Emma et Ciri se dirigèrent vers le village avoisinant, situé quelques kilomètres non loin. Néanmoins, la distance leur parut interminable car elles n'avaient pas récupéré de leur marche de la veille. Emma prit son mal en patience avec un peu de chance dans peu de temps elles auraient des montures qui les porteraient. La jeune femme avait quelques appréhensions : elle n'avait jamais monté de cheval de sa vie. À vrai dire, elle en avait même un peu peur, et préférait leur flatter l'encolure quand elle en avait l'occasion.

Arrivées au village, les maisons étaient comme Ciri les lui avait décrites : petite – aucune n'avait d'étage -, en bois, certaines en pierre. Leurs fenêtres et leurs portes étaient rustiques, et il semblait qu'elles s'arracheraient au moindre coup de vent. Devant l'une des chaumière, un homme s'appliquait à forger une lame. Emma s'approcha pour le regarder faire. Lorsqu'il la vit, il la chassa du revers de la main, indigné. Il ne doit pas aimer qu'on le regarde travailler… se dit-elle en s'éloignant.

Elle suivit Ciri sur le sentier de terre. Des femmes étendaient leur linge fraichement lavé, de jeunes enfants courraient à travers les champs – certains pour jouer, d'autres pour échapper aux remontrances de leur parent -. Leurs vêtements étaient si différents de ceux que la jeune femme portait, qu'elle s'y attarda longuement. Les femmes étaient vêtues de longues robes, parfois bouffantes, et d'un tablier, alors que les hommes portaient plutôt des pantalons longs ainsi que des chemisiers.

Sous la chaleur, les paysans s'activaient dans leurs champs. Certains levèrent leurs regards en apercevant les deux jeunes femmes, et certains pestèrent en voyant la lame de Ciri. La sorceleur n'y fit guère attention, et lorsqu'elles se furent éloignées, Emma l'interrogea du regard.

- Les sorceleurs sont mal vus dans les campagnes, et même si je n'en suis pas vraiment une, l'épée que je porte et mon médaillon attestent de ma profession. Ils ont peur c'est tout, il ne faut pas leur en vouloir.

La professeur n'en demanda pas plus, et suivit sa compagne à travers le village. Elles croisèrent une herboriste, qui les salua chaleureusement de la main. Ciri s'y arrêta, et acheta quelques plantes et remèdes. Emma ne put s'empêcher de lui demander à quoi ils servaient. La plupart lui permettraient de soigner les petits blessures si elles se blessaient, ou de faire baisser la fièvre. Elle garda le reste secret, au grand dam d'Emma, qui se mit à bougonner.

Ciri en profita pour demander à l'herboriste si quelqu'un du village serait disposé à leur vendre deux étalons, quel que soit le prix. Malgré une certaine réticente, la vieille femme sortit de sa hutte, et pointa du doigt une maisonnée, un peu à l'écart du village. Ciri la remercia, et elles se remirent en route. Devant la maison, assis sur une chaise, un vieil homme lisait. Emma remarqua que plusieurs chevaux – et sûrement juments – se prélassaient dans un enclos.

Ciri héla le vieil homme en arrivant à sa hauteur. Il leva les yeux, referma son ouvrage, et grogna. La sorceleuse lui demanda si elles pouvaient lui acheter deux de ses chevaux. L'homme pesta et refusa, mais ouvrit l'œil lorsqu'elle lui lança sa bourse pleine de pièces. Il lui demanda combien la bourse contenait. 600 couronnes presque toutes ses économies. Mais elle avait pris soin d'en garder un peu. Le vieil homme se mit à réfléchir, comptant et recomptant les piécettes d'or qu'il tenait dans ses mains.

