Eeeeeet, me revoilà pour la suite d'"Une sorceleuse à Paris" ! J'espère que vous êtes contents ahahah.

J'en profite pour répondre globalement à toutes les reviews de mon tome précédent : tout simplement, MEEEEEEEEEEEEEEEERCI ! Vos retours me font extrêmement plaisir, illuminent mes journées, et me poussent à m'améliorer à chaque chapiiiiiiiitre. Merci infiniment, et j'espère que vous continuerai à me faire vos retours, c'est essentiel pour moi.

Emma reprit peu à peu ses esprit. Ses sens étaient totalement embrouillés impossible de savoir où elle se trouvait. Elle entendit du bruit autour d'elle, sans parvenir à déceler ni ce que c'était, ni d'où il provenait. La jeune femme tenta de se calmer. Elle inspira à fond, puis souffla, plusieurs fois. Elle essaya d'ouvrir les yeux, sans succès ils refusaient de s'ouvrir.

À tâtons, elle se releva, mais retomba vite sur le sol : ses membres endoloris la faisaient souffrir ! La brune grimaça, puis réessaya de se mettre debout. Sa seconde tentative se solda par un échec, et elle finit par abandonner. Elle posa sa tête sur le sol, et sentit la terre humide contre sa joue. La jeune femme inspira et expira plusieurs fois, encore. Des bruits de pas se firent entendre. Deux pierres s'entrechoquant. Les grésillements d'un feu de bois.

Emma parvint à ouvrir les yeux les plissant pour y voir plus clair, elle ne distinguait que les contours d'une silhouette. Elle gesticula pour tenter d'attirer l'attention de l'inconnue, qui, entendant le bruit qu'elle faisait, se rapprocha d'elle. L'inconnue se pencha vers elle, et déposa ses lèvres sur les siennes. D'abord choquée, elle se rendit compte qu'elle connaissait cette saveur. Ciri. La brune tendit les bras vers elle et la sorceleuse l'aida à se relever.

Dans le silence – seuls de petits oiseaux chantaient dans les environs -, Ciri laissa la jeune femme reprendre ses esprits. Quelques minutes suffirent à la professeure pour recouvrir entièrement ses cinq sens, et elle observa les alentours. Elles n'étaient pas dans sa cuisine, c'était certain. Avaient-elles réussi à se rendre dans le monde de… ?

- Bienvenue chez moi, ma belle.

Emma rougit de plus belle entendre la voix de sa dulcinée au réveil – un réveil assez atypique et brutal certes – était ce qu'il y avait de mieux. La sorceleuse l'aida à se relever et à s'asseoir sur une souche d'arbre. Pendant que la brune observait les environs avec attention, Ciri termina de préparer le gibier qu'elle avait chassé. Emma l'observa avec attention – et un petit haut-le-cœur – sa petite-amie dépecer l'animal avec application. Puis, elle le piqua sur une broche, et entreprit de le faire cuire.

- Tu t'en sors bien à ce que je vois.

- Eh oui, les supermarchés ici, ça n'existe pas ! On fait à l'ancienne.

- Je vois, en tout cas, je ne me sentirais pas capable de faire comme toi… avec le lapin là…

- Hmm, oui, c'est sûr que quand on a pas l'habitude, ça peut être un peu écœurant. Je m'en occuperai ne t'inquiète pas.

Ciri l'embrassa sur le front, et retira la broche du feu. Elle détacha les parties les plus tendres de la bête, les lui tendit et garda la carcasse pour en ronger les os. Emma, qui mourrait de faim, mordit dedans avec appétit. La viande était savoureuse, un vrai régal. Elle se demanda comment la sorceleuse avait fait pour cuisiner le gibier ainsi, sans aromates. Le repas terminé, Ciri récupéra de la terre qu'elle jeta sur le feu pour l'éteindre.

- Où sommes-nous exactement, Ciri ?

- Nous sommes à Velen.

Emma regretta de ne pas avoir prêté plus attention aux livres faisant mention de Ciri et de son monde. Peut-être en aurait-elle appris assez pour ne pas sans cesse lui poser des questions. Mais c'était un peu tard pour y penser. Elle soupira.

