Elle était pourtant loin d'être aussi assurée qu'elle voulait le paraître. Le cœur battant la chamade, elle réalisait ce qui était sur le point d'arriver. Ils entrèrent dans la chambre la plus proche, cherchant un chandelier sur lequel ils pourraient déposer de quoi éclairer la pièce. D'un regard circulaire, Oscar estima qu'il s'agissait de la chambre de l'ancien maître des lieux. Alain venait enfin d'allumer la dernière des chandelles et il avait même trouvé du parfum à brûler sur une commode de la pièce. Il s'approcha du lit et en retira les draps et couvertures, il avait rapporté tout ce qu'il fallait de chez les Châtelets en attendant de pouvoir tout faire laver, voire de tout racheter.

Oscar l'aida à tout installer puis elle se détourna, faisant mine d'examiner une tapisserie qui ornait le mur. Ils avaient eu beau déjà en parler et exprimer leurs peurs et espoirs à ce sujet, elle se rendait compte que face à la réalité du moment, elle voyait ses craintes revenir au grand galop. C'était ridicule, elle n'avait pas eu ce genre de peurs avec André, et elle aimait Alain alors pourquoi cette appréhension avec lui ? Elle sursauta lorsqu'elle le sentit l'attirer à lui en glissant ses bras autour de sa taille.

« On ne fera rien que tu n'aies envie de faire, » lui rappela-t-il, murmurant à son oreille et déposant ensuite un baiser sur ses cheveux. Bon sang ce qu'elle pouvait être sotte ! Décidée, elle se retourna pour lui faire face et lui sourit avant de l'embrasser tendrement. « J'en ai envie, c'est juste que je … » elle haussa les épaules, gênée. « Je ne sais pas quoi faire. » Tout avait été très naturel avec André, et surtout, des années à l'aimer sans le comprendre s'étaient muées en un désir qui n'avait laissé place à aucune hésitation. Cette fois-ci, bien qu'elle l'aime et le désire, les choses étaient différentes.

« Me fais-tu suffisamment confiance pour me laisser le contrôle ? » lui proposa-t-il, haussant son menton qu'il avait pris entre ses doigts.

« Je n'aime pas perdre le contrôle, » répondit-elle en souriant, frondeuse. Cela le fit sourire lui aussi, cette femme était incroyable, même en plein doute elle était capable de relever le gant avec sa confiance habituelle, mais il ne se laisserait pas duper. Bien sûr qu'elle reprendrait le contrôle à un moment, c'était bien trop ancré en elle, il était certain qu'elle se laisserait emporter par la passion une fois sa gêne passée. « Je te promets de te laisser le reprendre ou de te le partager à n'importe quel instant dès que tu le souhaiteras. Et si je fais la moindre chose qui te mets mal à l'aise, dis-le-moi immédiatement et je m'arrêterai d'accord ? » lui proposa-t-il.

Le cœur battant, elle lui signifia qu'elle acceptait sa proposition d'un signe de tête. Il la reprit alors dans ses bras et la serra contre lui, il était décidé à faire monter la passion en elle petit à petit. Pour la première fois de sa vie il prit conscience que la femme qu'il tenait dans ses bras lui était infiniment précieuse, c'était son épouse. Il n'allait pas profiter de son corps contre une rémunération, elle ne feindrait rien juste pour lui faire plaisir ou éventuellement gagner un bonus, il ne partirait pas en la laissant dès le lendemain matin voire au milieu de la nuit pour laisser la place à un autre. Il allait sincèrement partager ce moment avec la femme de sa vie et c'était quelque chose qu'il lui semblait avoir attendu toute sa vie. L'amour physique, le sexe, c'était quelque chose qu'il connaissait, qu'il appréciait et qu'il maîtrisait. Mais là, les cartes avaient été redistribuées.

S'écartant légèrement d'elle, il s'empara de la tresse qu'elle avait fait le matin même, prenant soin d'y déloger délicatement la fleur que Rosalie lui avait trouvée et de la déposer sur une console contre un mur. Il libéra sa chevelure et passa longuement ses mains au travers de la soie dorée comme pour les brosser et s'assurer qu'ils resteraient disciplinés, alors qu'en fait il ne souhaitait qu'une chose c'était de les rendre totalement désordonnés dans les minutes qui suivraient. Mais il la sentait se détendre et c'était ce qu'il souhaitait. Il passa sa chevelure sur le côté et en profita pour couvrir sa nuque et son épaule de baisers.

