EDIT du 05/11/2020 : vous avez été plusieurs à me signaler l'absence du chapitre 39 (publié le 04/11), ou bien le fait que le lien du mail de follow ne mène à rien. C'est exact. Le chapitre A ETE PUBLIE, et il est lisible et totalement normal dans mon profil quand je veux le gérer ! Mais manifestement, ffnet rencontre des problèmes, une autre autrice a eu un problème similaire récemment. Je ne peux malheureusement rien y faire :( Je posterai le chapitre 40 samedi comme prévu en espérant que ça "débloque" le 39. Si ça ne décbloque rien, par contre, pour les bonus prévus ensuite, je ne les publierai pas tant que le problème ne sera pas réglé... Sinon, il va falloir faire preuve de patience... Si j'ai des nouvelles ou dois prendre des décisions, j'essaierai de les indiquer dans ce chapitre en éditant ou sur mon profil... Désolée pour la gêne occasionnée, j'en suis tout aussi désolée que vous ! (et je vais bien, pour ceux qui s'inquiétait d'un problème de santé puisque je ne publiais pas, merci de votre sollicitude ;))

Bonjour mes petits kiwis ! Aujourd'hui au programme de ce chapitre, la réalisation d'une belle connerie, et... je vous laisse lire !

Bonne lecture !

Chapitre 38

Discrètement, du moins autant qu'il était possible de se déplacer discrètement avec une robe de mariée, ils se glissèrent dans les couloirs, jusqu'à arriver à la salle d'entraînement désertée. Il leur fallait de la place, et la salle de cérémonie était exclus. S'y rassemblait en cet instant précis tous leurs invités, qui attendraient bientôt Clary avec impatience.

Alec sortit de sa poche un morceau de papier, sur lequel il avait dessiné la marque d'incantation qu'il fallait tracer. Rapidement, à la craie, rajoutant çà et là des éléments magiques volés dans le laboratoire de Magnus, il acheva le pentacle bien plus élaboré que pour un démon normal.

– Le sang, maintenant, annonça Clary en sortant les fioles de la pochette qu'elle portait.

Six petites fioles : Magnus, Jace, Clary, Alec, la reine des fées et Simon. Trois créatures obscures puissantes et différentes (même si Simon n'avait plus sa marque de Caïn, il avait été une vraie révolution vampire), trois shadowhunters au sang pur ou presque.

– Je vais le faire. Il ne faudrait pas tâcher ta robe blanche.

Lui souriant, Clary lissa le tissu fluide de sa robe.

Alec déboucha habilement les éprouvettes, prêt à les renverser sur le plus petit pentacle au centre du grand, et sur lequel ils se trouvaient tous les deux.

– On y va, ordonna Clary en sortant une autre feuille de papier.

Elle pouvait apprendre par cœur le serment des shadowhunter sans sourciller, mais l'invocation latine qu'ils avaient établie ensemble, à force de recoupements, elle n'arrivait pas à la retenir et préférait un pense-bête.

Alec hocha la tête. Et entreprit, une par une, de renverser sur les tracés des dessins invocatoires, le sang, tandis que Clary entamait la psalmodie.


Ils étaient mal. Max lançait des grands regards désespérés à Magnus et Izzy, qui ne savaient pas comment réagir. Jace était rentré trop tôt. Et il trouvait louche tous ces gens qui allaient et venaient en costume de fête, y compris des gens qui n'avaient rien à faire là pour une simple cérémonie de marquage de rune. Magnus cherchait à plein régime une excuse crédible à sortir au jeune homme pour que surtout, il ne pose aucune question et aille s'assoir à sa place sans chercher à voir Clary avant. Normalement, leur sens du timing aurait dû ramener Jace dix secondes avant la cérémonie, ils l'auraient assis de force sur une chaise, Clary aurait reçu sa rune, puis aurait fait un discours pour demander à Jace de l'épouser sur le champ. Magnus et Alec se seraient alors chargé de faire se changer le shadowhunter — il était hors de question qu'il épouse quiconque dans cette tenue — et en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, il serait de retour dans la salle de cérémonie, au pied de l'autel.

