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Dans le chapitre précédent :
C'est ainsi qu'un étrange phénomène touche les femmes de nos familles… Elles sont stériles. Voyez vous, depuis que nous avons gagné la guerre, aucune d'elle n'a eu de menstruations et les examens des magicomages sont formels, il n'y a plus d'ovulation, plus de possibilité de fécondation. Nos expériences ont démontrées que moins le sang contenait de magie, plus la fécondité était élevée. Cependant, vous êtes tout de même supérieures au moldus, vous êtes dotées de pouvoirs magiques, même si le pourquoi du comment m'échappe. C'est ainsi qu'il est apparu tout naturel que vous soyez choisies pour porter les enfants de nos familles, puisque les hommes apparaissent comme épargnés par cette… malédiction. Vous aurez une place de choix, vous serez protégée, vous aurez la chance de porter la vie et d'offrir au monde sorcier plus que votre malheureuse existence n'aurait jamais pu vous faire espérer… une toute nouvelle génération de sorciers et sorcières, élevées dans des valeurs de respect de la place de chacun, des sang-de-bourbes au sang-purs, tous participant à maintenir un équilibre parfait dans notre monde. Contrairement à vos amis, vous n'avez pas le choix, vous vous soumettrez de gré ou de force et je ne saurez que trop vous conseiller d'être coopérantes.
Chapitre trois
Hermione prend une bouffée d'oxygène. Impossible. C'est impossible. Comment… C'est bien du genre de Voldemort de penser à quelque chose d'aussi… pervers. Elle allait devoir coucher avec un putain de sang pur, porter son gosse ? Et ensuite quoi ? Leur donner, le laisser l'élever avec sa femme et en porter en un autre ? Plutôt mourir. Une vie comme ça ne vaut pas la peine d'être vécue. Pourtant, le seigneur des ténèbres ne leur donne pas vraiment le choix… Elle a envie de pleurer, mais ravale ses larmes. Elle ne veut pas pleurer devant ses pires ennemis d'enfance. Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom reprend alors la parole.
- Vous avez était voilées de la tête au pieds, cachées pour que votre apparence n'influence pas nos braves hommes. Après tout, le physique importe peu lorsqu'il s'agit de reproduction. Ils vont maintenant choisir une Servante et vous conduire chez eux. Souriez, beaucoup vont envier votre place. Merlin mon ascendant vous a béni. Messieurs… Allez dans la grâce mesdemoiselles et béni soit le fruit.
Tout cela est si étrange. De quoi parle Voldemort à la fin ? Béni soit le fruit ? Et depuis quand se considère t-il comme descendant de Merlin ? Les mangemorts s'approchent d'elle et la font revenir à la réalité. Ce sont des jeunes, la nouvelle génération, à l'exception de Rodolphus Lestrange. Hermione grimace. N'importe le quel, même Marcus Flint, mais pas Lestrange… vivre pendant neuf mois minimum en compagnie de ce vieux porc et de cette folle de Bellatrix, elle ne préfère même pas y penser. Draco Malfoy s'arrête un moment devant elle et la scrute. Elle fixe son regard et il sourit, il l'a sans aucun doute reconnu. Pourtant, son choix se porte sur la fille d'à côté. Nott lui tend la main. Hermione soupirerait presque de soulagement, ça aurait pu être bien pire. Elle n'avait pas vraiment fréquenté Théodore Nott à Poudlard mais il n'avait jamais vraiment prit par aux saloperies qu'ont fait les serpentard, du moins pas sous ses yeux. Elle prend alors sa main et se relève. Très vite, toutes les filles ont un « partenaire » et Voldemort applaudit, ainsi que les patriarches présents dans la pièce, puis prend la parole.
- Bien, bien… Messieurs, vous pouvez rentrer chez vous. La réunion se termine là.
Nott tend alors son bras à Hermione, qui l'attrape et transplanne. Une légère nausée la prend, cela semble faire une éternité qu'elle n'a pas transplanné. Elle se retrouve dans un salon avec un tapis pourpre au sol, une grande cheminée de marbre et une table en ébène au centre. De nombreux tableaux ornent les murs et la décoration est très épurée.
