Bonjour tout le monde !

Des auteurs de Wattpad m'avaient lancé une série de défis à relever pour des fanfictions sur Meteor Garden (en anglais). Cependant, avec leur accord, j'ai décidé de tenter l'expérience avec Harry Potter.

Voici donc mon premier "prompt" sur le thème de jalousie, et franchement je n'ai qu'une chose à dire: écrire sur Harry Potter m'a énormément manqué !

Bonne lecture

Jealousy

La fête battait son plein au Terrier. La tente qu'avaient installée les Weasley semblait presque luxueuse avec ses drapés dans les tons mauves et argents, en harmonie avec les nappes disposées sur les différentes tables rondes.

Les verres se remplissaient magiquement de champagne, ou de toute autre boisson que l'on désirait, les victuailles préparées par Molly Weasley ne cessaient de régaler les invités, mais le principal de la fête se trouvait sur la piste de danse.

Tous les yeux étaient fixés sur les mariés : Bill Weasley, l'aîné de la fratrie, enlaçait amoureusement sa splendide épouse française, Fleur Delacour. La demi-vélane éblouissait une fois de plus le monde avec ses longs cheveux blonds tombant en cascade, sa coiffure sophistiquée, et sa magnifique robe blanche brodée de noir la faisant ressembler à un oiseau enchanté. Pourtant, elle n'avait d'yeux que pour son mari.

Mais tout cela, Ron, le cadet des fils Weasley, s'en moquait parfaitement. Il se tenait à l'écart de tout ça, un verre de champagne à la main qui attendait patiemment d'être bu. Pour une fois, il avait pu se vêtir élégamment. C'était le mariage de son frère, après tout !

Sa robe de sorcier noire tranchait sur le blanc de sa chemise alors que son gilet mauve brodé délicatement s'harmonisait avec sa cravate et son pantalon. Il aurait pu se sentir fier, beau, mais une seule chose importait à ses yeux, et elle se trouvait un peu plus loin sur la piste de danse.

Il la regardait tournoyer dans les bras d'un autre en silence. Elle était splendide, rayonnante, les yeux brillants de mille feux. Elle avait relevé ses cheveux en une coiffure sophistiquée et délicate, de fines tresses s'entrelaçant sur son crâne alors que le reste de ses cheveux retombait en boucles sur ses épaules.

Elle avait maquillé son visage avec délicatesse, et sa tenue montrait subtilement au monde entier ce qu'elle cachait en permanence : sa taille gracile, les courbes de son corps de jeune femme, sa beauté tout simplement.

La robe était simple pourtant, rouge, avec un joli décolleté doublé de dentelle, cintré à la taille avec un jupon s'évasant sur ses genoux. De la dentelle et de la tulle embellissaient le tout. Mais Ron voyait surtout ses jambes fines qui l'hypnotisaient, ainsi que la peau qui était dévoilée un peu plus que d'habitude et c'était un autre que lui qui en profitait.

Elle riait, souriait, tandis que l'homme qui la tenait semblait totalement avoir succombé à son charme. Le jeune Weasley sentait son cœur se serrer, ses entrailles se tordre, tandis que son poing se serrait rageusement. Colère, tristesse, envie et impuissance se mêlaient en lui, le dévorant peu à peu. Il avait déjà ressenti cela quelques années auparavant, trois ans pour être plus précis, alors qu'ils étaient en quatrième année.

Lors de ce bal, il avait tellement eu du mal à reconnaître sa meilleure amie. De rat de bibliothèque, elle s'était brutalement transformée en jolie jeune fille de quatorze ans dans sa jolie robe de bal. Il était resté fasciné, hypnotisé par ce qu'il n'avait jamais vu jusque-là… puis il avait réalisé qu'elle était aux bras de Viktor Krum.

A l'époque, il avait eu des difficultés à mettre un mot sur ces sentiments, mais maintenant il savait.

C'était de la jalousie.