- C'est quoi, une ville ?

- Non, je te monterai où ça se trouve sur une carte quand j'en aurai l'occasion. Pour l'instant, partons. Ce n'est pas sûr ici.

- Ah bon ? Qu'est-ce qui pourrait bien nous arriver en plei…aaaaaaaaaaaaaaaaaah !

Emma tomba à la renverse. Devant les deux jeunes femmes se dressaient un loup, dont la taille était deux fois supérieure à celle des loups communs. Le warg – c'était le nom de la créature – grogna, montrant sa rangée de crocs, et se prépara à bondir. La professeure, tétanisée, hurla de plus belle lorsque l'immense bête se jeta sur elle. Elle ferma les yeux, se préparant à mourir, lorsqu'elle entendit un bruit métallique. Une substance liquide l'aspergea et elle poussa un grognement de mécontentement. Elle ouvrit les yeux, et le warg gisait à terre, dans une mare de sang.

Ciri s'agenouilla près de sa compagne, l'aidant d'une main à se redresser. La brune vit que de l'autre, elle tenait sa lame, teintée de rouge nuit. Elle la regarda avec horreur, avant de reprendre ses esprits. Si la jeune femme ne s'était pas interposée, le loup géant l'aurait sûrement blessée mortellement. Elle regarda le cadavre inerte de la bête sur le sol, et ne put réprimer un haut-le-cœur. Elle vomit sa bile sur le sol, et Ciri se précipita pour la soutenir. Emma tremblait, et ses jambes peinaient à la soutenir.

Ciri vérifia qu'aucun autre warg – ou loup – ne rodait dans les environs – souvent, ces bêtes se déplaçaient en meute, puis aida Emma à s'asseoir. Elle essuya comme elle put le sang sur son visage, et attendit que ses tremblements passent, passant une main dans son dos pour la rassurer. Des hurlements se firent entendre, qui glacèrent le sang de la jeune femme. Ciri l'obligea à se lever.

- Il faut y aller Emma, ce n'est pas sûr ici…

- Où est-ce que tu m'as amenée Ciri, bon dieu… ?

- Suis-moi, on sera plus en sécurité à l'auberge la plus proche, je te le promets.

Emma la suivit, attentive au moindre bruit suspect. Elle sursauta plusieurs fois, avant de se rendre compte que c'étaient seulement des animaux sauvages qui se baladaient tranquillement. Les deux jeunes femmes rejoignirent un sentier, et finirent par quitter la forêt. La brune se détendit au moins, de là elles pourraient voir le danger arriver. Ciri prit sa main pour la rassurer, prêtant également attention à ce qui les entourait.

Le soleil progressait haut dans le ciel, et Emma avait le sentiment qu'elles n'avaient pas avancé. Elle questionna plusieurs fois la sorceleuse sur leur destination, et Ciri lui répétait sans cesse qu'elles atteindraient l'auberge à la tombée de la nuit. La professeure prit son mal en patience, et observa le paysage qui s'offrait à elles. La forêt avait laissé place à une traînée de champs – non cultivés pour la plupart, sauf lorsqu'elles s'approchaient des rares habitations -, avec quelques arbustes ici et là. Les terres étaient désolées, arides, le soleil filtrait tout juste à travers les nuages qui s'étaient formés dans le ciel au fur et à mesure de la journée, rendant l'atmosphère sombre et menaçante lorsque les deux jeunes femmes atteignirent finalement l'auberge.

Ciri entra la première, lâchant par la même occasion la main de la brune, et s'avança dans la pénombre jusqu'au comptoir. Là, elle demanda à l'aubergiste une chambre, qu'elle paya d'une monnaie qu'elle n'avait jamais vu auparavant – elle n'avait même pas soupçonnée que Ciri la possédait à son arrivée à Paris -.

