Hum. Salut.
Je sais, ça fait une éternitéééééé, mais je me suis rendue compte qu'on avait déjà couvert presque une heure de film, et puis j'ai revu CDZ Abridged pendant le confinement donc forcément, le sens de la parodie qui sommeillait chez moi s'est réveillé...
En espérant, évidemment, que cette fic vous intéresse toujours, et que vous ne l'avez pas trop oubliée (ouais on peut rêver), j'ai la joie -que dis-je, l'honneur- de vous présenter le chapitre 6. J'espère que vous l'aimerez!
Chapitre 6 : La déception de sauter le second déjeuner, ou « L'attaque des Nazguls »
Pippin : Est-ce qu'on est obligés de jouer cette scène ?
Metteur en scène : Tu as quelque chose à y redire ?
Pippin : C'est-à-dire que… Enfin c'est très court.
Metteur en scène : C'est normal, on a deux scènes à tourner aujourd'hui et j'aimerais avoir fini avant la semaine prochaine. Bon, tout le monde en place ! On se dépêche s'il vous plait, où est le cheval ?
Accessoiriste : Ici !
Metteur en scène : C'est le bon cette fois ?
Accessoiriste : J'en sais rien, celui-là ne m'a pas donné son nom.
Metteur en scène : … C'est le bon, donc. Allez c'est parti, un peu de nerf, ACTION !
Dans la forêt de quelque part
Metteur en scène : C'est pas vrai qu'il est revenu, lui ?!
Narrateur : Si, désolé… Faut dire qu'il a largement eu le temps de récupérer, pour le coup…
Metteur en scène : Je ne tolèrerai aucune remarque sur mon retard. J'avais le syndrome de la page blanche. Oh et puis j'ai pas à me justifier, ACTIOOOON !
Aragorn prend les rênes du cheval et commence à le guider entre les arbres, suivi par les Hobbits à la file indienne.
Merry : Où est-ce que vous nous emmenez ?
Aragorn : A Fondcombe.
Pippin : Chez les elfes ? Trop bien !
Aragorn, entre ses dents : Je serais pas si enthousiaste si j'étais vous…
Sam : Qu'avez-vous dit ?
Aragorn : Rien, rien…
Sam : Monsieur Frodon, cet homme ne me dit rien qui vaille ! Est-ce qu'on est sûrs que c'est un ami de Gandalf ?
Frodon : Bah non, comment voudrais-tu qu'on soit sûrs ?
Sam : On ne devrait pas le suivre sans preuve !
Frodon : Ok, Sam, regarde-le bien. Il a une épée et il est plus grand que nous. Excuse ma franchise mais je préfère échapper aux Nazguls avec lui qu'avec toi.
Sam : Hein ?
Frodon : Et puis on n'a pas le choix, allez, avance.
Sam : Je sais pas pourquoi, mais j'ai envie d'être vexé.
Tout le monde continue à marcher. Longtemps. Très longtemps.
Metteur en scène, exaspéré : Vous avez oublié, n'est-ce pas ?
Frodon : Oublié quoi ?
Metteur en scène : Oh je ne sais pas, que si un jour on veut tourner la suite vous devez vous arrêter ?
Pippin : Oh oui tiens, ça serait bien qu'on s'arrête, j'ai un peu faim !
Metteur en scène, en levant les bras au ciel : Alléluia ! Si j'avais su qu'il suffisait de demander.
Aragorn : On ne peut pas s'arrêter, pas avant la nuit tombée.
Pippin : Mais… Et le déjeuner ?
Aragorn : Vous vous foutez de moi ? Vous avez déjà vidé deux fûts de bière et mangé quatre dindes juste avant de partir !
Pippin : Oui, mais c'est l'heure du second déjeuner.
Aragorn, dubitatif : Le second dé- Oh la vache vous êtes sérieux en plus ? Mais comment vous faites pour rester petits et relativement maigres ? Ca fait combien d'années que vous vivez comme ça ? Vous devriez ressembler à des montgolfières !
Metteur en scène : Alors par contre si vous pouviez arrêter d'inclure dans le texte des trucs qui n'existent pas dans cet univers, la cohérence vous en serait reconnaissante.
Aragorn, en se reprenant : Vous devriez ressembler à Sauron !
Sauron, dans le studio d'à côté : Hé, je t'emmerde ! Mon œil est rond, pas moi !
