Bonjour mes petits dasyures mignons !
RaR anonymes :
ShadowVSlight (chap 29) : Bonjour ! Ben, pour savoir si ce sont des choses graves ou pas... je te laisse lire ce chapitre, tu me diras ^^ On atteint le paroxysme des emmerdes ^^ Merci pour la review, j'espère que la suite te plaira ;)
Vaunie5962 (chap 29) : Merci pour les compliments, je suis ravie que tu les trouves mignons et chaud bouillant, et oui, en effet, même dans son amnésie, il est physiquement amoureux de son Magnus, c'est certain ^^ Merci pour la review, j'espère que la suite te plaira :)
Guest (chap 30) : Il ne faut pas en vouloir à Alexis... il y a des gens qui ne sont pas forcément très câlins, quand bien même ils sont totalement attirés par le corps qu'ils ont dans le lit... C'est une conception des choses qu'il faut simplement respecter. Le problème d'Alexis n'est pas qu'il n'aimait pas les câlins, c'est qu'il imposait ça à Alec et le rejetait, sans discussion et sans compromis. Et ça, c'est pas bien ^^ Merci pour la review, j'espère que la suite te plaira :)
Au programme de ce chapitre, les emmerdes grave. Non mais. Il était temps.
Bonne lecture ! :)
Chapitre 31
À leur grand soulagement, ils avaient raison, et le lendemain renforça Alec dans ses convictions, de pourquoi il avait agi ainsi.
Mais après, il avait fallu affronter des choses moins positives, encore et toujours.
Les problèmes avec Camille :
– « Quoi que j'ai pu ressentir pour Camille, c'est de l'histoire ancienne. Presque littéralement. Elle a raison. Tu regardes les personnages auxquelles tu tiens vieillir et mourir. »
Des disputes :
– « Tu ne comprends vraiment pas n'est-ce pas ? Tu n'as rien risqué pour moi. Tu l'as fait pour toi. Quoi ? Tu es sérieusement en train de faire ça maintenant ? Maintenant ? Tu sais parfaitement que je tiens à retrouver Jace tout autant que toi, mais ce n'est pas une excuse pour me traiter comme ça ! Et donc qu'est-ce que tu veux de moi ? Pour l'instant ? Rien. Absolument rien. »
Des réconciliations :
– « Tu es pardonné. Et aussi ? Tu es plutôt bon pour les excuses. Merci. Je travaille là-dessus. Écoute, voilà le truc. On sera forcément confrontés à des difficultés. Donc quand les choses deviennent folles, ne me repousse pas. »
Oh bien sûr, ils avaient des bons moments.
Leur première fois :
– « Magnus, qu'est-ce qu'il y a ? Tu ne veux pas ? Non ! Enfin si. C'est juste que parfois... je perds le contrôle. Magnus. Ils sont magnifiques. TU es magnifique. »
La première fois qu'ils avaient confessé leurs sentiments :
– « Magnus, de toutes mes missions, je n'ai jamais ressenti autant de peur. Jamais. Je ne savais pas si tu étais vivant ou mort. J'étais terrifié. Tout comme moi. Magnus... je t'aime. Je t'aime aussi. »
Le renforcement de leurs liens et de ceux de leur monde :
– « Enchanté de vous voir, Monsieur Lightwood. De même, monsieur Bane. Merci de prendre le temps. Je n'aurais pas raté ça. J'ai le plus grand respect pour le nouveau chef de l'Institut. »
Leurs réconciliations, encore et toujours :
– « Magnus... je ne pense pas que je peux vivre sans toi. Je pensais que je devais choisir entre toi et le Monde Obscur. Mais je n'ai pas à le faire. Un homme sage m'a dit une fois : les relations demandent des efforts. C'était un euphémisme ! Tu sais ce qui n'est pas un euphémisme ? »
Mais au fond, ce que récupérait Alec avec une ou deux phrases pleines d'emphase et d'amour, c'était aussi les difficultés, les engueulades, les séparations, le danger, la douleur, le chagrin. Bien sûr, cela faisait partie de l'histoire de leurs vies, leur histoire ensemble. Histoire à laquelle se mêlaient les voix de Jace, d'Izzy, de Clary, des Guerres Obscures, des projets de Valentin.
