute cette énergie déployée à attirer l'attention de son père retrouvé épuisait le petit garçon. Il n'allait pas mourir d'un soir sans bain.
– Au lit, trancha-t-il. Il est temps de dormir, petite Myrtille !
Magnus coucha l'enfant, dans sa chambre, Alec à ses côtés. Ils lui allumèrent la veilleuse, le bordèrent, lancèrent la musique, déclenchèrent ensemble le baby-visiophone, avant de laisser l'enfant seul.
– Je croyais que tu faisais ça magiquement ? demanda Alec, en désignant l'écran que Magnus déplaçait avec lui et sur lequel ils pouvaient voir l'enfant qui regardait son mobile tournoyer doucement au-dessus de son lit.
– Je peux, et s'il pleure, je l'entends sous mon crâne. Mais pas toi. Alors on a investi pour que toi aussi, tu puisses l'entendre pleurer la nuit, et te réveiller au besoin. Et puis, fondamentalement, quand je dors, l'efficacité du sortilège que je pourrais lancer serait considérablement amoindrie, et sa chambre est trop loin de la nôtre. Sans ça, on risquerait de ne pas l'entendre, et c'est un risque qu'on ne prendra pas.
Alec hocha la tête, convaincu et rassuré. Sur l'écran, l'enfant commençait déjà à s'apaiser.
– Donc, tu as décidé ce que tu voulais pour dîner ? demanda joyeusement Magnus, claquant des doigts, faisant apparaître la fumée bleue au creux de ses paumes, comme pour s'échauffer.
Fasciné, Alec posa son regard sur ses mains. Malgré le nombre de fois où Magnus avait fait ce geste, il en restait toujours ahuri.
Se reprenant, il répondit à la question :
– Non... enfin si, je sais. Mais j'aurais eu une question d'abord. Si ça ne t'embête pas.
– Tout ce que tu voudras, lui sourit Magnus, sincère.
Alec sourit vaillamment, ne sachant pas trop comment formaliser cela. Hésitant, il tendit la main, attrapa celle de Magnus, dont la magie s'évanouit. Le sorcier se laissa entraîner à travers l'appartement, et s'il fut surpris quand Alec le mena dans sa chambre, LEUR chambre, il n'en dit rien, et attendit la suite.
À sa très grande surprise, Alec s'arrêta devant leur dressing entrouvert, qu'il ouvrit totalement, après une hésitation.
– Je... désolé, tu as dit que j'avais le droit de regarder, alors j'ai ouvert...
– Tu en avais le droit, l'apaisa Magnus.
– Et je... ça, ce sont tes vêtements, n'est-ce pas ?
Il désigna toutes les étagères et tringles de vêtements de Magnus. Ce n'était pas très compliqué à deviner, vu le volume, la taille, et les couleurs brillantes et scintillantes. Le sorcier hocha la tête.
– Et ça... c'était... c'est... les miens ?
Cette fois, il montrait ses étagères, nettement moins fournies que celles de son compagnon.
– Oui, verbalisa Magnus.
Il ne comprenait pas très bien où Alec voulait en venir. L'amnésique regardait ses T-shirts, ses pantalons, ses vestes et ses chemises comme si elles lui étaient étrangères.
– Qu'est-ce qui ne va pas avec tes chemises, Alexander ?
– Elles sont... enfin je veux dire, c'est triste non ? Regarde ton côté, c'est tellement... brillant ! Et le mien, c'est terne, et noir, et sombre... et triste non ?
Abasourdi, Magnus l'écouta poursuivre.
– C'est ça, ce que j'étais ? Triste ? Sombre ? Je... Je... Ce n'est pas moi ! Je ne veux pas être... ça !
Sa voix dérailla, et il semblait sur le point de s'arracher les cheveux, désespéré.
– Alexander, arrête ! Calme-toi !
Hagard, Alec se tourna vers Magnus, le souffle court et les pupilles dilatées. Sa crise de panique précédente n'était pas loin, et il était toujours sous le coup de violentes émotions. Magnus s'en voulut de l'avoir amené si tôt à l'appartement. Peut-être était-ce beaucoup trop prématuré pour lui, trop d'émotions, de questions, de remises en cause. Il ne paniquait pas réellement à cause de ces vêtements dans des teintes majoritairement sombres, il paniquait parce qu'il avait peur. Ils avaient réellement entrepris le vaste chantier qu'était de lui rendre sa vie, et il avait peur de ce qu'il allait découvrir. De qui il allait découvrir. L'amnésie pouvait-elle altérer une personnalité ? Magnus n'était pas médecin. Mais dans le cas d'Alexander, il était catégorique : avec ou sans mémoire, il était toujours, sous la surface, l'homme qu'il avait épousé pour le meilleur et pour le pire. Ils affrontaient le pire en ce moment même.
De ses mains, Magnus attrapa celles d'Alec, l'obligea au calme, à respirer profondément, au même rythme que lui. Lentement, il s'apaisa.
– Tu n'étais pas sombre et pas triste, trancha Magnus. Tu as dû te rendre compte à l'Institut que le noir est la couleur de base de vos tenues. Tu en avais simplement l'habitude, ça ne veut rien dire sur qui tu étais.
– Mais par rapport à toi...
