Hey tout le monde, je poste enfin le second chapitre, je vais pas blablater plus, je vous laisse :3.

Nouveau couple introduit dans ce chapitre, c'est lequel à votre avis huhuu ?

Aller, ANCHOIS !


La pluie était froide et tombait dru.
La pluie était froide et elle ne donnait envie que d'une chose : rester chez soi, dans son lit, emmitouflé dans une couverture avec une tasse de café, de thé, d'une boisson bien chaude. Mais la pluie avait aussi un pouvoir : celui d'amener la réflexion, aux souvenirs par exemple, bons ou mauvais, joyeux ou non.

La pluie et son odeur si particulière, une odeur semblable à celle de la terre humide. La ville, aussi grande soit-elle, ses buildings aussi hauts soient-ils, n'arrivaient pas à dissiper cette senteur rafraichissante.

Les lampadaires brillaient déjà de leur lueur morne quand Takao se décida à sortir de chez lui. Un pull gris foncé et un jeans bleu délavé sur lui, il ferma la porte de son appartement. La pluie avait redoublé d'intensité et cela n'arrangeait guère Takao, sachant qu'il avait 30 minutes de trajet à effectuer avant d'arriver au bar de Kasamatsu, le Blue Lily. Mais heureusement pour lui, il avait un scooter qui lui faisait gagner un temps précieux lorsqu'il devait aller à son travail.

Il descendit les escaliers d'un pas rapide, son casque à la main. Arrivé devant l'engin, il sortit ses clefs, monta sur son véhicule, mit son casque, démarra et s'engagea dans l'allée.

Les rues de Tokyo étaient presque vides et Takao roulait rapidement sous la lumière des lampadaires. Après quelques dizaines de minutes de route, il aperçut au loin l'entrée du bar. Un soupir s'échappa de ses lèvres.

Descendant de son scooter, Takao observa les personnes qui entraient dans le Blue Lily. Comme Kasamatsu le lui avait dit plus tôt, le bar était plein il n'y avait pas une montagne de clients, certes, mais assez pour que la soirée soit rentable. Le jeune homme, après être entré, se dirigea vers le comptoir où il vit Miyaji, l'un des employés, discuter avec son patron. Le blond avait l'air un peu en colère, quoique « un peu » fut un euphémisme : il avait la main crispée sur son shaker qu'il ne voulait apparemment pas lâcher. Il donnait l'impression de vouloir jeter l'objet qu'il avait dans la main à la tête de son supérieur. Puisque décidément, l'air entre les deux-là était tendu, Takao décida de se diriger directement vers l'arrière-boutique, là où les employés se retrouvaient. Il hésita un instant, car Kasamatsu risquait de lui passer un savon s'il ne venait pas lui faire savoir sa présence, mais il préférait encore recevoir un coup de celui-ci plutôt que de se prendre le shaker d'un Miyaji en colère dans la figure, qui plus est lancé à pleine vitesse.

Un dernier coup d'œil vers les deux hommes acheva de le faire bouger.

Dans la pièce qui se situait plus loin, deux voix se faisaient entendre. L'une était typiquement féminine et l'autre masculine, mais douce. Les deux voix entretenaient une conversation qui semblait intéressante. C'est donc au milieu de cette conversation que Takao pénétra dans la pièce, plus enjoué qu'à son habitude.
(Et personne ne dira que c'était parce qu'il avait réussi à fuir le bar – personne.)

Le femme présente tourna la tête en voyant le chanteur, et lui sourit.

« Hey Takao, en forme ?

- Bien, et toi, Alex ? »

Il lui rendit son sourire et Alexandra lui répondit d'un hochement de tête affirmatif.

« Ouais, mais bon, je sens que cette soirée va être mouvementée… Il y a plus de monde que d'habitude dans la salle, soupira-t-elle en en indiquant la porte d'un signe de tête. Mais on fera de notre mieux, tu nous connais.

- Ouais, je sais, répondit-il une demi-seconde plus tard, après avoir fait mine de réfléchir. Fais gaffe aux mecs bourrés, hein, Alex ! »

Elle se mit à rire et lui donna un léger coup à l'épaule.

« Pour ça, fais-moi confiance, un bon coup là où il faut, et le problème est très vite réglé.

- J'espère n'avoir jamais à tester ça, fit Takao dans une grimace.

- Il suffit juste que tu restes à distance quand tu es beurré, c'est tout. Et puis, au pire Sakurai me protègera », lança-t-elle en plaisantant.

Le garçon à sa droite se mit à la regarder avec un certain ahurissement.

