La porte se referme derrière lui. Ce Franks est un sacré numéro il faut l'avouer, mais il est resté à mes côtés et ça, malgré les risques que cette mission hors cadre engendre. Je comprends mieux d'où viennent les habitudes de Jethro et pourquoi il lui confierait sa vie. Je sais aussi d'où lui vient sa manie de mettre son nez dans les affaires des autres, je ne me suis même pas rendu compte que Franks avait fouiller dans mon sac et encore moins dans mon téléphone. J'imagine que c'est une autre de leur petite botte secrète, en tous cas il sait que je suis malade, il a trouvé mes pilules. De toute manière je n'allais pas pouvoir le cacher indéfiniment, même si pour l'instant, j'ai réussi à garder tout cela pour moi. Seul Ducky est réellement au courant de ce qui m'attend. J'ai bien cru pendant un instant que Gibbs savait, le coup de l'ascenseur m'a mise dans l'embarra. Mais heureusement, j'ai réussi à garder mon sang froid et il n'a pas chercher plus loin, l'enquête sur l'attaque du chien devant être bouclé dans les plus brefs délais, il ne pouvait pas se permettre de déborder dans le budget. Mais la conversation avec Abby peu de temps après m'a mise une claque, à ce moment là, j'ai hésité, hésité à tous révéler. Et puis tous c'est enchaîner, la découverte du corps de « La Grenouille », l'arrivée de Vance, l'interrogatoire de Jeanne Benoît...J'étais épuisée mais fière que toute l'équipe soit discréditer. J'avais néanmoins besoins de repos, et moi partie, Jethro ne me poserais pas de questions pendant un moment, le temps suffisant pour que cette histoire se mette dans un coin de sa tête.

J'ai passé les deux semaines suivante à mettre en place la suite des événements, je devais tout préparer pour la fin du chemin. Je ne pensais pas finir comme ça, vaincu par un ennemi invisible, sans pourvoir me battre, dépérir sans pouvoir m'accrocher. Je sentais bien que quelque chose n'allait pas. Depuis plusieurs semaines, j'étais exténuée, bien plus qu'habituellement. Les migraines insoutenables, les vertiges, les vomissements, rien n'allait. Je ne sais même plus comment j'ai réagit quand Ducky me l'a annoncer d'une voix tremblante. J'étais dépitée, abasourdit. Se sentir condamné sans rien pouvoir faire, c'est une chose des plus horrible. C'est une des rares fois où j'ai pleuré, l'annonce de ma maladie plus la fatigue installé depuis des jours, s'en étais trop. Ducky n'avait pas bougé et je l'en remercie, je n'aurai pas supporter le fait qu'on s'apitoie sur mon sort. Une fois finit toute la paperasse et mis mes affaires en ordre, je suis aller sur la tombe de mes parents à Georgetown. Il restait une place, la mienne sans doute. La vie après la mort, ce n'est pas une chose à laquelle je crois, mais pour une fois, j'ai voulut y croire. Savoir que je ne serai pas seul, que je retrouverai mon père me rassurait. Puis je suis revenu au bureau, rien n'avait changé, Vance avait fait du très bon travail, il fera un super directeur je n'en doute pas. Et très vite, Decker est décédé, crise cardiaque selon le coronaire mais le passé m'a rattraper, encore une fois. L'erreur que j'ai commise autrefois a refait surface, je savais qu'il y avait un risque, et ce jour est arrivé Maintenant je suis dans ce resto délabré, avec un ancien agent du NIS qui possède une vessie plus petite qu'une balle de golf.

Soudain, des bruits de pneus me sortent de mes pensées. Je regarde par la fenêtre. Quatre hommes en sortent, lourdement armé. Je n'en veux qu'une, mais elle n'est pas là. Je sors mon arme à toute vitesse. Je regarde la porte par où est sortit Mike, il n'arrivera pas à temps. Je devrais me battre, seule. Baissant la tête pour ne pas me faire remarquer, je cours et me place devant la porte principale, avec un angle de tir suffisant pour couvrir les deux entrées en même temps. Je pointe mon arme en avant. Et à ce moment là, je ne pense qu'à une seule personne, Jethro. Je suis partie en étant encore amoureuse de lui, et je suis revenu avec les mêmes sentiments. Mais mon poste de directrice m'interdisait de les écouter, ai-je eu raison ? Il était mon tout, celui qui m'a appris les ficelles du métier, celui qui m'a permise de devenir la femme que suis aujourd'hui. Bon sang que je l'aime, je n'ai jamais cessé de l'aimer, et je ne lui aurais pas dit. Il ne saura jamais à quel point je regrette d'être partit, à quel point j'aurai voulu que ça marche entre nous. Je pense à la lettre que je m'étais promise de finir pour enfin tout lui expliquer et qui s'est probablement noyé sous une pile de dossiers. Je ne l'a finirai jamais. Je le sais, je vais mourir aujourd'hui, c'est inévitable, il n'y a pas d'autres issus et c'est sans doute mieux ainsi. Je ferme les yeux une dernière fois, revoit des souvenirs qui me reviennent à l'esprit, ma rencontre avec Ziva, ma nomination de directrice, mes amis qui sont devenu ma famille, et Gibbs qui j'espère, me pardonnera. Avant de ré-ouvrir les yeux, je pense une dernière fois à tous ces endroits qui m'ont marqué, la Serbie, Marseille, Prague et bien sûr Paris, là où toute cette histoire a commencé, là où notre liaison à prit fin. Je sens encore la chaleur de son corps prés de moi, la douceur de ces lèvres. J'entends des pas précipités qui se rapproche dans le sable. Je ré-ouvre les yeux. Ca y est, c'est fini, la fin d'une vie remplie d'émotions, de tristesse, de secret et de mensonge. J'ai tellement de regrets, j'aurai aimé faire mieux, avoir une vie, des enfants, mais cela n'a plus d'importance. Des bruits d'arme qui se charge se font entendre derrière la grande porte, d'autre aussi derrière celle où Francks a disparut. Une larme s'échappe du coin de mes yeux, je la laisse couler comme bon lui semble sur mon visage marqué par la maladie. Bientôt tous sera fini, la douleur de ces derniers jours s'en ira, à jamais. Mais je vais me battre jusqu'au bout, comme je l'ai toujours fait, même si la mort m'attend à l'arrivée. Dans un fracas assourdissant les portes s'ouvrent simultanément. Tout va très vite, je tire, ils tirent. Je sens ma peau se déchirer sous l'impact des balles, un flot de sang s'échappe de moi. Je tire encore et encore, touchant les hommes un par un. Je perds du sang, trop de sang. Je mets un genou à terre pour ne pas ciller. Je tire mes dernières balles qui atteignent leur cible. Les vertiges me prennent, je suis si fatigué. Je sens que je tombe, le sol froid me le fais sentir. Je lâche mon arme usée, et m'écroule. J'ai réussi, je me suis battue, comme il me l'a appris. Mes yeux sont lourds, je ne cherche pas à résister. Je me laisse aller dans l'obscurité. Je respire une dernière fois, pense une dernière fois à Jethro, à son sourire, à sa chaleur. Je sens mon corps m'abandonner. Ca y est, je suis enfin délivrée.