– Mon Ange, je suis au regret de le dire, et ta sœur pourra confirmer : tu n'as aucun sens de la mode. D'ailleurs, c'est toujours le cas aujourd'hui. Ce n'est pas parce que, sans l'influence de ton enfance, tu as décidé de porter des jeans plus clairs et des pulls blancs que ça a changé quoi que ce soit à ton sens de la mode.
– Qu'est-ce qu'il a, mon sens de la mode ? interrogea Alec, outré.
Magnus grimaça.
– Tu n'en as pas, mon Ange, déclama-t-il sur un ton faussement mélodramatique. Tu es efficace et terriblement sexy en permanence, mais avec ou sans couleur, avant ou après amnésie, tu es toujours le même. Je peux te le promettre.
Alec, qui avait commencé à sourire en entendant Magnus confesser qu'il le trouvait sexy, se sentit se détendre, les traits de son visage se relâchant imperceptiblement.
– Pas triste ?
Un bref instant, Magnus revit rapidement leurs problèmes, leurs ruptures et leurs engueulades, pour finir où ils en étaient aujourd'hui, un anneau au doigt et l'enfant le plus merveilleux du monde dans leur vie. était peut-être triste, quand il l'avait rencontré, ou du moins renfermé. Mais il ne l'était plus. Il avait juste conservé les couleurs auxquelles il avait été habitué toute sa vie dans sa garde-robe.
– Pas triste, confirma Magnus. Efficace et sexy.
Le sourire d'Alec s'élargit un peu plus. Magnus le tenait toujours par les poignets, mais ce n'était plus pour le calmer. Consciemment ou non, ses pouces dessinaient des cercles sur la chair tendre de l'intérieur des poignets.
Alec fit un pas en avant, pénétra dans le périmètre d'intimité de Magnus, se pencha doucement. Ses intentions étaient évidentes, et Magnus ferma les yeux.
Un instant plus tard, les lèvres d'Alec étaient sur les siennes, et ils s'embrassèrent. Doucement. Tendrement. Intensément.
Les reins de Magnus s'embrasèrent, quand Alec le plaqua contre lui, sans arrêter de l'embrasser, il comprit à quel point son amant en avait envie aussi.
Il gémit.
Il y avait quelque chose de particulier à être là, dans leur dressing, à embrasser son amant, serré contre lui, perdu dans son odeur. C'était une chose que de s'envoyer en l'air à l'Institut, c'en était une autre que de le faire ici. Dans leur chambre. Dans leur lit. Si toutefois ils l'atteignaient. Vu la passion avec laquelle Alec l'embrassait, il semblait capable de lui faire l'amour dans le dressing.
– Alexander... murmura-t-il, tentant de le repousser.
Il n'était pas franchement crédible, mais Alec arrêta tout de même de promener ses lèvres sur son visage et son cou. Cependant, il ne le lâcha, ni ne bougea ses mains de là où elles s'étaient aventurées, sur sa nuque et sur ses fesses. Pressés l'un contre l'autre, ils ne pouvaient ignorer l'envie évidente de leurs corps. Magnus en avait douloureusement envie. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas bandé aussi vite, simplement en un baiser passionné. De toute sa longue, très longue vie, seul Alec avait pu avoir cet effet là sur sa libido. L'arrivée de Maxie dans leur couple avait un peu fait baisser leurs statistiques.
– J'en ai envie, Magnus, murmura Alec. J'ai envie de toi, j'ai envie de ça.
Il pressa les fesses de Magnus, le rapprocha encore plus près, alors qu'il ne pensait même pas ça possible. Magnus gémit de nouveau.
– Je ne vais pas prétendre ne pas en avoir envie, répondit Magnus sur le même ton. Mais... Je ne veux pas que ça soit... trop, pour toi. C'est... ça pourrait être... intense.
Sur ce point, Alec ne pouvait que difficilement le contredire. L'appartement n'avait évoqué aucun souvenir en lui, pas plus que ceux qu'il avait retrouvés par ailleurs, mais il sentait confusément que faire l'amour à l'homme qu'il avait épousé — et cela il s'en souvenait désormais — dans leur lit conjugal pouvait être une expérience intense.
– Oui. Mais j'en ai envie, affirma-t-il. Ça peut peut-être aider. Je veux essayer. J'en ai envie. J'en ai besoin.
Magnus céda. Il ne pouvait que céder à Alexander, à ce ton suppliant, au bonheur de son compagnon. Même s'il avait menti, ou du moins partiellement tu une partie de la vérité. Ce n'était pas que par crainte que cela soit trop dur pour Alec. C'était aussi pour lui. C'était son mari, son compagnon, son amant, le père de son fils, l'homme avait qui il avait tout traversé et souffert avec lequel il voulait faire l'amour dans leur lit. Alec faisait de son mieux, récupérait des bribes, et rien de tout cela n'était de sa faute. Magnus ne pouvait pas le lui refuser ça. Même si ça lui faisait mal, même si ça lui ferait mal, il ne pouvait pas le lui refuser.
Alors il céda, et embrassa de nouveau son amant.
¨Prochain chapitre le Me 30/09 !
Reviews, si le coeur vous en dit ? :)
(Ah et sinon le délire des lustres vu du dessous, c'est de moi, c'est un de mes problèmes récurrents, je me tords le cou à Versailles à chaque seconde, y'a de photos de moi dans des positions assez improbables...)