« Garcia-san ! Pardon, je ne pense pas pouvoir-

- Allons, Sakurai, c'était une blague, lui dit-elle en ébouriffant ses cheveux, et puis s'il y a quelqu'un à protéger ici, c'est bien toi.

- Pardon ! »

Tout en ouvrant son casier, Kazunari prévint les deux autres que leur pause était finie et que leur service allait commencer : en effet, il était 21h45. Puis, il déposa ses affaires, c'est-à-dire son sac, dans lequel il y avait des habits de rechange, son téléphone portable, ses clefs et son casque. Tandis qu'il passait une main dans ses cheveux, il vit du coin du l'œil Kasamatsu entrer dans la pièce. Il lui fit un petit signe de la main, sentant qu'il était plus détendu que lorsqu'il l'avait vu précédemment.

« Bien, vu que tu es là, Takao, j'ose espérer que tu es prêt à passer sur scène dans deux minutes ?

- Yes Yuki-chan ! »


S'avançant sur la scène, la sangle de sa guitare autour du cou, Takao était nerveux. Ce n'était pas la première fois qu'il jouait, bien sûr que non, mais c'était la première fois qu'il jouait devant autant de monde.

Mais d'un autre côté, il était aussi heureux : cette même scène qu'il foulait allait lui permettre de se faire connaitre un peu plus. Il n'avait rien prévu, par contre : son service habituel n'étant pas aujourd'hui, il s'était dit qu'il n'avait qu'à chanter ses propres compositions. Il se plaça devant le micro et se mit à parler, essayant de calmer sa voix. Il ne voulait pas paraitre nerveux, même si, bien évidemment, il l'était.

« Bonsoir à tous et à toutes, je me présente pour ceux qui ne me connaissent pas déjà, je m'appelle Takao Kazunari, et je suis chanteur. Je vais vous interpréter quelques-unes de mes chansons et, pour commencer, Walk. »

Ses doigts, qui étaient encore inactifs il y a un instant, se mirent à bouger sur la guitare.

Quelques accords plus tard, sa nervosité avait disparu et il chantait à pleins poumons les paroles de sa nouvelle chanson.


Apres plus de deux heures de concert, il descendit de scène. Les personnes attablées et celles assises au bar applaudissaient le jeune homme qui s'essuyait le front du revers de son poignet. S'il avait été stressé quand il avait commencé à chanter, il avait bien vite abandonné ce sentiment, qu'avait remplacé l'excitation.

Takao avait rejoint le vestiaire et, tout en enlevant son haut humide de transpiration, il s'affala sur une chaise, épuisé. Il savait qu'il était minuit passé de quelques minutes et que Sakurai aurait bientôt fini son service, car ce soir le châtain avait une obligation qui l'empêchait de travailler jusqu'à la fermeture, alors il l'attendit. Il savait qu'il allait devoir prendre la relève du serveur, puisque Kasamatsu l'avait prévenu la semaine précédente. De toute façon, cela l'arrangeait : il préférait être occupé, parce qu'être seul lui faisait se souvenir du regard qu'il avait croisé ce matin. Il frissonna, tant il aurait aimé le revoir. Il secoua énergiquement la tête. Non ! Il devait arrêter d'y penser.

« Alors, Takaho, on devient fou ? » dit Kasamatsu d'un ton amusé, alors qu'il regardait son employé se secouer la tête de droite à gauche en rougissant légèrement.

Ledit Takao releva la tête, un air effaré plaqué sur le visage, et se sentit gêné que Kasamatsu ait pu le voir faire un truc aussi stupide. Il avait dû ressembler à un attardé ! Il se gifla bien fort mentalement et s'auto-insulta puis lui répondit enfin, après un silence d'au moins trente secondes.

« Non, enfin je ne crois pas », plaisanta-t-il.

Il se releva de la chaise, et son patron lui fit remarquer que l'exhibitionnisme des chanteurs n'était pas autorisé avant de lui lancer en râlant la tenue de serveur qu'il allait devoir porter. Takao pouffa de rire et se mit à enfiler la tenue règlementaire du bar, composée d'un pantalon noir droit et d'un gilet de la même couleur, à enfiler au-dessus d'une simple chemise blanche. Sakurai arriva peu après qu'il eut fini de se changer, en s'excusant et en le remerciant alternativement d'avoir accepté de le remplacer. Takao acquiesça et lui dit que c'était tout naturel, tandis que le plus jeune quittait le bar d'un pas pressé.

C'est un plateau à la main et le sourire aux lèvres que Takao se dirigea vers la salle, prêt à prendre les commandes.