Et tous voyaient Alec se refermer, chaque jour un peu plus. Grincheux, bougon, en souffrance. Personne ne pouvait le blâmer. Vivre ce qu'il avait vécu était une chose. Le revivre en condensé et avec une intensité insoupçonnée en était une autre.
– Qu'est-ce qu'on va découvrir, aujourd'hui ? bougonnait-il en s'installant, jour après jour, dans le lit de l'infirmerie.
Une dispute avec Magnus sur l'immortalité de l'un et pas de l'autre par-ci, la perte des pouvoirs du sorcier par-là, en passant par Jace devenu la chouette et manquant de tuer Alec n'aidait absolument pas. Même tout ce qui avait trait à leur mariage était de moins en moins positif. Parce qu'il fallait en passer par la rupture, la souffrance de Magnus, la manipulation d'Asmodée, le départ pour Edom.
Et, jour après jour, découvrir sa vie semblait de plus en plus insupportable à Alec.
D'autant que, parallèlement, le temps filait à toute vitesse. Aline préparait les élections au poste d'Inquisiteur, et personne ne pouvait décemment l'en empêcher. Il ne leur restait à peine dix jours, selon les lois d'Alicante. La jeune femme occupait le poste depuis plus de cinq mois, depuis qu'Alec avait disparu. Bien sûr, il avait désormais récupéré sa force physique, ses capacités, traçait les runes comme personne et faisait mouche à chaque fois avec son arc. Tous les problèmes politiques, géopolitiques, économiques et sociaux de leur monde lui avaient été exposés, et il était globalement capable de prendre des décisions.
Mais il n'avait pas sa mémoire, il ne pouvait pas connaître des petits détails qui faisaient toute la différence, et était incapable de se hisser à la plus haute place de la hiérarchie de l'Enclave. Aucun Consul ni directeur d'Institut ne l'aurait laissé faire, et Alec, à qui tout cela avait été exposé, ne le voulait pas non plus.
Alors, la mort dans l'âme, Aline préparait ce qu'il fallait. La seule chose positive, c'était que sa gestion au pied levé suite à la disparition d'Alec avait été salué, et si elle parvenait à obtenir son poste de manière officielle, elle poursuivrait les chantiers et les opinions d'Alec avec brio.
– Où est Alec ? demanda Magnus en entrant dans l'infirmerie un soir.
Catarina était seule, et elle rangeait ses affaires.
– Il a demandé à faire une pause, lui répondit l'infirmière, désolée. Il n'avait pas envie de retrouver des souvenirs ce soir.
Ils en avaient globalement fini avec l'ordre chronologique, et rajoutait des détails au puzzle complet.
– Une pause ? demanda Magnus, inquiet.
– On ne peut pas le lui reprocher... Ça fait des semaines et des semaines qu'il se mange migraine sur migraine en vain. Il est épuisé.
– Je vais lui parler...
– Pas sûr que ça soit une bonne idée, tempéra Catarina. Il a besoin de digérer.
Magnus était d'accord avec ça, mais il était aussi têtu, et n'arrivait pas à accepter que l'homme pour lequel il se battait abandonne le combat. Dans une part de son esprit, il restait l'infime espoir que tout se débloque et qu'Alec récupère son job, et eux, leurs vies.
– Tu peux me garder Maxie pour cinq minutes ? demanda Magnus en désignant l'enfant sur sa hanche.
Catarina rendit les armes, et tendit les bras vers le garçonnet, qui lui adressa un sourire lumineux. À sa manière enfantine, Maxie avait accepté la situation. Avant, il avait un Papa et un Dad à la maison. Puis, il n'avait plus eu que Papa. Maintenant, Dad venait de temps en temps, soit. C'était ainsi, et la capacité d'adaptation de l'enfant était remarquable.
D'un pas décidé, Magnus se dirigea vers la chambre de l'Institut qu'occupait Alec. Ce fut à peine qu'il remarqua les regards désolés d'Izzy et Simon sur son passage, ou le « bon courage » murmuré de Jace, ou le regard furieux de Clary, qui se positionnait clairement du côté d'Alec.
Il abattit son poing sur la porte fermée, n'obtint aucune réponse. Un claquement de doigt magique plus tard, la clenche verrouillée s'ouvrait, et il poussa la porte en conquérant.
– Habituellement, les gens respectent les portes fermées, gronda Alec en le voyant entrer.