Toute leur stratégie reposait sur le fait que Jace n'ait pas le temps de se poser des questions. Or clairement, à voir sa tête, il s'en posait beaucoup trop.

– Jace... commença Magnus sans avoir aucune idée de comment il allait poursuivre cette phrase.

– Magnus ! Iz' !

La voix de Simon l'empêcha de poursuivre. Ils se retournèrent vers le vampire qui arrivait à toute vitesse —littéralement.

– Je... je viens de voir Alec et Clary. Et... ils ne prenaient pas le chemin de la salle de cérémonie.

Magnus fronça les sourcils. Izzy fit la moue.

– Ils avaient l'air bizarre, rajouta Simon. Genre, vraiment bizarre, comme s'ils s'apprêtaient à faire un truc bizarre. Je sais que...

Il coula un regard vers Jace, qui n'avait pas bougé, et dont la mâchoire semblait si serrée qu'elle en serait figée de manière permanente.

– ... que c'est une journée spéciale, que ça peut faire des folies aux gens, mais même. C'était... anormal. Et, on se disait qu'il y avait quelque chose de bizarre dans leur comportement, depuis quelques temps, et...

– Simon, respire. On va aller voir ça. Quelle direction ?

– La chapelle d'entraînement.

– Je viens aussi, décréta Jace en emboîtant le pas de Magnus. Non négociable.

Izzy échangea un regard alarmé avec Simon, tout en se jetant sur les talons des deux hommes. Si le vampire disait vrai, ils devaient rejoindre Alec et Clary au plus vite, découvrir ce qui se tramait. Éloigner Jace de Clary n'avait de sens que si la journée se déroulait comme prévu. Et ils avaient un mauvais pressentiment. Sans perdre une minute, ils se précipitèrent dans les couloirs de l'Institut, à contre-sens des autres.

Leur mauvais pressentiment fut confirmé en entrant dans la pièce.

Clary et Alec ne leur accordèrent pas un regard, ne se rendirent même pas compte de leur présence, trop occupé à invoquer les anges savait quoi. D'un œil aguerri, Magnus balaya le pentagramme dessiné au sol, et qu'ils traversaient pour rejoindre les deux autres.

– Al... commença Magnus.

Il n'eut pas le temps d'en dire plus. Un silence terrible venait de s'abattre sur la pièce, et probablement tout l'Institut. Un silence qui annihilait les voix, les sons, tout. Comme si la voix de Magnus avait disparu dans le néant, qu'elle ne produisait plus d'effet.

Cela ne dura qu'un temps, une seconde ou deux à peine, avant que tout n'explose, comme une déflagration, qui les balaya.

L'onde de choc les projeta au sol, une lumière les aveugla. Sourds, aveugles, muets, au sol. Privés de leur sens, éparpillés dans la pièce, ils se relevèrent péniblement, retrouvant corps avec la réalité.

En plus d'eux six, un nouvel individu était apparu au centre du pentacle. Magnus ne s'en rendit même pas compte. À peine debout, il se précipita vers son mari qui se relevait à son tour. Izzy et Simon, l'un contre l'autre, se relevaient aussi.

Jace regardait Clary avec exactement la tête qu'ils attendaient de lui, bouche bée devant sa robe blanche, sa coiffure compliquée, les perles et les broderies de son bustier, et qui se retrouvaient dans sa chevelure de feu.

Mais Clary ne regardait pas Jace en retour. Elle regardait l'être qui venait d'apparaître, et qui la regardait aussi.

Alors seulement, Magnus le vit aussi, et blêmit, plus terrifié qu'il ne l'avait été de toute sa vie.

– Oh, par les Anges et par Edom, Alec, qu'as-tu fait ?

Au son de sa voix, la créature se retourna vers elle, et son apparence étrange se fendit d'un large sourire.

– Magnus ! Quelle joie de te voir !

