Chapitre 34
Magnus savait qu'il n'avait pas le droit d'être jaloux. Ou peut-être que si. Ils étaient ensemble, de son point de vue. Qu'Alec, quand il ignorait avoir une famille et des amis, ait pu être avec ce jeune imbécile, était une chose. Qu'il soit volontairement allé le voir pour... quoi qu'il se soit passé, c'était différent. Magnus gérait assez mal la jalousie, à son grand désarroi. Il fallait dire qu'il ne l'avait jamais ressenti avant Alec. Personne ne lui fait naître des sensations comme celle d'Alec.
– « Je ne donne pas dans la jalousie » ? cita Alec avec un regard amusé.
Là encore, c'était une scène de leur passé, mais que jamais Magnus n'avait cité à l'amnésique. C'était sans doute puéril de sa part, mais il avait déjà assez de mal à digérer le fait qu'il ne serait pas le seul homme dans la vie de son mari, à cause de cette fichue amnésie et ce fichu Alexis, et avait préféré ne jamais rappeler à Alec que oui, il était bel homme et que d'autres pouvaient le désirer.
– On va continuer encore longtemps à citer nos répliques ? demanda Magnus, essayant de garder un ton léger.
– C'est plutôt drôle. Je ne sais pas comment tu as fait, toi et les autres, pour me citer tout ça... Maintenant que j'ai tous mes souvenirs ET aussi les souvenirs de quand vous essayez de me rendre mes souvenirs, je trouve ça impressionnant, ce que vous avez fait pour moi !
Il avait l'air totalement sincère, et l'amour évident qu'il ressentait pour Magnus transparaissait sur son visage. Le sorcier tenta de calmer son cœur effréné. Il ne fallait pas qu'il perde de vue qu'Alec était revenu. Était resté. Il avait choisi Magnus. Ou bien avait-il choisi Magnus parce qu'il s'était fracassé le crâne contre la terrasse et que ses souvenirs étaient revenus et que, de fait, il ne pouvait plus vraiment partir, mais à la base, c'était bien un adieu qu'il était venu offrir ?
– Magnus, arrête ça. Tu ne peux pas vieillir et tu vas quand même finir ridé si tu continues. Tu penses trop.
En quelques enjambées, Alec avait délaissé sa chaise à côté de Maxie, pour venir rejoindre Magnus de l'autre côté de la table, accoudé au comptoir du bar. Sans lui laisser le temps de réagir, le shadowhunter l'enlaça, et Magnus fondit contre sa peau chaude, dans son odeur.
– Je suis là, Magnus. Arrête de réfléchir et laisse-moi t'expliquer, d'accord ? J'ai besoin de te raconter, et pas seulement parce que j'ai retrouvé ma mémoire. Je l'aurais fait dans tous les cas.
– Tu serais resté ? demanda Magnus d'une voix qu'il reconnut à peine.
– Qu... quoi ? Magnus, tu as cru... que je venais te dire adieu, hier ? Qu'ensuite, j'allais repartir ? Disparaître dans la nuit, t'abandonner ?
– Je ne peux plus te perdre, murmura le sorcier. Je ne le supporterais plus.
– Oh, Magnus, mon amour, arrête ça... Je n'avais pas l'intention de partir hier soir, et encore moins ce matin, arrête de pleurer, s'il te plaît...
Le sorcier avait à peine conscience des larmes qui dévalaient ses joues, essuyées par les pouces empressées et les lèvres délicates d'Alec, qui ne le lâchait pas, psalmodiant des serments d'amour et des paroles réconfortantes.
– Pardon... on doit faire peur à Maxie, comme ça, parvint-il à bégayer en reprenant contenance.
En effet, le petit garçon silencieux sur sa chaise haute ouvrait des grands yeux exorbités sur ses parents enlacés, l'un en larmes.
– Désolé, pardon Myrtille, je ne voulais pas te faire peur... c'est juste... beaucoup d'émotions, ces derniers temps.