– Les gens n'ont pas pour habitude d'avoir de la magie, répliqua Magnus en fermant la porte magiquement, pour faire face à son compagnon sans témoin.
– Parce que la magie exonère du respect de l'autre ? siffla Alec. J'avais cru comprendre que je me battais contre la discrimination des Créatures Obscures, mais je ne suis plus certain d'en avoir envie, si elles sont toutes comme ça.
C'était un coup bas, et Magnus encaissa.
– Pourquoi tu ne veux plus récupérer tes souvenirs ? attaqua-t-il.
– Pourquoi le voudrais-je ? explosa Alec. Ça ne mène à RIEN ! Tu le vois bien toi même ! Je suis et je reste un puzzle éparpillé ! Je ne peux rien faire, je ne suis d'aucune inutilité ici ! Je n'ai ma place nulle part, et à chaque souvenir que je récupère, il n'y a que de la souffrance attachée ! Que ce soit les évènements de ce monde, que de batailles et de danger, des morts, du chagrin ! Même notre relation n'a aucun sens, on n'a fait que se faire souffrir et se blesser et se heurter, tout ça pour quoi ?
Magnus recula, soufflé par la douleur que les mots infligeaient en lui.
– Oh oui, notre mariage, notre fils, c'est ça la finalité ultime... Mais ça sert à QUOI, SI JE NE PEUX PAS M'EN SOUVENIR DE CET ENFANT, DE TOI ? EST-CE QUE ÇA EN VAUT VRAIMENT LA PEINE ?
Magnus recula encore davantage, chancelant. Maxie valait tous les sacrifices du monde. Alexander valait tous les sacrifices du monde. Magnus le savait, jusqu'au fond de lui. Il aurait fait n'importe quoi pour ça. Mais Alec, lui, avait perdu la foi de se battre pour leur famille. Il avait récupéré ses souvenirs de Magnus, de Maxie, mais toujours pas le puzzle en entier, et ça ne suffisait pas.
– Je... murmura Magnus.
Il ne savait pas quoi répondre. Il n'y avait rien à répondre. Les larmes aux yeux, il fit demi-tour sans un mot, refusant d'affronter cela maintenant. La porte claque lourdement derrière lui alors qu'il partait. Alec ne le rattrapa pas.
– Clary ?
La jeune femme leva les yeux de son ouvrage, surprise. Jace était en mission, ce soir. Elle était seule, et elle ne pensait pas voir Alec de sitôt. Elle comprenait tout à fait, et à sa manière le partageait, la colère et la douleur du jeune homme, et elle avait préféré le laisser tranquille plutôt que tenter d'aller lui parler, comme tous les autres l'avaient fait.
– Oui ?
– J'ai besoin de sortir. Tu viens avec moi ?
Depuis plusieurs mois qu'ils étaient là, Alec avait de plus en plus souvent adopté les tenues des shadowhunters, surtout pour l'entraînement. Mais ce soir, sur le pas de sa porte, il ressemblait davantage à celui qu'elle appelait John, parmi ses amis. Elle savait cependant que, comme elle, il avait ses armes sur le dos, invisible aux yeux des humains. Il voulait sortir respirer, soit, mais il n'était pas totalement fou. Les leçons d'Isabelle et Jace avaient porté leurs fruits : dehors, leur don de double-Vue faisait d'eux des proies.
L'escapade lui semblait sensée. D'une certaine manière, ils étaient captifs et rarement libres de leurs mouvements, ici. Ils ne pensaient pas à mal.
– Évidemment, acquiesça-t-elle en se relevant de son tabouret devant son chevalet. On fait le mur par où ?
Il ne leur fut même pas difficile de sortir en douce, c'en était presque décevant. À moins que ce fut simplement le talent d'Alec, qui avait tout prévu. Ils se retrouvèrent rapidement dehors, à l'abri des regards, euphoriques, dansant dans le parc, riant aux éclats.
Depuis combien de temps n'étaient-ils pas sortis ainsi, librement, sans contrainte ? Alec allait régulièrement au loft, ils sortaient parfois rejoindre Simon ou Jace dans un bar, ou se rendaient au magasin d'antiquités de Maryse. Mais ils avaient toujours quelqu'un avec eux. Pas simplement un ami, un chaperon. Ils n'avaient jamais réalisé, avant aujourd'hui, combien c'était insupportable. Ils étaient deux adultes. Et extatiques, riants, courant, s'amusant d'un rien, ils retrouvaient leur liberté.