Et sans la moindre parcelle d'hésitation, elle fondit sur le sorcier et l'étreignit.

Du moins, c'était l'impression que cela donnait. Alec, aux côtés de Magnus, fit un bond sur le côté pour éviter l'une des ailes dont la créature était dotée. Et détourna le regard d'elle. Il ne parvenait pas à la regarder. À chaque battement de cil, elle paraissait différente. Ni ange, ni démon, elle possédait pourtant une aile blanche et pure faite de plumes, et une autre, noire et desséchée comme un démon. Des runes semblaient courir sur sa peau, mais la seconde d'après, celle-ci était bleu, ou rouge, des marques démoniaques semblaient apparaître et disparaître dans un ballet désordonné, comme les runes. Ni homme ni femme, l'être n'était pourvu d'aucun appendice sexuel. D'ailleurs, il était nu sans que cela paraisse choquant. De toute manière, son apparence changeait trop vite pour fixer la moindre image.

La seule chose certaine, c'était sa taille, celle d'un être humain, et la présence de deux bras, deux jambes, et d'une tête. En cela, elle ressemblait presque aux autres.

– Choisis-moi une apparence dans ton esprit, et je la conserverai pour toi.

La créature avait relâché Magnus, qui n'avait pas prononcé un mot, estomaqué. Il ne semblait pas blessé, juste choqué. Elle venait de s'adresser à Alec, qui la regardait, en essayant de ne pas la regarder à la fois.

– Si tu veux que j'ai des ailes d'ange dans ton esprit, alors qu'il en soit ainsi. Tu me vois comme tu veux me voir. Comme tu ne sais pas et que ton esprit fourmille, il mélange toutes mes apparences. Figes-en une dans ton esprit, et ça ira mieux.

Alec hocha la tête, bouche ouverte, incapable de dire quoi que ce soit. Ferma les yeux, brièvement. Quand il les rouvrit, l'apparence étrange de la créature ne bougeait plus. Elle avait conservé une aile d'ange et une démoniaque, une peau bleue qui lui rappelait celle de Maxie, mais son corps était couvert de runes. C'était un étrange mélange de shadowhunter et de créatures obscures.

Autour d'eux, les autres semblaient s'être repris aussi, et approchaient doucement. Alec, par réflexe, retourna aux côtés de Magnus, attrapa sa main et la serra. Il réalisa, envoyant ses frère et sœur et amis s'approcher qu'ils ne voyaient peut-être pas la créature comme lui la voyait, ayant mentalement choisi l'apparence qu'ils voulaient lui donner.

– Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ? demanda Simon, blême. C'est quoi cette chose ?

– Hé ! Chose, c'est pas sympa comme terme !

Simon sursauta, les muscles tendus, prêt à fuir, paniqué par ce qu'il voyait. Manifestement, que l'être puisse parler et lui répondre lui paraissait absurde.

– Je suis là parce qu'on me l'a demandé... C'est de ton fait, Magnus ?

– Non, murmura le sorcier. Je ne t'ai pas invoqué, Soré, Et je voudrais vraiment, vraiment, que tu ne sois pas là.

Il n'y avait pas d'hostilité sur le visage de la créature, au contraire. Tous les pores de sa peau exsudaient d'une bienveillance et d'un calme olympien.

– Magnus... comprit brutalement Clary, qui évitait sciemment le regard de Jace, Tu connais la Reine Soré ?

– Reine ? s'amusa la créature. Tu me vois donc femme ? Intéressant.

– OUI, répondit violemment Magnus. ET SI VOUS M'AVIEZ DEMANDÉ, JE VOUS AURAIS DIT DE NE PAS FAIRE ÇA !

Alec n'osa pas regarder son mari. Seul point positif, Magnus n'avait pas lâché sa main. Gros point négatif, il paraissait terrifié par les conséquences de leur acte.

– Soré est une légende, murmura Izzy, ça ne peut pas être vrai...

