Bonjour mes petits dasyures mignons !

RaR anonymes :

Guest, sur le chapitre 31 : Moi, méchante ? :O C'est tellement pas mon genre... Et puis franchement à deux chapitres par semaine, je suis quand même plutôt sympa sur l'attente ! J'espère que tu t'es remise en tout cas ^^ Merci pour la review ;)

Guest, sur le chapitre 32 : J'avoue, j'adore faire souffrir mes personnages... et ça m'amuse beaucoup de voir que ça fait souffrir mes lecteurs xD Merci pour la review, j'espère que la suite te plaira :)

ShadowVSlight, sur le chapitre 31 : surprenant que tu sois de bonne humeur xD Pour Clary, c'est certes injuste, mais réaliste. La première fois, tout s'est enchaîné si vite qu'elle n'a pas pu réfléchir, mais là qu'il n'y a pas d'urgence, c'est plus compliquée pour elle, la pauvre... Franchement, leur dire de s'accrocher, ils en ont pas besoin, ils le font déjà. Ils avaient besoin de partir et s'aérer ;)

ShadowVSlight, sur le chapitre 32 : Techniquement, Alec n'est pas tombé par la fenêtre mais du balcon. Mais ça revient au même, à la fin. J'avoue que le fait qu'il redevienne amnésique en mode cercle vicieux ne m'avait pas traversé l'esprit, mais c'est une putain de bonne idée sadique ça dis donc ! Je prends bonne note :D Merci pour les reviews, j'espère que la suite te plaira :)

Mihame, sur le chapitre 32 : Inhumain, moi ? Vous avez été mal habitués, là je reste gentille, je peux être tellement plus cruelle ! ;p Merci pour les compliments et la review, j'espère que la suite te plaira :D

Au programme de ce chapitre, vous allez croire que tout va bien... Mais il vous reste sept chapitres ;p

Bonne lecture ! :)

Chapitre 33

Il sursauta, à moitié rendormi, quand la porte coulissante de la chambre s'ouvrit trop brusquement, dans un claquement sonore.

– Magnus, chuchota une fois. Magnus.

Il ne voyait plus rien de nouveau, simplement une silhouette dans l'obscurité, aux yeux brillants. Il n'avait pas besoin de pupilles félines pour savoir que c'était Alec. Il aurait reconnu sa silhouette et sa voix n'importe où.

– Alexan...

– Magnus !

La silhouette boitait. Claudiquant, elle franchit la distance qui les séparait, s'assit sur le lit, et tendit une main, lentement.

– Magnus...

La main se posa sur la joue du sorcier, tendre, aimante, caressante. Essuyant les larmes qui perlaient au coin des yeux.

– Magnus, je t'aime, souffla Alexander.

C'était sans doute ce qu'il y avait de plus douloureux à entendre. La sincérité dans cette voix, les failles qui la composaient, les attentes et le désir. Mais Magnus ne pouvait pas.

– Ne dis pas ça, répliqua-t-il en essayant de maintenir les parcelles brisées de son cœur en un ensemble cohérent. Je ne veux pas... pas de ça. De quelque chose d'incomplet.

– Mais je suis complet, Magnus. Je suis complet.

L'espoir, ce traître, s'engouffra dans le corps de Magnus, lui coupant le souffle et le sifflet.

– Je t'aime, Magnus. Je me suis empêché de le dire pour ne pas te mentir. Parce que récupérer des parcelles de sentiments m'aidait à savoir que je t'aimais, mais pas à le ressentir, pas complètement, pas comme j'aurais voulu. Tu te souviens de ce que je t'ai dit, le premier jour que j'ai passé à l'Institut ? Je voulais devenir l'homme que tu regardais avec passion sur la photo de notre mariage, la photo que tu m'as montrée dans le bar. Je voulais mériter ce regard que tu posais sur moi à l'époque, parce que l'homme que tu regardais ainsi était le plus chanceux de la Terre.

Magnus opina, toujours incapable de prononcer un mot.