– Où veux-tu aller ? demanda un Alec rayonnant, une fois qu'ils furent hors de vue de l'Institut.
C'était la fin de l'été à New York, bientôt l'automne, mais en cette fin d'après-midi, il faisait beau et chaud, le vent doux caressait leurs visages. Clary, en bonne artiste, regardait danser la lumière et les ombres autour d'elle, se gorgeant du spectacle.
– Chez moi, répondit-elle.
Alec ne demanda pas de précisions, se contentant de lever un sourcil surpris. Mais sans rien dire, il la suivit jusqu'à la station de métro la plus proche.
– Tu veux entrer ?
La voix d'Alec n'était pas pressante. Une simple question. Ils étaient là, devant la façade de la maison d'enfance de Clary depuis plusieurs minutes déjà. Il était si surprenant que le bâtiment soit encore là, sans jamais avoir été réhabilité. La façade était toujours abîmée, la porte défoncé, les vitres détruites. Probablement que personne n'avait vu le potentiel du lieu, et n'avait voulu investir dans sa réhabilitation. Pour Clary, c'était toute sa vie qui s'était déroulé là.
– Je m'en souviens, lança-t-elle tout à trac. Mal, difficilement, mais cet endroit, je m'en souviens. Il y avait ma mère, Luke, Simon. On riait, on jouait, je dessinais, il faisait de la musique. La vie était facile.
– Ça te manque ?
– Oui. Non. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Peut-être que ça me manquerait plus, si je me souvenais de la période que j'ai perdue. Mon crâne a été si souvent un champ de bataille pour ma mémoire que je crois que je ne sais plus qui je suis.
– Ta mère te manque ? demanda Alec.
– Oui... et surtout l'idée d'avoir une mère me manque. N'est-ce pas ce qu'on ressent tous, quand on se réveille amnésique ? Et que personne ne vient nous chercher ? On se demande pourquoi nos parents ne sont pas là, ne viennent pas, pourquoi même à eux, on ne manque pas. On se dit qu'on n'a pas de mère, pas de père. C'est douloureux. Savoir qu'elle était morte... disons que ça m'a réconfortée. Ça justifiait que personne ne m'ait cherché.
– C'est moi qui l'ai tué, lui rappela Alec, doucement. Et ce que tu dis est valable pour les Oubliés normaux. Toi, tu ne l'es pas. Tu es exceptionnelle. Tu as perdu deux fois la mémoire, pour des raisons divines et magiques qui te dépassent, qui nous dépassent tous. Tu es exceptionnelle.
Clary haussa les épaules. On leur avait expliqué la mort de Jocelyn. Clary en avait pleuré de chagrin, une nouvelle fois. Mais pas une seule seconde, elle n'avait songé à en vouloir à Alec, qui avait pleuré avec elle en s'excusant de choses dont il n'avait aucun souvenir.
– Parfois, j'aimerai bien ne pas l'être. Être juste amnésique comme les autres. Je ne veux pas entrer. Allons-nous-en. J'ai une autre maison à visiter.
L'appartement de Clary, qu'elle occupait seule, n'ayant jamais souhaité s'intégrer dans la colocation des Oubliés, était bizarrement intact.
– Qui paye le loyer ? demanda Alec, terre-à-terre, alors qu'ils entraient dans la pièce.
– Prélèvement automatique. Comme pour l'eau, le gaz, l'électricité, internet... Je ne sais pas qui ou quoi approvisionne mon compte, ou bien si c'est juste qu'il n'y a pas encore eu assez de prélèvements rejetés pour venir saisir mes affaires, mais tout est encore là.
Les meubles, les bibelots, les peintures, les chevalets, les toiles. L'odeur de peinture, qui prédominait habituellement, avait presque disparu. Certaines choses étaient manquantes : Jace était venu, plusieurs fois, récupérer des affaires de Clary, ses tubes de peinture, ses carnets de sketch et ses fusains. La cuisine était vidée de toute nourriture périssable. À part une épaisse couche de poussière, la maison était comme figée dans le temps. Par la fenêtre qui déversait un coucher de soleil flamboyant, les toits de New York scintillaient.
– Tu n'étais pas revenue ?