L'être explosa de rire, un son surprenant, qui ne ressemblait à rien de connu, et qui secouait son corps entier.

– Une légende ? Mais toutes les légendes sont vraies ! N'est-ce pas le fondement de vos existences ?

– Que quelqu'un m'explique ! exigea Simon en suppliant sa compagne du regard.

Clary échangea un regard avec Alec. Ils s'apprêtaient à parler, pour expliquer, quand la voix de Jace les coupa tous :

– Au commencement du monde, il n'y avait ni bien, ni mal. Dieu n'avait alors que de fidèles autour de lui, les êtres suprêmes, aussi puissants que lui. Et puis Lucifer, le frère de Dieu et son plus proche ami, s'éleva contre Dieu, et les força à choisir. Alors les Êtres Suprêmes firent leur choix, et suivirent Dieu au Paradis, ou Lucifer en Enfer, devinrent Anges ou Démons. Un par un, appelés par Dieu et Lucifer, les Êtres Suprêmes firent un choix. Jusqu'à Éros. Qui refusa de choisir un camp dans la guerre du Bien et du Mal, et plaça l'Amour au-delà de toute croyance. Ni Dieu, Ni Lucifer. Ni Enfer, ni Paradis. Ni Ange, ni Démon. Ni Bien, ni Mal. Rien que l'Amour pur entre deux âmes comme religion et comme pouvoir. Alors pour l'égalité du combat, Éros offrit son sang aux démons et aux anges. Ainsi naquirent les Créatures Obscures et les Shadowhunters...

– Le seul Être Suprême à tous, Anges comme Démons, créateur de nous tous, acheva Magnus. Le dernier Être Suprême, à qui quiconque ayant du sang d'ange ou de démon ne peut qu'obéir. Et qui peut répondre aux requêtes des amoureux désespérés, à condition que leur Amour soit au-dessus de tout, précieux et unique, âme-sœur au-delà de la Vie et de la Mort elle-même.

Éros, tournant sur lui-même pour voir les visages autour de lui, explosa soudainement de rire.

– Merci pour la leçon d'histoire ! Même si, effectivement, dans votre folklore, j'ai disparu, et le nom de Soré y est plus souvent utilisé pour m'évoquer.

Alec était soulagé de constater qu'ils n'avaient pas fait d'erreur dans leur invocation, et qu'il s'agissait bien de l'être suprême qu'il avait souhaité voir apparaître. Son existence même était remise en cause par bien des sources, mais puisqu'il existait, il était bien au-dessus des Anges. À même, s'il acceptait d'accéder au vœu de Clary, il pourrait potentiellement défaire le pouvoir des Anges et rendre sa mémoire à la jeune femme.

Ce qui inquiétait le shadowhunter, c'était le visage tendu d'angoisse de Magnus. Et la découverte qu'il connaissait déjà l'Être Suprême.

– Bon, c'est pas que je vous aime pas, et je dirais bien que j'ai autre chose à faire, mais ce serait totalement faux vu que ni le temps, ni l'espace n'ont de prise sur moi, mais on s'y met ? Magnus, tu es prêt ?

Clary échangea un regard alarmé avec Alec, qui, mû par un instinct primaire, resserra sa prise sur la main de Magnus, et avança pour se placer par réflexe devant le sorcier, comme pour le protéger. Refusant que l'être suprême ne s'en prenne à lui.

C'était une tentative risible, ridicule. Si la légende était vraie, l'être était aussi bien à l'origine des pouvoirs d'Alec que de ceux de Magnus. Il pouvait les balayer en un clin d'œil.

– Il n'a rien demandé ! Clary et moi t'avons appelé, Reine Soré, nous avons une requête, nous en paierons le prix, mais Magnus n'a rien à voir là-dedans, je t'en prie, je...