La jeune femme finit par perdre patience, et lui demanda s'il comptait accepter ou non. Il tenta de faire monter le prix, elle refusa, stipulant que son offre était non-négociable. Mais elle était certaine que le vieux sénile finirait par craquer. Il lui indiqua deux bêtes. Ciri entra dans l'enclot, et flatta l'encolure de la jument. L'animal se laissa embarquer docilement, et resta à côté d'Emma, qui tenait les rênes. La sorceleuse récupéra le cheval, refermant l'enclos derrière elle. Elle remercia le vieil homme, et s'apprêtait à sauter en selle quand elle croisa le regard de sa compagne. Elle comprit vite, l'ancien aussi. Un sourire mauvais se dessina sur son visage.

- Vous achetez des montures, mais elle ne sait même pas monter ! Ah !

Ciri fulminait mais garda son calme. Elle prit les rênes des mains d'Emma et entraîna les deux étalons à l'écart du vieil homme, là où il ne pourrait pas les voir. La professeure la suivit, tête baissée. La sorceleuse lui tendit sa bribe et l'invita à monter. Elle lui indiqua où placer ses mains et ses pieds pour monter sur la selle, et l'aida à se hisser. L'animal se mit à paniquer, si bien qu'Emma faillit tomber, et que Ciri dut tirer sur les rênes pour l'empêcher de bouger.

La sorceleuse ramassa un peu de paille et le tendit à la jument, qui mangea dans sa main. Elle lui murmura ensuite quelques mots à l'oreille, comme pour le rassurer. L'animal finit par s'apaiser. Emma, quant à elle, n'était vraiment pas à l'aise : sa monture était vraiment grande, et il lui semblait que le sol était à dix lieues d'elle. Elle frissonna, et manqua de tomber. Ouf ! Ce n'était pas passé loin.

Ciri lui expliqua les bases, puis, après s'être assurée que sa compagne avait bien retenue, l'invita à mettre au trot sa monture. Emma appréhendait. Elle flatta l'encolure de sa jument doucement, et l'animal se mit à avancer. Elle soupira, et dût s'accrocher pour ne pas tomber. La jument – qu'elle rebaptisa Kalista – ne se comportait pas comme elle l'aurait souhaité. Ciri monta sur son cheval et se mit à son niveau. Elle replaça ses mains sur sa bribe pour qu'elle soit plus à l'aise, et posa sa main sur son dos pour qu'elle se tienne droite.

- Tu aurais pu me dire que tu ne savais pas monter…

- Je ne savais pas qu'on devrait le faire… Et plus après, je n'ai pas osé t'en parler de peur que tu te moques de moi…

- Tu as une piètre opinion de moi ma parole…

Et elle partit dans un fou rire. Les deux jeunes femmes quittèrent le village, et se dirigèrent vers le nord. Emma se demanda comment sa compagne arrivait à se repérer – elle qui utilisait toujours son GPS lorsqu'elle sortait -. Elle découvrait vraiment un nouveau monde. La brune profita de leur chevauchée pour arracher à Ciri quelques informations sur la région, ses habitants, les potentielles créatures qu'elles pourraient rencontrer sur leur route, et sur la ville où elles se rendaient.

En fin d'après-midi, elles croisèrent le chemin des marchands, qui leur proposèrent des objets tous plus loufoques – et bien souvent inutiles, de la camelote quoi – les uns que les autres. Ciri les remercia d'un signe de la tête, et elles continuèrent leur chemin jusqu'à une auberge, où elles décidèrent de s'arrêter pour la nuit.

- J'espère qu'on pourra se laver cette fois !

- Normalement oui, on pourra.

Ciri aida Emma à descendre de sa monture. La brune fit quelques pas en chancelant : elle ne s'était pas imaginée que chevaucher était si épuisant. Elle avait de terribles courbatures un bon bain chaud ne lui ferait que du bien. La sorceleuse attacha leurs deux montures dans l'enclos, leur mit du foin et de l'eau dans la mangeoire pour leur permettre de se restaurer. Elle rejoignit Emma.

- Cette fois, tâche de ne pas t'attirer d'ennuis, d'accord ?

