Bonjour mes petits dasyures mignons !
Au programme de ce chapitre, si vous trouviez que ça manquait d'emmerdes, vous allez être servis !
Bonne lecture ! :)
Chapitre 32
Il faisait nuit noire depuis longtemps. Les rues de New York n'étaient pas sûres, mais Alec ne se sentait pas en danger. Il courait. Comme si sa vie en dépendait. Sa vie en dépendait.
L'immeuble de briques surgit enfin au détour d'un croisement, et il bondit en avant, franchit la porte au moment où un résident sortait, avala les marches à toute vitesse, tambourina à la porte noire.
Il savait qu'il allait se faire engueuler, parce que c'était le milieu de la nuit, parce que Maxie dormait. Mais quand Magnus ouvrit sa porte, l'air défait, le maquillage ayant bavé, les vêtements froissés, et si surpris de le trouver là qu'il ne parvint pas à prononcer un mot, Alec savait que ça en valait la peine. Il ne laissa pas à Magnus le temps de dire quoi que ce soit, ni pour l'engueuler, ni pour exprimer son soulagement.
Il se jeta sur lui et l'embrassa.
– Alec, att...
La réplique de Magnus, qui reculait au fur et à mesure que son amant le poussait, se perdit dans un nouveau baiser désespéré. Il fallait reconnaître qu'il mettait très peu de volonté à repousser Alec. Il répondait aux baisers avec la même énergie vorace, mordait, léchait et embrassait avec le même empressement et ses mains palpaient les contours du corps ferme avec agitation.
Magnus savait qu'il aurait dû tout arrêter, dire quelque chose, parler. Mais il ne pouvait pas. Magnus avait cru le perdre encore une fois, quand ils s'étaient rendu compte que lui et Clary n'étaient plus dans leur chambre. Si la rune de Jace ne leur aurait été d'aucune utilité, cette fois encore, un sort de pistage aurait été très efficace, puisqu'ils avaient réagi rapidement. Mais ils avaient convenu, la mort dans l'âme, qu'Alec et Clary étaient partis volontairement, et que s'ils voulaient revenir, ils le feraient. On ne pouvait pas le leur imposer.
Magnus avait beau avoir été d'accord avec cette décision, il n'en avait pas moins ressenti le poids de l'abandon dans toute sa violence, et il était rentré chez lui, sans prononcer un mot. Maxie avait été infernal, refusant de s'endormir, hurlant à pleins poumons, sa manière à lui de faire comprendre qu'il savait que son Papa n'allait pas bien. Magnus avait failli franchir sa limite la plus importante, et user de magie sur l'enfant pour l'endormir, avant de se ressaisir.
Puis, quand Maxie avait enfin plongé dans le sommeil, Magnus l'avait fait dans le chagrin, et il s'était laissé aller aux sanglots, tout habillé au fond de son lit. Il sommeillait depuis une minute ou une heure quand on avait tambouriné à la porte. Avant d'ouvrir le battant, il n'avait pas réellement pensé que cela puisse être Alexander.
Mais maintenant qu'il était pressé contre le corps du shadowhunter, qui l'embrassait sans lui laisser le temps de respirer, il était faible et se laissait aller. Il ne voulait pas discuter, il ne voulait pas parler, il ne voulait pas comprendre, il ne voulait pas se disputer.
Il voulait oublier dans le plaisir et la luxure, dans l'odeur et le goût de son amant, tout ce qui n'était pas le corps d'Alexander contre le sien.
Son amant semblait totalement en accord avec ce programme, au demeurant, et Magnus entendit un bruit de vêtement déchirés dont il ne fit pas grand cas. Sa chemise, sa veste, le polo d'Alexander ou bien son sweat ? Aucune importance. Juste leurs peaux nues, enfin en contact.
Les mains, grandes, puissantes, blanches par rapport à sa carnation qui couraient sur son corps, empressées, enfiévrés.