Il ne prononça pas un mot de plus. Même s'il l'avait voulu, sa bouche n'émettait plus un son. L'être avait simplement levé un doigt, comme pour intimer le silence à un enfant, et la conséquence avait été immédiate. C'était sans douleur, et Alec sentait confusément que s'il le souhaitait, il pouvait recommencer à parler, mais il se sentait écrasé sous le poids de la puissance latente qu'il dégageait. Ce n'était pas comme les Anges. C'était au-delà de ça. Au-delà du Bien et du Mal. Au-delà de tout. Au-delà même de la puissance divine.

Il préféra rester muet, tremblant de terreur, commençant à réaliser la portée de son acte. Il comprenait pourquoi Magnus paraissait apeuré. Lui et Clary avaient peut-être commis l'erreur de leurs vies.

– Magnus, aurais-tu l'amabilité de m'expliquer de quoi il en retourne ? J'ignore de quand date notre dernière rencontre, pour toi. Pour moi, c'était à la fois hier que ce sera demain. Mon temps n'est pas linéaire. Considérant que tu es là, et que Jace connaissait mon mythe, et que Clary porte une robe de mariée, j'ai cru que tu venais demander ton vœu, et eux les leurs.

Alec frissonna un peu plus. Ils n'avaient pas donné leurs noms, ne s'étaient pas présentés. Pourtant, l'être les connaissait. Comme si cela allait de soi. Se regroupant enfin tous ensemble, autour de Magnus, ils attendirent la réponse de celui-ci. Alec n'osait pas dire un mot, mais les questions fourmillaient dans son esprit. Il ne put s'empêcher de remarquer que si Magnus ne l'avait pas lâché, et qu'Izzy et Simon faisaient corps ensemble, Clary se tenait le plus loin possible de Jace, à une extrémité de leur petit groupe, quand son parabatai était à l'autre bout.

– Il s'est écoulé trois-cent-quatre-vingt-dix-huit ans depuis notre dernière rencontre, Soré, à la louche. Malheureusement, depuis le temps, on croit encore moins les mythes anciens, et ton existence même était tombé dans l'oubli. J'ignorais totalement que Jace avait connaissance de ton existence... et je savais encore moins que Clary et Alec allaient t'appeler... Je ne sais même pas pourquoi ils ont fait tout ça pour ça.

D'un mouvement du bras, il désigna les dessins au sol, le sang renversé qui séchait. Alec, toujours tendu, admirait sa capacité à maintenir une voix égale et badine, comme si cette solution était normale.

– Ouais, j'avoue. Chelou, commenta l'être. J'ai bon pour le langage ? Ça correspond à votre époque ?

La réflexion les laissa tous perplexes. L'être ne paraissait ni inquiet, ni agressif. Pourtant, la puissance qu'il dégageait était terrifiante.

– Euh oui, pour les Terrestres, ça ressemble à ce que les jeunes peuvent utiliser, commenta Simon. Ici, parmi les shadowhunters, c'est plutôt une expression rare à entendre.

– C'est vrai qu'ils ont pour la plupart un sacré balai dans le cul, pouffa l'être, comme si tout était normal. Vous inquiétez pas, ça passera au bout d'un moment. Bon, peut-être d'ici une bonne centaine d'années, si j'essaye de réfléchir sur votre référentiel. Vous ne serez peut-être pas tous là pour le voir. D'ailleurs parlant de ça, Magnus, on s'y met ?

Le sorcier se raidit.

– Je ne t'ai pas appelé. Ne pourrait-on pas... repousser ?

Le sourire que l'être lui adressa aurait pu être réconfortant, s'il n'avait pas été si terrifiant.

– Je ne suis pas un Über, chéri. Je ne me déplace pas sur commande au gré des envies des mortels. Les termes de notre accord étaient clairs. « À notre prochaine rencontre ». Nous y sommes. Donc...

Le terme « mortels » fit sursauter les autres, et se crisper un peu plus le sorcier. Il était pourtant immortel. Pourtant, à l'échelle de l'être suprême, Magnus et son immortalité vivait aussi longtemps que les shadowhunters et leur espérance de vie normale.

– Je ne comprends pas, murmura Simon. Je suis perdu ! Vous semblez tous savoir de quoi il s'agit, mais là, j'ai besoin d'explications !