Pippin, boudeur : Donc, pas de second déjeuner… ?
Pour toute réponse, Aragorn leur lance quelques pommes.
Merry, en fixant le fruit dans sa main : Je suis pas sûr, mais je crois qu'il nous a pris pour son canasson.
Aragorn, déjà loin : Bougez-vous le derrière, bande de mollasses ! Fondcombe ne va pas se rapprocher toute seule, croyez-moi !
Metteur en scène : Et COUPEZ !
Narrateur : Ah bah c'était pas mal !
Metteur en scène : Tu parles… Je me serais attendu à plus d'assiduité pour la reprise… Ils ont eu le temps de potasser leur texte, on va pas me la faire à moi !
Frodon : Hé ! T'es pas le seul à avoir eu autre chose à faire pendant la pause !
Metteur en scène : Bref, passons. Où est mon abruti de régisseur ?
Narrateur : Oh, la dernière fois que je l'ai vu, il léchait le fond des fûts de bière.
Metteur en scène : Va le chercher, s'il te plait. On change de studio, deuxième scène !
Frodon, qui soupire de soulagement : Allez les gars, c'est fini pour aujourd'hui pour nous ! Le dernier dans la loge ne mérite pas le second déjeuner !
Metteur en scène, en changeant de studio : Saroumane ?!
Saroumane, derrière lui : Oui ?
Metteur en scène, qui sursaute : Oh Sainte Marie ! Qu'est-ce que tu fais là ?!
Saroumane, qui lève ses sourcils : Euuuh, je viens jouer ma scène ?
Metteur en scène : Ah oui ! Vas-y.
Saroumane, sarcastique : Si je pensais un jour avoir ta permission…
Metteur en scène : Bon, tout le monde est prêt ? Le régisseur, t'es là ?
Régisseur : Ouiiiii-hihiiiiii !
Metteur en scène : Ca m'avait tellement pas manqué… Bon, action !
Saroumane, la main au-dessus de la pierre de vision, fait semblant d'entendre Sauron. Euh… Fait semblant ?
Metteur en scène : Non mais c'est une blague ?! SAURON !
Sauron : Ah oui, pardon ! Attendez, le truc de voix !
Metteur en scène, rouge comme une pivoine : TON TEXTE !
Sauron : Euh, ah, alors, euh, une seconde, voilà, ça y est presque…
Saroumane, qui soupire : Rien n'a changé, ici…
Sauron, qui a enfin réussi à brancher le modificateur de voix : Construis-moi une armée !
Saroumane laisse planer un instant de silence. Puis…
Saroumane : Attendez, c'était tout ce qu'il devait dire ? Vous parlez d'une intervention ! Et c'est rémunéré, ça ?!
Metteur en scène : Excuse-moi, est-ce que je t'ai demandé ton avis ?
Saroumane : Euh, non ?
Metteur en scène : C'est bien ce qu'il me semblait, LES ORCS C'EST À VOUS !
Narrateur, à voix basse au régisseur : Ce coup-ci c'est sûr, il tient pas jusqu'à la fin.
Régisseur : Je vois vraiment pas pourquoi, on fait tous bien notre job ici-hihiiii !
Deux orcs entrent dans la salle du trône de Saroumane.
Orc 1 : Alors, c'est quoi les ordres, patron ?
Metteur en scène : Mais vous vous êtes crus dans Pulp Fiction ou quoi ? Un peu de respect !
Orc 2 : Quels sont les ordres de l'œil, ô grand maître ?
Metteur en scène, qui prend sa tête entre ses mains : Oh bah oui, allez-y, roulez…
Saroumane : Nous avons du travail à faire…
Travelling vers la cour de la Tour où les orcs ont commencé à abattre les arbres.
Saroumane : Oui, abattez-les tous… Mais replantez-les, quand même, déjà que l'Australie a flambé à moitié…
Metteur en scène : Alors, c'est louable hein, j'admire, mais ça vous arrache la tronche de rester dans votre personnage, tous ?
Travelling sous la Tour, où on assiste à la naissance immonde d'un orc dans la boue.
Orc : Je vous jure que je ne le fais qu'une fois ! Les bains de boue, je veux bien, mais avec le maquillage j'étouffe moi !
On repart vers la Tour, qu'on gravit jusqu'au toit.
