À l'attention du lecteur
Tout d'abord merci d'être arrivé.e jusque-là, j'espère que ma courte histoire plaira.
N'hésitez pas à me faire vos retours et à commenter : c'est toujours motivant !
Bonne lecture !
Ils rêvent
Madame rêve
Dans ses draps elle s'ennuie, caresse l'édredon de la plante de ses pieds, enfouie sa tête flamboyante dans son oreiller.
Elle est seule.
Le Sunny est bercé par les vagues, tout le monde dort. Elle soupire. Elle prend un t-shirt à la va-vite pour s'enfuir de ses quartiers.
Erreur.
Elle s'arrête.
Enveloppée de son odeur, elle en a presque mal à la tête. Quand avait-ce débuté ? Elle ne saurait pas le dire, ils se chassaient, ils jouaient.
Elle connaissait la vérité, elle savait que souvent dans la solitude du soir elle s'imaginait dans ses bras puissants.
Elle l'aimait et lui il était fier.
Elle ne voulait pas penser à lui ce soir, pourquoi avait-il fallu qu'elle prenne ce vieux t-shirt ?
« Crétin… Tu ne veux pas me lâcher hein ? »
Pensive elle se dirige vers la vigie, elle veut prendre de la hauteur.
Son ascension achevée, elle entre dans la partie couverte. Elle s'assied au sol, la tête posée contre la fenêtre elle regarde la mer puis balaye du regard la petite pièce, des livres jonchent le sol, elle sait pourquoi.
Elle rit doucement, elle se rappelle cette fois-là.
Elle se met à rêver.
Elle était montée à la vigie pour étudier, chargée de ses trop nombreux ouvrages. Dans le calme des hauteurs elle
Quelqu'un entrait. C'était lui.
Elle le regardait de derrière ses lunettes de travail. Il la surplombait de toute sa hauteur, son visage balafré l'attirait, son corps taillé… Elle ne le connaissait que trop bien.
C'est pour cela que son entrainement pouvait attendre.
« - La place est prise, redescends
- Tu es là depuis des heures stupide sorcière, chacun son tour »
Leurs regards se faisaient la guerre.
Provocateur il balança les livres et cartes de sa camarades à travers la pièce.
Elle allait essayer de le tuer, il était sûr et en riait d'avance.
Au lieu de ça elle s'approcha de lui, féline.
Il ne comprenait pas.
« - Si je ne peux pas travailler alors toi non plus
- Nami… »
Elle passa ses mains fines sous son chandail, ses mains étaient froides, il tressauta. Son cœur allait lâcher
Elle allait jouer.
Doucement elle approcha son visage, passa une langue avide sur les lèvres sèches de son partenaire et appuya contre son membre gonflé à l'aide de ses hanches.
Elle dénoua la ceinture de tissu de son partenaire et d'un geste rapide attacha ses poignets. Il déglutit. Il se retrouvait poings liés, haletant, pantalon au sol son amie déchainée face à lui.
Elle le mit à genoux et prit la verge de son partenaire entre ses mains. Elle mima langoureusement des vas-et-viens, pressé il accentuait le moment à l'aide de son bassin.
Elle attrapa précautionneusement sa gorge d'une main ferme.
« Je décide. »
Il avait compris. Elle se vengeait.
Elle continua son jeu, le maltraitant avec ses mains, l'empêchant de bouger, de la toucher. D'un mouvement fluide elle rejeta sa chevelure rousse en arrière et l'introduit dans sa bouche.
Jouant avec sa langue, le titillant… La jeune femme jouait avec les nerfs de son partenaire, elle le sentait se tendre, la dévorait du regard.
Elle jubilait.
Intensifiant ses mouvements, appuyant ses coups de langue, utilisant ses mains elle l'entendit gémir et convulser dans sa bouche.
C'était le moment.
D'un mouvement brusque elle se retira, profitant de son incompréhension pour le pousser hors de la vigie. Elle ferma la porte de l'intérieur en hurlant de rire.
« Connasse de merde ».