- Daphné ! Venez, je vous prie.
De légers pas se font entendre dans les escaliers, signe que l'épouse de Théodore est en chemin pour les rejoindre. Est-elle d'accord ? Accepte t-elle que son mari couche avec une autre femme pour leur donner un enfant ? Sans doute pas. Comment le pourrait-elle ? Daphné Greengrass, si c'est bien d'elle que l'on parle, n'a que dix-huit ans, peut être dix-neuf. Elle est peut-être majeure, mais de là à être déjà mariée et bientôt mère… N'importe qui préférerait prendre son temps pour profiter de sa vie de jeune adulte. La jeune femme entre dans la pièce. C'est bien elle. Elle sourit à Hermione, un sourire qui n'a absolument pas l'air faux.
- Bénie soit le fruit ma chère. Bienvenue dans notre maison. Je suis Daphné Nott, Madame Nott pour toi. Je t'en prie, tu peux retirer ton voile ici. C'est chez toi maintenant.
Hermione retire alors le morceau de tissu qui lui couvre le visage et Théodore vacille. Il ne l'avait pas reconnu, il ne s'attendait pas à ce que ce soit elle. Pourtant, le sourire de Daphné se fait encore plus grand.
- Hermione. Viens, je vais te montrer ta chambre.
La gryffondor suit alors la maîtresse de maison dans les escaliers de marbres avec un tapis de velours bleu nuit sur les marches, qui estompe le bruit de leur pas. Elle tourne à gauche dans un couloir où, là encore, des peintures d'anciens sorciers ornes les murs. C'est devant la dernière pièce du corridor que Daphné s'arrête et ouvre la porte. Une chambre de taille moyenne, avec un lit à baldaquin deux places accompagné d'un couvre lit bordeaux. A côté du lit se trouve une table de chevet couleur crème sur laquelle trône une lampe. Il y a un placard, ouvert, dans lequel Hermione voit plusieurs robes telles que celle qu'elle porte aujourd'hui ainsi qu'une petite commode. La chambre n'est pas aussi luxueuse que le reste du manoir, mais elle est agréable. Daphné ouvre alors une porte, où se trouve la salle de bain avec une baignoire de taille moyenne, un meuble avec des serviettes rouges et un miroir. Hermione voit son reflet pour la première fois depuis cette fameuse bataille et c'est le choc. Son visage est émacié, ses joues sont creuses et on remarque toute suite que sa peau est sèche. De larges cernes s'étalent sous ses yeux éteints. Les larmes montent à nouveau, mais elle ne veut toujours pas pleurer. Ce n'est pas le moment
- Qu'est ce que tu en penses ? demande la serpentard.
- C'est… c'est joli, Madame Nott. Merci, répond la gryffondor.
- Il n'y a pas de quoi. Viens, tu as besoin de te restaurer. Et tu peux aussi retirer ce qui couvre tes cheveux. Tu ne dois le porter que lorsqu'on reçoit d'autres hommes de sang-pur et dans la rue, pour ne pas mettre en avant ta beauté, pour ne pas les tenter.
Hermione a envie de rire. Les tenter… Quel homme sur cette terre pourrait être tenté par elle à l'heure actuelle ? Elle ressemble à un squelette.
- Oh, j'allais oublié ! s'exclame soudain Daphné. Tiens, c'est pour toi, dit elle en sortant un collier de sa poche.
C'est un magnifique bijou, la chaîne porte une pierre blanche et brillante.
- Je… Merci, Madame Nott, c'est très joli.
- Oui. Il change de couleur lorsque tu es en période de fertilité, il devient vert, et rouge en cas de grossesse. C'est Barjow qui l'a mis au point.
Génial. Elle va porter en permanence ce truc qui lui rappelait à quel point elle n'est plus rien aujourd'hui qu'un utérus prêt à être fécondé. Daphné sort de la pièce et Hermione la suit. Elle entre dans la cuisine, immense, où des elfes de maisons s'affairent. Soudain, la gryffondor remarqua Padma Patil, assise à table, en train de manger une part de tarte. Elle se lève lorsqu'elle les voit et répète à nouveau cette phrase étrange, « béni soit le fruit ».