Gandalf, prisonnier en haut de la Tour : En parlant de rester dans le personnage, la prochaine fois que vous décidez de faire une pause, est-ce que par hasard vous pouvez vérifier que les studios sont vides ? Histoire de libérer les prisonniers, tout ça…
Metteur en scène, qui l'ignore : Ah ouais, en parlant de se libérer ! Envoyez le papillon auquel il est censé parler !
Le papillon en question surgit, et vole jusqu'à Gandalf qui l'attrape d'une main molle et lui murmure quelque chose avant de le relâcher.
Gandalf, qui insiste : Non, mais vraiment, vous m'avez oublié. Je veux bien jouer votre scène du papillon, mais des excuses ça serait quand même pas du luxe !
Metteur en scène : Oui, bon, désolé. En même temps, on n'avait pas prévu de mettre le tournage en pause si longtemps. Ah et puis, coupez, aussi. On s'arrête là pour aujourd'hui.
Narrateur : Il est encore tôt non ? On pourrait tourner la scène d'après, les Hobbits et Aragorn sont encore là.
Metteur en scène, qui regarde sa montre : Ca se tente, on essaye.
Après quelques minutes, les Hobbits débarquent sur le plateau.
Frodon : C'est pas juste, je pensais qu'on en avait fini pour aujourd'hui…
Metteur en scène : Eh bah tu pensais mal, allez c'est parti ! Action !
Retour dans la forêt de quelque part
Aragorn montre du bout de son épée des ruines en haut d'une colline.
Aragorn : Nous camperons là-haut ce soir.
Merry, qui regarde Pippin avec des grands yeux : Mais il a pété un plomb ? Le siège en encerclant l'ennemi, ça lui dit rien ?
Pippin : Je crois que c'est justement ça, l'intrigue.
Merry : Ahhh !
Une fois en haut de la colline, parmi les ruines, Aragorn révèle qu'il transporte plusieurs armes avec lui.
Aragorn : C'est pour vous. Par contre faites gaffe, c'est pas de la blague, ça coupe vraiment !
Pippin : Oh génial ! Je suis certain que ça sera très efficace pour découper le bacon !
Aragorn, qui l'ignore avec superbe : Je vais vérifier les environs. Ne faites rien de stupide pendant mon absence, c'est compris ?
Pippin, distrait par la lame qu'il tient dans ses mains : Rien de stupide, oui oui, c'est compris !
Aragorn s'éloigne et sort du champ. Frodon s'installe un peu à l'écart de ses compagnons et s'endort. Il est réveillé, néanmoins, par une odeur de brûlé. Ses trois compagnons ont allumé un feu de camp pour faire cuire du bacon.
Frodon, qui saute sur ses pieds : Mais vous êtes complètement fous ! Éteignez ça !
Pippin : Bah pourquoi ? L'autre chevelu nous a interdit de manger le second déjeuner, donc on mange maintenant !
Frodon : Mais on va se faire repérer avec vos âneries !
Sam : Ah, j'avoue qu'on n'a pas pensé à ça…
Frodon éteint le feu avec ses grands pieds, mais c'est trop tard déjà, on entend au loin les cris des Nazguls qui s'approchent.
Frodon : Aux armes, compagnons !
Dos à dos, les quatre Hobbits dégainent leurs armes et regardent les Nazguls approcher, l'air terrifiés. Les cavaliers noirs ont soudain l'air d'attendre que quelque chose se passe.
Metteur en scène : Oui, en fait, je vous explique, en tant qu'amis, vous êtes censés vouloir vous sacrifier pour Frodon.
Pippin, Merry et Sam, en sortant de derrière Frodon : Tu es sûr ?
Metteur en scène : On ne peut plus sûr, oui, il me semble encore que c'est mon film…
Sam : Bon, dans ce cas…
Sam se jette devant Frodon, l'épée devant, mais se fait éjecter contre une colonne. Le même sort s'abat sur Merry et Pippin, qui s'étaient collés devant Frodon. Le dernier Hobbit debout trébuche et tombe à la renverse alors que les Nazguls avancent sur lui. Mû par une force inconnue (Régisseur : Mais si elle est connue, c'est Sauron !), Frodon sort l'Anneau de sa poche et le passe à son doigt. Il voit enfin les Nazguls sous leur vraie forme, des spectres blancs et squelettiques, qui tendent leurs longs doigts vers l'Anneau. Heureusement, Frodon résiste, mais en représailles, un des Nazguls lui perce l'épaule de son épée. C'est à ce moment qu'Aragorn fait sa superbe entrée et combat les Nazguls avec son épée et une torche.