Du coin de l'œil, il constata qu'elle venait de fermer les yeux, elle profitait de l'instant, c'était parfait. Doucement, il commença à avancer, la faisant reculer vers le lit qui serait bientôt le leur. S'arrêtant à quelques centimètres de son but, il en profita pour la dévisager quelques instants, les joues rosies et la poitrine haletante, elle était la tentation faite femme sans même en avoir la moindre idée. Se surprenant à avoir les mains qui tremblaient légèrement tant le moment s'avérait monumental, il stoppa quelques secondes le temps de reprendre ses esprits. Il était sur le point de déshabiller Oscar de Jarjayes.

C'était elle qui l'observait désormais, se demandant ce qui avait bien pu l'arrêter. « Ça va ? » lui demanda-t-elle.

« Tu plaisantes ? Je suis en train de vivre le plus beau moment de ma vie et tu me demandes si je vais bien ? » fanfaronna-t-il pour se donner une contenance. Mais ça ne prit pas avec elle, elle avait ressenti son émotion sans pour autant en saisir toutes les subtilités. Tremblant toujours légèrement, il glissa une main derrière sa nuque à nouveau, et l'autre se saisi du lacet qui retenait le corsage bleu qui recouvrait sa chemise. Il eut tôt fait de l'en débarrasser, le déposant sur un fauteuil tout proche. A son tour, il ôta sa veste et tira sur le lacet de sa chemise pour l'entre-ouvrir. Le souffle court, Oscar le regardait faire, mourant d'envie d'y glisser ses mains. Oh et puis après tout … pourquoi hésiter ? Alors doucement, elle leva sa main, ne le lâchant pas du regard, et la posant dans l'échancrure qu'il avait finalement mise à sa disposition.

« On reprend le contrôle mon colonel ? » la taquina-t-il gentiment, absolument charmé par son initiative.

« Disons que je le partage, » lui répondit-elle sur le même ton, élargissant encore plus l'ouverture du col puis lorsque cela ne lui suffit plus, s's'enhardit jusqu'à se saisir des pans de la chemise et de la faire passer par-dessus sa tête. Il le savait, la gêne n'avait pas duré, oh elle était toujours là, prête à revenir à la moindre hésitation, mais il sentait que ce n'était plus désormais la sensation qui primait chez Oscar. Elle resta sans mot devant lui, à le dévorer du regard, et il devait avouer qu'il adorait provoquer ça chez elle. Il n'allait pas jouer aux hypocrites, il avait parfaitement conscience de l'effet qu'il faisait habituellement aux femmes, mais le constater sur celle qui était devenue son épouse, c'était un sentiment inédit et extrêmement plaisant.

Il mourait d'envie de la taquiner à nouveau, mais ça serait risquer de faire revenir la gêne, alors il la laissa le regarder aussi longtemps qu'il le put, mais un léger courant d'air le fit soudain frissonner et Oscar le remarqua immédiatement, semblant sortir d'une transe. « Je vais te faire attraper froid, pardon. » lui dit-elle, se retournant pour ouvrir le lit afin qu'ils puissent se glisser sous l'édredon de plumes qui ne manquerait pas de les réchauffer.

Toute idée de taquinerie évaporée, il s'approcha à nouveau d'elle et se décida à défaire la ceinture qui retenait sa jupe, la faisant tomber au sol, découvrant ses jambes sublimes qui étaient encore recouvertes par de fins bas de soie blanche. Il avait déjà eu le privilège de les observer nues mais c'était toujours gardé de les caresser. Amorçant un pas en avant, il la fit buter contre le montant du lit, souriant, et toujours sans un mot, elle s'accrocha à lui et se laissa aller vers l'arrière, l'entrainant avec lui.

Une fois allongés, il fait glisser ses mains sous la longue chemise qui était désormais le seul rempart entre lui et son corps et partit à la découverte des courbes qu'il avait passé des nuits entières à imaginer, tandis qu'elle commençait à caresser son dos. Leurs baiser se firent plus intenses et leur respiration plus saccadée.

