IF YOU'RE GOING TROUGH TO HELL

KEEP GOING

Scott avait peut-être raison, quelque part sans que nous le désirions, sans que nous le sachions, il y a un équilibre entre les bonnes et les mauvaises choses. Et tôt ou tard, la balance basculera d'un côté ou d'un autre. Je crois que nous n'avions pas mesuré nos actes, nous n'avions pas mesuré les conséquences.

Peter disait « prendre une vie innocente, ne laisse pas indemne, on perd une partie de nous et une partie de notre âme s'assombrit » peut-être que sauvé une vie a aussi ces répercutions. On nous avait prévenu, on m'avait prévenu, mais j'ai préféré négligé ce détail, je n'ai pas voulu croire que ça avait de l'importance, je n'ai, tout simplement, pas cru que ça en avait.

Mourir, même pour quelque minute, restée en équilibre entre la vie et la mort, ne nous laisse pas intact. La cicatrice, la brûlure, l'entrave qui essaie tant bien que mal de compenser les dommages, s'éternise pour que l'on se souvienne jusqu'à la fin, de ce qui nous a poussé à ternir dans l'obscurité.

Ça n'était pas la première fois que Roscoe, ma jeep, tombait en panne surtout ces derniers temps, elle avait l'habitude de faire quelque caprice. Je m'asphyxiais un peu, en ouvrant le capot, avec toute cette fumée qui mit plusieurs minutes à se disperser. Mes connaissances en mécanique étant assez limitées, j'avais avec moi, mon allié imparable : un rouleau de scotch. Alors je me mis à faire ce que j'ai toujours fait rafistolée, essaye de réparer se que j'ai endommagé sur mon passage, comme-ci c'était possible, comme-ci il y avait un moyen de retourner en arrière et de tout recommencer.

Je sentis une légère pression sur mon épaule qui fût suivi par une immense douleur. Mon hurlement seul résonnait sur le parking désert. Et dans ma lutte, pour survivre, j'eus une pensée pour tous ceux que nous avions laissé derrière nous, tous ceux que nous n'avions pas réussi à sauvé. A cet instant, je me souvenais d'une phrase que Morell avait citée lors de mon rendez-vous avec elle : « Si vous traversez l'enfer, continuez d'avancer », il s'agissait d'une citation de Winston Churchill, ces mots ont eu un tel impact sur moi. Je me suis toujours demander pourquoi elle avait choisi de me répondre par cette phrase, pourquoi Churchill lui-même avait prononcé ces mots. Au fond, peut-être qu'aucun deux n'avez la réponse, qu'aucun deux ne savez ce qu'il y avait au bout de l'enfer, ni quand il s'arrêterait. Nous avons continué d'avancer dans la pénombre, dans le noir total espérant enfin trouver la lumière. Nous avons continué d'avancer. Même si elle n'existait pas, nous avions besoin de croire en quelque chose. On a perdu espoir mais on ne s'est pas arrêter pour autant.

Je me débattais dans tous les sens, mon rythme cardiaque résonnait jusqu'à mes tempes et quand j'entendis le craquement de ces cervicales, de la clef cognant sur son crâne. Quelque chose remplaça la peur, quelque chose que je ne contrôlais pas : l'instinct.

Il me poussa à fuir, à courir aussi vite que je le pouvais même quand je ne sentais plus mes jambes, cette pulsion inconsciente me gardait en vie. Nous avions mis des années à construire cette équilibre parfaitement imparfait qui nous sembler juste. Tout avait commencé le soir où j'avais traîné Scott dans les bois, où il s'était fait mordre et peut-être que tout s'arrêterait là. On commet tous des erreurs, je savais pertinemment que ce qui émaner de la bouche de Donovan, cette nuit là, n'était qu'une tactique pour que je sorte de ma cachette. Les mots qu'il l'employait, le ton qu'il prenait, accentuer la noirceur que j'avais à l'intérieur de moi, cette chose que je ne pouvais maitriser. Quand je le vis passer devant moi, je cru en la possibilité de me frayer un chemin à l'extérieur. J'eus l'espoir de sortir d'ici idem.

Mais j'avais tord.