Soudain, deux hommes, assez imposants, et empestant l'alcool se levèrent et accostèrent Emma, qui était restée en retrait. Elle recula jusqu'au mur, et les deux inconnus s'avancèrent, se faisant de plus en plus insistant. Alors que l'un d'eux tentait de l'empoigner pour l'attirer à lui, il se tordit de douleur. Ciri venait de lui flanquer un coup de pieds entre les jambes. Il se retourna pour la frapper, mais sa carrure imposante entravait ses mouvements. Ciri, elle, était plus mince, donc plus rapide. D'un coup de pied, elle le fit basculer de douleur. Il hurla.

Le second s'avança vers elle, délaissant Emma, et tenta de la saisir. Ciri, d'une pirouette élégante, se retrouva derrière lui. Avant qu'il n'ait pu se retourner entièrement, elle lui décocha un coup de poing. Sa mâchoire se délogea, et les vibrations l'envoyèrent au sol. Il y resta, inerte. Quelle force ! se dit Emma, impressionnée. L'aubergiste s'approcha, et sermonna la sorceleuse du regard. La jeune femme haussa les épaules, lui tendit quelques pièces. Il retourna derrière son bar sans demander son reste, laissant les deux hommes allongés, inconscients, sur le sol.

Ciri prit Emma par le bras et monta les escaliers. La brune se laissa emmener, tâchant de comprendre ce qu'il venait de se passer. Tout était allé si vite ! Ces hommes étaient tellement imposants, et pourtant sa petite-amie était venue à bout d'eux très rapidement. La sorceleuse l'entraîna dans la chambre qu'elle avait prise pour la nuit, ferma la porte à clé derrière elles, et la regarda d'un air menaçant.

- Règle numéro 1 : tu restes près de moi, en toute circonstances, promis ?

Emma ne savait que dire. À peine était-elle arrivée dans ce nouveau monde qu'elle ne connaissait pas, qu'elle avait failli perdre la vie presque deux fois. Elle comprit donc que la jeune femme s'énerve elle n'avait pas été assez prudente. Elle s'excusa en l'enlaçant. Ciri soupira, et la serra à son tour.

La brune observa la suite dans laquelle elles se trouvaient. La pièce ne payait pas de mine – un table de chevet, une table ronde, deux chaises ballantes, un lit double. Mais ça suffirait pour la nuit. Elle se demanda où était la salle de bain, mais la sorceleuse lui répondit pas un hochement de tête.

- Pas de salle de bain ici, ça n'existe pas. Je connais bien cette auberge, on devra se passer de douche – enfin de bain – pour ce soir.

- Meh, regarde mes cheveux, c'est une catastrophe !

- Fais attention à toi, je pourrais te rendre plus sale que tu ne l'es déjà…

Emma rougit de plus belle, comprenant à quoi sa petite-amie faisait allusion. Ciri sourit, et se mit sous la – fine – couette. La brune la rejoignit rapidement, se collant à elle pour lui apporter sa chaleur. Eh oui, pas de chauffage électrique non plus. Emma se demanda comment ils faisaient pour vivre ici, sans toute la technologie qui existait dans son monde.

- Tu t'habitueras vite, ne t'inquiète pas…

- J'espère. En tout cas, merci pour aujourd'hui, tu m'as sauvé la vie par deux fois…

- C'est normal, je veillerai sur toi quoi qu'il arrive…

La brune logea sa tête contre son cou, humant son parfum. Elle posa sa main sur la sienne, et la caressa du bout des doigts. Quelle journée épuisante mine de rien ! Emma était soulagée d'être enfin posée, même si elle n'arrivait toujours pas à se repérer. Tout autour d'elle était nouveau : les paysages, les gens, il y avait même des loups géants ! Curieuse, elle questionna sa petite-amie sur ces bêtes. Ciri en profita pour lui parler de l'essentiel du bestiaire qu'elle connaissait sur le bout des doigts – elle avait dû l'apprendre à Kaer Morhen, la demeure des sorceleurs -.

Emma réprima des haut-le-cœur au fur et à mesure que Ciri lui présentait les différentes créatures qui existaient dans son monde. Certaines étaient plus répugnantes et hideuses que d'autres. La sorceleuse s'arrêta, comprenant que sa dulcinée n'en pouvait plus. Elle bailla, épuisée, et appuya sa tête contre la sienne.