Les fines mains d'Oscar quittèrent enfin son dos afin de s'attaquer aux boutons qui maintenaient son pantalon en place. Alain de son côté osa laisser ses mains explorer le torse de sa femme et frémit de bonheur lorsqu'elles entrèrent enfin en contact avec sa poitrine. Elle gémit doucement, lâchant provisoirement son entreprise de déboutonnage tant la sensation était délicieuse. Mais bien vite, cela ne suffit plus à Alain, la regardant droit dans les yeux comme pour attendre qu'elle lui demande d'arrêter son geste, il se saisit de la chemise pour la faire remonter et la passer par-dessus sa tête, la découvrant enfin intégralement.

Elle ne se déroba pas à son regard, restant immobile et le laissant la manger du regard comme il l'avait fait quelques instants plus tôt. Il tentait vainement de calmer les battements de son cœur et de se raisonner quant à son prochain mouvement. Il avait parfaitement conscience qu'en temps normal il n'aurait même pas pris la peine de déboutonner entièrement son pantalon et que dans un tel état de frustration il aurait probablement rapidement fait son affaire sans vraiment prendre en compte le plaisir de sa compagne de couche.

En parlant de déboutonner … Oscar s'était à nouveau attaquée aux ponts de boutons qui maintenaient son pantalon en place, l'ayant à moitié allongé à ses côtés d'un mouvement de ses hanches. Devait-il l'aider pour accélérer les choses ? A bien y réfléchir, non, se savoir déshabillé par Oscar lui faisait un effet fou, il était d'ailleurs très ostensiblement prêt pour la suite des événements. Haussant légèrement ses hanches lorsqu'il la vit tirer sur le pantalon pour le lui ôter, le vêtement glissa rapidement et rejoint ses congénères quelque part dans la chambre. Il se rendit compte qu'elle avait réussi en même temps à se débarrasser de ses bas lorsque l'un de ses mains entra en contact avec la peau de velours de ses jambes.

Désormais aussi nu l'un que l'autre, ils se firent face quelques instants, indécis quant à la marche à suivre. Prise à son tour dans le courant d'air, Oscar frissonna et au grand plaisir d'Alain, cela fit ressortir encore plus les pointes rosées de ses seins. Aucune hésitation, il avait eu l'infime plaisir de les caresser, il avait désormais les savourer de sa bouche. Il fondit sur elle, l'allongeant sous lui et se délecta de ces fruits qui lui avaient été si longtemps défendus. Se cambrant légèrement sous le plaisir qu'il lui procurait, Oscar tentait vainement de retenir ses gémissements.

« Je t'aime tant, » lui murmurait-il entre deux baisers offerts à sa poitrine, la bouche sur un sein tandis que sa main prenait possession de son jumeau, l'une engouffrant le mamelon dans sa chaleur et l'autre roulant la pointe dressée entre ses doigts habilles. Oscar quant à elle, profitait de ces sensations dont elle s'était crue à jamais privée pendant des années, et laissait ses mains éprouver les muscles saillants de celui qui était maintenant son mari, remontant de long de ses bras pour passer sur ses épaules puis descendre sur son dos jusqu'à d'atteindre ses fesses.

Lorsqu'à la faveur d'un mouvement qu'il n'avait pas du tout destiné à cela, l'une des mains d'Oscar entra en contact avec sa virilité, Alain crut que son monde venait d'arrêter de tourner. Bon Dieu c'était si bon, et si terriblement excitant. Oscar, si elle avait été surprise au début, ne recula pas, et d'un lent mouvement, commença à lui prodiguer de langoureuses caresses, lui faisant monter des murmures de plaisir du plus profond de son être.

Mais l'on pouvait être deux à jouer à ce jeu et il était absolument hors de question qu'elle soit la seule à y jouer ce soir. Se roulant légèrement sur le côté, la tête appuyée sur sa main gauche, il délaissa ses seins afin d'enfin partir à la conquête de ses jambes de déesse. Oui, les plus belles des statues italiennes ne valaient rien face à la réalité, .tout.