La professeure acquiesça, repensant à la veille. Elles pénètrent à l'intérieur de l'auberge. Une jeune femme rousse les accueillit, leur proposant de leur servir à boire. Ciri accepta et demanda par la même occasion si elles pouvaient avoir une chambre. L'aubergiste leur donna une clé en échange de quelques couronnes, et leur indiqua l'étage. Elle revint quelques instants plus tard avec deux chopes remplies de bière, et questionna Emma sur ses origines. La jeune femme, surprise, ne put répondre, si bien que Ciri fut forcée de venir à sa rescousse.

- Nous venons d'Ophir, mentit-elle, priant pour que la rousse la croit.

- Vous venez de loin alors !

Ciri acquiesça de la tête, portant sa chope à ses lèvres. Emma fit de même. L'aubergiste s'éloigna pour servir les autres clients. Déshydratées et repues – la jeune femme rousse leur avait apporté de quoi manger -, elles montèrent à l'étage. Sans grande surprise, la chambre était aussi rustique, mais un peu plus accueillante que la veille. Un petit feu brûlait dans la cheminée, et une baignoire remplie d'eau brûlante siégeait au milieu de la pièce.

Emma s'effondra sur le lit, épuisé. Ciri fit de même. Le soleil se couchait à peine, baignant la pièce dans une atmosphère rassurante. La jeune femme observa le feu crépiter dans la cheminée. Elle n'en avait pas vu depuis qu'elle était allée pour la dernière fois chez ses parents, dans une campagne environnante de la capitale française – il y a de nombreuses années -. Voir la lueur des flammes la réconforta un petit peu.

La brune ressassa les événements des deux derniers jours. Leur arrivée à « Velen », l'attaque du Warg, sa première nuit dans ce monde… Elle n'y croyait toujours pas. Ciri la tira de ses rêveries, l'invitant à prendre le bain avec elle. La sorceleuse se leva et enleva ses vêtements. Emma fit de même, toujours un peu pudique. Elle plongea dans l'immense baignoire la première, alors que la sorceleuse rassemblait leurs vêtements et les frottait rapidement. La jeune femme les mis ensuite à sécher près du feu. Comme la brune l'avait espérée, le contact de l'eau contre sa peau lui fit énormément de bien, et elle en profita pour se décrasser.

Elle soupira lorsque Ciri entra dans l'eau et se mit derrière elle pour lui frotter le dos. La sorceleuse entreprit ensuite de s'occuper de ses cheveux, qu'elle mouilla avant de savonner. Emma se détendit, et s'appuya contre elle, fermant les yeux. Ciri descendit ses mains sur son visage, ses épaules, ses hanches, qu'elle caressa lentement, lui arrachant un petit cri. Emma frissonna, finissant par se cambrer pour lui laisser plus de place. La sorceleuse l'enlaça, et déposa un baiser dans sa nuque, avant de la mordiller doucement.

DISCLAIMER - passage à caractère sexuel explicite ! (je préviens, donc si vous ne voulez pas lire, rendez-vous au "[xxxxxxxxxx]" plus bas). Si vous lisez, ne venez pas dire après que je ne vous ai pas prévenu !

Ciri remonta ses mains sur son corps, et s'arrêta sur sa poitrine. Emma se mordit la lèvre, se laissant faire. Elle frissonna lorsqu'elle sentit son amante pincer doucement ses mamelons, et tourna la tête pour croiser son regard. Elle y lut un désir si vif, qu'elle rougit de plus belle. La brune se retourna brusquement pour capturer ses lèvres, posant ses mains sur son corps. Ciri gémit malgré elle, et se colla contre Emma, passant ses doigts fin dans les cheveux de sa belle. Elles s'embrassèrent langoureusement quelques instants, puis la sorceleuse força son amante à se mettre à califourchon sur elle.

Emma rougit de nouveau, nullement gênée, puis se baissa pour prendre possession à nouveau de ses lèvres, qu'elle mordilla légèrement. Leurs langues se rencontrèrent dans un ballet endiablé. Ciri caressa ses hanches, ses cuisses, son dos, ses seins, lui arrachant des gémissements. Leurs regards emplis de désir se rencontrèrent.

- Ciri, je n'ai jamais...