- J'ai quelques affaires à régler à Novigrad, la capitale de la région du même nom. Nous sommes presque à la frontière. Quand j'aurai fini, j'aimerais t'emmener chez moi, mon vrai foyer.

- Comment s'appelle-t-il ?

- Kaer Morhen. C'est là que la plupart des sorceleurs que j'ai côtoyés ont suivi leur entraînement, et se retrouvent.

- Alors, il y en a d'autres comme toi ?

- Oui, mais en fait, moi c'est un peu différent. Les mutations que subissent les petits garçons sont extrêmement dangereuses… Très peu survivent…

- C'est horrible ! Comment peut-on être capable d'une telle chose ?!

- C'est comme ça… Les quelques enfants qui survivent deviennent sorceleurs, si leur corps supportent les mutations et l'entraînement qui suit… Les femmes ne peuvent pas les subir.

- Alors comment ça se fait que tu sois une sorceleuse ?

- Mon père adoptif, qui en est un, m'a formée comme telle, je me bats donc comme eux. Mais je n'ai pas subi ces fameuses mutations dont je t'ai parlé tout à l'heure

- Et le pouvoir que tu as utilisé pour nous transporter ici ? Qu'est-ce que c'est ?

- C'est long à expliquer… Je préfèrerais le faire plus tard, quand nous serons là-bas.

- Ok… Kaer Morhen, à quoi ça ressemble ?

- C'est une immense forteresse, perdue au milieu des montagnes. D'ailleurs une partie du château a été construite dans la roche.

- J'ai hâte de la voir…

- Tu vas adorer j'en suis sûre. Je pense que mes parents adoptifs s'y trouveront, j'aimerais beaucoup que tu les rencontre. Mais sache que nous n'y seront pas avant longtemps. Tu te doutes qu'ici, sans voiture, train, les voyages sont très longs.

- Oui…

Emma bailla de plus belle, ses yeux menaçants de se fermer. Ciri décréta qu'il était temps de dormir, et coupa court à la conversation. Elles se blottirent l'une contre l'autre, et s'embrassèrent pendant de longues minutes, avant de tomber dans les bras de Morphée…

Le lendemain matin, les premiers rayons de soleil réveillèrent la professeure aux aurores. Alors qu'elle se levait pour fermer les rideaux, elle s'aperçut qu'il n'y en avait tout simplement pas. Elle allait devoir s'y accommoder. La jeune femme s'assit au bord du lit, près de sa compagne, et l'observa dormir. Elle semblait si paisible. Elle déposa un baiser sur son front, et s'assit à la table. Sans un bruit, Emma récupéra dans son sac son carnet et un stylo.

Avec application, elle dessina les contours du visage de Ciri. Elle arracha plusieurs feuilles avant d'esquisser un portrait de la jeune femme qui la satisfaisait, puis elle entreprit d'en ancrer les contours. Elle y passa près d'une heure, puis rangea subitement sa feuille sous son calepin, alors que Ciri ouvrait les yeux. Emma rangea le tout dans sa sacoche, et rejoignit sa belle, l'embrassant au passage.

- Tu es levée bien tôt… Qu'est-ce que tu faisais ?

- La lumière du jour m'a réveillée, je n'arrivais pas à me rendormir. Alors je me suis levée pour écrire.

Elle ne voulait pas lui dire qu'elle avait commencé un portrait d'elle, mais se promit de le lui montrer lorsqu'elle l'aurait terminé. Les deux jeunes femmes se levèrent et récupèrent leurs affaires. Emma avait toujours les membres endoloris, et ne se sentait de marcher autant que la veille. Ciri lui proposa de se rendre dans le village voisin, situé non loin, afin d'acheter deux chevaux et des provisions pour le voyage. Emma lui demanda si elle aurait assez d'argent pour payer le tout, et la sorceleuse lui assura qu'elle n'avait pas à s'inquiéter. Elles quittèrent l'auberge peu avant l'arrivée des premiers clients.

Voilà pour ce premier chapiiiiiitre. Alors, vos retouuuuuuurs ? ^^