– Je vais l'habiller et le poser dans son parc, reprends tes esprits, et ensuite on pourra discuter calmement, d'accord ?
Magnus acquiesça, laissant son mari emporter leur fils. Il rangea une partie de la table, à la main, appréciant le travail manuel pour s'occuper. Quand il eut fini, il rejoignit le salon.
Alec avait habillé leur petit garçon, sagement installé dans son parc magique, dans lequel absolument rien ne pouvait lui arriver. À défaut de douche, Alec avait dû également passer devant un miroir, et découvrir les tâches de sang, puisqu'il avait le visage humide de celui qui s'était rincé au lavabo. Il avait également récupéré un T-shirt et un bas de pyjama, ce qui était nettement moins agréable pour les yeux de Magnus.
Doucement, Magnus tendit à Alec la tasse de café qu'il n'avait pas fini, et s'installa à côté de lui sur l'un des canapés. Surveillant Maxie d'un œil, mais sans qu'ils ne soient dans le champ de vision direct de l'enfant.
Avant de commencer à dire quoi que ce soit, Alec se rapprocha, glissa son corps contre celui de Magnus.
– Hier soir... commença-t-il, j'avais atteint mes limites. Physiques, et mentales. J'étais... un puzzle sans modèle. Un puzzle de dix millions de pièces. Et je ne savais même pas à quoi ressemblait le dessin complet que j'essayais de constituer. Par-ci, par-là, il y avait des blocs de plusieurs pièces ensemble, mais ils n'étaient pas reliés les uns aux autres. Physiquement, à chaque phrase, à chaque souvenir, les migraines, ça faisait mal, aussi. Je ne voyais plus l'intérêt de poursuivre ça. Je le vois, maintenant. Mais sans mémoire... je suis désolé, Magnus, mais je ne voyais plus l'intérêt de me battre et de souffrir.
– Tu l'avais fait comprendre assez clairement, marmonna Magnus en se remémorant leur dispute de la veille.
Une main tendre glissa contre sa hanche, l'agrippa, les serra un peu plus l'un contre l'autre.
– Je sais. Je suis désolé. Je n'ai pas d'excuses, et j'espère que tu me pardonneras. Comme il faut me pardonner le reste. Je suis parti avec Clary. On s'est baladés, amusés. On avait besoin de ça, je crois. On est allés chez elle. L'ancien, de quand elle était petite. Et son appart' actuel, enfin, celui qu'elle avait avant que je la ramène dans mon sillage.
Alec inspira profondément. Il savait que la suite serait dure à entendre.
– Je suis venu à l'Institut pour la première fois parce que j'étais perdu, et que tu m'avais fasciné et que j'avais envie de comprendre. Mais je n'y suis pas resté par choix. Clary et moi, vous nous avez emprisonné, sans jamais demander ce qu'on voulait. J'avais besoin de choisir. Je suis parti pour choisir, et je t'ai choisi toi. Et Maxie. Ne doute pas de ça, Magnus. Je ne voulais plus de ce monde pour lequel je n'avais aucune attache, mais si tu voulais de moi vivant comme un Terrestre, alors c'était toi que je choisissais. Toi, Maxie. Notre famille.
– Alors pourquoi...
Il n'acheva pas sa phrase, mais Alec avait compris.
– Parce que j'ai disparu du jour au lendemain pour les Oubliés. Ils m'ont accueilli, protégé, aidé, appris tout ce qu'ils savaient, de comment prendre le métro à comment surfer, de l'utile à l'inutile. Pendant les deux mois où tu as souffert de mon absence, je m'éclatais à apprendre la vie. Ils méritaient d'avoir une explication. De savoir que je ne les choisissais peut-être pas, mais que pour autant, j'étais reconnaissant de la vie que j'avais mené à leurs côtés. Je sais que tu n'aimes pas Alexis, et tu as toutes les raisons du monde pour ça. Il ne t'arrive pas à la cheville, Magnus. Il ne vaut pas l'ongle de ton gros orteil. Il a des tas de défauts, comme toi, comme moi. Mais son plus gros défaut, c'est assurément qu'il n'est pas toi. Mais durant le temps où nous avons été ensemble, il a été bon pour moi. Il méritait d'entendre de ma bouche que je le quittais.