– Et maintenant que je me souviens, je SAIS que je ne te mérite pas, surtout considérant tout ce que tu as fait pour moi ces derniers mois, mais l'homme que tu as épousé, l'homme imparfait qui t'aime plus que sa propre vie, plus que tous les préceptes des shadowhunters, l'homme prêt à tout envoyer valser pour toi, l'homme prêt à vivre en Enfer si c'est là que tu dois te trouver, l'homme qui veut élever un enfant sorcier avec toi pour qu'il lui survive et que plus jamais tu ne sois seul au monde... il est là. Je suis là. Et je ne partirai plus jamais, Magnus. Je t'aime, par l'Ange, je t'aime Magnus, et je suis tellement, tellement, tellement désolé de...

Il ne parvint pas à aller plus loin. Magnus pleurait désormais franchement, et il embrassait Alec éperdument. Alec, qui jurait sur l'Ange et reprenait des propos qu'ils avaient tenus, tous les deux, avant, et que personne ne lui avait dit.

– Aïe, pardon, tu me fais mal, le repoussa doucement Alec.

Il laissa cependant reposer leurs deux fronts ensemble. Son front gluant et disproportionné. Magnus sursauta, alluma la lampe de chevet.

– Alexander, qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?

Son mari, dont les yeux bleus brillaient de joie et d'amour sincère, avait une bosse énorme sur le front, et une grosse coupure, qui saignait.

– Je suis tombé. Je crois que je me suis fêlé une côte. Ou deux. Ou dix. Et j'ai la jambe cassée, ça c'est sûr.

Magnus ouvrit de grands yeux horrifiés, constatant en effet l'angle anormal de la jambe d'Alec. Pourtant, il ne paraissait pas souffrir, continuant de le regarder de ses yeux doux, amoureux, plus souriant que jamais.

– Tombé d'où ? Tu n'as pas mal ?

Claquant des doigts, Magnus fit apparaître la fumée de sa magie. Les soins n'étaient pas sa spécialité, mais il pouvait quand même faire quelque chose.

– La terrasse. Je suis monté sur la rambarde. Je ne sais pas pourquoi. Mais j'ai glissé, et j'ai failli dégringoler jusqu'au sol...

Magnus frémit d'horreur, tandis que sa magie, de ses mains empressées, entamaient leur travail de guérison.

– Mais faut croire que ça sert à quelque chose, tous ces entraînements, j'ai réussi à me récupérer plus ou moins, bon, je me suis quand même vautré par terre, cogné contre le sol, et aussi une chaise en bois, et j'ai heurté des tas de trucs, je dois avoir une commotion cérébrale...

Il continuait de sourire largement, plus proche que jamais, penché vers son compagnon.

– Je ne peux pas l'expliquer, Magnus. C'est revenu à ce moment-là. Quand je me suis retrouvé par terre, la tête fracassée sur les dalles. Soudainement, c'était là. Le puzzle était entier dans ma tête. Je savais. Je savais qui j'étais, et que je t'aimais, et par l'Ange Magnus, je t'aime, je t'aime, je t'aime à en crever, je suis désolé pour tout ce que j'ai pu dire, ou faire, mais je suis là, entièrement là, et je t'aime.

– Hé, idiot, l'interrompit Magnus dans sa litanie, pleurant et riant tout à la fois. Tu crois vraiment que je vais te repousser après des mois à lutter pour te ramener ?

– Je me suis quand même comporté comme un parfait connard, parfois.

– T'excuser d'avoir été amnésique, c'est quand même tout toi... Viens là, Amour.

Il avait pallié les blessures les plus graves et réparé tous les dommages qu'il pouvait. Demain, il ferait une vérification complète avec Catarina. En attendant, seul comptait ses lèvres contre celle de Magnus, les lèvres de son mari.

– Je peux rester dormir ? demanda Alec, presque timidement.

– Je ne te mérite pas davantage que tu ne me mérites, répliqua Magnus en riant doucement. Mais oui, c'est ta place, mon Ange. La place de mon mari.

Il souriait largement, lui aussi, en écho à celui qui déchirait et illuminait le visage d'Alec. Soudain pris d'une pulsion, Alec tendit la main vers son cou. Il portait toujours sa bague accrochée à une chaîne, autour de son cou, incapable de la remettre à sa main. Ouvrant le fermoir, il fit rapidement tomber la bague dans sa main, avant de la tendre à Magnus. Qui, sans un mot, mais le visage baigné de l'arme, la prit, et la passa pour la deuxième fois de son existence à l'annulaire gauche de son mari.