- Est-ce que tu en as envie au moins... ?

- Je ressens beaucoup de choses contradictoires à l'instant, mais... Je pense que j'en ai envie oui.

Avec une force qu'elle ne lui aurait jamais soupçonné – à croire que l'amour donnait réellement des ailes -, Ciri se releva, sa dulcinée dans ses bras, et se dirigea vers le lit. Emma grelottait, elles s'emmitouflèrent dans la couette. La sorceleuse surplombait son amante, et parcourut son corps du regard. La brune crut la voir se mordre la lèvre de désir, et se mordit la sienne quand elle sentit sa langue effleurer l'un de ses seins. Elle se cambra malgré elle ; son corps en demandait plus, beaucoup plus. Ciri passa et repassa sa langue successivement sur le petit bouton de chair rose, avant de le prendre entièrement en bouche, lui arrachant un petit cri.

Emma sentit son bas-ventre bouillonner. Qu'elles étaient donc ces nouvelles sensations qui la saisissaient de toute part ? Elle regarda son amante à l'œuvre. Ciri passa à l'autre sein, s'y attarda quelques instants avant de reprendre possession de ses lèvres. Dieu qu'elle faisait ça bien. Emma savait depuis peu que la jeune femme avait eu d'autres expériences dans sa vie. Pour sa part, elle n'avait jamais rien fait, et eu honte. Elle se demanda si elle serait à la hauteur ou non. La brune réprima un sanglot, que Ciri entendit, et elle plongea ses iris émeraude dans ses yeux marrons.

- Que se passe-t-il ma belle ?

- Rien, je...

Des larmes roulèrent sur ses joues sans qu'elle puisse s'en empêcher, et elle détourna le regard. Ciri prit son menton entre ses doigts.

- Ce n'est pas grave si tu n'as rien fait... Je vais te guider.

- Et si je ne suis pas à la hauteur ? Si ce que je te fais ne te plait pas ?

Elle avait murmuré ces derniers mots entre deux sanglots. La sorceleuse essuya ses larmes du revers de son doigt, caressant l'une ses hanches de l'autre main.

- Je peux m'arrêter si tu veux...

- Non ! Enfin je veux dire...

Ciri sourit, et, sans un mot, l'embrassa pour la distraire. Emma répondit au baiser, et sentit soudain une curieuse sensation au niveau de l'entre-jambe. La sorceleuse effleura son sexe du bout des doigts, et lui souffla à son oreille de se détendre, tant la jeune femme était crispée. Emma se relâcha peu à peu, et se mordit la lèvre, réprimant ses gémissements. La sensation, au départ un peu désagréable finit par disparaître, et la brune dut se retenir de gémir plus fort. Ciri accentua ses mouvements, lui arrachant de petits cris aigus qu'elle trouva plutôt mignon.

Emma sentait son bas-ventre bouillir de plus en plus, comme si le tout allait exploser. Elle sentit les lèvres de sa dulcinée effleurer son sexe, et se cambra quand elle sentit sa langue caresser son point le plus sensible. Ciri continua son exploration, alors que la professeure gesticulait dans tous les sens. Peu de temps après, elle se sentit mollir, et un curieux liquide s'écoula de son entre-jambe. Ciri en avala une partie puis se retira. Alors c'était ça, jouir.

La jeune femme s'essuya les lèvres avant de capturer une fois de plus celles de son amante, qui haletait. Elle se nicha dans le creux de son cou, la respiration brûlante. Ciri prit l'une de ses mains et la dirigea vers son sexe. Emma effleura de ses doigts son clitoris, qu'elle entreprit de caresser. Mais elle ne savait pas comment s'y prendre. Ses gestes étaient si maladroits, qu'elle finit par arracher à sa dulcinée un petit cri de douleur. La brune retira immédiatement sa main.

- Quelle idiote... murmura-t-elle.

- Ce n'est rien ma belle...

Ciri se mit sur le dos, écarta les jambes et lui reprit la main comme elle l'avait fait auparavant.