Pippin : Hé ben, on a failli attendre…
Sam, maintenant que l'attention des assaillants est détournée, se jette aux côtés de Frodon.
Sam : Ca va m'sieur Frodon ? Ca fait pas trop mal ?
Frodon : Bien sûr que si, abruti !
Pendant ce temps, Aragorn a réussi à mettre en fuite les Nazguls, non sans en avoir fait flamber l'un ou l'autre.
Metteur en scène : Si j'avais cru que les chorégraphies de combat seraient respectées, en encore mieux, qu'elles seraient respectées sans blesser personne…
Aragorn s'agenouille aussi près de Frodon.
Aragorn, en soulevant Frodon du sol : Il a été touché par une lame de Morgul. Il a besoin des elfes, nous devons fuir !
Sam, qui suit les autres et qui se met à courir aussi : Mais on est encore à six jours de marche de Fondcombe ! Il va mourir !
Aragorn, qui l'ignore encore et qui pose Frodon par terre après une courte course pour arriver aux pieds de la colline : Je vais chercher des herbes dans la forêt pour tenter de ralentir le poison, veillez sur lui !
Aragorn s'éloigne dans la forêt. Il trouve miraculeusement l'herbe qu'il recherche (Régisseur : Ah, comme le monde est petit !), mais une lame inconnue trouve son chemin sous sa gorge.
Arwen, qui se moque : Tiens donc, un rôdeur dans mes filets !
Régisseur : Ah, comme le monde est vraiment petit !
Aragorn ramène Arwen au chevet de Frodon dans l'espoir qu'elle puisse le sauver.
Arwen : Ah oui, donc il est vraiment en train de mourir.
Aragorn : Est-ce que je t'ai déjà menti ?
Arwen : Tu veux vraiment qu'on commence à parler de ça maintenant ?
Aragorn : Non, t'as raison. Emmène le gosse, et emmène-le vite.
Arwen : Si je ne te connaissais pas mieux, je penserais que tu essayes de me chasser au plus vite…
Aragorn, qui pose Frodon sur le cheval puis qui pousse Arwen à monter aussi : Mais non, quelle idée ! Allez fouette cocher !
Narrateur : Ca va vachement vite, non ?
Metteur en scène : C'est pas plus mal, tu veux que je te rappelle le retard qu'on doit rattraper ?
Narrateur : Ah oui, c'est vrai…
Arwen s'éloigne au grand galop, les Nazguls à sa poursuite. Ils se resserrent de manière dramatique autour d'elle, mais elle tient bon, et réussit à passer le fleuve au-delà duquel les Nazguls ne peuvent plus la suivre.
Frodon, tout décoiffé de la course : Ah oui, c'est vrai qu'ils ne peuvent toujours pas nager ! C'est pratique quand même !
Metteur en scène : Tu es censé être à moitié mort, toi…
Frodon : Ah oui, pardon ! Aaaaah je me meurs !
Arwen prononce quelques mots en elfique, puis les techniciens ouvrent les portes du barrage en amont, libérant assez d'eau pour balayer les cavaliers noirs. Malheureusement, c'est trop tard, et Frodon est déjà mort.
Arwen, désespérée : Non, Frodon ! N'abandonne pas ! J'ai griffé ma joue sur une saloperie de branche pour toi, ça devrait être suffisant !
Metteur en scène : Coupez ! C'est pas le grand luxe mais disons que c'est valable. On la garde.
Narrateur : Tu parles d'une reprise… Je suis épuisé déjà.
Metteur en scène : À qui le dis-tu… Je pensais pas devoir renouveler mon ordonnance d'anti-dépresseurs si vite...
Bon, bon, bon...
On dirait qu'on arrive enfin à Fondcombe, après quelques années... Hum...
Je ne le dirai probablement jamais assez, mais je suis désolée du temps que ce chapitre a pris pour sortir... J'espère de tout coeur qu'il vous aura plu malgré tout, même si je doute de retrouver le lectorat de l'époque!
N'hésitez pas à me laisser un petit coucou après tout ce temps, ça me fera énormément plaisir!
(Promis j'essaye de sortir le prochain plus vite)