Demain, il faudrait sans doute qu'Alec lui parle de sa soirée, des Oubliés, d'Alexis. Mais pour ce soir, il voulait juste dormir avec son mari, à sa place retrouvée dans le lit conjugal. Par réflexe, en se débarrassant de ses vêtements et glissant sous les draps qu'il avait abandonnés un peu plus tôt, sans jamais cesser de murmurer des mots d'amour, il jeta un coup d'œil au visiophone, vérifiant que tout allait bien pour Maxie. Un réflexe, parfaitement normal. Une habitude. Son fils. Son alliance. Son mari.

Magnus se colla contre lui, et il referma ses bras autour de son corps, inspirant son odeur.

– Je ne partirai plus jamais nulle part, promit-il.

Ils sombrèrent dans le sommeil.


Le réveil d'Alec fut douloureux. Ses côtes le lançaient terriblement, sa tête tournait, et sa jambe le faisait souffrir. Pourtant, au milieu de toute la douleur que son corps envoyait, il se sentait incroyablement bien, reposé. Ce matelas était nettement plus confortable que son lit à l'Institut !

Se retournant précautionneusement, il chercha Magnus dans le lit. Il n'eut pas besoin d'aller bien loin. Redressé sur un coude, son amant était juste là.

– Tu me regardes dormir depuis longtemps ? demanda Alec en gravant dans sa mémoire chaque centimètre de son visage amoureux.

– Je préfère ne pas répondre à cette question. Tu pourrais prendre peur.

– Tu avais peur que je disparaisse pendant la nuit ?

Un fugace instant, l'inquiétude déforma le regard tendre de Magnus.

– Je n'ai pas oublié, répondit Alec à la question que son mari n'avait pas posé. Je me souviens d'hier soir, et je me souviens de la mémoire que j'ai récupéré hier. Bon, je reconnais que c'est un peu en bazar, parce que ça fait une sacrée masse de souvenirs à traiter... Mais je suis là.

– Dis-moi quelque chose que personne ne t'a dit ces derniers mois, réclama Magnus.

Alec ne paraissait pas vraiment disposé à lui répondre. Un coup d'œil à l'horloge et l'autre au visiophone lui avait appris que même s'il était déjà tard, et que Maxie aurait dû être réveillé, ce n'était pas le cas. Ils avaient peut-être cinq minutes devant eux. Cinq minutes, ça pouvait être suffisant.

Il savait que c'était absurde qu'il soit autant demandeur de sexe. Pendant ces mois d'amnésie, ils avaient couché ensemble plus d'une fois, et cela avait toujours été passionné et merveilleux. Mais c'était incomparable avec l'envie qu'Alec ressentait de s'envoyer en l'air avec son mari.

Rampant sur le matelas, il préféra se coller à Magnus. Ils étaient toujours nus de la veille. C'était un avantage dont il fallait profiter.

– S'il te plaît, Alexander, s'il te plaît...

Magnus essayait vaguement, de ces mains, de repousser le corps ferme du shadowhunter, mais il manquait de conviction.

– J'ai besoin de savoir que c'est toi, mon Amour... s'il te plaît... Je vais me rhabiller si ça te distrait.

Alec releva le regard, ses yeux pétillants et un large sourire aux lèvres, plus heureux que jamais. Il planta ses prunelles dans celles de Magnus :

– « Oh, tu n'as pas besoin de te rhabiller pour moi... Bien... Mais j'aime ce que j'ai vu. »

Magnus explosa de rire, et se jeta en avant, roulant contre le matelas, se serrant contre Alec. Il se souvenait parfaitement d'avoir dit ça un jour, l'une des premières fois qu'il avait vu son époux torse nu. En plein entraînement. En sueur. Et son esprit fertile et passionné n'avait pas pu s'empêcher d'imaginer ce que donnerait le reste du corps, et si la sueur provenait d'un tout autre type d'entraînement. Ils n'étaient pas ensemble, à ce moment-là, et il ne pensait pas sérieusement qu'un jour, il aurait ce corps à lui pour l'éternité. Et ce souvenir, il était sûr de ne pas l'avoir partagé avec Alexander ces dernières semaines. Il était vraiment là, en entier.

