Me revoilà avec un petit OS concernant Drago et Astoria.
J'espère qu'il vous plaira.
Disclaimer : l'univers d'Harry Potter et les personnages appartiennent à JK Rowling.
Bonne lecture.
Gaïa.
Echec et mat. Le roi est tombé. La reine n'a pas su le sauver. La reine s'en veut. Elle aurait voulu tomber à sa place. Le roi n'a plus d'espoir, la couronne est tombée.
La reine s'en veut lorsqu'elle croise le regard éteint de son roi. Elle n'a pas su le soutenir. Elle avait juré qu'elle serait toujours là pour lui, qu'elle l'aiderait peu importe la mission. Mais elle n'a pas réussi à le soutenir comme il l'aurait fallu. Ses bras n'étaient pas assez forts pour le porter. Elle a tenu un peu, elle a fait tout ce qu'elle a pu. Et le poids qui écrase les épaules de son roi a fini par broyer également sa poitrine. Elle est impuissante.
Astoria laisse son regard tomber sur les pièces brisées du jeu d'échec version sorcier qui s'étalent entre elle et son camarade de classe. Elle a perdu, elle n'était pas assez concentrée. Elle l'entend lui demander si elle se sent bien. Ses paupières se ferment un instant, un sourire triste étire ses lèvres. Enfin, elle relève la tête. Elle répond qu'elle va bien. Astoria répond toujours qu'elle va bien. Même quand ce n'est pas vrai. Et en ce moment, ce n'est pas vrai. Elle observe impuissante la chute de son roi. Sans un mot de plus, elle se lève. Elle quitte son ami, son visage a repris son masque d'impassibilité. Elle traverse la salle commune de Serpentard de sa démarche aérienne. Elle ne perd jamais rien de sa grâce. Son pas est léger et ses cheveux se balancent dans son dos au rythme de ses hanches.
Au coin du feu, Astoria pose une main délicate sur l'épaule de Drago. Il ne la regarde pas, il fixe le feu. Sa morosité fait fuir ses camarades depuis le début de l'année, il le sait, il s'en fiche. C'est le cadet de ses soucis. Les flammes dansent sous ses yeux, reflètent sa tourmente. Lentement, sans même prendre la peine de sourire il attire, d'un geste qui se veut délicat, la jeune femme vers lui. Elle croise les jambes en prenant place sur l'accoudoir du fauteuil qu'il n'a pas quitté depuis, semble-t-il, des heures. Sa main a délaissé l'épaule du blond et caresse désormais tendrement les mèches blondes qui tombent sur sa nuque. La main possessive de Drago s'est posée sur la cuisse de la jeune femme, il n'administre aucune caresse, se contente de sentir la chaleur de sa reine sous sa paume froide. Elle retient un soupir, encore une fois, il refuse le dialogue. Son regard ne s'est toujours pas détourné du feu et elle continue de le fixer.
Il a changé, son air juvénile l'a définitivement quitté. Ses joues sont plus creuses. Ses yeux ne reflètent plus aucune innocence, ils sont abimés par la peur, assombris par l'angoisse mêlée à la colère. Il approche à peine des dix-sept, pourtant, il semble avoir déjà vécu mille vies. Elle sait qu'il a rejoint les rangs du Seigneur des Ténèbres. Elle a vu la marque s'étaler de toute sa laideur sur son avant-bras gauche. Il a laissé entendre qu'il avait une mission à accomplir. Mais il n'en parle jamais. Astoria a posé des questions, plusieurs fois. Elle s'est toujours heurtée à un mur. Alors, elle a arrêté de demander, elle ne le cherche plus quand il disparait dans le château. Elle est là lorsqu'il a besoin de compagnie ou de chaleur. Parfois, elle s'autorise à envahir son espace personnel de son propre chef. Il arrive qu'il la repousse ou qu'il accepte sa présence. Elle ne se formalise pas. Elle voudrait l'aider, mais du haut de ses quinze ans, jamais elle ne se mêlerait aux affaires du Seigneur des Ténèbres.
Drago se renferme sur lui-même. Le monde autour n'existe plus, il n'y a que les flammes en face de lui, le fauteuil et Astoria à ses côtés. Quand elle se dégage de son étreinte pour rejoindre ses amis qui vont prendre leur repas dans la Grande Salle, il lève enfin ses yeux vers elle. Il ne mérite pas son regard doux et son sourire rassurant. Et pourtant, il ne peut se détacher d'elle. Elle est son phare au milieu de la tempête. Alors il plonge dans son regard, se noie dans ses yeux verts, se nourrit de la force qu'il y lit. Quand ils se croisent, leurs yeux trahissent un amour dévorant. Avant de s'éloigner elle pose ses lèvres sur les siennes et il frissonne violemment. Il se retient de la serrer sur son cœur. Quand elle quitte la salle commune, son regard retrouve les flammes et il laisse échapper un soupir.
Il est un roi déchu, mais elle est toujours sa reine, elle le sera toujours. Trop brillante, trop bien pour lui. Egoïstement sienne. Si seulement une partie d'échec pouvait se gagner par la survie de la reine et non celle du roi… Echec et mat.