Magnus avala la pilule. Sa jalousie n'était pas d'accord, mais il avait conscience qu'Alec avait raison.
– Alors... comment t'ont-ils accueilli ? Que leur as-tu servi comme mensonge ? Parce que tu n'as rien pu leur dire, n'est-ce pas ?
Alec lui envoya une pichenette.
– Hé, j'étais peut-être sans mémoire mais pas stupide ! Je leur ai dit que j'avais retrouvé ma famille, mais que nous étions des itinérants, du coup c'est pour ça qu'ils ne m'avaient pas cherché à New York pendant deux mois, et que lorsqu'ils m'avaient retrouvé par hasard, en passant par la grande pomme, ensuite je les ai suivis, et je venais seulement de revenir en ville...
– Ils ont cru à une fable pareille ?
– Non, je ne pense pas. Pas vraiment. J'avais... j'avais envoyé quelques textos, au début, quand je suis arrivé ici. Pour leur dire que j'allais bien, que je donnerai des nouvelles bientôt, ce genre de choses, sans trop de précisions. Ça leur avait suffi, faut croire. Du coup, je me suis excusé, auprès de tous. De partir. De ne jamais revenir.
– Ils l'ont bien pris ? Je veux dire, avec les technologies terrestres, partir à l'autre bout de la planète n'est pas vraiment une raison pour ne plus jamais donner de nouvelles.
Alec soupira.
– Sans doute. Mais... je suis contraire à leurs principes. J'ai une famille. Des amis. Des gens qui ne m'ont PAS oublié. Je pouvais plus vraiment faire partie de cette bande, pour eux. C'est peut-être bête, mais c'est leur lien indéfectible. Cette situation qu'ils partagent tous. Ils n'ont pas d'autres attaches que celles qu'ils ont créé après leurs accidents respectifs. Je n'y avais plus ma place. On a parlé longtemps, c'est pour ça que je suis arrivé si tard. Alexis...
La voix d'Alec baissa. Magnus se tendit.
– Alexis a été le plus difficile à convaincre. Je crois... Je ne pensais pas qu'il m'aimait autant. C'était voué à l'échec. Même sans toi dans la balance, il m'aimait bien plus que je ne l'aimais. Ça n'aurait pas marché.
– Tu l'aimais ? demanda Magnus d'une voix qu'il espérait égale.
– Je pensais l'aimer. Je ne connaissais rien, je n'avais que lui. Je l'aimais comme j'aimais tous les Oubliés, qui étaient mes amis, et avec lui j'avais le sexe en plus. Je pensais que c'était ça, une relation. Je n'avais pas besoin de plus. Je lui répondais que je l'aimais aussi, parce que c'était ce que je pensais ressentir. J'ignorais simplement à quoi cela ressemblait réellement, d'aimer. Mais lui... lui était vraiment amoureux.
– Je suis désolé pour lui, répondit Magnus, sincère. Je sais ce que ça fait de t'aimer et te perdre. Mais malheureusement, je ne suis pas prêteur. Et tu es à moi.
Alec rit doucement, un son doux et cristallin, porteur de tant d'espoir et tant de joie que ça faisait presque mal à entendre.
– Il a essayé de me retenir, quand je lui ai annoncé que c'était fini entre nous. Il m'a embrassé, avoua Alec, guettant la réaction de Magnus. Peut-être l'y ai-je inconsciemment encouragé, c'est possible. Ce qui est certain, c'est que je ne l'ai pas repoussé.
Le corps de Magnus, contre le sien, se raidit.