– Jace ne me laissait pas faire. Je crois qu'il avait peur que je refuse de revenir à l'Institut.
Elle se laissa tomber sur le canapé dans un nuage de poussière, tapa un coussin qui vint créer un nuage supplémentaire. Elle adorait ce coussin, sa couleur, sa forme et sa douceur. Elle avait oublié qu'elle aimait ce coussin. Désormais, il lui manquait.
– Tu en aurais envie ? De ne jamais revenir, je veux dire.
Alec s'installa à côté d'elle, ajoutant ainsi sa contribution au nuage de saleté, qui les fit tousser.
– Oui, répondit franchement la jeune femme. Parfois. Tu n'en as jamais envie, toi ? De retrouver ta vie d'avant. D'oublier cet autre monde.
Alec médita sur la question un instant.
– Je ne sais pas. Quand je vivais avec les Oubliés, je voulais me souvenir et récupérer de ma vie d'avant, alors même que j'en ignorais tout. Maintenant, ce que j'appelle ma vie d'avant, c'est ces quelques semaines avec eux. Et oui, parfois, ça me manque. C'était simple, sans prise de tête, sans difficulté, sans souffrance. Mais ça n'a duré que quelques semaines. Ça ne devrait pas tant peser, dans la balance d'une vie. J'ai passé deux mois avec eux. Ça fait quatre mois que tous, à l'Institut, s'acharnent à me rendre mon passé. Pourtant... ces deux mois ont compté.
Clary acquiesça pensivement. À ceci près que sa vie sans mémoire avait duré deux ans, elle partageait le sentiment.
– Ça devrait être simple, comme équation. D'un côté, on a un monde fabuleux, des pouvoirs puissants, deux hommes qui nous aiment plus que tout, une famille. De l'autre, on a des copains de galère, des boulots qui ne rapportent rien, une vie sans passé et un avenir flou, sans attaches et peu d'émotions. Pourquoi ne sommes pas capable de faire le bon choix ? demanda Alec, amer.
Clary braqua son regard clair dans le sien, intensément.
– Mais parce que personne ne nous a permis de faire ce choix. Personne ne nous a rien demandé. Nous n'avons PAS choisi. On nous a imposé. Je ne veux plus qu'on me l'impose. J'ai le droit de choisir. Et toi aussi.
La révélation laissa Alec coi. Elle avait raison. Les dés étaient pipés depuis le début. Il n'avait pas eu à mettre en balance ses deux existences pour faire un choix : on avait supposé pour lui qu'il choisirait forcément son passé, son mari, son fils, son poste très haut placé. Mais personne ne le lui avait demandé son avis.
– Je vais rester ici ce soir, décréta Clary. Et demain, je choisirai. Je pense que tu devrais faire de même.
Il la regarda avec tendresse. Au fond de lui, il savait déjà ce qu'elle choisirait. Et il ne la blâmerait pas pour ça.
– Je dois choisir aussi, décréta-t-il. Mais je ne peux pas le faire ici. Je dois... je dois y aller.
Elle acquiesça.
– On s'appelle demain ? Quoi qu'on décide, toi et moi, ça ne changera rien. Les téléphones portables fonctionnent tout pareil à l'Institut aussi.
Il hocha la tête, se relevant et en l'attirant contre lui. Un câlin amical, fraternel. Deux âmes perdues qui avaient besoin de l'autre et qui avaient besoin de se retrouver.
– Je t'aime, Clarissa, tu le sais, ça ? Merci d'avoir été là.
Elle ne répondit rien, essuya ses yeux humides et le jeta presque dehors. Alec lui envoya un dernier baiser, puis disparut dans la cage d'escalier. Il savait où il devait aller.
– John ?
Le regard d'Alexis, posé sur lui, sur le pas de la porte, valait tout l'or du monde. Derrière lui, tout aussi abasourdis de le voir réapparaître, Kate, Paul et les autres se pressèrent. Alec ne pouvait pas leur en vouloir. Il était parti sans un mot, sans une note, du jour au lendemain, avec ses valises.
– Salut Alex. Je peux entrer ?
Et dans les yeux de son ancien compagnon, il n'y avait pas que de la colère, de la surprise ou de la douleur. Il y avait aussi beaucoup trop de désir.
Prochain chapitre le Sa 10/10 !
Reviews, si le coeur vous en dit ? :)