Alec et Clary avaient invoqué la créature, Jace en connaissait la mythologie, Izzy en avait déjà entendu vaguement parler, Magnus l'avait déjà rencontrée. Le jeune homme et son passé de Terrestre était paumé.

– Je ne sais pas ce qu'il se passe, répondit Jace avant que quiconque n'ait pu réagir. Je... Je connais juste l'existence de la Reine Soré.

L'être suprême pencha la tête vers lui, l'invitait à continuer.

– Je suis désolé de vous affubler de ce terme, mais c'est celui sous lequel je vous connais. Par hasard, je l'ai un jour lu dans un bouquin de mythologie. Je ne sais pas pourquoi, ça m'est revenu d'un coup tout à l'heure...

– Si tu me vois femme, tu peux m'appeler Reine, ça m'est égal. Soré me convient aussi, tout comme Éros. Généralement, selon les mythes, Soré est le nom que l'on me donne quand on m'imagine femme, Éros quand on m'imagine homme. Je ne suis ni l'un ni l'autre, et les deux à la fois. Ça m'est égal.

À nouveau, il exhalait de l'être tant de bienveillance que c'en était douloureux et terrifiant.

– C'est ça, comprit Alec. C'est pour ça que j'avais cette sensation que je savais, que je l'avais appris récemment. C'est toi qui m'en as parlé, Jace, quand j'étais amnésique. Dans un cours d'histoire. Tu avais évoqué en riant une puissance supérieure à tout. C'est pour ça qu'en retrouvant ma mémoire, et en cherchant à rendre la sienne à Clary, j'avais ce sentiment que je savais, que j'avais appris récemment ce qui pouvait nous aider.

Il était soulagé de comprendre.

– Vous aider à quoi ? demanda l'être. Quel est votre vœu ?

– Comment ça, un vœu ? Comme le génie de la lampe ?

Simon n'avait pas pu retenir sa remarque, et ils furent tous, un bref instant, pétrifiés de terreur, à l'idée que l'être suprême ne se vexe. À leur grande surprise, il explosa plutôt de rire.

– Désolé, je déteste le laiton ! Et puis, l'intemporalité, ça ouvre des perspectives plus importantes qu'une lampe ! Mais vous êtes des petits rigolos, quand même ! Vous ne savez pas ce que je suis, ce que je fais, ce que j'offre, et vous m'avez appelé quand même ! Il y a longtemps que je ne me suis pas autant amusé ! Enfin, façon de parler puisque le temps n'existe pas pour moi !

– Soré est un Être Suprême, Simon, expliqua Magnus. Le dernier qui existe, en fait. Comme l'a dit Jace tout à l'heure, il ou elle, comme tu préfères, est le créateur tant des néphilims que des créatures obscures. Toute personne ayant de son sang dans ses veines est tenue de lui obéir, sans délai, et aucune possibilité de s'y opposer. Mais, et c'est là l'important, c'est d'où elle tire son pouvoir. En refusant de choisir entre Edom et le Paradis, en s'opposant à Dieu et Lucifer, elle a placé autre chose au centre de tout. L'Amour. Ainsi, toute créature, angélique ou obscure, qui se revendiquerait comme âme-sœur d'une autre, peut l'appeler. Sur un simple mot.

– Trois en fait, s'amusa l'être. Trois fois mon nom. J'ai piqué ça à Beetlejuice. Les Humains font parfois des choses géniales. Vous devriez essayer.

– Et si elle vient... reprit le sorcier. Elle accorde un vœu à chaque âme-sœur. Quel qu'il soit... sans condition ou presque.

– Ou presque. Tout se paye. Le monde est une balance. Je m'affranchis peut-être de tout, mais pas du monde lui-même. Sauf que le prix à payer ne peut être connu à l'avance. On accepte le contrat irréversible en connaissance de cause, et le prix se paye par la suite.