- Fais comme ça... gémit-elle, tu vois ?

Emma s'appliqua dans ses gestes, qui se firent moins maladroits. La jeune femme se mit à bouger son bassin pour suivre ses mouvements. Ciri la fit basculer sur le dos, et, pendant que son amante continuait de la caresser, elle glissa deux doigts dans son sexe, faisant de lents vas-et-viens. Emma enfouit sa tête dans son cou, l'enserrant de sa main valide, alors que la sorceleuse gémissait de plus belle contre son oreille. Elle murmura, puis finit par gémir son prénom alors qu'elle se sentait jouir. Emma vint juste après elle, et ne put réprimer les tremblements de son corps.

Ciri retira ses doigts, qu'elle essuya, avant de prendre le visage de sa belle entre ses mains pour l'embrasser. Emma répondit au baiser, encore secoué d'agréables spasmes. Elle caressa le corps de son amante, qui frissonna de plaisir. Ciri murmura quelques mots à son oreille.

- Tu vois que tu ne t'en es pas trop mal sortie...

- Est-ce que je t'ai fait du bien ?

- À ton avis... ?

Emma esquissa un sourire. Elle ne s'en était pas trop mal sortie finalement. Mais les deux jeunes femmes n'étaient pas à égalité : la brune avait jouit deux fois, son amante seulement une. Pour remédier à ça, la professeure l'obligea à s'allonger sur le dos, et, avant qu'elle ait pu protester, caressa son petit bouton de chair rose de sa langue. Ciri se mordit la lèvre tant la sensation était agréable, et passa sa main dans les cheveux de sa dulcinée, signe qu'elle en voulait plus.

Emma décida de la faire languir, et s'arrêtait à chaque fois que la jeune femme était sur le point de jouir. La sorceleuse s'impatienta, et enroula ses jambes autour de sa tête pour l'empêcher de se relever. Elle finit par venir, puis desserra son étreinte. La brune remonta jusqu'à son visage, et se pressa contre elle, souriante.

- Tu voulais m'étouffer ou quoi ?

- Hmm, tu m'as fait tellement patienter ! Je n'en pouvais plus.

Elles s'enroulèrent dans la couverture, l'une contre l'autre. Néanmoins, elles n'avaient pas envie de dormir malgré la fatigue.

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La sorceleuse laissa ensuite sa compagne lui savonner le dos, ce qu'elle fit, les joues roses. Elles finirent par sortir de l'eau – qui était à présent tiède -, et elles se couchèrent dans le lit.

- Bon, il ne nous est rien arrivé aujourd'hui.

- Parle pour toi, j'étais bien bête devant ce vieux sénile tout à l'heure !

- Hmmm, ce n'est rien ça… Je parlais plutôt d'attaque d'une bête féroce ahahah.

- Cette journée m'a épuisée mine de rien…

- Et encore, tu n'as pas tout vu ma belle…

Ciri déposa un baiser sur son front et se releva. Les rayons de lune se reflétèrent sur son corps nu lorsqu'elle s'assit sur la chaise, prenant sa lame entre ses mains. Elle la sortit de son fourreau, récupéra dans sa sacoche un chiffon et de la graisse, et entreprit d'entretenir sa lame. Emma la regarda faire avec attention, puis s'attarda sur son corps, qui la captivait. Mis à part ses cicatrices, elle la trouvait tout simplement ravissante.

Consciente qu'elle n'était pas du tout discrète, elle observa plus en détails les petites boursouflures laissées par des entailles sur ses bras, ses seins, son bassin. Elle aperçut le tatouage en forme de rose sur l'intérieur de sa cuisse gauche, et la questionna du regard.

- J'étais soûle à vrai dire lorsque j'ai fait mon tatouage. À une époque, j'ai fait un bout de chemin avec une bande, Les Rats. Je me suis éprise de l'un d'eux, une femme pour être précise. Ce tatouage, c'est un peu un souvenir de ces temps-là…

- Comment s'appelait-elle ?

- Mistle…

- Tu ne l'as jamais revue ?