Amusée elle se leva, se tira hors de la pièce et se pencha au-dessus du vide. Elle riait, elle aperçut alors quelqu'un contre le mat.
Un homme puissant. Sublime sous la lumière nocturne. Elle devait descendre.
C'était lui
Monsieur rêve
Au sol, contre son lit il s'ennuie, il observe ses lames, il allonge ses jambes et s'avachit.
Il est seul.
Tout le monde dort mais lui n'arrive pas à fermer l'œil. Il ne veut pas que sa journée s'achève ainsi, il veut toujours plus. Il réfléchit.
Il pense à elle, cette femme puissante et sournoise. Électrique. Enivrante. Il l'aime mais ne se livrera jamais. Il se déteste d'y penser encore. Il sort. Il n'a aucun remord à réveiller ses camarades en ricanant.
Aucune lumière sur le pont, aucune lueur venant des quartiers féminins, il soupire. Il tourne sur le pont. Il fait les cent pas.
« Manquait plus que ça, putain de brise glacée de merde »
Frigorifié, appuyé contre le bastingage, il fixe le lointain mais son esprit guide son regard vers le mat. Il ne frissonne plus, il à chaud, il se souvient, il rêve.
Elle titube. Il rit à gorge déployé. Elle le plaque contre le mat. Il fond sur ses lèvres. Des effluves de rhum, ils ont assez bu pour retirer leurs armures. Il se rapproche un peu plus. Ils savent. Dans la nuit ils se reconnaissent. Tout va très vite. Leurs mains deviennent pressées et maladroites. Ils n'ont pas le temps de rentrer, il est déjà trop tard. Il passe sa langue sur ses lèvres sèches en la regardant, pas besoin d'en dire plus : elle comprend. Elle passe ses longs doigts dans ses cheveux l'aidant dans sa descente. Caché sous sa robe courte il joue, il s'amuse à la faire cambrer, à voir ses jambes trembler, entendre son souffle se saccader. Il ne s'arrêtera pas tant qu'elle ne pliera pas. Il sent ses mains se crisper sur son cuir chevelu, il jubile. Son plaisir c'est là sentir ainsi.
Il use de ses doigts, il l'explore habillement et finement. Elle gémit. Il aime ça. Elle l'appelle.
« Zoro »
Elle l'invite.
« Zoro… »
Il se relève. Sans effort il la soulève. La porte à sa hauteur. Colle ses hanches contre les siennes. Le désir est pressant.
Sans jamais la lâcher il défait à la va-vite sa ceinture de tissu, son pantalon tombe au sol.
Plus rien n'existe.
Il est en elle. Enfin.
Il commence à bouger en elle, elle sent son bassin onduler et son membre la combler. Elle est submergée son plaisir. Il la sent se contracter autour de lui, il jubile. Il enfouit son visage dans le creux de son cou, se mêle à ses longs cheveux. Elle est portée par ses bras, collée contre lui, il l'aime, il lui montre sa manière.
Il accélère, il veut provoquer sa fin, il veut faire tomber son ultime barrière.
Elle crie. Il admire son visage en continuant à caresser son….
Un rire cristallin.
« Quoi ? »
Quelqu'un descendait maintenant de la vigie.
Pieds nus, se déplacement habillement dans les cordages, nageant dans un t-shirt : son t-shirt.
Il était sans voix, chaque fois plus belle, adorable sorcière aux manières de sauvageonne.
C'était elle.
Eux
Ils sont seuls sur le pont.
La navigatrice et le bretteur.
Elle le domine dans ses cordages. Il l'admire. Aucun n'ose parler, ce n'est par leur fort. Elle se laisse glisser jusqu'au sol, se positionne face à lui.
Elle le détaille doucement, elle cherche une réponse, elle se torture. Il voit qu'elle veut parler, peut-être même hurler mais rien ne sort.
Il voit sa gorge se serrer alors qu'elle s'avance vers lui. Il est vulnérable. Il sait qu'elle a compris.
Leurs regards se croisent, ils sont doux, ils parlent en silence.
« - Zoro, tu… ?
- Ouais…
- Moi aussi. »
Fin.