– Mais ton paiement ne peut dépasser ce que nous sommes en mesure d'offrir, pas vrai ? demanda confirmation Magnus.

L'être hocha la tête.

– Voilà. Sauf que Magnus, en ce qui le concerne, a déjà réclamé son vœu il y a longtemps. Je dois juste finir le contrat.

Le monde sembla se dérober sous les pieds d'Alec, et il arracha sa main de celle de Magnus. Si le sorcier, son mari, connaissait déjà l'être suprême, et qu'il avait déjà fait son vœu, cela impliquait qu'Alec n'était pas l'âme-sœur de Magnus. Alors qu'il lui avait assuré l'inverse. La réalisation était douloureuse.


Alors pour information, l'existence d'être suprême qui auraient donné naissance aux Anges et aux Démons n'est pas de moi. Dans l'univers Shadowhunter, j'en sais rien (pas lu les bouquins je vois rappelle), mais dans les nombreuses mythologies liés aux Anges, à leur chute du paradis, etc. ce genre de choses existe. Pour être parfaitement exacte, l'idée d'un ange ayant refusé de choisir entre le Paradis et l'Enfer vient d'un bouquin que j'avais lu y'a longtemps (une saga, en fait). L'ange ayant refusé de choisir était puni. Ici, vous l'aurez compris, c'est l'inverse. Comme Eros/Soré (de son nom masculin ou féminin, et totalement assumé qu'il s'agisse du dieu de l'amour dans la mythologie grecque) est le-a seul-e à ne pas choisir, ben, iel le-a seul-e à avoir gardé-e des putains de pouvoirs de badass au dessus de tout xD Fallait bien ça ;)

Du coup, comme vous l'aurez compris, il s'agit d'un personnage non genré. Iel est ni homme ni femme, et homme et femme à la fois. J'aurais pu tout écrire en utilisant des pronoms et mots épicènes, mais sincèrement, je n'ai pas le talent pour ça. J'aurais pu utiliser les pronoms inclusifs que je viens d'utiliser (iel, le-a, etc.). Mais j'ai finalement choisi de faire l'accord aléatoirement. Bon, il est plus que probable que mon instinct accorde au masculin après "être suprême" et au féminin après "créature", mais les deux sont bons en fait. D'ailleurs, j'ai souvent la vague tendance, d'après mes bêtas, à féminiser les accords (surtout de mes pauvres personnages masculins xD), probablement parce que je suis une femme moi-même. Enfin bref, tout ça pour dire que vous pouvez en avoir la représentation que vous souhaitez, et que tous les accords masculin ou féminins sont bons quand on en arrive à Soré/Eros ;) Voilà pour la précision, si vous avez lu cette note jusque là, indiquez cucurbitacée (c'est de saison !) dans votre review et vous gagnerez un cookie x)

Prochain chapitre le Me 04/11 ! (le pénultième !)

Reviews, si le coeur vous en dit ? :)

EDIT du 05/11/2020 : vous avez été plusieurs à me signaler l'absence du chapitre 39 (publié le 04/11), ou bien le fait que le lien du mail de follow ne mène à rien. C'est exact. Le chapitre A ETE PUBLIE, et il est lisible et totalement normal dans mon profil quand je veux le gérer ! Mais manifestement, ffnet rencontre des problèmes, une autre autrice a eu un problème similaire récemment. Je ne peux malheureusement rien y faire :( Je posterai le chapitre 40 samedi comme prévu en espérant que ça "débloque" le 39. Si ça ne décbloque rien, par contre, pour les bonus prévus ensuite, je ne les publierai pas tant que le problème ne sera pas réglé... Sinon, il va falloir faire preuve de patience... Si j'ai des nouvelles ou dois prendre des décisions, j'essaierai de les indiquer dans ce chapitre en éditant ou sur mon profil... Désolée pour la gêne occasionnée, j'en suis tout aussi désolée que vous ! (et je vais bien, pour ceux qui s'inquiétait d'un problème de santé puisque je ne publiais pas, merci de votre sollicitude ;))