– Je n'ai pas répondu à son baiser, je l'ai simplement laissé faire, un peu trop longtemps. Je ne savais pas vraiment comment réagir. Il a pris ça pour une invitation, et a essayé d'avoir plus. Je l'ai repoussé à ce moment-là. J'essayais de trouver le moyen de partir en douceur, sans briser son cœur au passage, mais il n'y en avait pas. Je devais lui faire du mal, et j'étais bête de croire que je pouvais faire autrement. J'avais voulu essayer. Ça n'a pas fonctionné. Il a encore essayé de m'embrasser, me prendre dans ses bras, et c'est là que j'ai décidé de partir. Plus je restais, plus je lui donnais inconsciemment la permission d'essayer de me ravoir... Et je ne voulais pas. Alors je suis parti. En m'excusant. En courant. Les autres étaient partis se coucher depuis longtemps, je leur avais fait mes adieux. Je crois qu'ils savaient qu'Alexis et moi, on devait discuter tous les deux. Je suis parti en courant, et je n'ai arrêté de courir qu'en arrivant ici, ta bouche sur la mienne, tes reins contre moi, parce que c'était tout ce que je voulais.
Magnus l'embrassa pour toute réponse. Il n'aimait pas l'idée qu'Alec ait dû aller rompre avec un autre, qu'il y ait dans cette ville un homme amoureux de son mari, le cœur brisé par leur rupture. Mais il avait une boîte pleine des souvenirs de ses dix-sept-mille ex au cours des siècles passés. Il pouvait bien tolérer l'idée qu'Alec en ait un.
– Ne me refais jamais ça, shadowhunter, le prévint Magnus. Je ne revivrai pas tout ça.
Alec sourit. Et l'embrassa en retour.
– Il faut qu'on aille à l'Institut.
– Tu devrais d'abord prendre une douche, mon Ange. Tu sens la sueur et le foutre, la taquina Magnus.
Alec lui tira la langue.
– Tu as le temps de venir m'y rejoindre ? répliqua le shadowhunter.
– Ce ne serait pas très responsable en tant que parents que nous abandonnions notre fils pour nous envoyer en l'air...
– Oh, ne fais pas genre, sorcier. Ce n'est pas comme s'il risquait quoi que ce soit pendant cinq minutes, avec toutes les barrières magiques que tu as mises en place.
La douche avait dérapé, comme prévu, mais ils avaient fini par réussir à s'habiller, et se préparer. Alec avait rouvert son placard, mais dédaigné certaines de ses tenues les plus sombres. Durant tout le temps de son amnésie, il avait essentiellement porté des vêtements simples et clairs, mais plutôt adulescents, de l'opinion de Magnus. Le voir boutonner une chemise et une veste de costume, comme l'Inquisiteur qu'il était, comme s'il récupérait sa position d'adulte, avait quelque chose de sexy. On ne pouvait pas vraiment blâmer les médecins terrestres et les Oubliés, qui avaient attribué à Alec un âge bien inférieur à celui réel.
Ils s'apprêtaient à partir quand un message de feu leur parvint, que Magnus attrapa du bout des doigts.
– Jace me demande de venir de toute urgence. Il ne précise rien de plus. Tu sais où est Clary ?
Alec vérifia son téléphone, vierge de tout message.
– Non. Aucune nouvelle. Je dois l'appeler plus tard dans la journée.
– C'est drôle, quand même, la vie. Maintenant, tu es ami avec Clary ! Je vais finir par être jaloux d'une fille !
Alec ne s'abaissa même pas à répondre à cela, et son fils sur une hanche, la main de Magnus de l'autre côté, il franchit le portail que le sorcier venait d'ouvrir.
– Magnus ! Te voilà enfin !