Magnus, qui reculait toujours, heurta soudain le lit, sans même l'avoir prévu. Il avait à peine réalisé qu'ils étaient entrés dans leur —sa ? — chambre. Un bras se glissa dans son dos, retint sa chute, et il s'écrasa tout en douceur sur le matelas qu'il venait de quitter, aux draps froissés et aux oreillers humides de larmes. Il n'eut pas le temps de reprendre sa respiration que les lèvres d'Alec se posèrent de nouveau sur les siennes. Elles n'y restèrent pas longtemps, et la langue brûlante de désir glissa rapidement tout le long de son corps, avant d'atteindre la barrière de son pantalon.
Le bruit caractéristique de la fermeture éclair qu'on ouvre et du bouton qu'on fait sauter plus tard, Magnus était nu, le pantalon aux chevilles, au bord du lit, Alec à genoux entre ses jambes, sa langue s'activant avec passion sur son sexe dressé. Magnus savait que ce n'était pas de la magie. Il était Sorcier, fils d'un des Princes de l'Enfer, il en connaissant en rayon en magie. Pourtant, il n'y avait pas d'autres mots pour décrire les sensations qu'Alexander faisait naître en lui, de sa langue ardente au feu qui grandissait dans son ventre.
Magnus laissa éclater le barrage de ses émotions, et sa retenue vola en éclats. Cet homme qui lui taillait une pipe d'enfer, embrasant chaque parcelle de son être, c'était son mari. Et même s'il ne s'en souvenait pas, si c'était un adieu, s'il voulait partir ou quoi qu'il ait pu se passer dans sa tête ces dernières heures, il voulait simplement en profiter, entièrement et totalement.
Instinctivement, il posa les mains sur la tête d'Alec, plus pour se raccrocher à quelque chose de tangible que par volonté de le diriger. Ses gémissements rauques et lourds se muèrent en cris.
– Je v...
Il n'alla pas plus loin dans sa mise en garde. Son orgasme explosa dans son corps et il jouit, alors qu'Alec l'avait pris en entier dans sa gorge, plus profondément que jamais.
Pantelant, ses yeux de chat révélés et son acuité visuelle plus forte que jamais, Magnus voyait pourtant uniquement danser ses étoiles devant ses pupilles.
Il sentit Alec remonter, se frotter contre lui, appuyer son corps, et venir l'embrasser, encore et encore, au creux de son cou, près de sa jugulaire, près de son oreille, sur sa bouche. Son haleine sentait le sperme, et il avait partout sur le visage, aux coins des lèvres. Magnus le trouvait plus sexy que jamais, et il gémit. Il avait joui depuis moins d'une minute, et il en avait encore envie.
– Je vais te prendre... lui souffla Alec.
Magnus acquiesça vaguement. Tout ce qui pouvait apaiser le feu de ses entrailles était bon à prendre. Habitué, désormais, à trouver le lubrifiant et à le préparer, Alec ne se fit pas prier. Magnus, docile et impatient, remonta dans le lit, et plaça lui-même un oreiller sous ses hanches. Humide de sueur, humide de larmes ? Magnus n'aurait su le dire, et préférait ne pas y réfléchir, se concentrant sur la vision d'Alec, qui ôtait ses derniers vêtements, ainsi que ceux de Magnus, avant de commencer à le préparer.
Ce fut peut-être trop rapide, incertain, mais Magnus s'en foutait. Quand Alec aligna son sexe avec son intimité, il leva les hanches, et gémit d'anticipation. Alec récupéra une de ses jambes, la posa sur son épaule, et puis le pénétra enfin.
Il n'y eut aucune douceur dans l'acte, mais c'était ce dont il avait besoin, et la passion brusque de leurs coups de rein avait quelque chose de libérateur. Dans leurs yeux ouverts, seule l'extase et le plaisir dominait. Magnus gémissait sans retenue, oubliant totalement qu'ils risquaient de réveiller leur fils, et la respiration d'Alec se faisait de plus en plus chaotique à chaque seconde. Magnus, perdu dans le plaisir, prit son propre sexe en main pour se masturber au rythme des coups de reins de son amant, et il poussa un cri rauque, tandis que le rythme s'intensifiait.