Lui, Ron Weasley, était définitivement jaloux de tous ceux qui étaient capables d'approcher et de toucher Hermione Granger. Il hésitait entre lancer un sort cuisant sur le sale type qui osait toucher celle qui hantait ses jours et ses nuits ou la détester de l'ignorer ainsi.

Mais, pour tout dire, si Ron était jaloux, c'était surtout parce qu'il ne se sentait pas à la hauteur. Lorsqu'il s'agissait d'Hermione Granger, le grand dadais roux perdait toute confiance et se sentait plus que ridicule.

Hermione était brillante. Elle lisait une quantité astronomique de livres alors qu'il n'était pas capable de lire plus de deux pages de son manuel. Elle arrivait à bout de n'importe quel sort alors que pour lui, il lui fallait souvent plus de quelques jours pour maîtriser un simple sortilège.

Le patronus avait été l'un des premiers sorts qu'il avait réussi à faire apparaître facilement. En cinquième année, durant leurs entraînements secrets de l'Armée de Dumbledore, Hermione venait de faire apparaître une loutre argentée qui virevoltait autour d'elle. La jeune fille, fascinée, ne la quittait pas du regard, avouant qu'elle adorait ces animaux. Ron avait admiré secrètement son sourire radieux, ses yeux qui pétillaient de joie et de tendresse.

Elle n'avait jamais été aussi belle qu'à ce moment-là. Même si elle lui semblait toujours aussi inaccessible, cette vision lui avait réchauffé le cœur, et procuré une joie immense. Ça n'avait donc pas été compliqué de faire appel à un souvenir heureux pour faire apparaître son propre patronus : il l'avait devant les yeux.

Instantanément, un jack russel terrier argenté avait surgi de sa baguette et s'était mis à courir partout dans la salle, renversant des élèves sur son passage. Ebahi, Ron l'avait fixé avec des yeux ronds, ayant du mal à croire qu'il avait réussi à produire un tel petit miracle aussi facilement. Le petit chien de chasse avait retrouvé la loutre et tous deux s'étaient mis à se poursuivre joyeusement, sous les éclats de rire de tous les élèves présents.

« Savais-tu que les jack Russel Terrier étaient particulièrement doués pour chasser les loutres ? » Lui avait murmuré Fred à l'oreille tandis que George s'esclaffait, hilare.

Ron avait senti ses oreilles rougir, mais il ne les écoutait qu'à peine. Hermione venait de poser sur lui un regard rempli d'admiration, et, lui adressant un magnifique sourire, elle lui avait murmuré : « Félicitations ». C'était presque la première fois qu'elle le regardait avec autant d'estime et il s'était surpris à penser que peut-être, oui peut-être, finalement, il pouvait avoir une chance avec elle.

Mais qu'était-il à côté de l'illustre joueur de Quidditch Viktor Krum ? Trois ans après leur bal de Noël, il tenait à nouveau la belle Hermione dans ses bras. Elle lui souriait, les yeux brillants, et le beau Bulgare la regardait avec une fascination et une adoration qui bouleversait le cœur de Ron Weasley.

Amer, il but une gorgée de son champagne, sentant à peine son goût alors que le liquide lui brûlait la gorge. Un peu plus loin, Bill et Fleur, le marié et la mariée, ne se quittaient plus du regard, valsant au milieu de tous, tous deux seuls dans leur bulle.

Même Harry, toujours très élégant dans son costume sombre dansait un peu plus loin avec Ginny, magnifique dans sa robe blanche brodée de perles noires. Il rencontra le regard de son meilleur ami, et le jeune Weasley se dépêcha de détourner la tête. Il était trop mal, rongé par la jalousie, honteux de sa propre médiocrité, et connaissant le garçon à la cicatrice en forme d'éclair, il savait qu'il devinerait aussitôt ses pensées.

Ron ne se trompait pas. Quelques secondes plus tard, Harry était à ses côtés, ayant pris congé de Ginny qui se délectait de petits fours au buffet. Le cadet des Weasley lui en voulut d'avoir délaissé sa sœur, de s'intéresser à lui quand il voulait être seul, mais, en même temps, le savoir toujours à ses côtés lui faisait chaud au cœur.