- Que le Seigneur ouvre. Tu peux t'asseoir, Padma. Hermione, tu veux manger quelque chose ?
- Oui, je veux bien, Madame.
- De quoi as tu envie ?
De quoi a-t-elle envie… C'est une excellente question. Elle ne se l'est pas posée depuis longtemps. Penser à de la nourriture n'est qu'une torture dans les camps, rien de plus, c'est inutile… Finalement, cette vie d'utérus sur pattes ne sera peut être pas si horrible ?
- Alors ? s'impatiente Daphné.
- Et bien, j'aimerai, du poulet ? Et… du chocolat ?
- Du poulet au chocolat ? s'amuse t-elle
- Non, non… du poulet et après du chocolat, si c'est possible Madame Nott.
- Et bien je ne sais pas. Elvy, tu crois que c'est possible ?
- Certainement, Madame Nott, si la Servante est prête à attendre une vingtaine de minute, répond l'elfe de maison.
- Oui, oui évidemment, répondit Hermione
- Bien, parfait. Je vais vous laisser, j'ai des choses à faire. Profite de ton repas, Hermione, sous son Oeil.
Padma se lève à nouveau et la maîtresse de maison sort de la pièce, les laissant seules avec les elfes. Il y eu un moment de flottement, puis Hermione tombe dans les bras de Padma.
- Merlin Hermione, je suis tellement désolée
- Pourquoi désolée ? Tu n'as pas à l'être Padma, tu n'as pas à l'être…
Les larmes coulent enfin sur les joues de la gryffondor, salvatrices, elles qui se sont fait attendre depuis si longtemps. Hermione se laisse aller complètement dans les bras de son amie, à qui elle peut parler pour la première fois depuis si longtemps et même toucher. Elle renifla alors, sourit, et s'assied à table avec la serdaigle.
- La Servante voudrait-elle des crudités pour patienter ? Demande l'elfe de maison
- Oui merci Elvy, c'est gentil.
L'elfe prépare alors une assiette colorée contenant des tomates, des carottes rappées, de la salade, des concombres, des œufs dur et des betteraves. Tout cela a l'air tellement énorme pour elle, qui ne mange presque rien depuis des mois. Elle prend alors une fourchette de chaque, profitant de chaque bouchée. Elle avait presque oublié à quel point c'était bon, de manger.
- Comment est-ce que tu vas ? Demande Padma
- Ça va, ça va. Je… Ce n'est pas facile, mais ce sera sans doute moins pire que les camps… J'en sais rien, je… je m'attendais pas à sortir de là bas vivante.
- Moi non plus, moi non plus mais… oh Hermione ma situation est tellement plus enviable que la tienne ! Tout ce qu'on me demande, c'est de travailler pour eux alors que toi… c'est tellement injuste.
- Je survivrai, dit Hermione dans le but de clore la conversation.
- Votre repas est prêt, intervient alors l'Efle.
- Merci Elvy.
Du poulet. L'odeur du poulet… Combien de temps cela fait-il qu'Hermione n'a pas senti l'odeur du poulet ? Avec des pommes de terres au four et des haricots verts ? Hermione prend une bouchée, puis deux, puis trois… c'est tellement bon… très vite son estomac devient douloureux mais qu'importe, l'appel de la nourriture est plus important. Elle termine son assiette. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, une assiette à dessert remplace celle qui est vide, contenant une large part de fondant au chocolat recouvert de crème anglaise. Son estomac est très douloureux, mais la gryffondor ne peut se retenir, elle finit sa part. Quelques minutes après avoir terminé, elle est prise de violente crampes et vomit l'intégralité de ce qu'elle a avalé. Peu importe, elle s'est régalée. Cette nouvelle vie est horrible, sans aucun doute, mais elle n'aurait plus faim. Elle n'aurait plus froid. Elle troque une vie confortable contre sa virginité et son corps. Est-ce ça, être une pute ? Peut-être. Peu importe. Plus rien n'importe, désormais.