- Notre relation n'a été qu'éphémère, et puis…

Ciri se tut, et Emma crut qu'elle allait se mettre à pleurer. Néanmoins il n'en fut rien.

- Elle a été tuée, ainsi que tous les autres membres des Rats, sous mes yeux…

- Oh Ciri… !

La jeune femme se leva et rejoignit sa compagne, la prenant dans ses bras. La sorceleuse se laissa aller contre elle, lâchant quelques larmes. Elle les essuya rapidement et lui sourit pour signifier que tout allait bien. Emma n'était pas réellement rassurée mais le fit paraître tout de même. Ciri rangea sa lame fraîchement graissée, la posa contre le mur. Elle tira Emma contre elle, la forçant à s'asseoir sur elle et l'embrassa. La nuit passa…

Le lendemain matin, elles se réveillèrent aux aurores la faim les tiraillait. Après avoir enfilé leurs vêtements – plus très propres malheureusement -, elles descendirent au rez-de-chaussée. Contrairement à la veille, de nombreux individus étaient attablés dans la pièce et se restauraient. Emma ne put s'empêcher de les observer, tant ces « individus étaient différents les un des autres. Trois groupes s'étaient formés : le plus proche de l'escalier était composé d'elfes – hommes et femmes -. Vêtus pour la plupart de longues tuniques rapiécés, elle émit l'hypothèse qu'ils étaient en voyage. Ciri murmura quelques mots à son oreille, comme pour la confirmer.

- Ils fuient… Ils doivent venir de Novigrad. Là-bas, les non-humains ne sont pas bien vus par la population.

- Les non-humains ?

- C'est comme ça qu'on appelle les elfes, les nains et les gnomes.

La professeure s'attarda encore un peu sur eux, remarquant leurs longues chevelures, et leurs oreilles pointues. elle continua ensuite son « tour de table », avec le deuxième groupe, qui étaient composés de nains. Les étranges bonhommes, qui semblaient beaucoup plus petits qu'elle étaient tout de même assez musclés. Ils portaient des tuniques de cuir, et la plupart avait une arme accrochée à la ceinture – elle nota que les elfes en possédaient également -. Leur longue barge -pour la plupart – était tressée, si bien qu'elle se demanda s'ils y passaient beaucoup de temps, et s'ils la tressaient tous les jours.

Enfin, le troisième groupe était constitué d'hommes – uniquement -. Ils portaient tous les tenues différentes, mais semblaient appartenir à la même bande. Certains étaient plus âgés que d'autres – sûrement des vétérans -. Un bon nombre était blessé, une entaille par ci un hématome par là. Emma détourna le regard lorsqu'elle croisa le regard de l'un des hommes, mais il ne sembla pas lui prêter attention.

Les deux jeunes femmes s'installèrent à une table à part – formant ainsi un quatrième groupe -. L'aubergiste s'approcha d'elles, et s'enquit de leur nuit. Ciri répondit évasivement, lui demanda comment allaient leurs montures, et lui demanda à boire et à manger. Après leur avoir rapporté les dernières nouvelles, l'aubergiste les servit. Elles mangèrent avec appétit, et la sorceleuse déposa sur la table la clé de la chambre.

Avant de sortir, Ciri se dirigea vers le comptoir de l'aubergiste, et lui glissa quelques mots à l'oreille. La rousse sortit quelques minutes, avant de revenir avec un sac en toile, remplit de vêtement propres et chauds. La sorceleuse lui tendit sa bourse -maigrement pleine – mais l'aubergiste refusa poliment, insistant pour les lui offrir. La jeune femme la remercia, puis rejoignit Emma.

Elles sortirent de l'auberge, et récupérèrent les chevaux. Emma appréhenda moins de monter sa jument, et, avec un coup de main de sa compagne, se hissa sur sa selle. Kalista parut même contente de la retrouver – à en juger par son hennissement, quand la jeune femme flatta doucement son encolure de la main. Ciri monta également sur son étalon, et elles prirent la route.