« Qu'est-ce que Hermione a dit, la dernière fois, déjà ? » Chuchota Harry à son intention, les sourcils froncés comme s'il était en pleine réflexion.

Ron se tourna vers lui, fronçant les sourcils, l'air perdu.

« Ah oui ! » S'exclama l'Elu en levant le doigt d'un air victorieux. Il prit alors une voix aigüe, essayant d'imiter grossièrement la voix de Hermione. « La prochaine fois, invite-moi directement au lieu d'attendre que quelqu'un d'autre le fasse ! »

Ron lâcha un grognement, vexé que son ami se moque ainsi de lui. Mais, en même temps, il ne put s'empêcher de sourire, attendri par ce souvenir. A l'époque, ils étaient encore insouciants, pensant qu'un amour déçu était le pire drame qui pouvait leur arriver. Harry lui tapota l'épaule.

« Si tu veux un conseil, Ron, » dit-il plus sérieusement, « arrête de faire le jaloux et va l'inviter à danser ! Tu en meurs d'envie depuis le début de la soirée ! Je t'ai très bien vu la dévorer du regard quand elle est arrivée avec sa jolie robe rouge, et je n'ai pas été le seul. »

D'un geste du menton, Harry lui désigna un point de la salle, et Ron vit Fred et George, chacun dansant avec une ancienne élève de Beauxbâtons, le regarder en lui faisant des clins d'œil et en s'esclaffant discrètement. Le jeune frère serra les dents. Décidément, les jumeaux ne perdaient jamais une occasion de se moquer de lui !

Il n'eut pas l'occasion d'y penser plus. La musique venait de s'arrêter et Hermione, les joues rouges d'avoir autant dansé et les yeux brillants se rapprocha d'eux, Viktor Krum sur les talons. Sans pouvoir se retenir, Ron serra les poings, la jalousie, la colère, la rancœur toujours bien présentes en lui. Mais qu'allait-il faire ? Lancer une pique à la jeune femme ? A son ancien idole, champion de Quidditch ? Cela finirait en dispute, comme d'habitude.

L'homme bulgare avait bien changé en trois ans. Il était devenu un jeune homme, plein de charmes, et attirait l'œil de la majorité de la population féminine. Il avait gagné en finesse, que ce soit physiquement ou au niveau de ses goûts vestimentaires et de coiffure. Son costume noir tout simple renforçait son élégance et son charisme.

Il s'inclina devant Harry et Ron, les saluant avec respect et gentillesse. Le jeune Weasley ferma les yeux et tenta de répondre à son salut le plus poliment possible tandis que Harry entamait la conversation avec son ancien concurrent au Tournois des Trois Sorciers.

Un nouveau morceau venait de commencer, et les couples se réunissaient à nouveau sur la piste. Discrètement, Harry donna un coup de coude à Ron tout en continuant à parler à Krum. En face de lui, Hermione les écoutait, remettant une mèche de cheveu derrière son oreille, tout en balançant son corps au rythme de la musique sans même s'en apercevoir.

Ron avala sa salive et prit une profonde inspiration.

Harry avait raison, comme d'habitude.

« Hermione, tu veux danser ? » Demanda-t-il.

Tous les regards se tournèrent vers eux. Comme un idiot, Ron avait parlé beaucoup plus fort que prévu. Mais, en fait, il s'en moquait. Il ne voyait que le sourire lumineux d'Hermione alors qu'elle acquiesçait, les joues roses. Le jeune homme lui prit la main, et l'entraîna sur la piste.

Alors qu'il tenait la fille qui hantait son cœur depuis qu'elle lui avait expliqué qu'on ne disait pas « leviosaaaa » mais « LeviOsa », Ron se sentit, pour la première fois de sa vie, le meilleur du monde, le plus chanceux, le plus extraordinaire. Il était certain que des regards jaloux se posaient sur eux alors qu'ils virevoltaient sur la piste. Mais qu'importe, Hermione ne semblait plus regarder que lui, et, à cet instant, il eut l'impression que rien de grave ne pourrait plus lui arriver.