– Je t'aime, Magnus... Je crois que je risque de beaucoup te le répéter, ces prochains jours... j'ai des mois à rattraper.

Magnus l'embrassa pour toute réponse.


Ce fut les cris de Maxie qui les sortit de la brume post-coïtal. Ils n'auraient pas été contre recommencer encore une fois, vu là où les mains d'Alec étaient en train de glisser, mais leur fils était plus important.

– Je vais le chercher, décréta Alec, exsudant de fierté.

Magnus ne contesta pas. Le petit sorcier en tirerait tout seul, avec son instinct enfantin, les conclusions qui s'imposaient. Durant dix secondes, Magnus profita des draps chauds, de l'odeur de son mari sur l'oreiller. Puis il s'étira comme un chat, attrapa un peignoir en soie, un boxer, et se dirigea vers la cuisine.

Le café et les gaufres étaient chaudes quand Alec, toujours vêtu d'un simple boxer, et Maxie dans son pyjama rouge vif — un sacré décalage de couleur avec sa peau bleue — le rejoignirent pour le petit déjeuner. Avant même de poser l'enfant dans sa chaise haute, il avait volé un long baiser à Magnus. C'était un matin ordinaire, leur cuisine baignée de lumière du soleil, leur fils dans sa chaise haute qui s'amusait avec sa compote et ses biscuits, l'odeur du café et de la nourriture chaude, eux à moitié nus, Magnus qui servait le repas et Alec qui essayait d'aider Maxie à manger. C'était un matin ordinaire de leur vie normale, et soudain, ce n'était pas ordinaire.

C'était un putain de miracle, et Magnus se demandait sincèrement s'il allait être capable de s'habituer de nouveau à ça sans avoir envie de pleurer de joie toutes les deux minutes.

On réalisait ce qu'on aimait quand on le perdait, disait le proverbe. Magnus ne pouvait pas être davantage d'accord. Il avait compris ce qu'il avait perdu, et il avait le droit à sa deuxième chance.

– On va avoir du pain sur la planche, aujourd'hui. Pour aller expliquer tout ça à ta famille. Et voir Catarina. Tu boites encore un peu. Et récupérer ton poste à Idris, si tu le veux.

Magnus savait d'expérience que certaines choses changeaient les gens en profondeur. Perdre quelqu'un, subir des revers, être blessé, cela conduisait parfois les gens à réévaluer leur vie, et parfois à prendre des virages importants. L'amnésie pendant plusieurs mois faisaient assurément partie de ces événements. Il aurait pu comprendre qu'Alec décide de tout plaquer. Il semblait avoir fait comprendre assez clairement que rester ici, avec le sorcier et Maxie, faisait partie de son programme. Pour le reste, il ne voulait présumer de rien, et il soutiendrait les choix d'Alec, quels qu'ils soient.

– J'ai activé mon iratze de soin tout à l'heure, ça va déjà mieux qu'en me réveillant. Mes côtes sont déjà réparées. On verra ce que dit Cat' sur ma jambe, mais ça va aller.

Il avait pourtant toujours un bleu magnifique au front, d'autres sur les jambes, et même du sang sur la joue. La douche n'avait — pas encore — fait partie de leur programme. Pourtant, ce n'était même pas de l'arrogance ou de la fanfaronnade. Magnus pouvait le lire dans ses yeux, le bonheur évident qu'il ressentait éclipsait absolument tout le reste.

– Et oui, on va aller voir Maman, Jace, Izzy et les autres. Et il faut que j'envoie un message à Clary, aussi. Et on ira Helen et Aline. Mais d'abord, je pense que je dois te parler de ce que j'ai fait hier soir. Je pense qu'il est important que tu saches que je suis allé voir Alexis. Et ce que j'ai fait, ce qui s'est passé entre nous.

Le sang de Magnus se glaça dans ses veines.


Prochain chapitre le Sa 17/10 !

Reviews, si le coeur vous en dit ? :)