Cela faisait bien cinq minutes qu'Alexandra essayait de faire sortir le dernier client de la salle. Il ne restait personne à part l'homme à moitié étalé sur le bar, un verre à la main, empestant l'alcool. La patience de la femme était mise à rude épreuve : elle avait essayé presque tous les moyens dits « doux » pour le faire partir, mais rien n'y faisait, l'homme était accroché au bar tel une sangsue à un bras, et ne voulait pas s'en décrocher.

Elle agrippa son bras et se mit à le tirer, ne voulant passer la nuit ici, parce qu'elle avait encore d'autres projets pour cette nuit, et s'occuper de ce client n'en faisait pas partie. Le client dégagea son bras d'un mouvement brutal, faisant reculer Alexandra. Il lui lança un regard agressif, empli de colère, et se mit à l'insulter copieusement. La femme, outrée et passablement agacée de son comportement, voulut le gifler, mais une main l'en empêcha.

« Alex, garde ton sang-froid. Ce client va sortir. Laisse-moi m'en occuper et occupe-toi de la fermeture avec Takao, s'il te plaît », lui dit Kasamatsu, en regardant l'homme.

Etrangement, celui-ci semblait plus calme après avoir vu les yeux bleu glacier de Yukio, qui le regardait avec un agacement presque contenu. Le chef de l'établissement lui attrapa le bras sans aucune douceur et le leva de la chaise sur laquelle il était assis, avant d'attraper son téléphone de sa main libre.

« Je vais vous appeler un taxi, monsieur. Si vous voulez bien m'accompagner dehors, à présent, le bar va fermer », lui dit-il sur un ton s'approchant plus de celui de l'ordre que de celui de la demande.

Trainant l'homme éméché, il attendit patiemment le taxi qui arriva deux minutes plus tard. Après avoir installé l'homme dedans, Kasamatsu se mit à soupirer. Il se massa les tempes, posant son regard autour de lui. Il faisait relativement froid et il se maudit de ne pas avoir pris de veste avant de sortir. Quoi qu'il avait encore de la chance car la pluie avait cessé.

Un bruit étouffé parvint à ses oreilles aussi, il tourna la tête vers l'endroit d'où provenait le son et fronça les sourcils.

« Hum ? »

Il pensa sur le moment que ce devait être un animal abandonné, mais un autre bruit le fit changer d'avis. Cela ressemblait plus à une plainte qu'à autre chose, et il doutait qu'un chat ou un chien puisse produire ce type de sons. Il avança alors vers l'endroit d'où semblait provenir la plainte. Mais, malheureusement, le lampadaire qui se trouvait derrière lui n'avait de compagnon dans la même allée qu'une dizaine de mètres plus loin. Il continuait donc dans l'obscurité quand il entendit une autre plainte, plus distinctement cette fois.

Il put voir une ombre sur le sol, un corps, humain qui plus est. Il fut pris d'une soudaine frayeur mais se ravisa en comprenant que c'était cette personne qu'il avait entendue devant le bar. Il s'accroupit et remarqua que la silhouette était celle d'un homme.

Cet homme était là, adossé au mur, les habits sales et déchirés, principalement et niveau du torse, des jambes et des bras il était là, tremblant de froid. Il souffrait, ça s'entendait et se voyait, et même avec le peu de luminosité qu'il y avait Kasamatsu réussissait à voir l'ecchymose qu'il avait sur la joue. Sa tête penchait faiblement vers le côté. Le patron du bar ne pouvait voir son visage et décida de le tourner vers lui.

Son visage était tuméfié, il pouvait le voir plus nettement maintenant. Les cheveux de l'homme étaient blonds, en bataille et sales. Il avait les yeux à demi clos, et son regard semblait à présent posé sur lui. Le cœur de Kasamatsu manqua un battement. Il venait de prendre réellement conscience de l'état pitoyable du garçon et cela faisait monter la panique en lui.

« Hé… ça va ? »

Il se demanda si l'état du garçon était le fruit d'une histoire de règlement de compte comme on en voit dans les films, d'une histoire d'argent qui a mal fini, d'un adultère, ou alors d'une simple agression. Dans tous les cas, celui ou ceux qui lui avaient fait ça devaient être musclés. Il hésita entre le ramener au bar et lui apporter lui-même les premiers soins ou l'emmener directement à l'hôpital, mais il avait peur qu'un long trajet ne l'affaiblisse encore plus.

Son esprit continua de divaguer, quand, comme pour lui rappeler sa situation, l'homme étendu sur le sol fut pris d'une violente quinte de toux et une plainte s'échappa de ses lèvres.

« Aidez-moi … »


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