Un instant plus tard, Magnus jouissait de nouveau, et s'abandonna tout entier, tandis qu'Alec le suivait dans l'orgasme.
Haletant, trempé de sueur, ils se détachèrent de l'autre, avant de ramper sous les draps. Magnus, surpris, sentit Alec se blottir contre lui. « Au moins, il ne part pas tout de suite » fut sa dernière pensée avant d'être happé par le sommeil, épuisé.
Magnus dormait plus ou moins paisiblement. Les traits de son visage étaient tirés, et son maquillage avait coulé. D'une main douce, Alec redessina les contours du visage, appréciant la douceur de sa peau. Il n'arrivait pas à dormir, même si ses muscles hurlaient leur fatigue. Sauter sur le sorcier à peine arrivé n'avait pas été son idée la plus brillante, mais il n'avait pas pu s'en empêcher. Demain, il lui parlerait, lui ferait part de sa décision de rester ici, auprès de lui, même sans mémoire. Il voulait simplement abandonner ce qui avait trait aux shadowhunters, mais il ne renoncerait pas à Magnus, ni à Maxie.
Trop excité pour dormir, Alec se releva. Il réajusta la couverture autour du corps nu de Magnus, souriant doucement. Il n'était peut-être pas l'homme qui avait prononcé des serments d'amour lors d'une cérémonie, il n'avait peut-être pas tout l'historique, la passion et les sentiments qui animaient l'Alexander de Magnus, mais il le voulait quand même. Essayer, vivre avec lui, l'aimer à sa manière.
Alec ramassa une chemise — celle de Magnus — l'enfila, trouva un pantalon de jogging et fit de même, avant de quitter la pièce en silence, laissant Magnus dormir.
Il erra dans les pièces qui lui étaient devenues familières au fil des mois, mais qu'il n'avait jamais pu expérimenter ainsi, dans le silence total et la nuit noire. Il n'était jamais resté dormir, conformément à sa promesse initiale.
Il passa la tête dans la chambre de Maxie, qui dormait toujours, malgré le raffut qu'ils avaient fait. L'enfant devait vraiment être épuisé.
Il poursuivit son errance, appréciant le calme et la silence, la fraîcheur de la nuit sur sa peau. Sans réfléchir, il grimpa l'escalier qui menait à la terrasse privative, et s'offrit à la nuit calme, inspirant à plein poumons New York.
La ville qui ne dormait jamais scintillait sous ses yeux, tandis qu'il s'accoudait à la balustrade. Le paysage était magnifique.
Pris d'une soudaine envie, Alec bondit sur le rebord, et se redressa, écarta largement les bras. Le vent fouettait son visage, et il se sentait plus libre qu'il ne l'avait jamais été. Aucun passé, tout à construire. Et il voulait le construire ici. Son regard balaya la ville lumineuse. Il se contenterait de ça. Izzy et Jace disaient qu'Idris était magnifique. Il s'en foutait. Sa vie, c'était New York.
Un coup de vent plus fort que les autres, le frappa, et il sursauta, cherchant à pivoter, à retrouver son équilibre. Chancela. Glissa.
Et bascula en avant.
Magnus se réveilla en sursaut, à cause d'un gros bruit. Désorienté et confus, sans rien y voir dans l'obscurité, il mit une seconde à réussir à dévoiler ses yeux de chats, et voir dans le noir.
Il était seul, et la constatation lui brisa le cœur. Le bruit était probablement celui de la porte, ou d'Alec qui fuyait. Au milieu de la nuit, comme un voleur. Magnus sentit les larmes embuer ses yeux, et il replongea dans les couvertures. Il avait mal partout, ses muscles demandait grâce, et son cœur semblait peser plus lourd qu'il n'était humainement possible de le soulever.
Il s'enfouit dans les draps, inspirant l'odeur d'Alec qui les imprégnait, eut envie de pleurer un peu plus.
Prochain chapitre le Me 14/10 !
Reviews, si le coeur vous en dit ? :)