Jace fondit sur le sorcier à peine celui-ci arrivé. Ils étaient arrivés sur le parvis, et Alec était resté en arrière, appréciant de pouvoir saluer les gardes en exercice, se souvenant désormais de leur nom, de leur vie. Magnus avait récupéré Maxie, et il en fut reconnaissant d'avoir le petit garçon contre lui. Sans cela, Jace l'aurait secoué comme un prunier, vu son état de panique, ses yeux vairons exorbités, cerclés de rouge. Il n'avait pas dû dormir beaucoup la nuit dernière. Magnus non plus, mais ses raisons étaient plus plaisantes.
– Tu m'as envoyé un message il y a littéralement trois minutes, Jace, répliqua Magnus, blasé.
– C'est urgent ! Il faut qu'on retrouve Alec ! Je... Il se passe quelque chose, peut-être de grave ! Je le sens !
D'instinct, le shadowhunter posa sa main sur sa hanche. Là où se trouvait son tatouage parabatai.
– Il a dû lui arriver quelque chose ! Ce n'est pas normal ! Ça fait bientôt six mois que je n'ai rien ressenti et...
De toute évidence, Jace était dans un sacré état de panique. Il avait perdu l'habitude d'avoir le flux d'informations entrant et sortant de la part de son frère. Et manifestement, un orgasme un peu trop violent et incontrôlé sous la douche avait rouvert en fanfare le lien que les deux hommes avaient perdu.
– Jace, calme-toi, tout va b...
Magnus n'acheva jamais sa phrase. Jace ne le regardait plus. Il posait ses yeux au-delà de l'épaule du sorcier, là où Alec, souriant, plus apaisé que jamais, venait d'apparaître. Il n'eut pas le temps de dire un mot que déjà, il était pressé dans une étreinte virile, son frère pleurant dans ses bras, et sa rune parabatai le brûlant.
– Jace... Je suis là, je me souviens. Pardon pour tout, frangin, je suis là...
Jace se mit à pleurer à son tour, quand leurs runes se mirent naturellement à briller.
– Tu te souviens de tout ? demanda Jace, n'osant y croire.
– Tout, confirma Alec avec un immense sourire lumineux.
– Il faut que j'aille chercher Izzy ! Et Maman ! Et Max ! Et...
Ils rirent en pleurant, et entamèrent la longue quête à travers l'Institut. Il fallait annoncer la bonne nouvelle : Alexander Lightwood, corps, âme et mémoire, était de retour chez lui.
Globalement, tout le monde avait fini en larmes, Alec deux fois plus que les autres. Maryse avait pleuré quand son fils, en se tournant vers elle alors qu'elle arrivait, prévenue qu'il y avait urgence, mais sans savoir précisément de quoi il s'agissait, l'avait appelé Maman. Et rien qu'avec un seul mot, Maryse avait compris et éclaté en sanglots. En la serrant dans ses bras, Alec pleurait aussi.
Izzy, dans un coin de la pièce, n'avait pas pu s'arrêter depuis que son frère était entré dans le bureau directorial, et elle serrait Max contre son cœur, qui avait explosé en larmes quand son grand frère lui avait affirmé lui pardonner son comportement lors de leur dernière mission. Pour le jeune garçon, la culpabilité d'avoir été la cause de l'amnésie de son frère avait toujours été bien présente.
À cause du lien parabatai, Tim avait débarqué pour voir comment allait son ami, entraînant avec lui le reste de l'équipe des jeunes shadowhunters, et en découvrant Alec en pleine possession de ses moyens, ils avaient été nombreux à verser quelques larmes.
Simon, qui ne supportait pas de voir Izzy pleurer, essuyait régulièrement des perles d'eau salée au coin de ses yeux, une main sur l'épaule de sa compagne. Jace était émotionnellement trop connecté à Alec pour ne pas pleurnicher aussi, et Magnus faisait de son mieux pour arrêter, pour ne pas inquiéter davantage Maxie, qui semblait surpris de ces débordements.
Prochain chapitre le Me 21/10 !
Reviews, si le coeur vous en dit ? :)