Avec dextérité et un ravissement qu'il ne tenta même pas de dissimuler, il put enfin parcourir l'intégralité de ses jambes fines et musclées. Pendant ce temps, elle avait décidé de s'attaquer à son torse et avait légèrement replié ses jambes vers le haut afin qu'il puisse en couvrir la plus longue distance possible. Il s'était toujours promis de savourer ce moment et d'en découvrir toute la surface millimètre par millimètre, seconde par seconde.

Mais un besoin primaire et bien plus impérieux commençait à résonner en lui. Il avait l'impression que son corps tout entier se tendait vers elle, n'attendant qu'une chose, la faire sienne, enfin, irrémédiablement sienne, dans tous les sens du terme. Il fallait bien toute sa volonté de fer pour reculer ce moment tant attendu le plus longtemps possible tant il souhaitait la combler d'attentions avant.

Mais elle semblait décidée à passer à l'acte elle aussi, l'attirant à nouveau sur elle et lui murmurant des mots d'amour à l'oreille. Il se souviendrait de cette nuit toute sa vie, la nuit où enfin, il comprenait ce que c'était que vraiment faire l'amour. Ses mains ne lui obéissaient plus et elle répondaient d'elles-mêmes à ses gémissements, explorant désormais ses cuisses qui s'ouvrirent sous lui, ce qui aurait été fait depuis belle lurette avec ses partenaires habituelles, mais ce qui le prit au tripes avec elle.

Elle, la fière colonelle, la femme la plus spectaculaire qu'il ait jamais rencontré dans sa vie, était librement allongée sous lui, gémissant son nom et lui laissant libre accès à son intimité. L'acte sexuel le plus cru avec les autres, devenait avec elle d'une pureté éblouissante tant l'amour et la confiance qu'elle lui vouait exaltaient par chaque pore de son corps.

Alors oui, bien malgré lui, ses mains burinées par le soleil partirent à l'assaut de cette intimité qu'elle lui offrait, ses élégantes et blanches mains à elle, lui prodiguant mille caresses, et sa bouche embrassant et marquant son corps au même moment. Avec délectation, il constata qu'elle était déjà résolument prête à le recevoir. Mais il n'en fit rien, concentrant les dernières traces de volonté dans son âme reculant à nouveau le moment où il s'unirait à elle. Il préféra lui offrir encore un autre plaisir, ses doigts jouant la musique de l'amour sur cet instrument si sensible de son corps.

Et bientôt, elle cria son nom, au summum du plaisir, et lui la dévora du regard, s'en délectant dans un éblouissement sans fin, totalement incrédule face à l'évidence de l'amour qu'elle lui portait, lui, il avait fait jouir Oscar de Jarjayes. Bordel de nom de Dieu ! LUI ! Le petit noble ruiné, le soldat impertinent, le rebelle de la caserne, l'ami qui n'aurait jamais dû lui faire tout cela. Jusqu'à présent, ce genre d'exploit ne l'avait jamais autant ravi, c'était de la bravache et quelque fois il se demandait même si la demoiselle sous lui ne simulait pas les choses histoire d'aller plus vite et de passer au client suivant. Mais Oscar, elle, n'avait rien feint, elle n'avait rien caché, criant son nom sans retenue dans son extase. Et il ne l'avait pas même encore possédée.

« Alain ? » s'enquit-elle une fois revenue sur Terre, s'inquiétant presque de le découvrir si pensif alors qu'elle s'attendait à un sourire conquérant, voire même peut-être un air satisfait.

« Tu n'as pas idée à quel point je t'aime, » lui dit-il soudain, la serrant dans ses bras à l'en étouffer, prenant pleinement conscience de la chance qui était désormais la sienne. Attendrie, elle caressa ses cheveux et le vit reprendre contenance, et se relever sur les avant-bras avant de doucement approcher de son intimité la plus profonde et de suspendre son geste lui offrant une dernière fois possibilité de se refuser à lui. Comme si cela était possible pensa-t-elle tandis que plus décidée que jamais, elle l'attira résolument en elle en resserrant ses bras dans son dos tout en surélevant ses hanches liant ses jambes autour de sa taille, ne lui laissant ainsi aucune chance de lui échapper. Les unissant de la plus intime des manières, enfin.